vendredi 28 décembre 2018

Telecharger 5 ans de réflexion PDF ebook gratuit de Collectif


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Un journal perpétuel à compléter pendant 5 ans. 
Nous nous demandons tous souvent où nous en sommes. Voici un joli outil pour le découvrir.
A chaque jour de l'année correspond une question, drôle ou profonde, à laquelle il est prévu de répondre 5 fois, pendant 5 ans.
Vous pourrez ainsi comparer très précisément votre état d'esprit pendant ces 5 années, et apprendre à vous connaître vraiment sans forcément vous prendre au sérieux !

 État américain au sud du lac Supérieur, comme le Kansas relativement moins inégalitaire que le reste des États-Unis et, comme le Kansas, relativement plus pauvre28. État très largement rural, et c’est d’ailleurs le concept de « conscience rurale » que Cramer met au centre de son analyse. La « conscience rurale » et le ressentiment : les deux concepts qui permettent selon elle de comprendre pourquoi les électeurs les moins favorisés, qui seraient les premiers à bénéficier de davantage de redistribution, votent systématiquement contre les impôts et contre l’État social. Or ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une certaine réalité dans la rancœur qu’expriment les « ruraux » par rapport aux « urbains » – leur ressentiment est au moins en partie fondé économiquement. J’ai souligné précédemment que la croissance économique américaine de ces dernières décennies n’avait pas bénéficié aux moins favorisés, au contraire.

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Il ne s’agit pas simplement d’électeurs naïfs ou, pire, absurdes, nourris de téléréalité et autres Apprentice (l’émission de télé-réalité qui a rendu Trump célèbre sur les petits écrans), ignorants se laissant séduire par les appels à leurs plus bas instincts, le racisme pour commencer. Non, il s’agit d’électeurs en grande partie rationnels dont le ressentiment est fondé économiquement. Des électeurs qui se posent des questions légitimes : qui bénéficie de quoi – et qui le mérite –, qui a le pouvoir, et qui est responsable ? Et dont les réponses à ces questions ne peuvent les satisfaire. Car, de toute évidence, ils n’ont pas le pouvoir puisque, nous l’avons vu, ils ne sont plus réellement représentés. Ils n’ont pas le pouvoir, et le pouvoir les ignore. Leurs préférences ne sont pas prises en compte. Mais pourquoi ne pas vouloir dès lors taxer les plus riches, ceux qui ont le pouvoir – puisque l’argent achète le pouvoir ? Pourquoi ne pas vouloir redistribuer cet argent.

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Pourquoi, pour le dire autrement, ne pas voter « à gauche » pour des candidats qui promettent davantage de redistribution ? C’est là où la notion de « mérite » devient à nouveau centrale. Car que perçoivent ces hommes blancs du centre des États-Unis ? Que lorsque redistribution il y a, que lorsque des mesures de protection sont mises en œuvre, elles bénéficient pour commencer à ceux qui sont selon eux « peu méritants », aux pauvres non méritants – la droite française parlerait des « assistés ». Eux, les Kansais, les Wisconsais, bien que méritants, bien que défendant la valeur travail, le travail rural, un travail dur, n’en bénéficient pas. Bien sûr, ils ont tort de penser qu’ils sont victimes d’une injustice redistributive ; il est infondé de dire, par exemple, qu’ils paient plus que leur part d’impôt et qu’ils en bénéficient relativement moins.

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Mais ils ont raison de se considérer comme des laissés-pour-compte – car ils ont de fait été les laissés-pour-compte de la croissance américaine au cours des dernières décennies. Sauf que ce ne sont pas les « autres » pauvres qui la leur ont volée, ce sont les « autres » riches. On retrouve ici d’une certaine manière – même si ce n’est jamais formulé explicitement – la rhétorique de la sociologue Arlie Russell Hochschild, qui a parfaitement saisi, cette fois-ci en Louisiane, ce sentiment de frustration profondément ancré aujourd’hui au cœur de l’homme blanc moyen américain30. Ce dernier a le sentiment d’avoir toute sa vie fait la queue, attendant que son tour vienne dans le manège de l’ascension sociale et du rêve américain. Il a fait la queue, patiemment, et que voit-il aujourd’hui ? Il voit l’ensemble des « minorités » passer devant lui : les femmes d’abord, puis les Noirs, puis les homosexuels, puis les handicapés, etc. Tout le monde, sauf ceux qui lui ressemblent.

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Ne souriez pas. Il ne s’agit pas ici de justifier le racisme, l’homophobie, ou encore le sexisme. Mais d’essayer de comprendre. D’essayer de comprendre pourquoi en Louisiane, un État dont l’intégralité de la (faible) croissance économique a été capturée par les 1 % les plus riches entre 2009 et 2013, les citoyens votent massivement pour le Tea Party. Dans son livre, Hochschild met l’accent sur les politiques environnementales, une autre manière de poser notre regard incrédule sur un vote que l’on ne comprend pas : pourquoi ceux qui souffrent le plus de la pollution imposée par les grandes entreprises – et qui bénéficient au contraire de la protection de l’État et des régulations que celui-ci met en place justement pour limiter la pollution et ses effets néfastes – votent-ils pour un parti qui s’oppose à l’État social et est favorable aux grandes entreprises qui polluent le plus ?

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Pourquoi ce paradoxe ? Parce que la perception des classes populaires en Louisiane, au Kansas ou encore dans le Wisconsin est que les régulations frappent toujours les plus faibles, alors que les plus forts, eux, y échappent. Un sentiment d’injustice et un combat sur les valeurs, le tout nourri par la réalité d’un déficit de représentation. Représentation politique – nous avons vu en particulier les travaux de Martin Gilens –, mais représentation médiatique également. Car, pour ces classes populaires, à leur absence généralisée dans les médias dominants s’ajoute la violence du mépris qui s’abat sur eux quand le regard des « élites libérales » veut bien s’y arrêter un instant.

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C’est au cœur des propositions que je fais dans la troisième partie de ce livre. Certes, il est nécessaire de très fortement encadrer les dons des personnes et des entreprises privées. Mais cela sera en partie perçu par cet électorat comme une régulation supplémentaire, comme une atteinte de plus à leur liberté (alors même que les citoyens les plus défavorisés n’ont pour la plupart pas les moyens de contribuer financièrement aux campagnes électorales31). Ainsi, ces mesures d’encadrement doivent s’accompagner d’une autre révolution démocratique, celle de la représentation politique. C’est pourquoi il est indispensable de faire rentrer les classes populaires au Parlement.

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Il n’y a qu’ainsi que l’on mettra fin à leur ressentiment. En effet, nous le verrons au chapitre 11, que l’on considère aujourd’hui la France, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis, les classes populaires (ouvriers ou employés) sont les grandes absentes des bancs de l’Assemblée, alors même qu’elles représentent encore un peu partout plus de la moitié de la population active. Ce qui explique en partie pourquoi un grand nombre de citoyens ne se sentent pas représentés ; ce qui, de plus – et c’est important –, est subi plus que choisi (autrement dit, quand, toutes choses égales par ailleurs, on laisse le choix aux citoyens entre un candidat d’un milieu populaire – non cadre – et un candidat cadre, ils ont tendance à préférer le candidat non cadre) ; et ce qui, enfin, a des conséquences concrètes très directes sur les politiques qui sont in fine adoptées à Assemblée.

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Si une partie des citoyens de l’Amérique rurale s’est tournée au cours des dernières années vers les mouvements populistes et en particulier le Tea Party (et plus récemment Donald Trump), c’est donc en partie du fait de la perception d’une crise morale. Eux seraient méritants et laissés pour compte, quand l’élite libérale et urbaine tenterait de là-haut de leur imposer des régulations et une redistribution dont ils ne veulent pas. Cela ne veut pas dire, bien sûr, qu’il faille abandonner la bataille économique et la lutte contre les inégalités – au contraire. La victoire du Tea Party aux États-Unis, c’est la victoire de ceux qui ont réussi à déplacer les termes du débat, en remplaçant le conflit de classe par la guerre des cultures.

Mais c’est aussi et surtout la défaite des Démocrates qui, les premiers, ont délaissé le terrain de la lutte des classes. Thomas Frank le montre très bien, lui qui parle d’abandon du conflit de classe par les Démocrates. Aux États-Unis, au cours des dernières décennies, les Démocrates ont abandonné les ouvriers ; ils ont cessé, aussi, de dénoncer les dérives de Wall Street – il n’y a qu’à penser aux discours de Hillary Clinton auprès de Goldman Sachs ou de Citibank, discours qui lui ont sans doute rapporté gros, mais qui lui ont également coûté très cher. Bien sûr que ces discours n’étaient pas des attaques en règle contre les abus de la finance !

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Pourquoi les Démocrates ont-ils abandonné le conflit de classe ? En partie pour recevoir plus de contributions – des plus aisés – à leurs campagnes électorales… Le pire étant que, de ce point de vue-là, ils ont sans doute réussi. En 2016, Hillary Clinton a levé plus d’argent privé pour sa campagne que Donald Trump, et a dépensé plus également. Elle a gagné la bataille des ressources électorales – mais elle a perdu dans les urnes. Car, à trop les avoir abandonnées, elle a fini par perdre le vote des classes populaires. On pourrait d’ailleurs se demander ce qui a conduit, au cours des dernières années, les Démocrates à suivre une stratégie que l’on serait tenté de qualifier d’insensée.

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Thomas Frank apporte à ce propos une réponse intéressante, même si l’on aurait voulu qu’il la documente empiriquement : les conseillers – ou stratèges – du Parti démocrate, les années impaires, quand ils ne conseillent pas de candidats, font du lobbying. Autrement dit, ils travaillent pour les entreprises qui financeront ensuite les campagnes de leurs candidats. C’est ce que l’on appelle être sur tous les fronts à la fois. (On appelle cela parfois également un conflit d’intérêts.) Sauf sur le front social, malheureusement. La croissance économique américaine de ces dernières années, ce sont aussi les Démocrates qui l’ont voulue, qui se sont battus pour ce modèle de croissance sans jamais se préoccuper de son inégale distribution. Alors oui, au niveau national.

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surtout si on la compare à celle de la vieille Europe. Mais cette croissance a uniquement profité à une infime minorité : les travaux de Thomas Piketty et d’Emmanuel Saez ont montré que, depuis la fin de la crise économique, les 1 % les plus riches ont capturé plus de la moitié de la croissance économique aux États-Unis. Je ne suis pas d’accord de ce point de vue avec Larry Bartels, qui semble renvoyer l’intégralité de l’explosion des inégalités sur le dos des Républicains33. Certes, je ne peux que le suivre lorsqu’il souligne la responsabilité des changements de politiques suivies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dans l’explosion des inégalités économiques. Ces inégalités ne sont pas une fatalité, le seul produit de la mondialisation ou du progrès technique ; elles sont la conséquence des choix de politique économique qui ont été faits.

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Je ne peux que le suivre également lorsqu’il documente – extrêmement bien – la très faible croissance relative des revenus des classes populaires et moyennes sous les administrations républicaines, en particulier comparée à la croissance – au cours des mêmes périodes – des plus hauts revenus. Mais il oublie de dire que, si les revenus des classes populaires et moyennes ont augmenté plus vite sous les Démocrates que sous les Républicains, ils ont néanmoins – y compris au cours des administrations démocrates – augmenté beaucoup moins vite que les revenus des plus favorisés. D’un côté, sous les Républicains, les plus favorisés se sont approprié la quasi-totalité de la croissance économique. D’un autre côté, sous les Démocrates, ils s’en sont approprié une très large majorité. Ce qui est certes moins que tout, mais aboutit au final à la même conséquence : le creusement des inégalités. Tout n’est donc pas la faute des Républicains. Les Démocrates sont aussi coupables.

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car eux ont prétendu défendre les intérêts des plus défavorisés. (Alors que, dans le rapport de classe, les Républicains se sont tenus à leur place : du côté des grandes entreprises et des plus grosses fortunes.) Ils ont applaudi à la croissance économique en oubliant de faire en sorte qu’elle soit équitablement distribuée. Et ont alimenté ainsi le cercle vicieux des inégalités. Inégalités politiques et inégalités économiques : un dangereux cercle vicieux Car la croissance des inégalités économiques ne fait qu’alimenter celle des inégalités politiques ; et plus grandes sont les inégalités politiques, plus nombreuses sont les politiques mises en œuvre qui conduiront à leur tour à une augmentation encore plus forte des inégalités économiques.

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Ainsi, conséquence directe de la dérégulation de la démocratie politique américaine, depuis les années 1980, la part des très riches dans les contributions aux campagnes électorales a littéralement explosé. D’après les données rassemblées par Adam Bonica, 0,01 % de la population américaine avait apporté 15 % des financements en 198035. Ce pourcentage est de 40 % pour l’élection présidentielle de 2016. C’est-à-dire beaucoup plus que la part des revenus annuels (4,3 %) et même celle de la richesse totale (10,7 %) contrôlée par les 0,01 % les plus riches aux États-Unis36. Or, cette explosion des inégalités quant aux contributions électorales est une conséquence directe de l’augmentation des inégalités économiques ; Adam Bonica et Howard Rosenthal l’ont parfaitement documenté en utilisant les contributions politiques des 400 Américains les plus riches.

Ainsi, la dépendance poussée à l’extrême des Républicains envers une toute petite poignée de super-riches, à commencer par les frères Koch, a au final eu des effets pervers pour le Grand Old Party. Pour le dire simplement, les Républicains « traditionnels » ont fini par perdre le contrôle de leur propre mouvement ; à force d’alimenter financièrement le parti et ses candidats, la dépendance envers les frères Koch est devenue telle que les deux hommes ont fini par pouvoir décider de tout contre – et c’est là que le retour de bâton est exceptionnel, même si l’on peut dire qu’il était prévisible – ce qui était jusqu’alors la ligne majoritaire du parti.

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Les Républicains « traditionnels » ont fini par perdre le contrôle de leur propre mouvement, mais également les élections. Car les préférences politiques d’une poignée de milliardaires du Kansas ne sauraient refléter celles de l’électorat républicain. Ainsi, en 2012, pris au piège de la « Kochtopus », les Républicains n’ont choisi ni le meilleur candidat ni le meilleur message politique. Ils ont choisi Mitt Romney, le candidat de l’argent, et le message de l’argent. Larry Bartels a d’ailleurs montré que si les électeurs républicains s’étaient détournés de Romney au cours de la campagne électorale, c’est qu’ils se sont aperçus que l’ancien gouverneur du Massachusetts se préoccupait davantage de ceux qui avaient de l’argent que de ceux qui n’en avaient pas.

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D’ailleurs, cette dépendance extrême à l’égard des milliardaires ultra-conservateurs est allée au-delà du choix des candidats et du message politique. Nous verrons ainsi dans le prochain chapitre que même dans le déroulement concret des campagnes électorales, et en particulier l’utilisation de données privées pour micro-cibler les électeurs, les tentacules des frères Koch se sont enroulés autour du Comité national des Républicains, aujourd’hui obligé de faire appel à une base de données développée par les milliardaires et vendue par leur société d’analyse de données i360, quand le parti avait jusqu’alors géré les données électorales en interne. Pourquoi ne pas couper ces bras nourriciers qui ont fini par étouffer ? vous demandez-vous. Parce que, en l’état actuel de la régulation, ils sont devenus indispensables aux candidats républicains.

Il est aujourd’hui presque impossible de se présenter ne serait-ce qu’à une primaire locale sans avoir au préalable levé plusieurs centaines de milliers de dollars. L’argent, celui que l’on est en capacité de lever, est devenu le nouveau cens électoral. Et de telles sommes ne se trouvent que dans un nombre réduit de porte-monnaie. Pour couper ces bras, il faut changer la loi. Donald Trump fait d’une certaine façon figure d’exception, lui qui a pu grâce à sa fortune personnelle échapper à la capture de la « Kochtopus » et serait plutôt victime de son ire. Les frères Koch ont d’ailleurs refusé de soutenir sa candidature en 2016 et Trump ne s’est pas privé de les attaquer, sur Twitter évidemment et avec toute la modération.

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Socialement, les riches contributeurs du Parti démocrate sont beaucoup plus libéraux que leurs homologues du Parti républicain : ils sont pour le mariage pour tous, défendent ardemment l’avortement quand celui est attaqué, s’opposent même quelquefois aux armes à feu. Mais, économiquement, les plus gros contributeurs du Parti démocrate sont extrêmement conservateurs, parfois tout autant que leurs homologues du Parti républicain quand il s’agit – au hasard – des questions fiscales. Ainsi, en bons philanthropes, ils sont toujours contents de donner : à un parti politique, à une association, à une bonne cause, etc., mais le plus souvent s’opposent à toute augmentation d’impôt.

Avec pour conséquence que, pour leur plaire, les hommes politiques démocrates se satisfont par exemple de taux marginaux d’imposition sur les plus hauts revenus historiquement faibles, au détriment des préférences de l’électorat traditionnellement démocrate. Qui finit par s’en détourner. Je citais plus haut Hillary Clinton, mais Barack Obama a ici une énorme part de responsabilité, lui qui plus que tout autre a passé au cours de ses mandats de président un temps infini à lever des fonds auprès des plus aisés. Pour reprendre une formule du Washington Post en 2014, « indépendamment de ce qui se passe en Amérique et dans le monde, une chose est devenue certaine au sujet du programme de travail du président Obama, il y a aura toujours des levées de fonds ». D’après les chiffres du quotidien, au cours de son premier mandat, Obama a participé à 321 événements de levées de fonds, contre 80 pour Reagan, 137 pour George H.W. Bush père, 167 pour Bill Clinton et 173 pour George W. Bush fils. Alors, bien sûr, on pourrait y voir la simple poursuite d’une tendance engagée il y a plusieurs décennies.

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Les modalités du financement de la démocratie politique en Allemagne font rarement la une des grands magazines51. Et pourtant, lorsque l’on s’y plonge sérieusement, on peut légitimement s’interroger sur un certain parfum de scandale qui entoure le jeu politique outre-Rhin. À y regarder de près, en effet, en ce qui concerne son financement, le fonctionnement de la démocratie allemande tient beaucoup plus du système américain que des systèmes belge ou français. Les intérêts privés – et en particulier des grands groupes industriels – y occupent une place non négligeable. Il ne s’agit pas ici de dénoncer le système allemand qui serait moins vertueux que le système français, mais de bien prendre la mesure de tout ce qu’il implique. Car les choix industriels de l’Allemagne – avec une politique commerciale agressive tournée vers les exportations, par exemple – ont des conséquences sur l’ensemble des pays européens.

Qu’en est-il précisément ? Le modèle allemand se caractérise d’une part par un système historiquement innovant de financement public des partis politiques et des fondations qui leur sont associées, nous l’avons vu au chapitre 5. D’autre part – et c’est plus étonnant, car, dans de nombreux autres pays, financement public et encadrement des financements privés ont été pensés conjointement –, il se distingue par la complète absence de régulation des dons des individus et des entreprises, à l’exception de l’obligation de transparence. On touche là encore un des points essentiels de notre enquête : les liens entre argent et démocratie n’ont jamais été pensés pleinement, sereinement, à la lumière des expériences historiques et comparatives. Ainsi l’Allemagne a-t-elle innové sur certains points.

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