vendredi 28 décembre 2018

Telecharger Une histoire d'amour et de ténèbres PDF ebook gratuit de Amos Oz



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" Tu veux jouer à inventer des histoires ? Un chapitre chacun ? Je commence ? Il était une fois un village que ses habitants avaient déserté. Même les chats et les chiens étaient partis. Et les oiseaux aussi. " Le petit garçon qui joue ainsi à inventer des histoires à la demande de sa mère est devenu un grand romancier. Sa mère n'est plus là, mais il tient malgré tout à poursuivre le récit de l'existence tumultueuse de sa famille et de ses aïeux. De Jérusalem, où il est né, il retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs de cette tragi-comédie familiale. Leurs vies sont parfois broyées par la grande Histoire et toujours marquées par leurs propres drames intimes, illusions perdues et rêves avortés. Au cœur d'une narration riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesques jusque-là inconnues dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour et de ténèbres est un livre bouleversant où l'histoire d'un peuple et la vérité d'un homme se confondent.


 Je pense que la première faiblesse du fonds présidentiel tel qu’il a été mis en place aux États-Unis est qu’il n’a pas offert aux citoyens américains le choix du parti qu’ils souhaitent financer : « politiser » ce fonds, en donnant aux citoyens la possibilité de décider s’ils souhaitent que leurs 3 dollars soient utilisés pour financer le Parti démocrate ou le Parti républicain (ou, d’ailleurs, tout autre parti), serait une première façon de lui rendre une partie de son efficacité. D’une certaine manière, c’est ce que je propose avec les « Bons pour l’égalité démocratique » : chaque citoyen a le choix chaque année d’indiquer sur sa feuille d’impôt le mouvement politique auquel il souhaite que soient alloués ses 7 euros d’argent public (mais cela pourrait très bien être 3 dollars dans le contexte américain – ce n’est pas le montant qui importe ici).

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La deuxième faiblesse du fonds présidentiel tel qu’il existe aujourd’hui vient du fait qu’il est possible – même s’il est bien indiqué sur la déclaration d’impôt que cocher la case du fonds n’affecte nullement le montant des impôts payés par le contribuable – qu’un certain nombre de citoyens pensent néanmoins que cela a un coût pour eux, et préfèrent donc ne pas le faire. Il faudrait donc mieux et davantage communiquer sur cette opportunité qui est donnée à chacun. Enfin, nous l’avons vu, et c’est sans doute la caractéristique la plus étonnante du fonds tel qu’il a été mis en œuvre en 1974, il n’y a jamais eu de lien entre d’une part le montant du fonds (déterminé par les contributions des citoyens) et d’autre part le montant des remboursements (le plafond des dépenses à l’élection présidentielle étant fixé indépendamment du succès du fonds). Cela ne peut que donner le sentiment d’un gadget inutile ou, pire, venir nourrir une impression d’imposture.

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Même si cela peut sembler a priori paradoxal, je pense également que le financement public de la démocratie est mort aux États-Unis de sa faiblesse ; autrement dit, c’est en partie parce que les montants des remboursements publics des campagnes étaient trop faibles que les candidats ont renoncé à les utiliser. Nous avons vu au chapitre précédent que le plafond de dépenses fixé pour les candidats à l’élection présidentielle américaine, rapporté à la population adulte, n’avait cessé de s’effondrer depuis le milieu des années 1980. Or, on le sait, les coûts des campagnes n’ont cessé d’augmenter au cours de la même période, et ce plafond n’était dès le départ pas très élevé.

Certes, j’ai souligné qu’au final le montant du plafond des dépenses par adulte n’était pas si éloigné aux États-Unis de ce que l’on observe en France. Mais là où le bât blesse, c’est si l’on considère la nature des dépenses engagées. Car, si l’on voulait vraiment in fine que les candidats américains à la présidentielle fassent campagne à la mode française, ce qu’il faudrait pour commencer – et qui ne serait d’ailleurs pas forcément une mauvaise idée, mais qui semble difficilement réalisable, tant les pratiques sont ancrées –, c’est interdire la possibilité pour les partis et pour les candidats de faire de la publicité à la télévision et à la radio. Ce qui ne voudrait bien sûr pas dire supprimer la campagne de nos écrans divers et variés, mais donner à chacun des candidats du temps d’antenne gratuit, un temps d’antenne soigneusement régulé.

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Bien entendu, on ne peut savoir dans quelle mesure les candidats n’auraient pas, au cours des dernières années, même avec un plafond de dépenses deux ou trois fois plus élevé, tout de même choisi de renoncer au financement public afin de pouvoir dépenser davantage d’argent privé ; le péché originel du système de financement public américain, c’est la possibilité du opt out. Mais il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, aux États-Unis, même un Bernie Sanders n’a pas fait appel au financement public (les primary matching funds) lors des primaires américaines de 2016, afin de ne pas être contraint dans ses dépenses17. S’il avait accepté l’argent public, il aurait en effet dû s’engager à ne pas dépenser plus de 10 millions de dollars pour les primaires. Or, au final, Bernie Sanders a levé pour sa campagne plus de 228 millions de dollars et en a dépensé près de 223 millions18 ! Soit plus de vingt fois le plafond…

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Je prends volontairement l’exemple de Bernie Sanders, car il s’agit aux États-Unis de l’un des plus fervents défenseurs d’une nécessaire réforme du financement des campagnes électorales ; non seulement le sénateur a soutenu le « Fair Elections Now Act » au Congrès américain19, mais il a également refusé d’avoir une super PAC. (On a vu plus haut qu’Obama avait, lui, assez rapidement cédé sur ce point.) Doit-on lui reprocher d’avoir dépensé bien plus que la limite des 10 millions de dollars ? On pourrait répondre « oui » spontanément, mais cela devient de fait bien plus compliqué dès que l’on considère un instant la structure des dons qu’il a reçus. En effet, 59 % des contributions reçues par le sénateur du Vermont en 2016 – soit 135 millions de dollars – étaient de « petites » contributions, c’est-à-dire inférieures à 200 dollars. Si l’on pouvait s’assurer que chacun des candidats aux élections ne repose réellement pour son financement.

u Canada, par exemple, les conservateurs alors au pouvoir – prétextant la nécessité de faire des économies à la suite de la crise financière – ont essayé en 2008 de supprimer le financement annuel public des partis politiques. Cette décision a d’ailleurs ouvert une crise politique grave au pays des caribous – la « crise de la coalition » – jusqu’à ce que les conservateurs reculent, mais seulement pour un temps. Car, au final, en 2011, seulement trois semaines après être arrivés au pouvoir, les conservateurs ont voté la suppression de l’allocation trimestrielle, qui a diminué progressivement jusqu’à définitivement disparaître en 2016.

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Aujourd’hui au Canada, au niveau fédéral, seul reste en place le remboursement des dépenses de campagne. Il est remarquable que, au Canada, ce soient les conservateurs qui aient systématiquement essayé de remettre en question, puis fini par supprimer le financement public direct des partis. Pourquoi ? Parce que les conservateurs possèdent un avantage financier très fort sur les autres partis – à commencer par le Parti libéral –, à savoir le montant important des dons privés qu’ils reçoivent. Or, l’existence d’un financement public conséquent vient dans les faits dissoudre en partie cet avantage financier privé du parti. La déclaration en 2015 du Premier ministre conservateur Stephen Harper est, de ce point de vue, édifiante. Alors que certains s’interrogeaient sur la nécessité d’une campagne électorale particulièrement longue – soixante-dix-huit jours.

Les « Policy Development Grants » ont été introduits récemment, dans le cadre du « Political Parties, Elections and Referendums Act » de 2000. L’idée est d’aider financièrement les partis politiques à préparer leurs programmes pour les élections non seulement au Parlement britannique, mais également au Parlement européen ou encore au niveau local, en subventionnant leurs activités de Recherche et Développement (R&D). Les différents partis se partagent chaque année cette subvention de l’État d’une valeur totale de seulement 2 millions de livres sterling (soit l’équivalent de 2,6 millions d’euros en euros de 2016), et doivent pour cela faire une demande auprès de la Commission électorale. Pourquoi (seulement) 2 millions de livres ? Réponse évidente : pour limiter le montant des subventions publiques totales aux partis.

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La preuve ? Les dépenses de R&D de l’ensemble des partis avant 2000 étaient de 1,5 million de livres par an financés par leurs fonds propres. Le rapport sur le financement des partis politiques au Royaume-Uni, rendu en 1998 par Lord Neill of Bladen, recommandait la création de cette subvention. On ne peut pas dire qu’en y consacrant seulement 2 millions d’argent public le gouvernement ait vraiment changé la donne afin de les augmenter. De manière plus intéressante, la « Short Money » – instaurée en 1975 – est disponible pour l’ensemble des partis d’opposition à la Chambre des communes qui ont obtenu au moins deux sièges, ou un siège et plus de 150 000 voix, lors des dernières élections législatives20. On qualifie ces subventions aux groupes parlementaires de « Short Money ».

Ces subventions publiques à l’opposition ont été réformées de multiples fois depuis le milieu des années 1970. Malheureusement, aujourd’hui, les discussions ne portent pas tant sur la possibilité de les élargir à l’ensemble des partis – et notamment au parti au pouvoir – que sur la nécessité de diminuer leur importance afin de réduire les dépenses qui y sont consacrées. D’autant que le scandale de 2009 des notes de frais des parlementaires – des députés et lords des trois principaux partis ont été inculpés pour avoir réclamé des remboursements de frais auxquels ils n’avaient pas droit22 – n’a pas rendu particulièrement populaire, de l’autre côté de la Manche, l’idée de dépenser davantage l’argent des contribuables pour financer le personnel politique. À quand un véritable débat au Royaume-Uni sur la limitation des financements privés de la démocratie et l’introduction d’un financement public substantiel ? Dans les faits, ce débat s’est jusqu’à aujourd’hui heurté à la question des syndicats : les conservateurs sont prêts à limiter les dons privés à condition que le financement des partis (c’est-à-dire essentiellement du Parti travailliste).

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le Parti travailliste voudrait limiter les dons des individus comme des entreprises, mais exclure de cette régulation les subventions syndicales. Ou comment de la mauvaise foi partagée finit par tout bloquer. On peut espérer que des chocs électoraux comme celui du Brexit amèneront les femmes et les hommes politiques et, plus largement, l’ensemble des citoyens à réfléchir à nouveau sur le rôle joué par les intérêts privés dans le jeu électoral actuel, et sur la meilleure façon de les réguler. Financement public de la démocratie contre coût de fonctionnement de l’ÉTAT Je vais défendre dans la troisième partie de ce livre, avec les « Bons pour l’égalité démocratique », un financement public de la démocratie plus généreux financièrement que ce qu’il est actuellement dans un certain nombre de pays, et surtout radicalement égalitaire ; en échange de contreparties très fortes.

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Bien sûr, notamment une limitation drastique – une quasi-interdiction – du financement privé. Et surtout un financement public complètement repensé dans ses modalités et son calendrier, afin de fluidifier le jeu démocratique et le renouvellement des forces en présence, à la lumière des expériences passées. À ceux qui pensent que cette proposition est à contre-courant, face à la remise en cause un peu partout – comme nous venons de le voir – des systèmes de financement public, je veux dire dès à présent deux choses. Un, le système actuel ne fonctionne plus, il mène partout à des dérives et les préférences des citoyens – vos préférences – ne sont plus représentées. C’est ce que nous allons voir dans les prochains chapitres. Il faut en avoir conscience.

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e ce point de vue, je ne suis pas à contre-courant. J’ai bien conscience des imperfections du système actuel. Mais je ne crois pas que la solution soit du côté du nihilisme. Il ne faut pas détruire, il faut repenser. Deux, je veux dès maintenant anticiper la critique – parfois démagogique, parfois naïvement honnête – de tous ceux qui disent qu’il vaudrait mieux dépenser l’argent public pour les hôpitaux ou pour l’éducation que pour les partis politiques. D’ailleurs, c’est ce qu’a fait Obama en 2014 avec son « Medical Research Act » en prenant d’une main les ressources consacrées au financement public de la démocratie et en les allouant de l’autre au financement de la recherche contre le cancer. Le montant des « Bons pour l’égalité démocratique » que je défends au Chapitre 10 est calculé à partir des dépenses actuelles consacrées, par exemple en France, au financement de la démocratie.

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Je ne propose pas d’augmenter le montant total des sommes en jeu, mais de les allouer de manière plus juste et plus efficace – en mettant fin, par exemple, aux déductions fiscales régressives que j’ai documentées aux chapitres 2 et 3. Ainsi, aujourd’hui en France, l’État dépense chaque année environ 175 millions d’euros pour financer la démocratie politique : 67 millions en financement direct des partis, 52 millions pour le remboursement des dépenses de campagne, 56 millions en cadeaux fiscaux attachés aux dons aux partis politiques et 8 millions en cadeaux fiscaux pour les dons aux campagnes électorales. Je pense que ces 175 millions d’euros seraient bien mieux utilisés s’ils prenaient chaque année la forme d’un « Bon pour l’égalité démocratique » d’une valeur de 3,55 euros que chaque adulte pourrait allouer au parti de son choix à travers une simple case sur sa feuille d’impôt. Je montre même que, sans dépenses publiques supplémentaires.

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De plus, permettez-moi d’insister sur un point important qui va apparaître encore plus clairement dans le prochain chapitre : laisser la démocratie aux mains des intérêts privés, en ne limitant pas d’une part les dons privés et en ne subventionnant pas de l’autre le fonctionnement des partis avec de l’argent public efficacement alloué, cela a des conséquences très concrètes sur les femmes et les hommes politiques qui sont élus et sur les décisions qu’ils prennent une fois élus. Cela a donc des conséquences très concrètes sur les choix politiques qui sont faits quant à la fiscalité des hauts revenus ou des patrimoines et quant aux montants qui sont consacrés à l’éducation ou aux hôpitaux publics.

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Pour le dire autrement, dépenser un peu plus d’argent public pour financer la démocratie politique, et le faire dans le cadre d’une réforme globale du financement de la démocratie, cela ne conduira certainement pas à une diminution des ressources pour les écoles ou les hôpitaux par un effet de substitution (les montants en jeu ne sont pas comparables), mais pourrait en revanche avoir comme conséquence positive une augmentation dans le futur de la dépense publique profitant à la majorité. Dont les préférences seront enfin écoutées. Au final, combien coûte le fonctionnement de l’État aujourd’hui ? Si l’on prend simplement en France le coût des « pouvoirs publics », la dépense annuelle s’élève à 992 millions d’euros (991 742 491 euros très exactement, soit 19,20 euros par adulte), dont 103 millions pour la présidence de la République, 518 millions pour l’Assemblée nationale, 324 millions pour le Sénat, et 35 millions pour La Chaîne parlementaire.

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Aux États-Unis, oui, bien évidemment, le jeu démocratique est corrompu par le poids de l’argent et celui des lobbys – peu de gens savent du reste qu’il y existe un système de financement public de la démocratie (le fonds présidentiel), mais qu’il a été réduit à néant par les dérives du financement privé. Non par ces seules dérives d’ailleurs, mais également par un réel désamour des partis politiques. Aux États-Unis, oui, bien évidemment, mais en France, et dans le reste de l’Europe ? Nous venons de voir que c’est sans doute l’Italie qui est allée le plus loin dans la remise en cause complète du financement public de sa démocratie.

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Mais la suppression par les conservateurs au Canada de l’allocation trimestrielle publique pour les partis va dans le même sens. Et, en France, les trois principales forces politiques actuelles se présentent comme des anti-partis : La République en marche est un mouvement qui explique en permanence que tout l’oppose au « monde d’hier », tout comme d’ailleurs La France insoumise, qui déclare sur son site Internet ne pas disposer « des structures des partis politiques traditionnels » ; quant au Front national, il a toujours refusé d’être situé sur l’axe droite-gauche et de se comparer aux autres partis. Cause ou conséquence de ce dénigrement ? Moins de 10 % des Français font aujourd’hui confiance aux partis, et pas plus aux nouveaux qu’aux anciens. De là à ce qu’ils affirment majoritairement ne plus vouloir les financer avec l’argent de leurs impôts, il n’y a qu’un pas.

Ce qui est effrayant aujourd’hui, c’est que l’équilibre américain actuel pourrait devenir la nouvelle normalité. N’est-ce pas déjà en partie le cas en Allemagne ? L’objectif de ce chapitre n’est pas d’empêcher mon lecteur de trouver le sommeil, mais de lui ouvrir les yeux sur le précipice qui s’avance sous ses pieds et de lui montrer comment nous y sommes arrivés. Afin que nous prenions enfin les mesures nécessaires pour ne pas déplorer demain l’influence croissante des intérêts privés, mais pour pouvoir nous féliciter au contraire d’avoir rendu toute sa réalité au concept de représentativité.

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Afin qu’en refermant ce livre, et sa troisième partie, mon lecteur ne puisse dissimuler un sourire nourri d’espoir : oui, des solutions existent, et elles ne sont ni particulièrement coûteuses ni particulièrement difficiles à mettre en œuvre. Nous allons analyser les dérives inégalitaires du système américain, les menaces qui pèsent sur l’Allemagne et le reste de l’Europe. Il ne s’agit pas d’une longue litanie de complaintes mais d’étapes indispensables sur le chemin des solutions : les « Bons pour l’égalité démocratique », une refonte complète du financement public de la démocratie et l’Assemblée mixte, autrement dit l’introduction d’une représentation sociale à l’Assemblée nationale, afin que celle-ci soit davantage représentative – dans ses membres comme dans ses décisions – de la réalité socio-économique du pays. Des décennies de dérégulation de la démocratie politique L’argent privé n’a pas toujours tenu le haut du pavé dans la vie politique américaine.

La Cour suprême américaine a entamé son travail de démolition progressive des règles encadrant le financement privé de la démocratie dès 1976, avec l’arrêt « Buckley v. Valeo »2. Cet arrêt a déclaré anticonstitutionnel le plafond limitant la contribution des candidats à leur propre campagne. Avec quelles conséquences ? Sans même aller jusqu’à Trump aujourd’hui, cet arrêt a permis au milliardaire David Koch de dépenser plus de 2 millions de dollars lors de la campagne présidentielle de 1980, nous y reviendrons. Il lui a suffi pour cela de se présenter comme vice-président sur le ticket du Parti libertarien ; comme candidat, il lui était en effet permis, grâce à la décision de la Cour suprême, de dépenser selon son bon vouloir.

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Comme simple citoyen, il aurait été contraint par le plafond limitant les dons des individus aux campagnes. Mais la Cour suprême ne s’est pas arrêtée là. Dans la même décision, si elle a considéré comme constitutionnelles les limites aux contributions d’un individu à un candidat ou à un parti, elle a déclaré anticonstitutionnelles toutes limites aux dépenses « indépendantes » ; autrement dit, tant qu’un individu ou un groupe ne se présente pas directement à une élection et qu’il ne se coordonne pas avec un candidat, mais désire simplement soutenir ou s’opposer à tel ou tel candidat, alors il peut dépenser sans limites. Seules les entreprises et les syndicats ne sont pas autorisés à le faire en 1976. Les individus privés sont donc limités en ce qui concerne le montant de leurs dons directs à un candidat.

Parce que la Cour suprême utilise aux États-Unis une notion extrêmement restrictive de la corruption : la corruption quid pro quo, « une chose pour une autre ». Autrement dit, lorsqu’un citoyen contribue directement à la campagne d’un candidat (lui donne quelque chose), il y a un risque de corruption, c’est-à-dire qu’il attende autre chose en retour ; mais ce risque n’existe pas – selon la Cour suprême – si le citoyen dépense directement pour exprimer ses préférences. Car dans ce cas, le candidat ne recevant rien, il ne peut rien donner en retour. Il s’agit juste, pour le citoyen qui dépense, d’une forme d’expression. Je veux insister un instant sur ce point, car la distinction me semble loin d’être évidente pour tout citoyen non américain.

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Aux États-Unis, je peux faire campagne indépendamment pour le candidat de mon choix. Ainsi, si je suis fan de Michelle Obama et que je souhaite la voir remporter la primaire démocrate en 2020, rien ne m’empêche de payer mes propres publicités à la télévision en soutien à la candidate ; avec, selon les moments toutefois, une tolérance plus ou moins grande quant aux messages très explicites tels que « Votez pour Michelle ». En revanche, le montant des contributions que je peux apporter directement à la campagne de Michelle Obama – disons « Michelle for America » – est, lui, très fortement limité. Puisque, dans le cas de ces contributions directes, il peut selon la Cour suprême y avoir soupçon de corruption, mais certainement pas dans le cas des contributions indirectes. La Cour suprême l’a d’ailleurs réaffirmé en 2012 dans le cadre de sa décision « Citizens United », sur laquelle nous allons revenir : « Lorsque Buckley a identifé un intérêt gouvernemental suffisamment important pour empêcher la corruption ou l’apparence de corruption, cet intérêt se limitait à la corruption quid pro quo.

Enfin, la Cour suprême a annulé dès 1976 les limites aux dépenses globales des campagnes électorales. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui il peut être nécessaire de dépenser plus d’un milliard de dollars pour être président des États-Unis. Qui veut tenter sa chance ? Ce qui est intéressant, c’est de comprendre les arguments utilisés par la Cour suprême pour justifier la mise à mort de l’encadrement du financement privé des élections. Car tout s’est fait au nom de la sacro-sainte liberté d’expression, et de l’information4. L’argumentaire de la Cour est, dans le fond, assez simple – ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas extrêmement critiquable. Premier point : dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir faire des choix informés (jusque-là, je ne peux qu’être d’accord). C’est pourquoi le Premier amendement – qui garantit aux États-Unis la liberté d’expression – est central dans la conduite des campagnes électorales. En effet, chacun des candidats doit pouvoir convaincre les citoyens des mérites de ses idées, du bien-fondé de sa candidature, etc. J’imagine que vous approuvez ici aussi. Mais l’argent, dans tout ça ? Défendre ses idées, et plus généralement faire campagne, cela a un prix, et ce prix est élevé, même de plus en plus élevé dans le monde moderne (la Cour suprême avait en tête, dans les années 1970

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