jeudi 6 décembre 2018

Telecharger Le train de Fantasticus ebook gratuit de A. Martel


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Axelle, une talentueuse gymnaste de quinze ans se croit vouée à une existence insipide, au fond de son village natal, jusqu’au jour où débarque chez elle une flamboyante vedette de cirque ambulant qui changera son destin à jamais. L’adolescente est alors plongée dans un univers insoupçonné où vivent les excentriques de la scène à un rythme infernal. Sur la route, Axelle fait des rencontres passionnantes, tente de nouvelles expériences de vie et se retrouve, malgré elle, impliquée dans de périlleuses quêtes héroïques où le sort est impitoyable.





 Le coup d’œil que je jette sur l’assemblée, est repris par Tuco. Le directeur est en chasse. Il recherche des nouvelles recrues pour alimenter sa garde rapprochée. Il repère mon voisin : un jeune d’une vingtaine d’années, arrivé peu avant moi. M. Tuco lui demandera de rester après la réunion et, quelques jours plus tard, il aura la responsabilité d’encadrer les rookies. Le tour est joué. Chaque mois, c’est la même histoire. Cette réunion spectacle est un véritable calvaire. J’en sors à la fois révolté et complètement perdu. En tout cas, ces petites séances de recadrage amusent beaucoup la direction, en particulier Mme Sentenza qui, même si elle n’y assiste pas, se délecte à chaque fois du compte rendu de Tuco. En sa qualité de fils spirituel, Guy-Pierre Tuco rapporte tous les faits et gestes à la présidente. Le rôle qu’elle lui a attribué lui convient à merveille. Leur relation est telle qu’il lui laisse même le soin de lui couper les cheveux ! Une fois par mois, au rythme des réunions, MSS se transforme en salon de coiffure. Et ici, c’est la taulière qui s’en charge ! Tuco et Blondin en parlent comme d’un « privilège ».

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Ouais, vu le résultat, je ne suis pas certain que le mot soit bien choisi – faudrait en débattre à la prochaine réunion ! Pour moi, le ménage à trois ne fait aucun doute : c’est une mère et ses deux fils. Vraiment bizarre. L’aîné est d’une soumission à faire pâlir un albinos ! C’est Didier Blondin, le secrétaire général. On est presque dans un rapport sado-maso, lui dans le rôle du valet et elle dans celui de la maîtresse dominatrice. Blondin s’occupe des chiens, parfois du repas de midi, mais il lui sert également de chauffeur – celui qui a été embauché pour ça en est bien incapable –, et d’homme à tout faire. Bref, il l’accompagne partout même quand elle prend quelques jours de congés. Il passe son temps à se faire insulter par Sentenza. C’est devenu à ses yeux comme une marque de respect : « C’est pour mon bien. Elle a raison ! » À la moindre incartade, Sentenza lui tombe dessus. Dans son rôle de numéro deux, il est d’ailleurs très souvent accusé de vouloir faire couler la société ou de fomenter un putsch. Son abnégation est impressionnante.

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Mais elle lui en fait subir également beaucoup plus ! Tuco, lui, a les dents qui rayent le parquet. Sa modestie de façade se voit comme le nez au milieu de la figure. Je suis convaincu qu’il s’imaginerait bien à la place de Sentenza, même si pour ça il devait la pousser dans les escaliers. Un jour, je suis convoqué dans le bureau de la directrice. Toujours pareil : moins de deux sonneries, cahier, stylo et, hop, je file. Sur le seuil de la porte, j’hésite encore. Je ne sais jamais s’il faut frapper ou rentrer directement : selon Blondin, on peut rentrer comme dans une rédaction, sauf que la dernière fois que j’ai fait ça, je me suis pris un « On vous a jamais appris à frapper avant d’entrer. Vous vous croyez où ? » Bon, nouvelle technique : je frappe et je rentre sans attendre. Tiens, je ne suis pas le premier. Je vois des rookies, comme moi, assis devant Mme Sentenza, en train de prendre des notes. Attention, l’affaire a l’air sérieuse.

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Madame la présidente expose sa vision. Je prends le train en marche et me mets à l’écouter religieusement. Elle nous explique que sa boîte est bien au-dessus des marques de luxe, comme par exemple Hermès. Elle développe : « Je suis cliente chez Hermès mais uniquement pour des commandes sur mesure. Je vais vous dire franchement qu’il ne serait pas inutile que je leur prodigue quelques conseils car ils ne savent vraiment pas où ils vont. Alors que moi, je sais où ils vont : dans le mur ! » À l’entendre, Hermès devrait changer de nom, pour devenir HerMSS. Elle poursuit : « Lorsque je téléphone à la boutique Hermès, personne ne peut me répondre sur la commande de mon manteau, ce n’est pas normal. » Décidément, chacun a ses problèmes mais il semblerait que l’on n’ait vraiment pas les mêmes ! Je ne vois toujours pas où elle veut en venir, à part qu’elle aimerait bien avoir Hermès comme client, et qu’elle a sacrément le melon. Elle insiste : « Personne ne pouvait me dire qui avait pris la commande, qui était en charge de l’exécution du vêtement.

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Et pour cause : chacun travaille avec la peur de mal faire plutôt qu’avec la volonté de bien faire. La machine infernale dans laquelle j’ai pris place est parfaitement rodée : un mélange subtil de séduction et de terreur. Ici, tout est fait pour transformer les individus, asservir les employés et les rendre, in fine, dépendants du pouvoir suprême. Il subsiste néanmoins une difficulté majeure empêchant les nouveaux venus de rentrer dans le système : leur expérience professionnelle. En effet, pour celles et ceux qui ont déjà travaillé au sein d’autres structures, il est difficile de comprendre le fonctionnement de MSS et d’y adhérer sans s’interroger. Aussi Marie-Sophie Sentenza a-t-elle mis au point une série de mesures qui lui permet d’arriver à ses fins plus facilement. Sa stratégie consiste à procéder subrepticement, étape par étape, sans que ses victimes ne puissent y relever la moindre malice. Dans la société, chaque nouvel arrivant se voit immédiatement attribuer un trigramme. « C’est plus pratique pour la communication et les différents échanges internes », m’explique Didier Blondin lorsqu’il m’attribue le mien.

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Chez MSS, mes nom et prénom deviennent secondaires, mon trigramme est ma nouvelle identité : je ne m’appelle plus Nicolas Chaboteaux, mais NCH. Et nous sommes tous logés à la même enseigne, y compris les directeurs. Au moins cette méthode a-t-elle l’avantage de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Quoique… Celui de Didier Blondin, c’est DBL. Prononcé rapidement, ce trigramme peut prêter à rire, mais pas autant que celui du directeur opérationnel, Guy-Pierre Tuco ! L’attribution du trigramme me fait immédiatement penser à la série Le Prisonnier[19], dont la réplique phare résonne dans ma tête : « Je ne suis pas un numéro. Je suis un homme libre ! » Pour autant, je ne m’imagine pas crier ici : « Je ne suis pas un trigramme. Je suis un salarié libre ! » D’autant que je reconnais à ces trois lettres une utilité appréciable lorsque nous nous transmettons des documents. Je remarque simplement que la seule qui échappe à cette perte identitaire n’est autre que la patronne.

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« Marie-Sophie Sentenza » – seuls DBL et GPT se permettent de l’appeler « Marie ». Par ailleurs, le trigramme patronal est déjà largement ancré dans notre tête par le simple fait qu’il correspond aussi au nom de la société. Bien sûr, je sais que cette pratique n’est pas propre à la société MSS, mais je ne peux maintenant m’empêcher de penser qu’elle sert ici un objectif bien différent que simplement celui de faciliter la communication dans l’entreprise. Outre le trigramme qui me donne une nouvelle identité, Marie-Sophie Sentenza s’attelle également à me transmettre une nouvelle façon de parler. Alors que nous échangeons sur la stratégie de communication à mettre en place, elle me demande : « Vous en êtes où des relances auprès des journalistes ? – Eh bien, justement, je pensais que… » Elle m’interrompt immédiatement et se met à hurler : « Ici, on ne pense pas, on agit. Et les “je pensais que” ou les “justement” ne doivent plus être prononcés ! Suis-je claire ? » Il est vrai qu’elle m’avait déjà demandé de bannir ces mots. Je me reprends et tente une nouvelle approche : « J’ai contacté différents médias et je vais maintenant les relancer pour… » .

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Je vois bien qu’elle ne m’écoute pas. Elle revient à la charge : « Vous allez me faire le plaisir d’oublier tous ces mots qui ne servent à rien : “justement”, “suffisant”, “planning”, “je pense que”, etc. Combien de fois vais-je devoir vous le répéter ? » Visiblement, échanger sur la communication de l’entreprise ne l’intéresse plus. Elle préfère me donner un cours de français sur le vocabulaire à utiliser et celui à proscrire de mon langage. Elle s’adresse à moi comme à un enfant, ou un élève qui n’aurait pas bien appris sa leçon. Après la colère franche – à la limite de la punition –, elle utilise à présent la méthode douce et use de pédagogie pour m’expliquer l’inutilité de certains termes. Michelle m’avait pourtant déjà prévenu des mots qui irritaient le poil patronal mais je n’y avais pas prêté beaucoup d’attention, n’y accordant que très peu de crédit. Je me trompais.

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Toujours est-il que cette leçon permet à ma boss de me donner un petit cours de linguistique, bourré de mots savants qui viennent contraster avec tous les noms d’oiseaux que j’entends dans sa bouche à longueur de journées. Il n’empêche que son exposé est tel que je me surprends dorénavant à préparer mon discours lorsque je sais que je vais devoir lui rendre compte. Bon, je résume : nouvelle identité, nouvelle langue, what else ? Un employé polyvalent chauffeur vient d’être embauché – le cinquième depuis mon entrée chez MSS. Il s’appelle Salim. Comme nous tous, il est relégué dans un bureau, seul, et personne ne doit lui parler. Décidément, je ne me fais pas à cette pratique consistant à isoler toute nouvelle recrue. Bafouant les règles de l’entreprise, à chaque fois que je passe devant son bureau, je lui adresse un petit mot afin que la journée lui paraisse moins longue.

Je remarque que l’isolement est une technique à part entière, renouvelée régulièrement pour certains des postes qui demandent la plus grande disponibilité ; employé polyvalent chauffeur en fait partie. Il est très perturbant de voir Salim patienter plusieurs jours sans avoir la moindre tâche à effectuer. Alors même qu’il est maintenant dans nos murs depuis quelques semaines, il passe le plus clair de son temps, seul, désœuvré. D’aucuns pourraient croire qu’être payé à rien faire est une aubaine ; en réalité, c’est un véritable enfer ! La seule personne capable de l’en sortir, c’est Marie-Sophie Sentenza. Et c’est effectivement ce qu’elle fait, au moment où elle le décide. Elle appelle Salim sur son poste : « Venez me voir ! » Salim accourt. « Allez me laver la voiture », lui ordonne-t-elle. Salim, trop heureux de quitter son bureau, s’exécute sans s’interroger sur le fait que le véhicule est resté immobile et qu’il l’a déjà nettoyé de fond en comble deux jours plus tôt. C’est ainsi que grâce à Mme Sentenza il va pouvoir montrer ses capacités et enfin se rendre utile ! Pourtant, combien de fois va-t-elle le traiter d’« incompétent », d’« incapable », de « nul ».

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Il oublie simplement que les reproches qu’on lui adresse émanent de la personne qui lui a justement demandé de ne pas bouger le petit doigt. Elle est quand même forte, cette patronne ! La thèse de Marie-Sophie Sentenza est la suivante : pour obtenir le meilleur d’un individu, il faut qu’il « rupte ». Sans rupture, point de salut ! Cette rupture est, selon elle, nécessaire à tous les niveaux de notre société : « Pour que la France aille mieux, il faut qu’il y ait une rupture. » Ou encore : « Si l’humanité veut s’en sortir, la rupture est indispensable. » En clair, dès que quelque chose ne va pas – selon ses propres critères –, la rupture apparaît comme le seul et unique remède. Mais là où elle la met directement en pratique, c’est sur les salariés de son entreprise.

L’isolement est d’ailleurs un préalable essentiel à une « bonne rupture ». Me devinant plutôt sceptique sur le sujet, elle me dit : « Vous voyez Tuco, quand il est arrivé ici, c’était un nul. Il pensait tout savoir alors qu’il ne connaissait rien à rien. Je l’ai formé, mais il restait encore trop ancré dans ses idées. Le jour où il a vraiment eu le déclic, tout a changé. Il venait de « rupter ». Maintenant, c’est un mec génial ! » Inutile de contester la véracité de ces paroles puisque Guy-Pierre Tuco est avec nous. Il confirme les dires patronaux et ajoute : « Chacun se raccroche à son univers, à son passé, et se forge des idées reçues. Tout ça nous empêche d’avancer, de progresser. » Tout s’explique. Si l’on veut devenir quelqu’un de bien, il faut donc oublier ce que l’on a fait jusque là, ce qui nous a façonné et construit au fil du temps. Eux, ils appellent ça une « rupture », moi, j’appelle ça un « reset[20] ». Ah, si nous avions un petit bouton sur lequel appuyer pour repartir de zéro, tout serait tellement plus simple !

C’est péniblement que j’arrive au boulot chaque matin. J’ai le sentiment de participer à un jeu télévisé ; une sorte de télé réalité où les candidats doivent faire preuve d’une capacité de résistance hors norme : c’est à celui qui pourra endurer le plus sans broncher. « Pour que Cédric soit viré, tapez 1 ! » Le pire est de ne pouvoir partager ce que je subis quotidiennement. Je suis comme seul au monde. Quand je parle de la société MSS, raconte quelques anecdotes, personne ne veut me croire. Tout le monde pense que c’est impossible, que j’exagère. Alors je me tais ; honteux de la situation dans laquelle je me suis encore fourré ! Il faut dire que je n’ai pas trop de quoi la ramener : alors que j’avais tout perdu, on m’a embauché, en CDI s’il vous plaît. Comment pourrais-je me plaindre ? Et après tout, c’est bien connu : un travail, ce n’est pas forcément tout beau tout rose ; l’essentiel, c’est d’en avoir un. J’en arrive même à me demander si le problème ne vient pas de moi. Le seul élément « rassurant », c’est le fait que beaucoup de mes collègues ressentent la même chose.

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Combien de fois m’a-t-on dit : « Mais tire-toi. Ne reste pas ici ! » Plus facile à dire qu’à faire. Si tout était si simple, ce serait le bonheur. Mais je pense à ma fille, à la nécessité de m’offrir un billet de train pour aller la voir tous les quinze jours ; pour cela, il me faut impérativement sortir de ces hébergements temporaires dans les hôtels de la région parisienne ! D’ailleurs, c’est assez marrant car, avec mon salaire actuel, je ne pourrais même pas me payer l’hôtel dans lequel je suis logé. Je n’ai pas vraiment le choix, je dois m’accrocher et continuer. Comme tous les matins, à mesure que je me rapproche du bâtiment de MSS, les battements de mon cœur s’accélèrent. La panique me gagne ! Une fois assis derrière mon bureau, je n’ai qu’une idée en tête : que la séance matinale de punching-ball se termine au plus vite, afin d’avoir l’après-midi pour oublier jusqu’au lendemain. J’aimerais pouvoir me dire que je rêve, les yeux ouverts, mais mon téléphone sonne. Je dois monter. Je suppose que cela déstresse Tuco de m’humilier et de me dévaloriser. Quand je franchis le pas de la porte de son bureau, je ferme mes écoutilles.

Au gré de ses humeurs, je passe d’une tâche à une autre sans qu’il me donne la moindre explication. Le travail qu’il me demande n’a pas de finalité particulière si ce n’est celle de me rabaisser. Je n’ai jamais ni directive ni éclaircissement sur ce qu’il veut obtenir de moi. Je ne sais jamais où sont mes erreurs, mais je sais qu’il y en a beaucoup et que je suis « totalement nul » ! Quand quelqu’un vous demande de refaire le même travail un nombre incalculable de fois sans jamais vous dire ce qui ne va pas, c’est bien qu’il cherche à vous modeler, à vous façonner, à vous faire craquer. Je suis conscient de ce piège. Pourtant, je me surprends à tomber dedans ! Je remets tout en question, à commencer par moi : ce que j’ai fait auparavant, ma façon de travailler, de penser, de voir les choses. Je ne sais plus du tout où j’en suis. Je ne sais plus si je me comporte bien ou mal : mes points de repères explosent en mille morceaux !

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La seule chose à laquelle je puisse me raccrocher, c’est les règles de MSS : elles sont nombreuses, strictes, pour ne pas dire rigoristes – jusqu’au stylo noir qui est interdit ! – mais elles ont le mérite d’exister, et je me surprends même parfois à les comprendre. Toutes ces directives font partie d’un tout, d’une « méthode maison » dévastatrice qu’il est parfaitement prohibé de divulguer à l’extérieur, et pour cause ! Je doute de plus en plus de mes capacités. Même les choses simples me paraissent insurmontables. Surtout, mes jugements de valeur deviennent aléatoires. Est-ce bien, est-ce mal ? Mes seuls moments de lucidité sont très tôt le matin dans ma chambre d’hôtel et à midi quand, avec Nicolas, nous échangeons sur ces méthodes que l’on nous demande d’appliquer et qui deviennent notre quotidien. Le simple fait d’en parler nous paraît essentiel, presque vital ! Nous nous encourageons mutuellement à résister, à ne pas rendre l’intolérable chaque jour un peu plus acceptable. Pour ne rien arranger, côté hébergement, ça ne s’améliore pas. Je dois jongler avec des situations géographiques qui changent tout le temps. Pas facile entre les horaires de bus et ceux du RER ! J’emménage, je déménage et parfois, entre deux changements d’hôtels.

Un jour, un collègue, me voyant avec une grosse valise et un sac, me demande : « Tu pars où en week-end ? » S’il savait ! Et moi-même, si je le savais ! Le poids conjugué de mon quotidien pour survivre et celui de la résistance morale qu’il me faut pour continuer dans cette boîte m’amènent à me poser la question suivante : tous ces efforts pour m’en sortir en valent-ils vraiment la peine ? La force que je déploie depuis mon expulsion s’amenuise de plus en plus. J’ai vraiment peur de plus pouvoir tenir, de rechuter. Je sais aussi que la fin de ma période d’essai arrive à grands pas. Rester, partir, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus ce qui est le mieux pour moi ! Au début, on me disait : « Pour te sortir de ta situation, trouve un travail, c’est la clé ! ».

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Maintenant que j’en ai un, ce n’est pas beaucoup mieux et, au risque de choquer, c’est même parfois pire ! Aujourd’hui, je ne contrôle plus rien, je suis devenu totalement dépendant. Imaginez-vous avec un bandeau sur les yeux. La seule chose qui vous permet d’avancer, c’est la voix d’un ami. Il vous dit d’aller à droite, à gauche, de reculer, de ralentir, vous n’avez pas le choix, vous devez l’écouter. C’est votre guide. Sans lui, vous êtes perdu. Vous ne savez pas où il vous mène mais vous ne pouvez que lui faire confiance. Mes yeux sont bandés et j’ai deux gros soucis : le premier, c’est que je marche au bord d’un précipice ; le second, peut-être le plus dangereux, c’est que la voix qui me guide aujourd’hui, c’est celle de Mme Sentenza !

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