vendredi 28 décembre 2018

Telecharger Vendredi ou la vie sauvage PDF ebook gratuit de Michel Tournier



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Le 29 septembre 1759, le navire " La Virginie" fait naufrage. Seul rescapé, Robinson échoue sur une île déserte où il tente de survivre à une nature hostile en déployant des trésors d'ingéniosité. Mais son existence solitaire bascule le jour où un autre être humain fait son apparition sur l'île : Vendredi, le sauvage... Une aventure inoubliable, une ode à la liberté et à la nature.



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Je pourrais égrener les exemples, et ils sont nombreux : en France, où tout s’est accéléré depuis 2010 et le rachat du quotidien Le Monde par Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, le géant du câble et des télécommunications Patrick Drahi34 possède aujourd’hui les journaux Libération et L’Express (enfin, ce qu’il en reste, après qu’il a taillé sans ménagements dans leurs rédactions), mais également BFM TV, BFM Business et RMC (entre autres médias), le tout sous la houlette de SFR Media, pôle média de SFR Group. L’ensemble regroupé dans l’un des quatre immeubles du nouveau Qu4drans : alors, plutôt 1, 2, 3 ou 4, le pôle « content » des visionnaires de la convergence télécoms-médias ? C’est un autre visionnaire, Vincent Bolloré, qui a pris en 2014 la tête du conseil de surveillance de Vivendi.

Il semble depuis s’être donné pour mission première de casser son nouveau jouet média, de Canal + – qui a perdu plus d’un million d’abonnés depuis son arrivée, et l’opportunité de diffuser des documentaires d’investigation de grande qualité qu’il lui a paru préférable de censurer – à I-Télé, ou plutôt, excusez-moi, CNews, puisque de I-Télé il ne reste plus rien, pas plus le nom que l’audience ou la rédaction, depuis que Vincent Bolloré a décidé (mais n’est-ce pas son droit d’actionnaire le plus fondamental ?) de triompher de l’indépendance de ses journalistes. Le roi a triomphé, certes, mais il est nu. Quand le groupe Bouygues – champion tout à la fois de la construction et des télécoms, mais également longtemps généreux financier des campagnes politiques françaises –, lui, continue de porter les habits plus si neufs de TF1. Ce mélange des genres et des activités est loin d’être propre à la France. Ainsi en Espagne, on trouve parmi les principaux actionnaires du groupe de média PRISA (qui possède le premier quotidien espagnol.

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un fonds spéculatif, Amber Capital, des banques (Banco Santander, La Caixa, HSBC), mais aussi un homme d’affaires mexicain, Roberto Rojas Alcantara, fondateur et propriétaire de la compagnie aérienne à bas coût Viva Aerobus35. On ne peut parler de l’Espagne sans parler de l’Italie, puisque l’autre grand quotidien espagnol, El Mundo, est possédé par Unidad Editorial, qui n’est autre que la branche espagnole du groupe de média italien RCS MediaGroup, groupe qui a eu longtemps comme actionnaire – et même, jusqu’à récemment, comme actionnaire principal – le constructeur automobile Fiat, avant que ce dernier ne réduise fortement sa participation, puis ne se retire en 2016. Ainsi, pendant quarante ans en Italie, le principal quotidien, le Corriere della Sera, a été en partie possédé par un groupe automobile, également actionnaire de La Stampa, longtemps considérée comme la « voix » de la famille Agnelli, fondatrice de Fiat36.

Média, industrie et politique : une imbrication devenue presque naturelle dans le paysage italien – sans doute encore plus que dans le reste de l’Europe –, tant ces trois facettes du pouvoir y sont étroitement liées depuis des décennies. Il n’y a qu’à penser à Silvio Berlusconi, homme d’affaires, homme politique et homme de médias à travers sa holding financière Fininvest, qui possède le groupe de communication Mediaset (avec en particulier trois chaînes de télévision : Canale 5, Italia 1 et Rete 4). Aux États-Unis, la situation n’est guère meilleure, de l’empire Murdoch au récent rachat du magazine Time par le groupe Meredith… appuyé par les frères Koch, que je ne vous présente plus37. À côté, le rachat du Washington Post fin 2013 par Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, paraîtrait presque anecdotique. D’autant que tout n’est pas blanc ou noir.

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Ou, pour poser la question différemment : pourquoi ce mélange des genres entre activités industrielles et médias est-il problématique ? Le groupe Meredith n’a-t-il pas affirmé que le Koch Equity Development (le fonds d’investissement des frères Koch) n’aurait pas de siège au conseil d’administration de Meredith ? Ni bien sûr la moindre influence sur la ligne éditoriale du groupe en général, et du Time en particulier ? Je pourrais répondre – pour ne pas accabler un peu plus Vincent Bolloré en mentionnant le publi-reportage sur le Togo diffusé sans doute pour faire oublier la censure d’un documentaire sur le Crédit Mutuel – en prenant l’exemple du patron Bernard Arnault, qui a mis une telle énergie à imposer sa ligne éditoriale au Parisien que même les journalistes du quotidien en viennent à déplorer publiquement les articles complaisants envers LVMH ou encore Carrefour, dont Arnault est respectivement propriétaire et actionnaire38.

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Je pourrais répondre en multipliant les exemples d’intervention d’actionnaires qui semblent n’avoir pas compris le principe de l’indépendance des rédactions – je n’en manque pas. Mais je préfère ne pas m’engager sur cette voie car, face à chaque exemple de liberté d’informer piétinée, un contradicteur trouvera toujours à mettre un autre exemple d’article publié même contre les intérêts de tel ou tel actionnaire. Veut-on vraiment se lancer dans cette partie de go ? Surtout, le problème est plus fondamental. Et il est triple. D’une part, qu’il s’agisse de groupes de médias familiaux ou d’actionnaires principalement extérieurs au secteur des médias, la protection de l’indépendance des rédactions est bien trop souvent laissée à la discrétion des actionnaires.

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Cette indépendance devrait être garantie par la loi, et favorisée par un actionnariat pluraliste des médias, qui inclurait les journalistes comme les citoyens lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs39. Comme dans le cas des fondations politiques, la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme – ou de ses proches – ne peut aboutir à terme à des résultats satisfaisants pour le bon fonctionnement de nos démocraties. D’autre part, au-delà des risques – parfois bien réels – de censure directe de la part des actionnaires, se pose la question de l’autocensure des journalistes. Comment, pour un journaliste, traiter de manière apaisée de questions économiques touchant directement aux intérêts industriels de ses actionnaires ?

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Comment, par exemple, pour un rédacteur au Washington Post, évoquer la nécessaire régulation d’un secteur du e-commerce de plus en plus concentré aux États-Unis quand le propriétaire de son journal est le fondateur et PDG d’Amazon ? Certes, un grand nombre de journalistes le font malgré tout ; mais cela rend le travail de la majorité d’entre eux bien plus compliqué qu’il ne devrait l’être (surtout dans un contexte de précarisation croissante de la profession où chacun peut légitimement craindre pour son emploi, mais également pour la survie de son média, trop souvent dépendante des caprices d’actionnaires aux motivations parfois peu transparentes). De plus, cela ne fait que renforcer la défiance des citoyens qui s’interrogent légitimement, à la lecture de tel ou tel article, sur les véritables intérêts en jeu40. Historiquement, la limitation des dons aux campagnes aux États-Unis a eu comme fondement principal la peur de la corruption, ou de l’apparence de la corruption. Il devrait en être de même pour les médias : le problème n’est pas seulement celui de l’intervention des actionnaires.

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Enfin, que représente, pour un certain nombre de ces milliardaires aux activités industrielles florissantes, l’acquisition d’un média d’information – opération souvent peu directement rentable ? Un média, c’est, pour un industriel parfois tenu à la marge du « monde politique » – surtout dans des pays où le prix du ticket d’entrée est contraint par la régulation des campagnes et des partis politiques –, un formidable moyen de s’ouvrir les portes de la politique, des législateurs aux agences de régulation, de Washington à l’Élysée en passant par le Bundestag et la Chambre des communes. Un média, c’est, pour un homme d’affaires jusque-là peu fréquentable, le smoking indispensable à la montée des marches du pouvoir.

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Se payer un média, c’est un peu comme financer une campagne électorale, mais sans limites et sans obligation de transparence. Se payer un média, c’est s’assurer une place à toutes les tables pour des actionnaires parfois peu « politiques », mais incontestablement intéressés par la régulation de leur secteur d’activité, ou plutôt par l’assurance de son absence. Media tycoons : du financement des médias à celui des partis, même combat ? Ainsi, du financement des partis politiques à celui des médias, il n’y a souvent qu’un pas. Pas rapidement franchi par ces hommes politiques qui possèdent leur propre média, l’Italie faisant de ce point de vue figure de proue, de Silvio Berlusconi à Carlo De Benedetti. Mais pas franchi également dans de nombreuses autres démocraties, où l’on ne manque pas d’exemples d’hommes d’affaires finançant tout.

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le plus « internationaliste » d’entre eux étant sans aucun doute Rupert Murdoch, fondateur et propriétaire de la chaîne d’information en continu ultra-conservatrice Fox News, et financeur depuis des décennies des conservateurs au Royaume-Uni comme des Républicains aux États-Unis. Rupert Murdoch, que certains voient aujourd’hui comme un homme du siècle passé occupé à organiser sa succession, et qui pourrait bien être dépassé sur sa droite par notre premier de cordée libertarien Peter Thiel, le fondateur de Paypal ayant annoncé vouloir créer sa propre chaîne de télévision pour concurrencer une Fox News pas encore assez conservatrice à son goût. Peter Thiel qui, rappelez-vous, a financé la super PAC de Ron Paul en 2012, mais également la campagne de Donald Trump en 201641.

Or, qui trouve-t-on aux côtés de Thiel parmi les donateurs de cet amoureux hors norme de l’indépendance des médias qu’est Donald Trump ? Les Mercer, de leurs prénoms Robert pour le père et Rebekah pour la fille, qui ne sont autres que les propriétaires du site de (dés)information ultra-conservateur Breitbart News. Et qui, non contents de s’amuser de la politique de Washington, ont également investi la campagne du Brexit au Royaume-Uni. Ainsi, l’entreprise Cambridge Analytica, largement financée par Robert Mercer, par ailleurs ami de longue date de Nigel Farage, a eu recours au ciblage précis des électeurs sur Facebook pour faire basculer l’élection en faveur du Brexit42. Big data, médias, financement des campagnes, le palmarès des Mercer serait incomplet sans une fondation politique que voici : la Mercer Family Foundation de son petit nom, organisation philanthropique s’il en est, intéressée avant tout par la science, l’éducation supérieure et le bien-être des vétérans. On applaudirait presque.

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Je pourrais m’arrêter là. Les exemples sont trop nombreux, et le catalogue inutile. Mais laissez-moi, pour terminer cette tournée américaine, mentionner Sheldon Adelson, magnat des casinos et généreux contributeur du Parti républicain – et de la campagne de Trump en 2016 –, qui a acquis en 2015 le Las Vegas Review-Journal, autrement dit le principal journal d’un État dont il tire la grande majorité de ses revenus financiers43. Et rappeler également que cette tendance à financer d’une main des médias et de l’autre des partis est bien évidemment loin d’être propre aux États-Unis et même aux riches démocraties occidentales. En Inde, par exemple, Subhash Chandra, qui se présente très modestement en trois mots sur son site Internet – « visionnaire, père de la télévision indienne et philanthrope » –, est tout à la fois le propriétaire du groupe Essel.

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c’est-à-dire de très nombreuses chaînes de télévision, mais également de journaux, et membre de la Chambre haute du Parlement (ou Rajya Sabha), où il a été élu en 2016 comme candidat indépendant (soutenu par le BJP, parti de droite nationaliste hindoue de l’actuel Premier ministre Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014). Curieux mélange des genres qui permet à ce parlementaire de siéger depuis 2017 à la commission permanente sur les technologies de l’information, une commission en charge… de la régulation des médias44. Mais Chandra est loin d’être le seul parlementaire indien à avoir également des intérêts dans les médias. C’est par exemple aussi le cas de Vivek Gupta, membre du Parlement et président-fondateur de Sanmarg, un quotidien hindi diffusé dans l’est du pays, ou encore de Rajeev Chandrasekhar, lui aussi membre du Rajya Sabha et véritable tycoon, qui, non content d’être à la tête de l’une des chaînes d’information les plus populaires du Kerala.

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Certes, tout ne se résume pas à la question du partage du pouvoir au sein de l’entreprise, qu’il s’agisse de l’entreprise de média, du think tank politique ou même, plus généralement, des entreprises privées. Tout ne s’y résume pas, mais il faut néanmoins penser ce partage comme une pierre angulaire de la reconstruction de nos institutions démocratiques. Et que ceux qui voudraient y voir une atteinte à la propriété privée – ce qui n’est aucunement le cas – s’interrogent plutôt sur l’empiétement par quelques intérêts privés bien nourris de nos libertés publiques. On pourrait même vouloir aller plus loin : limiter la taille des fondations politiques, leur durée de vie, le montant des dons qu’elles peuvent recevoir ou des dépenses qu’elles peuvent effectuer.

Bien sûr, j’entends déjà crier : atteinte à la liberté d’expression ! Mais que reste-t-il de notre liberté collective d’expression si, jusque dans les urnes, le vote est capturé ? La concentration du pouvoir de marché est un peu partout régulée ; celle de la philanthropie doit l’être également. Et quant aux médias, notamment audiovisuels, de nombreuses règles existent déjà, même aux États-Unis, concernant leurs obligations de diffusion, y compris en période électorale, ou imposant des seuils maximaux de parts de marché. Pourquoi ne pas ajouter à cet ensemble de régulations des règles simples de gouvernance afin que celle-ci soit démocratisée ? Quelle est d’ailleurs l’alternative ? On peut toujours décider de ne rien faire, soit, prendre pour donné et accepter ; mais, dans ce cas-là, à quoi bon écrire des livres.

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Je suis encore beaucoup trop jeune pour renoncer. Et pourtant, je suis aussi effrayée par une autre radicalité qui s’exprime parfois dans le combat pour l’indépendance des médias, et qui consisterait à jouer des mêmes armes. De trop nombreux médias sont capturés par des forces conservatrices aux ressources illimitées ? Eh bien, mettons face à eux d’autres médias, eux aussi capturés, mais par les forces du progrès. Voilà l’alternative en pensée. D’une certaine manière, c’est cette pensée qu’ont mise en acte l’Argentine de Cristina Kirchner ou le Venezuela d’Hugo Chávez. Et l’on peut comprendre l’argument : si tous les médias privés sont entre les mains d’oligarques dont le seul objectif est d’empêcher l’arrivée au pouvoir des forces « de gauche » – ou de les renverser –, pourquoi ne pas rééquilibrer la balance en mettant la main, au moins pour commencer, sur les médias publics ?.

Mais cela ne peut être la solution, et au Venezuela, que l’on considère les dérives de l’ère Andrés Pérez ou le coup d’État de 2002 contre un Chávez qui représentait alors la légalité démocratique – coup d’État soutenu par le patronat et les médias vénézuéliens comme par les États-Unis45 –, rien ne peut justifier par la suite la fermeture de médias audiovisuels privés par Chávez ou, sous Nicolas Maduro, le passage progressif des principaux médias d’opposition sous la coupe de financiers proches du régime et l’arrestation de journalistes. D’une dérive à l’autre. Pas plus que, en Argentine, on ne peut véritablement applaudir à la pourtant nécessaire loi sur les médias audiovisuels passée en force en 2009 – loi nécessaire, car mettant fin à la trop forte concentration du secteur audiovisuel argentin, mais loi critiquable du fait des motivations ayant conduit à sa mise en œuvre : la volonté d’affaiblir un groupe Clarin devenu critique vis-à-vis du gouvernement Kirchner.

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Bien sûr, quelques phrases ne suffisent pas, et il ne s’agit ici pour moi que d’évoquer des situations infiniment plus compliquées. Je ne prétends pas tirer de leçons définitives. Mais il est important d’établir les faits et de tracer des perspectives qui, à défaut de nous sembler tout à fait bonnes, sont sans doute les moins mauvaises. J’ai été marquée au cours des dernières années tout à la fois par l’enthousiasme que pouvait soulever le modèle de « société de média à but non lucratif », tant auprès de citoyens prêts à s’engager que de journalistes à la recherche de nouveaux modèles, et par les insuffisances de ce modèle alternatif s’il doit faire face à la violence des États, aux arrestations de journalistes qui finissent par passer plus de temps dans les commissariats que dans leurs rédactions, aux mises en faillite, aux menaces, aux intimidations.

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En quoi une meilleure gouvernance des médias serait-elle la solution face à tant de libertés bafouées ? Bien sûr, en Turquie, la société de média à but non lucratif semble être une goutte d’eau face à la brutalité d’un gouvernement dont les prisons sont celles qui comptent aujourd’hui le plus de journalistes au monde. Bien sûr, en Égypte, où les journalistes de Mada Masr, le « Mediapart » local, se battent chaque jour et pour informer, et pour que leur site survive, la société de média à but non lucratif paraît un horizon lointain, dont on pourrait rêver s’il ne semblait pas si éloigné de la réalité. Et il y a bien sûr tous ces pays en développement où les citoyens n’ont pas de quoi s’acheter des journaux ; alors, comment pourraient-ils envisager de les financer ? Pourtant, même les journalistes de Mada Masr, avec lesquels j’ai eu la chance d’échanger, voient la question de la gouvernance des médias comme un élément clef de leur indépendance retrouvée.

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Il en va ici des médias comme des partis politiques et des fondations. Bien sûr, les réformes fortes du financement de la vie politique que je propose dans ce livre, ainsi que l’introduction d’une représentation sociale dans une Assemblée parlementaire mixte (re)devenue représentative de la réalité socioprofessionnelle de nos sociétés, n’ont de sens que dans des régimes démocratiques, certes imparfaits, mais où des élections ont lieu à intervalles réguliers et où les gouvernements en place ne peuvent empêcher tel ou tel candidat de se présenter. Faut-il y voir la solution miracle, applicable dans tous les pays, y compris ceux où l’État de droit est encore balbutiant ? Je pense que la réponse se trouve dans la question.

Doit-on pour autant considérer ces solutions comme non satisfaisantes, ou insuffisantes ? Elles marqueraient au contraire – j’aurai l’occasion d’y revenir beaucoup plus en détail dans la troisième partie de ce livre – une avancée importante vers une démocratisation accrue de nos régimes aujourd’hui à bout de souffle et que l’on peut légitimement craindre, quand on voit un Donald Trump président, de voir basculer à tout moment dans un populisme tel que l’on ne pourrait plus en revenir. Cette chute de chapitre aurait pourtant pu s’appeler « J’ai perdu dans tous les cas », tant j’entends déjà les conservateurs crier au communisme ou aux atteintes à la liberté d’expression, et l’extrême gauche au conservatisme, comme si l’on ne pouvait pas, par la loi et l’État de droit, véritablement modifier les règles du jeu. Nous ne devrions pas avoir peur de modifier par la loi ces règles en profondeur et de réduire ainsi, quand il le faut, le champ d’action de l’argent privé – et donc des intérêts privés. Mentionnons pour finir ce dont je n’ai pas parlé dans ce chapitre – et dont je ne parlerai pas dans ce livre.

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au Canada et aux États-Unis. Le chapitre suivant sera consacré aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur ce système, presque complètement remis en question au cours des dernières années, notamment en Italie et aux États-Unis. Le système de financement public de la démocratie politique est, comme la démocratie elle-même, le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Mais ce système peut être amélioré, à condition d’en avoir la volonté politique. Si rien n’est fait au cours des prochaines années, c’est bien le financement privé – et donc les intérêts privés – qui risque de l’emporter, avec les conséquences que l’on sait : d’une part, l’augmentation des inégalités et, de l’autre, l’explosion des populismes.

Or une mobilisation populaire est indispensable pour faire bouger les lignes sur ce sujet, car ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui le sont malheureusement souvent parce qu’ils ont su tirer profit d’un système atrophié qu’ils n’ont aucun intérêt (personnel) à réformer. J’avoue qu’il est difficile d’imaginer un déferlement sur les Champs-Élysées rythmé par le slogan : « Plus d’argent pour nos représentants ! » Et pourtant. Ce qui est en jeu ici, c’est le principe d’égalité. Actuellement, une poignée de citoyens parmi les plus favorisés votent deux fois : une fois dans les urnes et une deuxième fois par leur porte-monnaie. La très grande majorité du peuple n’a que son seul vote « politique » ; et encore, même cette voix-là est en partie capturée par le poids des financements privés dans le processus électoral. Il est temps au XXIe siècle que le même montant d’argent public soit dépensé pour exprimer les préférences politiques de chaque citoyen. Des préférences politiques qui doivent avoir le droit de changer et de se porter chaque année sur de nouvelles formations

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