mardi 4 décembre 2018

Telecharger Travailler à tout prix ebook gratuit de Cédric Porte

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Cédric Porte – Travailler à tout prix – Après des années de chômage, Cédric et Nicolas retrouvent un boulot. Un parfum d’espérance souffle sur leur vie. Ils sont loin d’imaginer ce qu’ils vont subir. Bienvenue chez MSS, une PME dirigée par une patronne, façon tyran nordcoréen. Ici, règne le management par la terreur : délation, humiliation, contrôle absolu de l’individu. Cédric et Nicolas troquent un enfer contre un autre, plus pernicieux, plus violent. Mais que faire ? Le travail, leur bouée de sauvetage, les attire vers le fond…




Nous nous retrouvions assez régulièrement au Beach Candy, un magnifique complexe comprenant une piscine olympique de vingt-cinq mètres de long, des plongeoirs allant de un à cinq mètres, un immense parc avec des tennis, un bassin d’eau de mer de deux hectares avec au beau milieu un radeau donnant directement sur les rochers et la mer. À l’entrée du club, il y avait une pancarte bien visible : « No Indians allowed ». Je trouvais cela choquant, d’autant plus que le club grouillait de personnel indien (serveurs, hommes de ménage, jardiniers, etc.), et que la vraie star du lieu, qui s’appelait Barbara, était métisse indienne et anglaise, championne de natation et de plongeon, médaillée également en Angleterre. Elle était d’une très grande beauté et ma mère faisait tout pour lui ressembler.

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Cette half-cast régnait sur le club… interdit aux Indiens ! Toutes les filles de ma classe ont appris à nager, à plonger également et ont fait partie des water ballets (natation synchronisée en musique) avec elle. Sa beauté et son talent étaient son « passe-droit » pour graviter dans cette société ségrégationniste. Ma mère – toujours elle ! – excellait en plongeon. Un jour qu’elle m’accompagnait, nous nous retrouvâmes en haut du plongeoir de cinq mètres. Je réussissais fort bien le saut de l’ange depuis celui de trois mètres. Mais là… ça me paraissait un peu haut. Au lieu de me rassurer alors que je lui fis part de ma peur et de mon désir de redescendre, elle se colla à moi comme le professeur de danse indienne et me dit, les dents serrées : « Tu vas plonger ! » Je résistai. En vain ! Elle me poussa. Résultat : je fis un plat sur le dos qui me coupa le souffle. Ma mère releva la tête avant de s’élancer à son tour dans une figure digne d’une championne de la catégorie. No comment ! L’important était de sauter… et de prendre une petite leçon d’esthétique forcément inégalable. Ces avatars vite oubliés, je repris ma petite vie que j’avais l’impression de traverser sur un tapis de velours. Sans jamais perdre une once de la grande confiance en moi-même et en la vie.

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La vie était désormais délicieuse, éternelle, sans la moindre ombre, le plus petit obstacle. D’autant que je partageais mes loisirs et mes secrets avec Corinne, qui était extrêmement brillante et exerçait sur moi une fascination intellectuelle rare. Mon père admirait sa maturité, la pertinence de ses raisonnements et son approche de l’existence. Entre nous naquit une première amitié intime. Nous étions très proches et échangions nos secrets les plus personnels. Elle avait une jolie imagination et un physique un peu androgyne qui pouvait troubler, d’autant plus qu’il émanait d’elle une grande douceur à la fois séduisante et attendrissante. Élevée avec cinq frères et sœurs, elle était différente des autres adolescents que je croisais à l’époque dans le monde feutré qui était le mien. Et c’est avec tristesse que je la quittai.

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Je l’ai retrouvée plus tard à Paris, nous avions gardé contact ; elle avait passé une agrégation de chinois à Pékin et enseignait cette langue à l’université d’Aix-en-Provence. J’ai vécu auprès d’elle une intimité sûrement amoureuse mais inconsciente et purement platonique. Je découvrais une forme de complicité beaucoup plus forte avec les femmes qu’avec les hommes… ce qui m’entraîna parfois dans des situations délicates. J’ai en mémoire une mésaventure m’étant arrivée lors d’un déplacement en Israël. La danseuse qui interprétait le Chat botté dans La Belle au bois dormant était une Grecque très belle et très drôle qui m’invita un jour à profiter de ce que je crus être une aubaine. Elle m’avait dit : « Viens, viens vite ! J’ai trouvé un hôtel dans un endroit formidable. » J’en déduisis aussitôt que nous partagerions les frais et que nous ferions des économies… Pas au point de faire baignoire commune ! Car, à peine étais-je dans mon bain qu’elle m’y rejoignit sans me demander mon avis et se fit tendre, envahissante. Affolée, je pris mes cliques et mes claques pour trouver un hôtel où je ne partageais la chambre qu’avec moi-même !

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Je ne savais pas grand-chose de ces relations humaines à venir quand je quittai l’Inde en disant adieu à Bombay et à mon Livre de la jungle. Direction le Maroc, où nous arrivâmes en 1956. Alors qu’il était sous protectorat français depuis 1912, il accédait à son indépendance en cette année 1956 et il convenait de veiller à ce que la communauté française, présente en nombre dans le pays, ne souffre pas de ce nouveau statut et ne fasse pas le choix de l’exil comme le feraient, six ans plus tard, les Français d’Algérie. Mon père avait fort bien réussi à Bombay, établissant de très bonnes relations commerciales entre l’Inde et la France, notamment concernant les importations de coton. Grâce également à son amitié nouée depuis le lycée Janson-de-Sailly avec Jerhardi Tata, fils du milliardaire parsi.

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Dans ses activités professionnelles, il eut longtemps la réputation d’être un brillant déchiffreur, épaulant efficacement les personnels du renseignement de passage en Inde. Il fut très apprécié par son ambassadeur à Delhi et très bien noté, ce qui explique sans doute qu’on lui proposa bientôt un poste à Kaboul, qui devenait une zone stratégique d’importance… Elle était également dangereuse en cette période tendue mettant aux prises le jeune Pakistan, l’Afghanistan et l’Inde, Jawaharlal Nehru marquant une préférence sensible pour le bloc des pays soviétiques. Le Cachemire souhaitant accéder à son indépendance, la situation menaçait de devenir explosive… Ma mère ne fut pas emballée par cette promotion. Kaboul n’avait rien de glamour ! Quand mon père lui parla de l’éventualité d’intégrer ce poste, elle lui répondit sans ambages : « Quelle horreur ! Jamais je n’irai là, et puis il n’y a pas d’école française.

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C’était bien étonnant de la voir se préoccuper de mon avenir… Plus prosaïquement, elle vivait cette mutation comme un enterrement, une mise sous burqa avant l’heure. Peu lui importait l’intérêt stratégique et promotionnel de ce poste pour mon père qui, à son retour en France, eut un rendez-vous au Quai d’Orsay au cours duquel il refusa ce poste à Kaboul, au grand dam de sa hiérarchie. Plus modestement, il sollicita une affectation au Maroc pour être plus près de la France afin que je puisse poursuivre mes études en français. Comme je l’ai déjà dit, je connus ma révélation au Maroc par une nuit d’hiver qui décida vraiment de mon avenir de danseuse grâce à cette jeune femme pétulante, énergique et d’un éclat essentiel qu’était Sonia Bessis. Je me réjouissais de notre nouvelle installation au Maroc et je pus bénéficier de son enseignement de première qualité qui me permit de compenser mon retard, ma technique sommaire inhérente à une formation classique fragmentaire et peu cohérente.

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Sonia Bessis était observatrice et intuitive… d’où l’intérêt qu’elle me porta et son implication intensive pour me préparer à devenir une véritable danseuse. Outre la danse, je ressentis mes premiers troubles affectifs et, pour la première fois, je fréquentai… l’école française. En effet, dès mon arrivée en France, devant continuer mes études, les problèmes me parurent insurmontables. Je fus confrontée à la grammaire française et au système métrique. C’était un tel chamboulement pour moi que je n’arrivais pas à distinguer les différences et à comprendre tout ce que l’on voulait m’inculquer et qui était tout à fait nouveau dans ma tête d’adolescente. J’essayais de surnager et je me noyais lamentablement y compris dans les décimales, les exceptions faisant règle, les ancêtres gaulois. Pour agrémenter l’ensemble, je tombai sur des enseignants marxistes primaires pour qui une fille de diplomate ne pouvait être qu’une colonialiste à remettre au pas ! La joie, quoi ! L’ambiance du collège me déplaisait autant que ce qu’on y enseignait.

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La danse devint ma seule passion, mon intention première. Après la formation de M. Ponti, les films russes révélateurs, je me retrouvai à Paris, en face de cette bonne fée de Sonia Bessis qui restait convaincue de mes capacités à poursuivre dans le grand art. Grâce à elle et pour elle, je retrouvai en pugnacité et en stabilité ce que je perdais dans mes études ennuyeuses, au grand dam de mes parents qui commençaient à s’interroger sur mon avenir ; jusqu’au jour où Sonia Bessis persuada ma mère que je devais tenter mon entrée au Conservatoire, avec l’idée que je pourrais en faire mon métier.

Elle sentit que ma mère ne souhaitait pas investir dans des cours payants et lui précisa que les cours de l’Opéra seraient gratuits. Ce fut une maigre consolation. J’entends encore ma mère répondre à mon professeur : « Ma fille sur les planches… Vous n’y pensez pas ! » Pour elle, le métier de danseuse était un métier de fille perdue. Heureusement, mon père, qui avait été frustré de n’avoir pu faire une carrière de pianiste malgré son talent, trancha en disant à maman : « Laisse-lui sa chance, on ne m’a pas donné la mienne… Au moins accorde-lui la sienne… » Il me restait à affronter le jury du Conservatoire de danse de Paris.

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Il me fallait impérativement réussir, les convaincre. Mon corps se réchauffa tandis que je me présentais et que j’enchaînais les mouvements de manière quasi mécanique, arrivant à la première phase du programme imposé : « La variation de Phryné » extraite du ballet de Faust. La prestation n’était pas très technique, donc je n’eus pas trop d’encombres, la seule étant ma sempiternelle difficulté à tourner à droite. Pour le reste, ma présentation fut aisée à réaliser d’autant qu’elle était – j’en étais convaincue – tout en charme, en musicalité… ce qui explique que je réussis bien le travail de pointes et de petites batteries. Avec le recul, j’estime que je n’ai réalisé aucune prouesse technique. Je pense que mon physique agréable ne fut pas étranger à la note que m’attribua le jury. Car, divine surprise, à l’heure des résultats, mon nom figurait en tête de liste, alors que je m’étais sentie reléguée au second plan devant la grâce, l’élégance et la haute technicité avec lesquelles les autres candidates s’étaient acquittées de l’exercice. La jeune danseuse que j’étais ne sut pas à cette époque-là quel effet elle avait eu sur deux membres du jury… et non des moindres.

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Je l’appris bien des années plus tard de la bouche de Pierre Lacotte qui, à l’époque de mon concours, rentrait des États-Unis où il avait dansé au Metropolitan Opera de New York. Il avait décidé qu’il ne siégerait jamais dans un jury car il avait passé son enfance et son adolescence à être jugé lors de nombreux concours à l’Opéra avant de devenir premier danseur. Pas question de passer du côté des jurés après avoir souffert sous leur joug. Or, ce jour-là, il manquait un juré et Claire Motte, qui était danseuse étoile et qui le connaissait bien, lui demanda s’il voulait remplacer un membre du jury souffrant pour un concours qui se déroulait le lendemain. La réponse fut immédiate et négative. Une demi-heure plus tard son téléphone sonna à nouveau et, au bout de la ligne, il reconnut la voix de Carlotta Zambelli, un véritable monument à l’Opéra.

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Le lendemain, Pierre Lacotte se retrouva derrière la grande table aux côtés de Mlle Zambelli et de Claire Motte. Dès qu’il me vit arriver et avant même que j’aie dansé, il fut, paraît-il, sidéré par ma personnalité, ma présence, ma tenue, mes proportions, mon potentiel, mon regard. Bien des années plus tard, il m’expliqua qu’il avait été subjugué, même ému par mon talent naissant et par mon sens du mouvement. Il inscrivit quelques lignes en haut et à gauche de sa feuille de notation. À la pause, Carlotta Zambelli lui demanda si elle pouvait voir sa feuille. Elle la regarda, marqua un temps d’arrêt et lui fit passer la sienne sur laquelle elle avait écrit mot pour mot ce qui figurait sur celle de Pierre Lacotte : « Sera un jour une étoile. »

Cette prédiction me porta-t-elle bonheur ? Je le crois… Toujours est-il que j’étais transportée de joie ; je téléphonai aussitôt à ma mère depuis une cabine toute proche… « Maman ! Maman ! Je suis la première sur la liste… » Elle répondit aussitôt « So what ? » avant de marquer un grand silence et de me passer mon père qui, beaucoup plus heureux et fier de ce résultat, me dit aussitôt : « Nous allons trouver une solution pour que tu puisses vivre à Paris et entamer ces nouvelles études. Nous verrons bien comment les choses évolueront… » En attendant, j’avais à rattraper mon retard et le regard de mon professeur ne laissait aucun doute à ce propos. J’emménageai alors dans l’appartement que mes parents louaient à l’année, rue Henri-Bocquillon dans le XVe arrondissement de Paris.

Me voilà désormais élève du Conservatoire national supérieur de Paris et bientôt familière du 4, rue de Madrid où se dresse toujours l’impressionnant bâtiment qui garde un air austère, hérité de la première destination des lieux : un collège tenu par les jésuites que mon grand-père paternel avait d’ailleurs fréquenté dans sa jeunesse. À l’époque où j’y entrai, le Conservatoire ne disposait pas encore d’un grand studio pour la danse. Nous devions nous contenter d’un petit plateau en pente cerné de barres amovibles, le tout face au grand orgue de la chapelle transformée en salle de spectacle, avec de jolis fauteuils en velours rouge, et quelques paravents calés entre les fauteuils qui nous servaient de loges. Un univers étroit et spartiate sans lavabos, encore moins de douches ! Nous étions devenues des adeptes du gant de toilette, avec la bouteille de Synthol ou d’eau de Cologne, ce que les Anglais appellent le « French bath » en fustigeant aimablement notre hygiène !

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Par la suite, deux grands studios fonctionnels furent construits dans le jardin intérieur où poussaient de magnifiques arbres de Judée. Le jardin se rétrécit beaucoup par la suite mais les arbres subsistèrent, illuminant le ciel de leurs fleurs mauves aux premiers jours du printemps. Je fréquentai le Conservatoire durant deux ans et demi à raison d’un cours tous les matins de 9 heures à 11 heures avec un travail à la barre pour débuter. Travailler la barre, c’est reprendre possession de soi par une série d’exercices quotidiens et profitables. Lorsque j’intégrai la classe de Solange Schwarz, je dus faire face au réel travail d’une future professionnelle du ballet. Je n’étais pas très souple mais j’avais une bonne musculature, et surtout de bonnes proportions scéniques, des pieds solides… Autant d’éléments physiques que je pus travailler chez maître Yves Brieux jusqu’à en faire une qualité.

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