samedi 1 décembre 2018

Telecharger La femme à part Pdf de Vivian Gornick

Ebook gratuit : La femme à part Pdf , Epub

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Vivian Gornick marche dans les rues de New York. La ville lui sert de confidente, de point d’ancrage et d’inspiration. A ses côtés, on monte dans les bus de Manhattan, on arpente les rues bouillonnantes du West Side ou du Bronx. Saisissant parmi la faune urbaine des instants de vérité, elle s’interroge sur tout ce qui a fait d’elle une femme à part, soucieuse de refuser les figures imposées de la société et de défendre sa liberté.

Mais ce voyage intime touche à l’universel car, en chemin, Gornick explore l’amitié, la solitude, le sexe, la vieillesse, la littérature, le couple… Drôle et lucide, elle capture l’essence de nos vies avec une justesse impressionnante.





« — Tu as toujours voulu faire du droit ! avait-elle insisté en s’enfonçant davantage dans son siège. Qu’est-ce qui a changé ? « — Moi, je suppose. J’ai envie d’autres choses, maintenant. » Kate et Steve avaient échangé un regard par-dessus la tête penchée de leur fils qui sauçait le jaune avec un bout de pain. « Bon, inutile de prendre une décision hâtive, Jakey, avait poursuivi Steve. Termine plutôt ton année et vois ensuite. Laisse-toi une chance de peser le pour et le contre. « — À vrai dire, j’ai déjà prévenu la fac que je n’y retournerai pas. Ils se sont montrés très compréhensifs. Tout est arrangé. » Un silence stupéfait était tombé sur la cuisine. Le calme avant la tempête. Puis les éclats de voix s’étaient élevés ; ceux de Kate, surtout, puisque Jake continuait de mastiquer.

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Ensuite étaient venues les supplications et les récriminations, avant le grand final : les portes qu’on claque. Le petit déjeuner s’était achevé dans le chaos. Steve était parti en trombe à l’hôpital, Jake était retourné se coucher et Kate s’était retrouvée seule dans la cuisine, à jurer entre ses dents. « Il n’est même pas 8 heures du matin et la journée est déjà merdique. » Plus tard, alors qu’elle traversait Londres au volant de sa voiture pour se rendre au journal, elle avait ruminé et répété le discours qu’elle tiendrait à Jake le soir, tout en insultant les chauffeurs de taxi et les livreurs qui osaient lui couper la route. Le stress l’avait marquée. Elle se contempla dans le miroir et nota les cernes noirs sous les yeux, le mascara qui avait déjà coulé et les mèches rebelles autour de sa queue-de-cheval affaissée. — Quelle horreur ! marmonna-t-elle.

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On aurait dit qu’elle venait de réchapper à un accident de train. Elle retira l’élastique de ses cheveux et prit une brosse dans son sac à main pour réparer les dégâts. — Allez, reprends-toi ! lança-t-elle à son reflet. Tu peux y arriver tournait en boucle dans sa tête pendant qu’elle brossait sa chevelure indisciplinée. C’était un mantra qu’elle tenait de son père, un homme allergique aux attitudes négatives. « Allez, Katie, l’encourageait-il quand elle essayait tant bien que mal de faire du vélo, de réussir son contrôle de maths ou de décrocher un entretien d’embauche. Tu peux tout réussir. » Avoir son propre supporter qui l’encourageait était formidable, mais la pression constante de devoir réussir était épuisante. OK, papa, je gère, se dit-elle avant de s’agripper au lavabo pour faire cesser le tremblement de ses mains.

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Tous deux savaient qu’il se trouvait en première ligne. Gordon Willis était vieux, difficile à gérer, réfractaire aux nouvelles technologies et, surtout, grassement rémunéré. Kate se creusa les méninges en quête d’une parole réconfortante et positive. — J’ai discuté avec Colin Stubbs l’autre jour, il te passe le bonjour. Gordon hocha la tête, préoccupé. — D’après lui, quitter le journalisme est la meilleure chose qu’il ait jamais faite, ajouta-t-elle. — Ah bon ? Ça fait des mois que je ne l’ai pas vu. Je croyais que sa sorcière de femme l’avait enfermé à double tour dans une cave. Écoute, je vais faire un tour au Yard pour assister au débrief du jour. Je peux pas rester assis ici à attendre que le couperet tombe. Préviens-moi s’il y a du nouveau.

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Ça marche. Ça va aller. Tu es bien trop précieux à leurs yeux. Il tenta d’esquisser un sourire. — Merci, Kate. À plus tard. Elle le regarda sortir d’un pas traînant, le col de sa veste à moitié relevé, les cheveux en bataille à l’arrière du crâne et son calepin qui dépassait de sa poche. Il salua d’un geste du menton le rédacteur en passant. Terry ne répondit pas. C’est mauvais signe, songea-t-elle. La meute abandonne un des siens. Kate réfléchit à sa propre situation. Il fallait qu’elle l’admette, elle se trouvait sans doute sur la liste – son âge et son salaire joueraient en sa défaveur –, mais elle croisa les doigts pour que d’autres acceptent de partir avec des indemnités avant qu’on n’en arrive à son nom. Elle ne voulait pas quitter ce journal. Elle ignorait ce qui l’attendait dehors d’un point de vue professionnel.

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La nouvelle du départ du gars de la crim’ tomba vers 18 h 30. Suffisamment tard pour qu’il puisse être escorté hors des locaux sans trop d’esclandre si les choses tournaient au vinaigre. Il avait été convoqué dans le bureau du directeur de la rédaction et en était ressorti quinze minutes plus tard en qualité d’ex-journaliste du Post. — Ils me filent un gros paquet de fric, apprit-il à Kate en commençant à fourrer ses affaires dans un sac-poubelle noir. Ça va aller. Le moment était venu de changer d’air. Je roule ma bosse ici depuis trop longtemps. Tous deux savaient qu’il ne retrouverait pas de poste dans le journalisme. Trop vieux. Trop vieille école. — Le pire va être de l’annoncer à Maggie. Je ne sais pas s’il vaut mieux que je l’appelle ou que j’attende d’être rentré. Comment va-t-elle réagir ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle va crier.

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Ne t’en fais pas. Maggie comprendra, le rassura Kate. En réalité, elle ne croyait pas une seconde que « la dame de fer » comme on l’appelait au bureau ferait preuve de compassion – personne n’en avait jamais vu chez elle –, mais Kate s’efforça de ne pas s’attarder sur les côtés négatifs. — On verra, fit-il en secouant la tête d’un air las. — Et sinon, où vas-tu organiser ton pot de départ ? Tout le monde va vouloir te faire ses adieux dans la grande tradition Fleet Street, reprit Kate. — Ouais. Je vais trouver un truc. J’aimerais bien faire ça au Cheshire Cheese. C’est là qu’on m’a emmené mon premier jour en tant que journaliste national. À l’âge de pierre. On y allait quand les presses se mettaient en marche. Le bâtiment tout entier vibrait. Et ce bruit… ! Sa voix se fendit et il se tut, feignant de vérifier le contenu de ses tiroirs.

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Je ferai sûrement ça vendredi, conclut-il au bout de quelques secondes. Pour en finir une bonne fois pour toutes. Je tiendrai le Commandant au courant et il enverra un e-mail à tout le monde. Il balaya la salle du regard et ses épaules s’affaissèrent. — Bon, vaut mieux y aller. Terry vint à sa rencontre et certains journalistes se levèrent, bientôt imités par d’autres. — Bonne chance, mon pote ! lança le Commandant à l’autre bout de la salle tandis que le gars de la crim’ ramassait le sac-poubelle qui contenait les vestiges de sa carrière. Kate s’empara de son calepin et commença à marteler son bureau avec. Les autres journalistes en firent autant, puis les correcteurs et les reporters se joignirent à la cacophonie, frappant les tables de leurs poings et de ce qu’ils avaient sous la main. Un grondement d’émotions s’éleva.

de la capitale dans les années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui, le Cheese se présentait comme un vestige de cette belle époque. Les nouveaux propriétaires colportaient les anecdotes et les scoops qui avaient marqué l’histoire, en dispensant des tapes amicales dans le dos aux touristes et aux employés de la City qui avaient investi le quartier. Comme si le journalisme appartenait à un autre temps. Pourtant, l’odeur qui y régnait était toujours la même, songea Kate. Bière éventée et chips. Elle secoua son parapluie pour le débarrasser des gouttes qui tombaient sans discontinuer dehors et se faufila entre les clients qui buvaient debout pour gagner la salle privatisée à l’étage. Le bruit s’intensifiait à mesure qu’elle montait et lui éclata aux oreilles lorsqu’elle pénétra au cœur de l’action. Gordon Willis se tenait au centre de la scène, à tendre des pintes.

au-dessus des têtes de ses anciens collègues en criant, le visage rouge et déjà tout en sueur. Elle balaya la foule d’un coup d’œil rapide, façon reporter aguerri. Qui est présent ? Qui est intéressant ? Qui dois-je éviter ? Son regard se posa sur les flics dans un coin. Un vrai rassemblement. Presque tout le service des relations presse de la Met était là – même Colin Stubbs avait reçu son carton d’invitation à la dernière minute – ainsi que les inspecteurs chargés de toutes les grosses affaires que le Post avait chroniquées. — Bob ! cria-t-elle pour couvrir le vacarme. Elle se fraya un chemin à travers la foule. Il ne l’avait pas entendue. L’inspecteur principal Bob Sparkes était en grande conversation avec un autre policier. Elle ne l’avait pas revu depuis l’affaire Bella Elliott.

Voici Kate Waters. La journaliste dont je vous parlais, dit Sparkes à son jeune collègue. Kate, je vous présente l’inspecteur Chris Butler. — Oh, j’ai entendu parler de vous ! s’exclama le jeune officier. Le patron est votre plus grand fan. Kate et Bob rougirent jusqu’à la racine des cheveux, et tous deux se mirent à parler en même temps, se coupant la parole sans pouvoir finir leurs phrases. L’inspecteur Butler esquissa un sourire en coin avant que Bob ne parvienne à reprendre les rênes de la conversation. — Sur quoi travaillez-vous, Kate ? Dans quelle affaire juteuse avez-vous planté vos crocs ? Elle le remercia du regard et se lança à corps perdu dans le récit de l’affaire du bébé. En réalité, elle travaillait depuis deux jours sur un article à propos des notes de frais d’un député, un sujet incontournable, selon Terry.

Ce fait-divers semblait tourner en boucle dans sa tête, comme une chanson entêtante. Quand elle voulut évoquer les demandes de remboursement sordides du député pour « frais de divertissement », Bob l’interrompit pour revenir au bébé. Il l’interrogea sur les progrès de l’enquête scientifique et l’historique du quartier. Le jeune inspecteur parut se désintéresser de la conversation et Kate le surprit à scruter la salle en quête d’une échappatoire. Bob aussi le remarqua. — Chris, allez donc chercher un verre à Kate. Elle va mourir de soif, à rester là avec nous. L’inspecteur Butler hocha la tête, demanda à Kate ce qu’elle désirait et se laissa avaler par la foule. Bob et Kate échangèrent un regard entendu. — C’est très bruyant ici, Kate, j’ai du mal à vous entendre. C’est l’âge…, dit Sparkes.

Si Gordon lui met la main dessus. Descendons prendre un verre au calme. Elle le suivit hors de la salle, notant les cheveux grisonnants et le début de calvitie à l’arrière de son crâne. Cela ne l’empêchait pas de le trouver toujours aussi séduisant. Ils prirent place à une petite table à la surface collante, lui avec un Coca Light, elle avec un verre de vin blanc tiède. — Alors… ce bébé. Est-ce qu’ils ont une idée de son identité ? demanda-t-il en reprenant sans ambages le fil de leur discussion. Toujours pas un adepte des mondanités, donc, songea-t-elle, abandonnant tout espoir d’un tête-à-tête intime. — Pas à ma connaissance, Bob. Il n’a pas été enterré récemment, d’après eux. Ça remonterait sans doute au siècle dernier, mais ils procèdent encore à des examens. Il s’agit d’un nouveau-né et j’ai entendu dire que le flic chargé.

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