samedi 1 décembre 2018

Telecharger L'Oeuvre noire Pdf de Philippe Lyon ebook gratuit

Ebook gratuit : L’Oeuvre noire Pdf , Epub


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L’œuvre noire, c’est ce qu’a initié ce psy français de renommée internationale il y a trois ans, quand il s’est porté garant pour un petit malfrat dans un tribunal parisien. Pourquoi il l’a tiré d’affaire, ce qu’il exige du voyou, ce qu’il lui a fait… C’est un mystère effarant que le lecteur va découvrir au fil du roman, mais voilà où tout a commencé.

Et aujourd’hui, trois ans après donc, Manuel Kross, 25 ans de carrière dans la police, flic grande gueule sauvé de la barbarie de son métier par son amour fou pour sa femme, est appelé sur les bords de Seine où l’on a repêché deux hommes. Ils ont été battus à mort, à coups de poing et à coups de pieds, méthodiquement, avant d’être jetés dans le fleuve. Bientôt, Kross comprend qu’en fait ils se sont battus jusqu’à en mourir. Contre qui ? Pourquoi ?

Kross vient de mettre au jour le pire des Jeux du cirque modernes, des combats à mains nues, en plein Paris. Des combats qu’on appelle ultimes, retransmis sur le darknet, avec des parieurs triés sur le volet à la fois pour leur argent et leur capacité à se taire. Derrière tout ça, il y a un homme d’affaires discret dont le nom est murmuré dans tous les clubs de boxe et de fight depuis quelques mois. Ari Zeller. Très riche, très puissant. Déjà une légende.

Dès les premiers instants de l’enquête, commence une lutte à mort entre Kross et Zeller, un combat bien inégal quand l’un respecte la loi et l’autre n’a pas de limites. Mais Kross n’est pas n’importe quel flic.




il me suffit de lui faire la causette pendant les huit minutes imparties et il rédige mon ordonnance. Un spécialiste voudrait connaître mes relations avec ma famille. Mes sentiments sur Jude et mon père absent. Je devrais lui confier qu’adolescente, je me suis lancée à la recherche de mon père. Mais impossible de révéler ça. Parce que je ne peux pas raconter toute l’histoire. Une chose en entraînerait une autre et impliquerait de démêler l’écheveau. J’essaie, juste au cas où, pour avoir un aperçu. Je m’entends déclarer : « Tout a commencé avec Will. Enfin, non, ça avait commencé avant, mais l’arrivée de Will a déclenché la spirale. » Mais impossible d’aller plus loin car, au-delà, je pénètre dans la zone dangereuse. Le jour où j’ai décidé d’entamer les recherches pour retrouver mon père, je venais de me disputer avec Jude. Notre vie avait été chamboulée par Will. Jude était devenue complètement obsédée par lui. 

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Nous ne pouvions rien faire ni aller nulle part sans demander son avis à Will ou l’inviter à nous accompagner. Elle chantait de plus belle dans son bain, l’odeur de l’huile Aqua Manda rendait l’air lourd et sirupeux. J’avais appris à ignorer ses invitations à entrer – des gages de réconciliation que je me plaisais à refouler. Elle ne parlait que de lui. Je me demandais combien de ses clients croupissaient toujours en prison à cause de sa fixette ridicule. Je me suis confiée à Harry, qui considérait que Jude se comportait comme une groupie. Son commentaire m’a déplu. Je n’aimais pas qu’elle parle ainsi de ma mère. Moi, j’avais le droit de dire toutes les méchancetés que je voulais sur son compte, pas les autres. Ce que je n’ai pas rapporté à Harry, c’est que j’avais entendu Jude raconter à notre nouvelle colocataire.

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Barbara, la première fois où elle avait couché avec Will au bal de fin d’année. Barbara avait trouvé son récit très romantique, mais pour ma part son histoire m’avait paru ringarde. Ma mère était trop vieille pour parler ainsi. Jude était en train de changer, elle qui était auparavant si sérieuse et concentrée sur « les choses importantes de la vie », dont je croyais faire partie. Elle nourrissait en tout cas de grands projets pour moi ; ministre, chirurgien, Prix Nobel avaient beau être évoqués avec humour, je savais qu’elle attendait beaucoup de moi. Nous entretenions ce qu’elle appelait une « relation adulte ». Cela signifiait que nous discutions de politique, de livres, de films qu’elle avait vus, qu’elle me parlait de ses affaires juridiques et des situations effroyables des gens dans les États autoritaires. 

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En revanche, nous n’échangions pas sur les pop stars, ni sur les garçons, ni sur les traitements contre l’acné. Tout cela appartenait à mon autre monde. Ma chambre ou la cabine téléphonique. La cuisine quant à elle était le lieu où j’interagissais avec ma mère. Et voilà que tout à coup, je ne l’intéressais plus. Elle était trop occupée à se raser les jambes et à dénicher un ensemble coordonné de lingerie, mettant le bazar dans les piles de vieilles culottes et de soutiens-gorge usés dans sa commode. Un soir, elle s’est présentée dans la cuisine vêtue d’une nouvelle robe pendant que je faisais mes devoirs. « Qu’en penses-tu, Emma ? a-t-elle demandé. « — Tu n’es pas un peu trop vieille pour sortir sans soutif, maman ?, ai-je répliqué en prononçant le mot interdit en « M ». À cet instant précis, je l’ai détestée. Elle était si belle et semblait si heureuse, or ce n’était pas grâce à moi.

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La femme au bout de la rue, celle que Will aime bien, ai-je ajouté. Elle ne porte jamais de soutien-gorge et elle est affreuse. « — Sale petite garce ! » a aboyé Jude. Jamais elle ne m’avait insultée ainsi. Elle n’avait sans doute jamais eu de raison de le faire. Moi aussi je changeais. Après le départ de Jude, j’ai claqué la porte et foncé jusqu’à la cabine téléphonique située au bout de la rue. Il était presque 20 heures et la cabine se dressait dans l’ombre entre deux réverbères. Elle n’était éclairée à l’intérieur que par une vieille ampoule qui projetait une lumière jaunâtre, et elle empestait l’urine et les joints. Le sol en ciment paraissait tout le temps mouillé et souillé dans les coins comme si le dernier utilisateur venait juste de remonter sa braguette et de partir. Mais j’adorais cette cabine téléphonique. 

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C’était mon petit refuge rien qu’à moi. Nous avions le téléphone à la maison, accroché au mur dans le couloir, mais les conversations devenaient des manifestations publiques avec Jude qui écoutait et ne se privait pas pour participer si l’envie lui prenait. J’ai aligné mes pièces sur la tablette métallique, décroché le combiné et composé le numéro. J’ai demandé au père de Harry si je pouvais lui parler. J’étais toujours très polie, prenant une voix qui plaisait aux adultes. Il n’aimait pas que je la dérange pendant qu’elle faisait ses devoirs, mais j’ai prétexté un travail scolaire. Il ne comprenait pas ce que nous pouvions bien avoir à nous raconter le soir après avoir passé toute la journée ensemble à l’école. Mais il capitulait toujours. J’ai entendu les pas précipités de Harry qui dévalait l’escalier puis sa voix, haut perchée et furieuse. « Papa, arrête d’écouter. C’est personnel. »

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Je lui ai raconté que Jude m’avait traitée de garce. L’excitation de Harry est montée en flèche. Elle raffolait des ragots. « J’en ai marre de Jude et de Will, me suis-je plainte. « — Ouais », a-t-elle approuvé. Mais je savais qu’elle ne le pensait pas tout à fait. Le truc, c’était qu’elle était secrètement – et des fois pas si secrètement que ça d’ailleurs – amoureuse de Will. Elle le trouvait sexy. « Harry ! Il est si vieux ! » m’étais-je écriée, outrée, la première fois qu’elle me l’avait avoué. Je ne lui avais pas dit que le mot « sexy » me retournait l’estomac. J’essayais de toutes mes forces de haïr Will pour avoir fait irruption dans nos vies alors que je continuais à aimer quand il me souriait ou me décochait un clin d’œil. C’était plus fort que moi. 

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La tonalité du téléphone a interrompu mes pensées, m’indiquant que trois autres minutes venaient de s’écouler, et j’ai inséré ma dernière pièce de dix pence dans la fente pour que nous puissions discuter de la vie sociale de Harry. Je me suis contentée d’écouter. Elle avait piqué un billet de cinq livres dans le pantalon de son père pour s’acheter un haut. Le but de son larcin était d’impressionner Malcolm Baker, son dernier béguin en date. Apparemment, il lui avait souri dans le bus et elle avait décidé qu’elle danserait un slow avec lui à la soirée de la maison des jeunes. En ce qui me concernait, les élans romantiques demeuraient dans les pages de mes cahiers et dans mon journal intime. Je ne m’étais pas encore aventurée sur le territoire de l’amour – ni du désir –, n’étant pas certaine de mes attributs physiques ou de mon charme, et peu désireuse de tester la température.

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magazine pour ados Jackie, mais je préférais de loin m’épancher par écrit sur des amoureux imaginaires. Mes fantasmes étaient plus sûrs. Et nécessitaient moins de salive. En outre, j’avais subi le récit terrifiant de Harry sur la perte de sa virginité. Je lui avais demandé des détails quand elle m’avait confié l’avoir fait avec le copain de Malcolm Baker après la fête de Noël. « Est-ce que ça fait mal ? « — Horriblement. C’est une douleur atroce. Mais ça s’arrange », avait-elle répondu en soufflant sa fumée pour former un six, alors que nous étions assises à l’étage d’un bus à impériale. Je me doutais qu’elle n’avait couché qu’une seule fois avec un garçon mais je n’avais pas relevé. 

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Elle aimait bien paraître plus expérimentée et sophistiquée que moi. « Une douleur atroce ? C’est vrai ? Je vais attendre encore un peu alors. Tu en veux ? » Je lui avais proposé une chips goût fromage et oignon puis nous nous étions lancées dans une discussion sur nos saveurs préférées. Harry avait ensuite demandé l’arrêt et sauté en bas des marches pour descendre du bus. Sur le trottoir, elle avait levé la tête et agité la main pendant que le bus repartait avec lourdeur. Harry a longtemps considéré que mon échec à avoir un petit copain venait du fait que je n’avais pas de père. « Où sont les figures paternelles de ta vie, Emma ? Pas étonnant que tu sois timide avec les garçons », avait-elle affirmé la dernière fois que nous avions abordé le sujet, des mois auparavant.

C’était elle qui m’avait soufflé l’idée d’en parler à la maison, et je me suis exécutée. Tout en m’efforçant de garder mon calme, j’avais fait remarquer que la moitié de mon ADN me venait de mon mystérieux père. Jude avait réagi avec horreur. « Mais tu m’as, moi ! s’était-elle écriée. Et tu ne l’intéresserais pas. » Selon elle, il devait avoir une autre famille aujourd’hui et je lui créerais des problèmes. « Il devra expliquer ton existence à sa nouvelle épouse. » Ce soir-là, le soir de la dispute, Harry avait dit : « Qu’ils aillent se faire voir, Emma. Tu as besoin d’un vrai parent. Retrouvons ton père. » Je ne pouvais qu’approuver. 

Nous avions profité de la sortie suivante de Jude pour monter dans sa chambre et fouiller dans ses affaires en quête de lettres et de photos d’anciens petits amis. Je redoutais tant qu’elle nous surprenne que j’étais restée près de la porte pendant que Harry fouinait partout. Je répétais encore une fois à Harry de bien tout remettre en place quand elle avait déniché un mot gribouillé au dos du journal de l’année 1968 de Jude. Il y était écrit Charlie et il y avait une adresse à Brighton. « Tu devrais aller là-bas, avait déclaré Harry. La date correspond et ce n’est pas trop loin », avait-elle ajouté, toujours pragmatique. Tout cela allait beaucoup trop vite pour moi. Cependant, j’avais accepté de suivre cette voie et il était trop tard à présent pour faire marche arrière.

Je suis censée peaufiner le livre dont on m’a confié la correction, mais mon esprit ne cesse de dériver et de s’éloigner de la phrase que je suis en train de lire. Mon éditrice m’a envoyé un e-mail pour me prévenir que l’addiction à la cocaïne de la star qui fait l’objet du livre sera révélée dans le journal du dimanche et que je dois mettre le turbo pour que les agents puissent vendre les droits d’adaptation télévisuels. Je lui ai répondu que je lui retournerai le texte avant demain soir, mais je n’arrive pas à me concentrer. Mes yeux ne cessent de glisser de l’écran. Je me lève, me prépare une tasse de thé et me rassieds, déterminée à me mettre au travail. Mais mon thé refroidit et mon écran passe en veille tandis que je reste immobile à me demander si les choses auraient tourné autrement si nous avions, Harry et moi, retrouvé mon père, en 1984. Si l’histoire s’était terminée à Brighton. Mais bien entendu, elle ne s’était pas arrêtée là. J’ai presque envie de rire lorsque je me remémore de quelle façon tout a commencé ; comme une aventure de collégiennes – mais la vérité, c’est qu’il n’y a rien de drôle là-dedans.

Harry avait tout organisé. Nous avions rédigé un mot d’excuses et imité la signature de ma mère en prétextant un rendez-vous chez le dentiste ; Harry quant à elle devait faire semblant d’être malade. « Comme nous ne sommes pas dans la même classe, ils ne feront pas le rapprochement, avait-elle affirmé. Je dirai que j’ai mal au ventre à cause de mes règles, Mme Carr déteste parler des menstruations. » Pauvre Mme Carr… Elle devait avoir au moins cent ans, et être le professeur principal de Harry s’avérait sans doute une pénible croix à porter pour elle. Harry avait choisi un jeudi pour notre escapade parce que nous avions sport toutes les deux et que nous pouvions partir à l’heure du déjeuner. 

Et voilà que nous y étions, à la gare, sur le point de concrétiser tout cela. Je nous revois plantées sur le quai. Deux gamines. Je suis celle qui ne parle pas, concentrée sur le plan et s’efforçant de ne pas penser à ce qu’elle va dire. Tant de questions tournaient dans ma tête, j’en avais le vertige. Harry disait que notre voyage n’était que la première étape, et me conseillait de ne pas me bercer d’illusions. J’avais beau lui assurer que ce n’était pas le cas, je ne pouvais m’empêcher de nourrir quelque espoir. Mon père existait dans ma tête depuis si longtemps qu’il m’était difficile de ne pas le voir comme une vraie personne. Je me demandais souvent si je lui ressemblais, j’examinais les traits de mon visage dans le miroir en cherchant ceux que je pouvais tenir de lui. D’après certaines personnes je ressemblais à Jude, mais je n’ai jamais trouvé.

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