mardi 4 décembre 2018

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Des recettes ultra faciles pour étudiants !
Sous-doués des fourneaux et étudiants fauchés… ce livre est fait pour vous ! 
Vous y trouverez :
• une cinquantaine de recettes gourmandes et économiques à réaliser en 4 étapes, et en 5 à 20 minutes maximum !
• 6 ingrédients maximum par recette
• Des variantes et astuces pour chaque recette
• Une « Partie des dix’ avec les conseils pratiques de l’auteur pour organiser ses courses et menus. 
De quoi redécouvrir votre kitchenette !





Même s’il lui arrivait d’être austère lors de séances de classe, ma grand-mère avait beaucoup de tendresse et d’affection pour moi. Peut-être parce que nous nous ressemblions… Nonobstant la vie parfois contrastée qui fut la sienne, elle mena longtemps une vie mondaine avant de se résoudre à une existence plus modeste compte tenu des revers de fortune, des difficultés matérielles de l’après-guerre et du fait d’être devenue veuve à l’âge de 56 ans. – Tu me racontes… Grand’mamie ! Elle me regardait avec un sourire à la fois malicieux et complice et évoquait ce passé d’une voix rajeunie par tous les souvenirs qui affleuraient alors… J’appris par elle les origines de ma lignée maternelle ainsi que quelques anecdotes auxquelles elle se laissait aller parfois. Grand’mamie racontait toutes les péripéties de sa vie d’une voix calme, le regard dans le lointain comme si elle y cherchait les séquences d’un vieux film en noir et blanc… J’écoutais et me rendais à l’évidence que cette vieille dame avait vécu une grande passion à l’image de sa fille, ma mère, vis-à-vis de laquelle elle se comporta peut-être comme maman le fit à mon égard.

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Ma curiosité était inextinguible et grand-mère paraissait éreintée par ces longs rétrovoyages. Elle avait gardé cette joie de vivre, cette gaieté qui la caractérisaient habituellement. À l’évocation de ses lointains souvenirs, un voile de brume obscurcissait son passé avec, sans aucun doute, des parfums, des musiques, des images défilant dans le cliquetis d’un vieux projecteur mental. Et puis, à un moment, elle marquait une longue pause dont je savais la signification : fin de l’épisode. Nous avions des semaines pour revisiter cette longue saga familiale qui me passionnait au moins autant que les histoires fantastiques que je découvrais dans mes cartoons. La petite bonne femme au regard bleu s’extrayait bientôt de son fauteuil pour vaquer à d’autres occupations ou m’inviter à mettre mon manteau et mon écharpe pour une grande balade.

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Au fil des semaines, une forme d’affectueuse connivence s’installa entre nous. Elle paraissait heureuse de ma compagnie et même ma curiosité devait réveiller de belles séquences de sa vie passée. Un peu comme si elle s’isolait dans la lecture d’un livre ou dans de vieux souvenirs que son regard paraissait rechercher par-delà les rideaux de la fenêtre auxquels ils s’accrochaient comme dans une toile d’araignée. Mais ces évasions ne duraient jamais bien longtemps. Parfois nos regards se croisaient et elle testait ma culture musicale en me demandant si je connaissais tel opéra ou telle chanson ancienne, accompagnant la question d’un petit bouquet de notes fraîches qu’elle égrenait a cappella. J’affectionnais particulièrement l’entendre chanter des grands airs d’opéra qu’elle maîtrisait d’une voix cristalline, avec des accents de sensibilité et une justesse étonnants. Il se disait dans la famille qu’elle aurait pu faire carrière dans le bel canto mais la vie, les voyages, la Chine en avaient décidé autrement. Qu’importait.

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 Elle était là dans le salon à donner sa représentation pour moi seule. La petite dame aux cheveux de mousse blanche improvisait une mise en scène gestuelle me rappelant les interprètes que je découvrais en sa compagnie quand elle m’emmenait au théâtre ou à l’Opéra. Les ans ne paraissaient pas avoir de prise sur son visage aux traits réguliers dont le regard clair traduisait une personnalité très forte. Bon sang n’aurait su mentir. Elle appartenait à une lignée d’hommes et de femmes dont les histoires s’apparentaient parfois à des légendes. Du côté de mes ancêtres maternels, l’écheveau fut d’autant plus facile à démêler que Grand’mamie ne se fit pas prier pour me parler de son enfance, de ses parents… Son père Louis Geminel, jeune ingénieur en sidérurgie, épousa en 1890 Berthe Roussel. Ils eurent une fille, Suzanne, ma future grand-mère, qui naquit en 1892. Hélas Berthe mourut d’une pneumonie sept ans plus tard et Louis Geminel ne tarda pas à se remarier avec une belle Napolitaine, un peu médium, qui lui donna deux autres enfants, Jean et Madeleine.

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celle de la musique prit parfois le dessus. Souvent il m’arrivait de penser à cette famille de musiciens au sein de laquelle j’eusse aimé me glisser dans ces soirées ou ces après-midi dominicaux où tous ses membres se réunissaient pour de longues heures de musique de chambre. Ma grand-mère Suzanne avait une voix ravissante et on la sollicitait souvent pour chanter lors de cérémonies à l’église. Son grand succès était l’Ave Maria de Gounod et je me souviens aussi d’« Adieu notre petite table », l’air de Manon, qu’elle ne se faisait pas prier pour me chanter d’une voix juste à peine voilée par les ans. Elle avait également un répertoire très coquin de petites chansons alertes et un tantinet paillardes qu’elle avait scrupule à interpréter devant la petite fille que j’étais, mais dont je sus qu’elles faisaient bien rire le reste de la famille.

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Mais sa vie ne fut pas toujours heureuse… notamment quand il lui fallut cohabiter avec la seconde épouse de son père. Elle me raconta qu’un jour sa belle-mère, la Napolitaine, entra dans une colère noire, n’ayant pas supporté des propos de Suzanne jugés insolents. Elle eut un geste que ma grand-mère ne lui pardonna jamais : exhibant la seule photo qu’elle avait de sa mère, elle la déchira en mille morceaux ! Suzanne avait alors 19 ans. Avec son brevet d’études et un diplôme de secrétaire bilingue et sténographe en poche, elle décida de quitter la maison familiale située à Cormeilles-en-Parisis et de tenter sa chance à Paris. Elle fit son apprentissage dans une étude notariale où l’ennui lui tint très vite lieu de compagnon, ce qui l’incita à fuir la poussière des vieux dossiers et les clercs à lorgnons et lustrine pour la grande maison de couture Buzenet, au sein de laquelle elle devint secrétaire de direction : l’ambiance lui plaisait, les employées et les clientes étaient « très amusantes ». De plus, elle gagnait correctement sa vie et bénéficiait des « soldes maison » lui permettant d’être à la mode et d’une élégance parfaite à des prix défiant toute concurrence. Cette petite dame mesurant à peine un mètre cinquante-huit et chaussant du 35 avait une élégance naturelle.

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Pendant ses années d’apprentissage professionnel et personnel, elle fut épaulée par son oncle Roussel, frère aîné de sa mère, qui était un des orfèvres du grand bijoutier Chaumet situé place Vendôme. Chaque fin de semaine, elle accompagnait ce vieux célibataire très cultivé au concert ou au théâtre : elle adorait l’actrice Réjane et trouvait Sarah Bernhardt ridicule ! Parfois, ils se rendaient à l’Opéra Garnier, où elle découvrit avec bonheur Samson et Dalila, Le Roi d’Ys et Faust. Pour clôturer ces soirées festives, ce cher oncle l’amenait découvrir les meilleures tables de Paris. C’est avec lui qu’elle développa de vrais goûts de luxe et une connaissance éclectique de la littérature, l’oncle lui ouvrant sa bibliothèque. Ma grand-mère me racontait cette histoire par le menu avec un rien de gourmandise dans la voix, guettant mon regard interrogatif, ménageant une sorte de suspense dans l’évocation de cette vie qui me fascinait, dans laquelle je projetais déjà mon futur.

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Il est vrai que Grand’mamie était belle, élégante et eut quelques prétendants charmants, auxquels elle ne prêta cependant pas d’intérêt. Ils étaient poliment éconduits, comme cet ami d’enfance qui lui déclara sa flamme assidûment mais sans succès. « Je n’éprouvais pour lui que de la tendresse et une douce amitié… C’était bien trop peu ! » me confia-t-elle avec un sourire moqueur. Elle n’avait pas pour autant fait vœu de célibat, pressentant qu’elle rencontrerait le grand amour sans avoir à provoquer son destin. – Et alors ? questionnais-je comme pour hâter le récit. Elle plaçait son index devant ses lèvres et poursuivait à un rythme désespérément lent pour l’enfant que j’étais et qui se projetait dans ses belles aventures. Un jour, alors qu’elle déjeunait comme d’habitude dans une « crémerie chaude » (une sorte de trattoria de l’époque) située à deux pas de chez Buzenet, deux jeunes militaires entrèrent, vêtus de leur uniforme bleu horizon.

croisa le regard de ma grand-mère, qui me confessa bien des années plus tard : « J’eus l’impression qu’un raz-de-marée me passait dessus ! » Ce fut un vrai « coup de foudre » de sa part et le beau militaire ne sembla pas insensible à la jeune fille. Il revint de plus en plus souvent déjeuner dans cet endroit. Un jour, il osa un salut, que la belle lui rendit. Il quitta sa table habituelle pour se rapprocher de Suzanne et entamer une bien timide conversation au bout de plusieurs jours. Comme elle était toujours aussi réservée, le militaire demanda au garçon qui les servait : « Elle a l’air bien, cette petite… Cela fait longtemps qu’elle vient ici ? » Le garçon lui répondit par l’affirmative, précisant qu’elle déjeunait à cette même table depuis plus d’un an, mais « il y a son vieux qui déjeune avec elle une fois par semaine » .

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! Mon futur grand-père en fut dépité et horrifié mais il ne s’avoua pas vaincu et découvrit bientôt que ce barbon partageant sporadiquement sa table n’était autre que son père, Louis Geminel, qui profitait de cette rencontre pour s’assurer que tout allait bien pour elle et qu’elle n’avait pas de difficultés financières. Cet obstacle levé, le militaire mena une cour plus assidue, jusqu’à devenir mon grand-père. Il s’appelait Raymond Meadmore. Son père, un Gallois naturalisé français depuis peu, professait l’anglais à la Sorbonne et il passa à la postérité avec la fameuse Grammaire Meadmore qui permit à plusieurs générations d’étudiants d’apprendre les subtilités lexicales de la langue de Shakespeare. Physiquement, mon futur grand-père Raymond était très grand, avec de larges épaules. On lui prêtait un charme à la Errol Flynn avec des traits plus fins, un humour bien moins rustique et un exceptionnel don pour le dessin. Rebelle à toute forme d’autorité, il mena des études médiocres avant de s’engager en 1910 dans le contingent de l’armée française basée en Chine. Il y resta deux ans avant de revenir en France et… de rencontrer la jolie Suzanne. Il repartit pour la Chine durant de longs mois afin d’y trouver une situation stable.

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Suzanne trépignait d’impatience, craignant peut-être que Raymond ne succombe au charme d’une belle Asiatique. Finalement ils se marièrent, partirent pour un bref voyage de noces à Chartres, accueillis par une vieille tante qui y possédait un hôtel : j’en garde un magnifique dessin réalisé à l’encre de Chine par Raymond et représentant la cathédrale. Ce bonheur ne fut qu’une parenthèse… Le monde s’assombrissait. Bientôt éclata la Première Guerre mondiale. Raymond fut incorporé et rejoignit le front la fleur au fusil, comme tant d’autres soldats. Bien vite, il prit conscience de l’horreur de ce conflit. Raymond Meadmore en revint traumatisé, comme ces milliers d’autres jeunes gens qui furent confrontés à cette terrible boucherie. Il prit le parti d’oublier, de construire sa nouvelle vie et son bonheur avec ma grand-mère et se mit en recherche d’un emploi. Il obtint son contrat avec la Maison Oliver, une importante entreprise spécialisée dans l’import-export édifiée par une famille juive anglaise.

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Adieu la France, retour en Chine où sa jeune épouse l’accompagna pour un long voyage vers Tientsin qui devint leur lieu de vie pendant plus de douze ans. Ma grand-mère me raconta à quel point la traversée fut mouvementée. Ils étaient à bord d’un des trois bateaux partis du Havre en convoi pour des raisons de sécurité. Celui qui les précédait fut torpillé par un sous-marin allemand. Celui qui les suivait subit le même sort. Seul celui sur lequel ils voyageaient fut épargné. Mon grand-père était mort d’inquiétude, mais sa chère Suzanne le rassurait en lui disant, sans se départir de son calme : « Cela ne fait rien ! Ne sois pas inquiet… L’essentiel est de vivre ou de mourir ensemble. » Ils parvinrent à destination sans encombre et mon grand-père vit ses affaires fructifier rapidement. Leur situation matérielle était confortable, ils vécurent une vie mondaine, Suzanne recréa chez elle un petit Paris : elle recevait beaucoup, et tous l’appréciaient pour son intelligence et son esprit. Jamais à court d’initiatives, elle réunit une troupe.

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passant leurs journées à la plage située à vingt minutes de voiture. J’adorais sans la connaître autrement que par mes parents – trop souvent absents – cette atmosphère bourgeoise et feutrée dont j’étais l’héroïne par substitution… Hélas, Grand’mamie retrouva une vie très simple quand, sur le tard, elle s’installa à Paris pour y couler ses jours d’automne sans faste ni honneurs. Elle n’en restait pas moins une artiste et conservait une distinction que j’appréciais beaucoup, d’autant que je me sentais proche d’elle. Parfois, elle me conduisait au parc où j’avais tout loisir d’admirer une nature luxuriante et la superbe collection d’azalées qui faisait la réputation du lieu. D’autres fois, nous allions au bois de Boulogne sur le tapis jaune et brun des feuilles mortes que j’aimais faire crisser sous mes pas, tout en glanant des marrons brillants comme des pierres précieuses.

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Je me réjouissais aussi de découvrir les marchés où nous achetions des fruits et des légumes que je n’avais jamais vus jusque-là : des aubergines, des poivrons, des choux de Bruxelles… Elle prenait son temps pour choisir les plus beaux, même s’ils étaient également les plus coûteux, préférant sacrifier la quantité à la qualité. À peine étions-nous de retour à la maison que je la priais de s’asseoir dans son fauteuil et de me raconter, encore et encore, cette histoire familiale qui avait des allures d’épopée. Mes questions l’embarrassaient parfois mais, la plupart du temps, elle ne se faisait pas prier pour évoquer des bribes de la grande saga familiale en insistant, tour à tour, sur un événement dramatique ou un passage plus drolatique. Elle savait marquer des silences, infléchir sa voix, relancer le discours à la manière des actrices. Je pense qu’elle trouvait une certaine joie à revisiter ces « histoires du passé dépassé », comme elle disait. Elle se sentait alors moins seule.

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