mercredi 5 décembre 2018

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L’enquête-choc sur les coulisses du foot français, gangrené par la mafia. 
Qu’ont en commun Blaise Matuidi, Fabien Barthez, Antoine Griezmann, Samir Nasri, Franck Ribéry, Karim Benzema, ou encore Florian Thauvin ? Ils ont tous évolué, bien sûr, en équipe de France et, pour certains, sont devenus champions du monde. Mais, surtout, ils ont été les cibles, plus ou moins proches, du grand banditisme. Comment en est-on arrivé là ? 
Les Parrains du foot brossent, du PSG à l’OM, en passant par Lens, Bastia et l’OL, le portrait d’un sport marqué par les extorsions de fonds, les matchs truqués, les chantages et les règlements de comptes. 
Grâce à une centaine de témoignages, ce livre révèle les secrets inavouables qui unissent ballon rond et mafia, dans la plus grande opacité : les liens entre des clubs huppés et les truands corses de la Brise de mer, puis des Bergers braqueurs ; les manoeuvres de certains agents de joueurs liés au grand banditisme ; ou encore l’émergence de nouveaux caïds de la drogue qui ont la main sur le porte-monnaie des footballeurs…




 Ceci dit, nous ferions mieux de partir avant que les choses ne se gâtent. Merci d’avoir essayé de me retenir, Teague. — De rien, je réponds. Enfin, rien, c’est vite dit, parce que je soupçonne – non, je sais – que ça ne le sera plus quand je raconterai ça à Gabrielle ! Assise au bord de la piscine dans le jardin avec mes pieds dans l’eau tiède, je regarde Harper donner une leçon de natation. Elle est sensationnelle avec les enfants : patiente, drôle, cool mais sévère quand elle doit l’être. Si elle pouvait apprendre à tous les gamins de la planète à nager afin que plus aucun d’eux ne se noie, elle passerait volontiers chacune de ses journées à se rider comme un pruneau ! Son petit nageur mignon comme un cœur réussit à traverser la largeur de la piscine. Elle le récompense d’un tape-m’en-cinq, ils sortent de l’eau et la mère du petit l’enveloppe dans une serviette en s’exclamant : — C’était génial, poussin ! Je devrais recommander à Leanne de venir prendre des leçons avec Harp. — Alors, où en étions-nous ? me demande ma meilleure amie après avoir raccompagné le garçonnet et sa mère jusqu’à l’allée pour qu’ils puissent sortir par le portail principal. Une serviette nouée sous les aisselles, elle s’assied à côté de moi. Sa leçon a interrompu notre conversation à propos de ma journée. — Donc, tu t’es jetée à l’eau sans moi, tu as saccagé ta robe neuve et Gallagher la Garce t’a virée.

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Ce précepteur était un protégé de Robert et l’enseignement l’intéressait moins que l’écriture d’une pièce de théâtre pour le Festival d’Édimbourg. C’est ainsi que pour nous occuper il nous faisait lire chaque jour un chapitre de la Bible, à charge pour nous d’y consacrer une rédaction. L’idée était de nous enseigner la beauté de la langue anglaise à travers la traduction effectuée sous le règne de Jacques Ier. Nous eûmes le temps de lire toute la Genèse et une partie de l’Exode avant que je reparte. Cet exercice m’apprit surtout à ne jamais commencer une phrase par « Et ». Le jour où je fis remarquer que la plupart des phrases de la Bible commençaient par « Et », on me répondit que l’anglais avait changé depuis l’époque du roi Jacques. Dans ce cas, ripostai-je, pourquoi nous faire lire la Bible ? Mais ce fut en vain. À l’époque, Robert Graves était fasciné par le symbolisme et le mysticisme de la Bible. Il n’y avait donc personne pour m’écouter. Lorsque nous rentrâmes, le Festival de Grande-Bretagne démarrait. Le gouvernement travailliste aurait voulu recréer.

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À dix ans, je passai l’examen appelé « onze-plus ». Il s’agissait d’un test d’intelligence, censé faire le tri entre les enfants destinés à une éducation « académique » et la majorité qu’on envoyait dans des écoles secondaires « non académiques ». Il se trouve que le système onze-plus permettait à quantité d’enfants de la classe ouvrière et de la classe moyenne d’aller à l’université et d’occuper des fonctions élevées, mais le principe d’une sélection définitive à l’âge de onze ans suscitait une certaine indignation, surtout de la part de parents de la classe moyenne dont les enfants se retrouvaient dans les mêmes établissements que les fils et filles d’ouvriers.

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Le système fut abandonné dans les années 1970 en faveur du collège pour tous. Dans les années 1950, l’éducation en Angleterre était très hiérarchisée. Non seulement les écoles étaient divisées en académiques et non académiques, mais les écoles académiques étaient elles-mêmes subdivisées en classes A, B et C. Cela fonctionnait bien pour les élèves de classe A, mais nettement moins bien pour ceux de la classe B, et mal pour ceux de la classe C, qui étaient découragés. À St. Albans, je fus mis dans la classe A, du fait de mes résultats à l’examen « onze-plus ». Mais au bout de la première année, tous ceux qui n’étaient pas parmi les vingt premiers étaient relégués à la classe B. C’était pour leur amour-propre un coup terrible, dont certains ne se remettaient jamais. Durant mes deux premiers trimestres à St. Albans, je fus respectivement 24e et 33e.

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Lorsque j’eus treize ans, mon père voulut que je présente ma candidature à la Westminster School, l’une des principales écoles privées anglaises. À l’époque, comme je l’ai dit, l’éducation était nettement cloisonnée selon les classes sociales, et mon père sentait que le vernis conféré par un tel établissement serait pour moi un atout dans la vie. Il pensait que son manque d’assurance et de relations lui avait valu de se faire supplanter par des gens moins capables. Il nourrissait une sorte de rancœur, parce que d’autres gens moins doués, mais venant d’un bon milieu et doté de relations adéquates, avaient mieux réussi que lui. De fait, il me mettait souvent en garde contre ces gens-là. Comme mes parents n’étaient pas riches, il m’aurait fallu obtenir une bourse pour aller à Westminster. Hélas, je tombai malade à l’époque de l’examen d’attribution des bourses et je laissai passer l’occasion. Je restai donc à St. Albans, où je reçus une éducation aussi bonne, sinon meilleure que celle qu’on m’aurait dispensée à Westminster.

Je ne me suis jamais senti défavorisé par mon manque de vernis social. Mais je pense que la physique est une discipline un peu différente de la médecine. En physique, peu importe où vous avez étudié et à qui vous êtes apparenté. Ce qui compte, c’est ce que vous faites. J’avais toujours été un élève moyen, dans une classe très brillante certes. J’étais assez souillon, et mon écriture faisait le désespoir de mes maîtres. Mais mes camarades m’avaient surnommé Einstein, sans doute parce qu’ils avaient discerné en moi certaines promesses. Quand j’avais douze ans, un de mes amis paria avec un autre un sac de bonbons que je ne donnerais jamais rien de bon. Je ne sais pas si l’un ou l’autre gagna un jour les bonbons, ni lequel des deux avait raison. J’avais six ou sept amis proches, avec lesquels je suis encore en contact, pour la plupart. Nous avions de longues conversations et de longues discussions sur à peu près tout, depuis les maquettes télécommandées jusqu’à la religion, en passant par la parapsychologie et la physique.

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Mon père menait des recherches sur les maladies tropicales, et c’est ainsi qu’il me conduisait parfois dans son laboratoire de Mill Hill. J’aimais ces visites, surtout quand je pouvais regarder dans les microscopes. Il m’emmenait aussi voir les cages des insectes, où il avait enfermé des moustiques porteurs de maladies tropicales. Cela m’inquiétait, car j’avais toujours l’impression que quelques bestioles s’étaient échappées. Mon père travaillait très dur et se vouait entièrement à ses recherches. En y réfléchissant, je me suis toujours intéressé au fonctionnement des choses, que je démontais pour voir comment elles étaient faites – mais je n’étais pas aussi doué pour les réparer ensuite. Mes compétences pratiques ne furent jamais à la hauteur de mes interrogations théoriques.

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Mon père encouragea mon intérêt pour la science, allant même jusqu’à me donner des leçons de mathématiques jusqu’à ce que mes besoins dépassent ses propres connaissances. Bénéficiant de ce contexte, et vu le travail de mon père, il me semblait naturel de m’engager dans la recherche scientifique. C’est durant mes deux dernières années d’études secondaires que j’eus envie de me spécialiser en mathématiques et en physique. Il y avait au lycée un prof de maths très stimulant, M. Tahta, et une nouvelle salle de sciences venait d’être construite, réservée aux matheux. Mais mon père y était tout à fait opposé, parce qu’il pensait que l’enseignement était le seul débouché pour les études de mathématiques. Il aurait préféré que je fasse médecine, mais je ne manifestais aucun intérêt pour la biologie, qui me semblait trop descriptive et pas assez fondamentale. Elle était aussi assez mal considérée au lycée. Les élèves les plus brillants optaient pour maths et physique ; les moins doués faisaient de la biologie.

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Mon père avait très envie que j’aille à Oxford ou à Cambridge. Ayant lui-même étudié à Oxford, à l’University College, il pensait que je devrais m’y présenter, car j’aurais plus de chances d’y être accepté. À l’époque, University College n’avait aucun professeur de mathématiques, autre raison pour laquelle mon père voulait que je fasse de la chimie : je pourrais tenter une bourse en sciences naturelles plutôt qu’en mathématiques. Pendant que le reste de la famille partait en Inde pour un an, je dus rester en Angleterre pour mes A-levels2 et l’examen d’entrée à l’université. Je séjournai chez le Dr John Humphrey, un collègue de mon père à l’Institut national de recherche médicale, qui habitait Mill Hill.

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Sa maison avait une cave remplie de machines à vapeur et autres maquettes construites par le père de John Humphrey, si bien que j’y passais une bonne partie de mon temps. Pour les vacances d’été, je rejoignis ma famille en Inde : un ex-ministre de l’État d’Uttar Pradesh, écarté pour corruption, nous louait une maison à Lucknow. Mon père ayant refusé de manger la nourriture indienne, il engagea un ancien cuisinier et porteur de l’armée britannique pour lui préparer des repas anglais. J’avoue que j’aurais préféré quelque chose de plus dépaysant. Au Cachemire, nous louâmes un bateau-maison sur le lac de Srinagar. C’était la mousson, et la route construite dans les montagnes par l’armée indienne avait par endroits été emportée par les eaux (la route normale traversait la ligne du cessez-le-feu vers le Pakistan). Comme notre voiture, venue d’Angleterre avec nous, ne pouvait rouler dans plus de dix centimètres d’eau, je me souviens qu’il fallut nous faire remorquer par un camionneur sikh.

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Durant ma première course, je lâchai la ligne quand on tira un coup de feu pour donner le signal, et elle s’emmêla dans les lignes du gouvernail. Le résultat ne tarda pas : notre bateau dévia et nous fûmes disqualifiés. Ensuite, nous subîmes un choc frontal avec un concurrent, mais je pus au moins proclamer que ce n’était pas ma faute, car nous avions la priorité. Malgré mon insuccès comme entraîneur, je me fis bel et bien davantage d’amis cette année-là, qui fut plus heureuse. L’attitude dominante à Oxford à cette époque-là était très hostile au travail. On était censé soit exceller sans le moindre effort, soit accepter ses limites et se contenter de résultats médiocres. Travailler dur pour avoir de meilleures notes était la caractéristique d’un « homme gris », le pire des qualificatifs dans le vocabulaire oxfordien. En ce temps-là, les colleges se considéraient comme responsables de la moralité de leurs étudiants. Aucun n’était mixte et les portes étaient verrouillées à minuit, heure à laquelle tous les visiteurs – et surtout les visiteuses – devaient avoir déserté les lieux. Après quoi, si vous vouliez vous évader, vous deviez escalader un haut mur hérissé de piques. Ne voulant pas que ses étudiants soient blessés, mon college avait laissé un écart entre les piques, si bien qu’il était très facile de sortir.

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J’étais à la limite entre la mention Bien et la mention Très Bien, et les examinateurs durent m’interroger pour déterminer laquelle m’attribuer. Durant l’entretien, ils me questionnèrent sur mes projets d’avenir. Je répondis que je voulais me consacrer à la recherche. S’ils m’accordaient la mention Très Bien, j’irais à Cambridge. En cas de mention Bien, je resterais à Oxford. Ils m’accordèrent la mention Très Bien. Comme solution de repli, au cas où je n’aurais pas pu faire de recherche, j’avais déposé un dossier de candidature pour la fonction publique. À cause de mes opinions sur l’arme nucléaire, je ne voulais pas travailler pour la défense. Je souhaitais donc être embauché par le ministère des Travaux publics, ou être greffier à la Chambre des communes. Lors des entretiens, il devint clair que je ne savais pas vraiment en quoi consistait la tâche d’un greffier à la Chambre des communes, mais malgré tout je réussis ces entretiens, et il ne me resta plus qu’un écrit à passer. Malheureusement, cela me sortit entièrement de l’esprit et j’oubliai de m’y présenter.

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Le comité de sélection m’adressa une lettre charmante, disant que je pourrais à nouveau tenter ma chance l’année suivante et qu’on ne m’en voudrait pas. C’est une chance que je ne sois pas devenu fonctionnaire. Je ne m’en serais pas sorti, avec mon handicap. Pendant les grandes vacances qui suivirent mon examen final, le college proposait plusieurs petites bourses de voyage. Je pensais que j’aurais plus de chances d’en obtenir une si je souhaitais aller très loin. Aussi fis-je savoir que je voulais partir pour l’Iran. Je partis avec un autre étudiant, John Elder, qui y était déjà allé et qui connaissait la langue, le farsi. Nous prîmes le train jusqu’à Istanbul, puis de là jusqu’à Erzurum, dans l’est de la Turquie, près du mont Ararat. Après cela, comme le train entrait en territoire soviétique, il nous fallut monter à bord d’un bus arabe, avec poulets et moutons, jusqu’à Tabriz puis Téhéran.

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Ce fut sans doute une très bonne chose. Hoyle était souvent en déplacement et n’aurait pas pu m’accorder une grande attention. Sciama, en revanche, était généralement présent et disponible. Je n’étais pas d’accord avec un certain nombre de ses idées, surtout sur le principe de Mach – l’idée que les objets doivent leur inertie à l’influence de toute la matière de l’Univers –, mais cela me poussa à élaborer ma propre vision. Au début de ma carrière de chercheur, les deux domaines qui semblaient les plus excitants étaient la cosmologie et la physique des particules élémentaires. Cette dernière était un champ actif, en pleine transformation, qui attirait la plupart des meilleurs esprits, alors que la cosmologie et la relativité générale étaient restées là où elles en étaient dans les années 1930. Richard Feynman, lauréat du prix Nobel et l’un des plus grands physiciens du XXe siècle, a livré un récit amusant d’un congrès sur la relativité générale et la gravitation auquel il assista à Varsovie en 1962.

Dans une lettre à sa femme, il écrit : « Je ne tire rien de ce congrès. Je n’y apprends rien. Comme il n’y a pas d’expériences, ce domaine n’est pas actif, et les meilleurs physiciens s’en détournent. Résultat, il y a ici une masse d’imbéciles (126) et ce n’est pas bon pour ma pression sanguine… Rappelle-moi de ne plus jamais aller à aucun colloque sur la gravité ! » Bien sûr, j’ignorais tout cela quand je me lançai dans ma recherche. Mais je sentais que l’étude des particules élémentaires ressemblait alors trop à la botanique. La théorie de l’électrodynamique quantique – la théorie de la lumière et des électrons qui gouverne la chimie et la structure des atomes – avait été entièrement établie dans les années 1940 et 1950. L’intérêt était tourné vers les attractions nucléaires fortes et faibles entre les particules qui composent le noyau atomique, mais aucune théorie des champs du même genre ne semblait pouvoir en rendre compte. L’école de Cambridge, en particulier, soutenait qu’il n’existait aucune théorie des champs sous-jacente : tout était déterminé par l’unitarité – c’est-à-dire la conservation de la probabilité

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Rétrospectivement, on se demande comment on a pu un jour croire à cette approche, mais je me rappelle le mépris que suscitèrent les premières tentatives en vue d’une théorie unifiée des champs pour expliquer les attractions nucléaires faibles, laquelle finit pourtant par s’imposer. Les travaux sur la matrice S analytique sont aujourd’hui oubliés, et je suis ravi de ne pas avoir commencé ma vie de chercheur avec les particules élémentaires. Rien de ce que j’aurais pu faire alors n’aurait survécu. Quant à la cosmologie et la gravitation, il s’agissait de domaines négligés, dès lors mûrs pour s’épanouir. Contrairement aux particules élémentaires, elles bénéficiaient d’une théorie établie – la théorie générale de la relativité – mais qu’on jugeait d’une difficulté handicapante. Les gens étaient tellement heureux de trouver une solution aux équations de champ d’Einstein décrivant la théorie qu’ils ne se posaient pas la question de la signification physique qu’une telle solution pouvait éventuellement avoir.

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C’était la vieille école de la relativité générale que Feynman avait côtoyée à Varsovie. Ironie du sort, le congrès de Varsovie marqua aussi le début de la renaissance de la relativité générale, même si l’on peut pardonner à Feynman de ne pas s’en être alors rendu compte. Une nouvelle génération arriva de fait, et l’on vit apparaître d’autres pôles d’étude de la relativité générale. Deux d’entre eux furent particulièrement importants pour moi. L’un, situé à Hambourg, était dirigé par Pascual Jordan. Je n’y suis jamais allé, mais j’admirais les articles élégants qu’on y produisait, si différents des travaux brouillons qu’avait jusque-là inspirés la relativité générale. L’autre pôle était dirigé par Hermann Bondi, au King’s College de Londres.

Parce que je n’avais pas fait beaucoup de mathématiques à St. Albans ni dans le cours de physique très facile à Oxford, Sciama me conseilla l’astrophysique. Mais, échaudé par mon échec avec Hoyle, je craignais en outre d’avoir à me consacrer à quelque chose d’aussi ennuyeux et terrestre que l’effet Faraday3. J’étais venu à Cambridge faire de la cosmologie, et c’était bien de la cosmologie que je ferais. Je me plongeai donc dans de vieux manuels sur la relativité générale et, avec trois autres étudiants de Sciama, j’allai chaque semaine à Londres assister à des conférences données au King’s College.

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C’est alors que Sciama me fit découvrir ce qu’on appelle l’électrodynamique de Wheeler-Feynman. Cette théorie indiquait que l’électricité et le magnétisme sont symétriques par renversement du temps. Pourtant, quand on allumait une lampe, c’était l’influence de toute la matière dans l’Univers qui poussait les ondes lumineuses à s’éloigner de la lampe, plutôt qu’à venir de l’infini pour converger vers la lampe. Pour que l’électrodynamique de Wheeler-Feynman fonctionne, il était nécessaire que toute la lumière partant de la lampe soit absorbée par le reste de la matière de l’Univers. Cela se produirait dans un Univers à l’état stationnaire, où la densité de la matière resterait constante, mais pas dans l’Univers du Big Bang, où la densité décroissait à mesure que l’Univers s’étendait. Certains prétendaient que c’était une preuve supplémentaire, si nécessaire, que nous vivions dans un Univers à l’état stationnaire.

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Tout cela était censé expliquer la flèche du temps, la raison pour laquelle le désordre va croissant et nous nous rappelons le passé mais non l’avenir. Il y eut en 1963, à l’université Cornell, un colloque sur l’électrodynamique de Wheeler-Feynman et sur la flèche du temps. Feynman était tellement écœuré par les absurdités qu’on racontait à ce propos qu’il refusa d’associer son nom aux actes du colloque. Il y était désigné comme « Mr. X », mais tout le monde savait de qui il s’agissait. Je m’aperçus que Hoyle et Narlikar avaient déjà travaillé sur l’électrodynamique de Wheeler-Feynman dans les univers en expansion, puis qu’ils avaient formulé une nouvelle théorie de la gravité symétrique par renversement du temps. Hoyle la dévoila lors d’une réunion de la Royal Society en 1964. J’y étais présent et, au moment des questions, j’ai dit que l’influence de toute la matière dans un univers à l’état stationnaire rendrait ses masses infinies. Hoyle me demanda pourquoi je disais cela, et je répondis que je l’avais calculé. Tout le monde crut que je l’avais fait mentalement pendant la conférence, alors qu’en réalité je partageais un bureau avec Narlikar, où j’avais vu quelque temps.

Hoyle était furieux. Il tentait alors de créer son propre institut, et menaçait de se joindre à la fuite des cerveaux vers l’Amérique s’il n’obtenait pas le financement nécessaire. Il crut qu’on m’avait placé là pour saboter son projet. Il eut pourtant son institut, et m’y embaucha plus tard – apparemment, il ne m’en voulut pas trop. Durant ma dernière année à Oxford, j’avais remarqué que je devenais de plus en plus maladroit. Après une chute dans l’escalier, j’avais consulté un médecin, mais il m’avait simplement dit : « Arrêtez la bière. » Une fois installé à Cambridge, cela s’aggrava. À Noël, en allant patiner sur le lac de St. Albans, je tombai et ne pus me relever. Ma mère remarqua mes difficultés et m’emmena chez le médecin de famille. Il m’adressa à un spécialiste, et peu après mon vingt et unième anniversaire je dus aller passer des examens à l’hôpital. J’y restai deux semaines, pendant lesquelles je subis toutes sortes de tests. On préleva un échantillon musculaire dans mon bras, on me planta des électrodes dans le corps, puis on m’injecta un liquide radio-opaque dans la colonne vertébrale pour l’observer aux rayons X monter et descendre à mesure qu’on inclinait mon lit.

Après tout ça, on ne me dit pas ce que j’avais, sauf que ce n’était pas une sclérose en plaques et que j’étais un cas atypique. Je compris néanmoins que cela allait continuer à s’aggraver et qu’il n’y avait rien à faire, sauf me prescrire des vitamines, dont on n’espérait pas grand effet. Je ne demandai pas plus de détails alors, puisqu’on n’avait évidemment rien de bon à m’annoncer. L’idée que j’étais atteint d’une maladie incurable qui risquait de me tuer dans quelques années fut un choc. Comment une chose pareille avait-elle pu m’arriver ? Pourtant, à l’hôpital, j’avais vu un garçon que je connaissais vaguement mourir de leucémie dans le lit voisin du mien, et cela n’avait pas été très joli à voir. De toute évidence, certaines personnes allaient plus mal que moi ; au moins je ne me sentais pas malade. Chaque fois que j’ai tendance à m’apitoyer sur mon sort, je me souviens de ce garçon. Sans savoir ce qui allait m’arriver, ni à quelle vitesse la maladie risquait de progresser, j’étais désemparé.

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Les médecins me dirent de retourner à Cambridge et de poursuivre les recherches que je venais de commencer sur la relativité générale et la cosmologie. Mais je ne progressais pas, faute d’avoir les bases mathématiques suffisantes ; de toute façon, j’avais du mal à me concentrer alors que je ne vivrais peut-être pas assez longtemps pour finir ma thèse. J’avais l’impression d’être un personnage de tragédie. Je me mis à écouter du Wagner, mais les magazines qui prétendent que je fus porté sur la boisson à l’époque forcent de beaucoup le trait. Un article le mentionna, d’autres le reprirent parce que c’était vendeur, si bien que pour finir, tout le monde fut persuadé que ce qui avait été imprimé si souvent devait être vrai. Ce qui est vrai, c’est qu’à l’époque mon sommeil était passablement perturbé. Avant qu’un diagnostic ait été prononcé sur mon état, la vie me paraissait d’un ennui profond, et rien ne

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