dimanche 2 décembre 2018

Telecharger J’ai couru vers le Nil epub gratuit de Alaa El Aswany


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Le Caire, 2011. Alors que la mobilisation populaire est à son comble sur la place Tahrir, Asma et Mazen, qui se sont connus dans une réunion politique, vivent leurs premiers instants en amoureux au sein d’une foule immense. Il y a là Khaled et Dania, étudiants en médecine, occupés à soigner les blessés de la manifestation. Lui est le fils d’un simple chauffeur, elle est la fille du général Alouani, chef de la Sécurité d’Etat, qui a des yeux partout, notamment sur eux. Il y a là Achraf, grand bourgeois copte, acteur cantonné aux seconds rôles, dont l’amertume n’est dissipée que par ses moments de passion avec Akram, sa domestique.

Achraf dont les fenêtres donnent sur la place Tahrir et qui, à la suite d’une rencontre inattendue avec Asma, a été gagné par la ferveur révolutionnaire. Un peu plus loin, il y a Issam, ancien communiste désabusé, victime de l’ambition de sa femme, Nourhane, présentatrice télé, prête à tout pour gravir les échelons et s’ériger en icône musulmane, qu’il s’agisse de mode ou de moeurs sexuelles. Chacun incarne une facette de cette révolution qui marque un point de rupture, dans leur destinée et dans celle de leur pays. Espoir, désir, hypocrisie, répression, El Aswany assemble ici les pièces de l’histoire égyptienne récente, frappée au coin de la dictature, et convoque le souffle d’une révolution qui est aussi la sienne. A ce jour, ce roman est interdit de publication en Egypte.

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Elle se sent sans doute encore coupable de s’être interposée entre nous. Will continua de mastiquer. Jude savait à quoi il était en train de penser. Il avait essayé de comprendre les sautes d’humeur d’Emma, ses angoisses adolescentes, mais elle était restée indéchiffrable. — Tu disais que ça lui passerait, mais bien sûr, elle est partie avant que ça n’arrive, poursuivit-elle, désarmée par le vin et la proximité de son ancien amant. Will leva les yeux puis les rebaissa aussitôt. — Je me demande parfois ce qu’il se serait passé si nous nous étions mariés à l’époque, comme prévu, ajouta Jude. Elle n’était pas certaine de la réponse qu’elle espérait mais elle mourait d’envie de retrouver un peu de l’intimité qu’ils avaient partagée. 


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En souvenir du bon vieux temps. — Hum, marmonna-t-il. Moi aussi. Elle ne le croyait pas une seconde. Il disait cela pour lui faire plaisir. Elle voulut lui sourire, mais ses lèvres refusèrent de lui obéir. Will tendit sa main tachée de sauce tomate pour tapoter la sienne. — Écoute, c’était une période difficile pour nous tous. Je t’aimais, Jude, mais Emma a tout gâché. — Elle était partie depuis six ou sept ans quand tu m’as quittée, fit-elle remarquer à voix basse. — Je suppose que le mal était déjà fait. Il fallait que je m’en aille, dit-il en s’essuyant la bouche avec sa serviette. — Oui. Et que tu couches avec tout ce qui te tombait sous la main, songea-t-elle. Elle ne prendrait sans doute pas de dessert, finalement.


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Je n’ai vraiment pas envie d’y aller. « C’est une idée débile », ai-je répondu à Harry quand elle a téléphoné hier soir pour m’annoncer que Toni, une ancienne du lycée de Woolwich, l’avait contactée. Mais elle n’a rien voulu savoir. Elle fait une espèce de plongeon nostalgique dans le passé. C’est l’âge qui veut ça, j’imagine. Je me demande si son but secret n’est pas de leur montrer à toutes le chemin qu’elle a parcouru. Aux filles qui se moquaient d’elle et faisaient de sa vie un enfer. Mais je ne pipe mot. 

Elle ne parle que des anciennes du lycée qu’elle voit sur Facebook. Je n’ai pas regardé. Pourtant je suis du genre à espionner, à lire les publications, histoire de savoir qui fait quoi. Mais j’essaie de ne pas révéler ma présence. Je n’ai rien à dire. Le statut Emma Massingham pense que le bébé de Howard Street est le sien ferait des vagues, non ? J’ai promis à Harry de l’accompagner à la soirée à condition qu’elle voie son médecin. La connaissant, je pensais qu’elle se défilerait et que la discussion serait close. Mais elle l’a consulté ce matin.


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Lorsque Harry m’appelle à l’heure du déjeuner, elle est aux anges. — C’est comme si on venait de m’ôter un poids énorme, Emma. Je crois que je ne me rendais pas compte à quel point j’étais inquiète. Mais le médecin est rassuré, ce n’est qu’un kyste. Ça ne va pas me tuer. — C’est génial ! Je suis tellement heureuse ! dis-je. — Bref, tu es obligée de venir à la fête, maintenant. Tu as promis. Je pousse un grognement avant de répondre : — Tu es sûre ? Ça va être horrible. Revoir toutes ces filles qui se moquaient de nos affreuses coiffures au point de nous faire pleurer, dis-je pour plaider ma cause. — Eh bien, ce sera l’occasion de leur rappeler leur comportement méprisable. J’ai hâte de voir leur tête lorsque nous ferons notre entrée, comme des fleurs. 

Nous pourrions simuler une conférence pour la paix et la réconciliation. Où est Mère Teresa quand on a besoin d’elle ? plaisante Harry pour m’amadouer. Sa bonne humeur est contagieuse et je craque malgré moi. — Oui, c’est une soirée prometteuse. Sinon, on pourra toujours danser sur de la mauvaise musique, nos sacs à la main, nos pieds souffrant le martyre dans nos chaussures trop serrées. — Ah, tu vois, quand tu veux ! s’exclame Harry. Réfléchis à ta tenue et on s’appelle demain pour finaliser tout ça. — Ça marche. — Et merci pour aujourd’hui, Emma. Tu as toujours été la plus maligne de nous deux. Je raconte à Paul que je vais à la réunion des anciens et il sourit. D’un vrai sourire, sincère, pas le rictus nerveux qu’il affiche depuis quelque temps.


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— C’est formidable. Ça te fera du bien de sortir. Tu passes trop de temps assise devant ton ordinateur. Toute seule toute la journée. J’ai envie de lui répondre que je ne suis jamais seule, mais je me tais. — J’ai discuté avec Jude l’autre jour, m’apprend-il. — Ah bon ? dis-je sans parvenir à dissimuler mon étonnement. Pourquoi ? Elle a téléphoné quand j’étais sortie ? — Heu, non. En fait, c’est moi qui l’ai appelée. — Pour quelle raison ? — Je m’inquiétais pour toi. Il regrette de m’en avoir parlé, je le lis sur son visage. — Je voulais qu’elle me conseille, reprend-il. 

— C’est bien la dernière personne à qui je demanderais conseil, dis-je. Qu’est-ce qu’elle a bien pu lui raconter ? Cette pensée tourne à toute vitesse dans ma tête, file comme un train sans conducteur. — Qu’a-t-elle dit ? — Pas grand-chose, en réalité. Sinon qu’elle pensait t’avoir contrariée en te reparlant du passé. Lorsque vous avez déjeuné ensemble. Tu crois qu’elle a raison ? Je soupire. — Tu sais que je déteste regarder en arrière, Paul. Et elle et moi avions une relation très compliquée. — Elle m’a raconté qu’elle avait été forcée de te demander de partir, continue Paul. (Je comprends alors que c’est le but réel de cette discussion.) Tu ne me l’avais jamais dit. Je viens m’asseoir à côté de lui sur le canapé pour ne pas avoir à le regarder en face.


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— Je n’aime pas en parler. C’était une période affreuse. Tu n’as pas idée. Je crois que je ne m’en suis jamais remise. Je n’avais que quinze ans. — Oh ! Emma, comment ont-ils pu faire ça ? Tu étais encore une enfant, se lamente-t-il en prenant ma main gelée pour me réconforter. Mais tous mes sens sont aux aguets. — Qui ça ils ? — Oui, Jude m’a expliqué que son ami, Will, habitait avec vous. Je ne crois pas que tu l’aies jamais mentionné. Ces secrets ne sont pas bons, Emma. Tout garder pour soi est nocif. J’ai l’impression qu’il a lu dans mes pensées. Puis-je lui raconter toute la vérité ? En suis-je capable ? Me détestera-t-il s’il apprend la chose abominable que j’ai faite ? Bien sûr que oui. — Tu as raison, chéri. Mais tu le sais maintenant. Avec douceur, il tourne mon visage vers lui et le prend entre ses mains. — Tu peux tout me dire, Emma. Tu le sais. Je me penche et je l’embrasse. Pour lui montrer que je l’aime. Et le faire taire.

Le seul de la famille à voir sa tenue avait été Steve, rentré de bonne heure ce soir-là. Pour une fois. Ils avaient cru, les garçons devenus grands, qu’ils disposeraient de plus de temps pour eux, pour faire tout ce que les gens de leur âge faisaient : des sorties au théâtre, des dégustations de vins, des voyages à l’étranger. Mais les plages horaires qui s’étaient libérées dans leurs emplois du temps – finis l’entraînement de foot et la séance de natation, terminés les concerts où il fallait conduire leurs fils – les avaient nargués un bref instant avant d’être comblées par le travail. Kate savait qu’il était important pour Steve de renforcer ses activités de consultation à l’hôpital et ne se plaignait jamais. De toute façon, elle était mal placée pour lui faire des reproches, elle aussi travaillait sans compter ses heures. 


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Voilà pourquoi elle avait été à la fois surprise et heureuse de l’entendre franchir la porte. Steve avait émis un sifflement admiratif en la voyant. « Waouh, ce canon ! C’est en quel honneur ? « — Je t’en ai parlé hier soir. Je vais à une fête à Woolwich. J’essaie de retrouver des femmes qui pourraient savoir comment Alice Irving a atterri dans leur quartier. « — C’est vrai, tu me l’as dit, chérie. Pardon. J’ai passé une journée affreuse. Les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. Le cancer de Mme Telling s’est propagé. Je venais de lui annoncer qu’elle était en rémission. C’est tellement injuste. « — Oh, Steve, avait-elle compati en passant son bras autour de sa taille. C’est terrible. En comparaison, ma journée est pathétique. J’ai peaufiné un article de dernière minute sur le jubilé de la reine. Devine qui va chanter au concert en son honneur ? « — Paul McCartney ? » Ils avaient éclaté de rire tous les deux.


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« — Je t’en ai parlé hier soir. Je vais à une fête à Woolwich. J’essaie de retrouver des femmes qui pourraient savoir comment Alice Irving a atterri dans leur quartier. « — C’est vrai, tu me l’as dit, chérie. Pardon. J’ai passé une journée affreuse. Les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. Le cancer de Mme Telling s’est propagé. Je venais de lui annoncer qu’elle était en rémission. C’est tellement injuste. « — Oh, Steve, avait-elle compati en passant son bras autour de sa taille. C’est terrible. En comparaison, ma journée est pathétique. J’ai peaufiné un article de dernière minute sur le jubilé de la reine. Devine qui va chanter au concert en son honneur ? « — Paul McCartney ? » Ils avaient éclaté de rire tous les deux. « Évidemment ! Il n’y a pas de grand concert sans Paul, avait-elle répondu. Bref, j’espère dégoter de quoi écrire sur un vrai sujet ce soir. « — Hum, avait fait Steve, en fouillant dans le frigo en quête d’un en-cas pour patienter jusqu’au dîner. 

Il reste du brie ? » Lorsque Kate était sortie de la salle de bains, il était installé devant la télé, les pieds posés sur la table du salon. Il lui avait souhaité bonne chance de ce ton d’une nonchalance exaspérante qu’il utilisait parfois quand il s’agissait de son métier de journaliste. « Ça n’a rien à voir avec la chance, Steve, mais avec un travail acharné et la persévérance, avait-elle répliqué. « — Bien sûr. Mais reconnais qu’il est difficile de prendre ça au sérieux quand tu dois te déguiser pour aller à une soirée années quatre-vingt. Ça n’arrive pas tous les jours dans mon monde… » Il sous-entendait que son monde, le service d’oncologie de l’hôpital Lewisham, était plus réel et plus important. Kate s’était mordu la lèvre et avait goûté le parfum framboise de son gloss. « J’enquête sur le kidnapping et le décès d’un bébé, Steve. On peut difficilement faire plus sérieux. « — Katie, arrête d’être toujours sur la défensive. Tu es splendide, au fait. « — La ferme ! Tu ne m’achèteras pas avec un compliment minable, avait-elle rétorqué en l’embrassant avec fougue. « — Hum… Miam. Ça a le goût de ma jeunesse. N’oublie pas d’en remettre avant de venir te coucher ce soir, l’avait-il taquinée.


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Elle était partie en lui adressant un clin d’œil coquin et avait trottiné jusqu’à sa voiture sur ses talons compensés de huit centimètres. Elle s’était dépêchée de monter avant d’être repérée par sa voisine Bet. Elle se retrouvait donc avec une heure à tuer. Patienter au pub dans son total look des années quatre-vingt ne la tentait pas, et elle préféra écouter Radio 4. Ils diffusaient un sujet sur le réchauffement climatique et un invité malpoli parlait en même temps que l’intervieweur. Elle sourit. Gérer les moulins à paroles était un défi de taille. Personne n’appréciait d’être interrompu et cela pouvait fiche en l’air le rapport établi entre les protagonistes. 

Elle avait appris à faire taire les autres par le langage du corps – se pencher en avant pour les encourager, en arrière pour les freiner. Elle avait émis des réserves lorsqu’un vieux de la vieille lui avait révélé cette technique. Pourtant, elle fonctionnait presque à tous les coups. Détourner les yeux ou poser son stylo était également très efficace, mais trop évident. Les journalistes de radio levaient une main pour couper court à une réponse trop longue. Un coup frappé à sa vitre fit sursauter Kate. C’était Barbara Walker. — Ouh ! là, là ! Vous m’avez fait une de ces peurs ! s’exclama Kate en descendant sa vitre avec un sourire. J’étais complètement perdue dans mes pensées. — Pardon, ma chère, s’excusa Mlle Walker. Je vous ai vue de chez moi, assise toute seule dans votre voiture, et je me suis dit que je pouvais vous proposer une tasse de thé. C’est un peu triste de rester là comme ça. — Avec plaisir, accepta Kate en s’extirpant du véhicule.


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Debout, elle dépassait sa nouvelle amie d’une bonne tête. Mlle Walker la regarda de haut en bas : — J’adore vos chaussures. Où les avez-vous trouvées ? — Dans une friperie. Au rayon « tenues d’époque ». — Allez, suivez-moi, avant de vous tordre une cheville, s’esclaffa Mlle Walker. Elle insista pour que Kate mette son grand chapeau puis la fit tournoyer dans le salon. L’agitation perturba Shorty en pleine sieste, qui leur aboya son mécontentement. — Chut, ordonna Mlle Walker en lui tapotant le museau. On s’amuse, c’est tout. Que diriez-vous d’un verre de Cinzano à la place du thé, quitte à faire dans le rétro ? — Vous en avez vraiment ? Je ne savais pas que ça existait toujours, répondit Kate en se laissant tomber dans un fauteuil. Merci, Barbara. 

— J’ignore depuis quand j’ai la bouteille mais au cas où, je vais y ajouter un peu de limonade. Je dois avoir des glaçons aussi. Viens, Shorty, je vais te donner à manger par la même occasion. Kate se redressa un peu et remua ses orteils endoloris pour faire circuler le sang. « Les aléas du métier », aurait commenté Steve s’il avait été là. Elle riait toute seule quand Barbara revint avec un plateau qui contenait deux verres tubes, une bouteille poussiéreuse de Cinzano, une canette de limonade et un bol de glaçons. Elle s’appliqua à préparer les boissons puis les deux femmes trinquèrent et burent une gorgée. — Waouh, j’avais oublié quel goût ça avait ! Merci, répéta Kate. Alors, Barbara, qu’est-ce que vous faisiez dans les années quatre-vingt ? D’après John le contremaître, vous avez été mannequin.


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la rue ou dans une fête et ils ont l’air de personnes normales, mais en fait non. Parfois, ils ne sont pas du tout normaux. — Qu’entendez-vous par là, Barbara ? demanda Kate. Un instant, elle sirotait du Cinzano avec de la limonade et celui d’après, elle recueillait une confession, des chaussures compensées aux pieds. C’était ça, l’imprévisibilité du journalisme d’investigation. Elle attendit. — Je dis ça comme ça, répondit Mlle Walker en prenant Shorty sur ses genoux. — Vous êtes bouleversée, pourtant. Je crois que vous parliez d’une personne en particulier, Barbara. C’est ça ? Vous confier à quelqu’un pourrait vous aider. 

Confiez-vous à moi, songea Kate en croisant les doigts. Barbara ferma à nouveau les paupières, puis les rouvrit d’un coup au son de La Chevauchée des Walkyries de Wagner. — Mince ! lâcha Kate avant de fourrager dans le puits sans fond qu’était son sac à main. C’est mon portable. Veuillez m’excuser, Barbara. Il fallut six sonneries pour qu’elle trouve son téléphone, six répétitions des mesures d’ouverture qui anéantirent toute chance de confidences. — Salut, Mick, dit-elle quand elle décrocha enfin. Je suis un peu occupée, là. Mais Barbara était déjà en train de débarrasser les verres. — Vous feriez mieux d’y aller, fit-elle. Ou vous allez être en retard à votre soirée.

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