jeudi 14 février 2019

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À quoi bon, dès lors, s’en offusquer, se révolter, se rebeller ? Il existe une belle page de Marc Aurèle. Dans son regard epub  Elle est très réconfortante. On devrait la méditer chaque matin tel un exercice spirituel ou comme une prière païenne ! Lisons : « Dès l’aube, se dire avant tout : Telecharger Dans son regard epub je vais tomber sur un gêneur, un ingrat, un insolent, un tricheur, un envieux, sur quelqu’un avec qui on ne peut traiter ; epub Dans son regard et s’ils sont victimes de tous ces vices, c’est par ignorance du bien et du mal ; mais puisque moi j’ai bien vu que la nature du bien c’est le beau, que la nature du mal c’est ce qui est honteux et que la nature de celui qui commet une faute est d’être mon parent […] telecharger epub Dans son regard  aucun d’entre eux ne peut me faire de mal ; personne en effet ne me prendra dans un piège honteux » (II.1). Ouvrons une parenthèse. D’autres traductions effectuent des variations sur la liste des fâcheux susceptibles d’être rencontrés chaque jour : Dans son regard telecharger epub celle d’Émile Bréhier : « un indiscret, un ingrat, un violent, un perfide, un arrogant » ; celle de Mario Meunier : « un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, Dans son regard telecharger epub un envieux, un insociable » ; celle de Pierre Hadot : « un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un égoïste »… Où l’on constate qu’il s’agit juste de la liste des passions tristes dont les hommes sont capables… Ici untel, qui est le même homme, s’avère insolent, Dans son regard livre epub  là il est violent, ailleurs il est brutal, c’est pourtant le même mot grec qui le qualifie… Fermons la parenthèse ! À côté ou en face de la souffrance physique de Mucius Scaevola, on remarque donc ces souffrances morales qui nous sont infligées par autrui. Télécharger Dans son regard ebook epub En passant, n’oublions pas que nous sommes l’autrui d’autrui qui nous intègre lui aussi comme indiscret, envieux, perfide, arrogant, etc. Ce qui devrait rendre sinon lucide, du moins modeste. Télécharger Dans son regard epub ebook gratuit Il n’en va pas là d’une question qui relèverait du rapport à autrui – c’est le domaine de la deuxième partie de Sagesse – mais du rapport à soi. Pour être plus précis même : du rapport de soi à soi. Car l’affront qu’autrui nous inflige n’a pas plus d’objectivité que la brûlure du charbon de Mucius Scaevola. La même subjectivité qui fait la souffrance physique.

consentement de la volonté se trouve à l’œuvre dans la souffrance morale à laquelle il nous suffit de ne pas donner notre consentement. Ce que l’autre m’inflige est donc moins une affaire entre l’autre et moi qu’une affaire entre moi et moi : si je veux, la souffrance qu’il me destine aura lieu ; si je ne veux pas, elle n’aura pas lieu. C’est le sens de la formule bien connue : « N’offense pas qui veut. » L’offense n’est que si j’y consens ; il me suffit de n’y pas consentir pour qu’elle n’ait pas lieu. 

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Le sage est celui qui met en pratique cette hygiène personnelle et parvient à cet état d’impassibilité. Il ne s’agit pas d’une hygiène dans l’intersubjectivité mais d’une hygiène dans la singularité. Je ne suis que ce que je veux être et il n’est pas question qu’autrui puisse me constituer tel que je ne veux pas être – triste ou malheureux, affecté ou peiné, attristé ou chagrin. Le charbon ne me brûlera que si j’ai décidé qu’il me brûle, pense et croit Mucius Scaevola… 

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Certes, le médecin peut bien constater les dégâts corporels d’une pareille audace existentielle, mais que sont-ils en regard de ce que le philosophe apprend de lui sur le terrain ontologique : si une brûlure au troisième degré peut témoigner d’une volonté de première classe, alors pourquoi s’en priver ? La cicatrice dans la chair rappellera toujours l’excellence de l’âme un jour, ce qui témoigne en faveur de l’excellence toujours. Revenons à Sénèque. 

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Il a bien raison d’attirer notre attention sur le fait que, souvent, nous souffrons de l’idée d’une souffrance à venir – donc d’une souffrance que nous supposons et qui n’a d’existence que supposée ; autrement dit : nous souffrons pour rien ; le motif de notre souffrance est vain. Mieux même : il n’a pas lieu d’être. Le temps venu, quand j’entretiendrai de la mort, cet angle d’attaque s’avérera très efficace. Nous craignons moins l’événement de notre mort (que nous présentifions sans cesse, alors qu’il risque d’être bref).

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Or, c’est cette présentification qui est la cause de la souffrance. La présentification est un effet de ma volonté. De même que l’on peut convoquer le futur dans le présent au point de le remplir, voire le saturer, d’angoisse, de peur, de crainte, de terreur, d’inquiétude, de même nous pouvons évincer ce qui nous trouble avant l’heure. Une souffrance est-elle à venir ? C’est donc qu’elle n’est pas là. Ce qui doit être, peut-être, n’est pas encore. Si elle n’est pas là, comment pourrait-elle agir sur nous si ce n’est parce que nous lui donnons les pleins pouvoirs sur nous-mêmes ? Tant qu’elle est à venir, donc pas encore venue, elle n’est que parce qu’on la convoque. 

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Le coupable n’est donc rien ni personne d’autre que nous. Notre vouloir veut mal et il faut lui apprendre à vouloir autrement. La présentification n’est pas à mettre au compte de la souffrance mais de notre volonté. Il y a donc une étrange perversion masochiste, sinon sadomasochiste, à donner présence à une souffrance à venir puisqu’on en décuple la puissance mauvaise par notre seule faute. 

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Le mal n’est pas là ; je crains sa venue ; la crainte me fait mal ; donc le mal arrive, mais c’est un autre mal que celui qu’on craignait : le mal réside dans notre seul appel – comme si nos tremblements de la crainte du loup attiraient l’animal qui, sans la visibilité de notre émoi, aurait passé son chemin sans nous dévorer. Dans d’autres cas, la souffrance est bel et bien là. Dès lors, nous ne sommes plus dans le cas de la souffrance d’une crainte de la souffrance, mais dans la souffrance d’une souffrance authentique. Retour à la case départ : il nous suffit alors de refuser la souffrance dans sa présence. Comment ? Par un processus de minoration. 

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Présentifier, c’est maximaliser la souffrance ; la minorer, c’est l’écarter, l’amoindrir, la dominer – la contraindre, à défaut d’en faire disparaître toute trace, toute réalité objective, car nier que ce qui est soit relève de la dénégation qui n’est pas une solution… Le vouloir peut beaucoup, certes, mais il ne peut pas tout. Il y aurait mensonge à croire que vouloir suffirait pour pouvoir. Il existe entre les deux l’épaisseur d’une culture de la passivité.

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subir une mastectomie ou une ablation de la glande thyroïde sous hypnose prouve qu’il existe de formidables ressources jusqu’alors insoupçonnées d’un vouloir aidé par lui-même. Les épicuriens disposent d’une gestion de la souffrance qui n’est pas celle des Romains. Épicure règle le problème non pas avec la pragmatique d’une volonté, comme les Romains, mais avec une subtilité dialectique : la souffrance n’est rien, du moins pas grand-chose qui devrait altérer l’âme du sage, car elle est « ou brève dans le temps ou légère en intensité » (Lettre à Ménécée, 133). 

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Autrement dit : si elle dure peu, alors on dispose des moyens de la supporter ; si elle est légère en intensité, alors on doit pouvoir en faire son affaire. À défaut, si elle est intense, elle nous emporte et, de ce fait, l’affaire se trouve réglée… Pensons Épicure dans une configuration historique – la Grèce du ive et du iiie siècle avant l’ère commune. 

La souffrance antique n’est pas la même que la nôtre : la vie compte pour peu, elle compte même pour rien quand on est barbare ou métèque (autrement dit : un étranger domicilié dans la cité grecque), soldat ou esclave… L’espérance de vie est courte : dans l’Empire romain, elle tourne autour de la trentaine ! Certes, c’est une moyenne, et il existe d’authentiques vieillards, mais la mort est plus familière dans un temps où l’obstétrique est inexistante, la médecine sommaire, les soins plus ou moins magiques et la chirurgie souvent fatale. 

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De sorte qu’on peut mieux comprendre les conditions de possibilité de l’exercice grec qui s’avère somme toute un peu sophistique : dans notre postmodernité, l’argument qui consiste à dire que la souffrance est soit brève dans le temps, donc supportable, soit peu intense, donc supportable également, sinon longue dans le temps et insupportable dans l’intensité, mais alors elle nous emporte bien vite, voilà qui tient plus de l’exercice rhétorique dans lequel les Grecs excellent que de la technique existentielle dont les Romains raffolent.

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