vendredi 7 décembre 2018

Telecharger Trahie ebook gratuit de Martine Latulippe


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Noémie n’aurait jamais pensé qu’un geste, un tout petit geste virtuel de quelques secondes à peine, pourrait bouleverser sa vie à ce point. Qui peut bien lui en vouloir ainsi? Qui l’a trahie? Quand le réveil a sonné, ce matin-là, le cauchemar n’avait pas encore fait basculer ma petite vie tranquille. Il faisait soleil, le mois de juin était lumineux, l’école achevait, j’allais finir mon secondaire, j’étais en amour par-dessus la tête. À ce moment-là, je ne voyais pas comment les choses auraient pu mieux aller dans ma vie.




Avant même d’aller manger, je commence à digérer cette première matinée ! À 13 heures, branle-bas de combat : l’ensemble des salariés s’apprête à prendre la pause. Le silence monacal du matin était tel que je n’imaginais pas qu’il y eût autant de monde dans cette entreprise. J’emboîte le pas à la troupe qui descend les escaliers. Une fois dehors, je jette un regard vers les autres employés en caressant l’espoir que l’un d’entre eux m’invitera éventuellement à le rejoindre. Ce n’est pas le cas. Tant pis. Armé de mes 7 euros, je décide d’aller m’acheter un sandwich en errant dans les rues d’une ville que je ne connais pas. À peine trois quarts d’heure plus tard et le ventre à moitié plein, je me retrouve devant la société, prêt à attendre l’ouverture des locaux. Nous sommes une petite vingtaine à patienter dans le froid – à cette époque de l’année, le thermomètre a du mal à afficher des températures positives. Certains discutent entre eux.

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D’autres sont seuls, à l’écart ; j’en fais partie. À 14 heures, Michelle, apparemment la seule employée à disposer d’un badge d’accès, déverrouille la porte et invite tout le monde à rentrer. Nous nous exécutons comme des élèves disciplinés qui viennent d’entendre la sonnerie. Au moins sommes-nous maintenant au chaud. Mon après-midi sera à l’image de ma matinée. Ma collègue de bureau est toujours aussi bavarde et mes lectures tout aussi « futuristes ». Mais à ce stade, n’ayant rien de mieux à faire, je lis, relis, m’imprègne au maximum de ces dossiers et tente d’imaginer le poste pour lequel j’ai été embauché. Je perçois beaucoup de méfiance chez Isabelle. J’ai la conviction qu’elle ne se réjouit pas de mon arrivée. Je n’en connais pas la raison mais le seul échange, après le repas, vient confirmer mon sentiment : « Vous savez ce que vous allez faire ici ? me lance-t-elle.

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Pas vraiment. J’en ai une vague idée. M. Blondin m’a expliqué quelles seraient mes attributions mais, pour l’instant, je n’en sais pas beaucoup plus. – Vous allez vous occuper de la facturation ? demande-t- elle, inquiète. – Je ne sais pas. Sans doute. Mais encore une fois, pour l’instant, je n’ai pas vraiment de visibilité sur ce que l’on attend de moi. » Notre discussion s’arrête là. C’est tout de même bizarre que ce soit moi qui réponde à ses questions alors que mon ancienneté se chiffre à quelques heures et, surtout, que personne jusqu’à maintenant ne m’ait expliqué comment fonctionne cette boîte. En l’état actuel des choses, j’ai beaucoup plus d’interrogations à formuler que je n’ai reçu d’informations. Il faut donc croire que ma voisine a aussi son lot de questions sans réponse. Un partout, balle au centre. À la fin de la journée, je suis épuisé.

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Je n’ai rien fait et pourtant je suis vidé. Je perçois dans cette entreprise comme une gêne, une inquiétude, presque une peur chez certains employés. Que l’on ne m’adresse pas la parole, je peux le comprendre – je viens à peine d’arriver –, mais que personne ne se parle ou tout juste en chuchotant, c’est tout de même étrange. Pour une reprise, je ne m’attendais pas forcément à ça, mais il me faut être patient. Voilà, c’est ça, je suis impatient ! Impatient de commencer, de rentrer dans le vif du sujet, de travailler vraiment. Cette journée de lecture m’a un peu frustré mais, après tout, il est normal que les choses se mettent en place progressivement… Ce ne sera malheureusement pas le deuxième jour qui soulagera mes pensées. Pourtant, j’apprends dès mon arrivée que je vais changer de bureau. Cette nouvelle n’est pas pour me déplaire eu égard au peu d’affinités entre Isabelle et moi. Je monte d’un étage pour occuper le bureau voisin de celui de la présidente. En réalité, il s’agit de celui de Michelle qui, du coup, est invitée à prendre ses affaires pour s’installer ailleurs. Un peu gêné par la situation, je lui propose de l’aider à transporter ses effets personnels. Sans autres instructions ni explications, Didier Blondin, m’informe que ce sera dorénavant mon lieu de travail.

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Je le partage avec Bernard, que l’on me présente comme la personne en charge du développement et de la communication de l’entreprise. Il est souriant et plutôt avenant. Je suis soulagé. Le déménagement terminé et les archives de nouveau prêtes à être consultées, je tente d’entamer la conversation avec mon nouveau voisin : « Ça va, la communication se passe bien ici ? » Silence de quelques secondes. Bernard me regarde, baisse les yeux, et me lance : « Je vous répondrai… peut-être », puis reprend la frappe sur son clavier. Je reste sans voix – au moins suis-je dans l’ambiance de la société. Qu’est-ce que c’est que cette réponse ? « Je vous répondrai » est déjà étrange en soi, mais rajouter « peut-être »… Ça veut dire quoi ? Tu me dis « oui » ou tu me dis « non ». Tu me dis : « Je ne veux pas te répondre » ou « Je ne peux pas te répondre », mais lâcher : « Je vous répondrai… peut-être », c’est juste délirant !

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En quatre mots, Bernard est en passe de me faire regretter ma précédente voisine ! Mais où suis-je tombé ? Pourquoi personne ne semble vouloir parler ? Je sens que la journée va être longue. En réalité, toute la première semaine me paraît interminable. Je commence à comprendre ce que peut ressentir le moine ayant fait vœu de silence. Alors que je médite sur les pieuses lectures que l’on me confie, M. Blondin charge Michelle de me former à l’utilisation des différents appareils de la société : photocopieur, fax, scanner, impression sur papier à en-tête, tout un programme… Direction, le local photocopieur. J’emboîte le pas à la secrétaire qui me recommande de prendre en note ce qu’elle va me dire. Chemin faisant, armé d’un bloc, je m’interroge sur le niveau de technicité du matériel, tant l’affaire a l’air sérieuse. Devant l’appareil, je suis rassuré. Il s’agit d’une machine banale dont la fonction principale est bien de reproduire correctement un document. Michelle prend pourtant un air solennel tout en faisant sa démonstration : « On place le document ici.

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on indique le nombre de copies souhaitées, on appuie sur le gros bouton vert, on attend et la photocopie sort ici… c’est bon vous avez compris ou je recommence ? » Certes, je n’ai pas fait la NASA mais je pense, en effet, pouvoir me débrouiller. Michelle, consciencieusement, poursuit sa démo. Elle me montre quelques autres fonctionnalités de base et basta. En trois minutes chrono, on a fait le tour de l’engin. « Vous êtes certain que mes explications ont été claires ? me lance Michelle, inquiète. – Oui, je vous assure. Tout est limpide. – M. Blondin a demandé que vous rédigiez une note pour s’assurer que vous avez bien compris l’utilisation du photocopieur. – O.K., je le ferai. On passe maintenant au fax ? Je vois qu’il est juste à côté. – Non, le fax, ce sera demain. On m’a dit de vous montrer un élément par jour, pas plus ! – Mais je vous assure que je pourrai supporter quelques informations supplémentaires, dis-je dans un sourire à mon interlocutrice, histoire de détendre l’atmosphère. – Non, non, surtout pas.

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Une seule chose par jour, pas deux », me répond-t-elle sèchement, comme terrorisée par la proposition indécente que je viens de formuler. Elle rajoute : « Faites votre note sur le photocopieur et prenons rendez-vous pour demain… 11 heures, ça vous va ? – Oui, c’est surtout en fonction de vos disponibilités car, pour l’instant, on ne peut pas dire que je sois débordé. » Je repars, médusé, en direction de mon bureau avec mon bloc rempli… de vide. Si mon calcul est juste, d’ici la fin de la semaine, j’aurai fait le tour du peu de matériel dont on se sert ici. Bernard restant silencieux, je commence à rédiger le rapport commandé, tout en réfléchissant à la rigueur quasi militaire avec laquelle Michelle a exécuté sa tâche. C’est moins sa discipline qui m’a frappé – au contraire, je ne peux que la saluer –, que l’angoisse avec laquelle elle a semblé effectuer son devoir. Il se dégageait d’elle une sorte de peur de mal faire, comme si les représailles pouvaient être terribles.

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Le jour de la rentrée est arrivé. D’un côté, je suis super content d’avoir décroché ce job et, de l’autre, j’appréhende ce retour à l’emploi : mine de rien, ça fait quand même un bail que je n’ai pas bossé. Sur ce boulot, je joue gros. Avec un salaire régulier, je peux entrevoir la possibilité de retrouver un appartement – l’hôtel, ça va bien un temps –, d’y recevoir ma fille, bref, de retrouver une vie. Je n’ai pas intérêt à me louper, je dois tout donner. Dans le RER, le stress monte, les voyageurs aussi ! Le nombre de personnes qui s’entassent dans la rame n’arrange rien à mon état. Excusez-moi, je peux juste respirer… Ouf, je sors de cette fournaise ; j’arrive enfin. Depuis mon hôtel, il m’aura fallu une heure et quarante-cinq minutes pour rejoindre mon boulot.

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Ça fait une trotte, mais quand on aime on ne compte pas ! Ça y est, j’y suis. Une dernière cigarette avant de faire le grand saut et c’est parti. Je sonne à l’interphone ; une voix me demande de décliner mon identité. Je n’entends pas grand-chose mais je comprends que l’on va venir me chercher, qu’il me faut patienter dans un fauteuil du hall. Pas de souci, attendre, ça me connaît. Assis dans l’entrée de la société, je profite du défilé des employés rejoignant leur poste de travail. Poli et souriant, je salue mes futurs collègues. Certains me répondent. Aucun ne me sourit. Une chose est sûre, on ne peut pas dire qu’ils respirent la joie de vivre. Un homme au physique de rugbyman – mais qui aurait arrêté l’entraînement depuis longtemps – vient à ma rencontre, c’est M. Blondin. Il me souhaite la bienvenue avec un large sourire et d’une voix grave me lance : « Nous sommes vraiment ravis de vous accueillir. » Franchement, je n’en demande pas tant.

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Nous montons trois étages jusqu’au bureau du directeur opérationnel, M. Tuco. C’est une vaste pièce lumineuse, remplie de papiers posés à même une épaisse moquette verte. « Je vous laisse entre de bonnes mains ; vous êtes avec le meilleur formateur de cette boîte », me lance le secrétaire général en quittant le bureau. Me voici seul avec M. Tuco, également très souriant. À croire qu’il n’y a que l’équipe dirigeante qui sourit ici. Mon nouvel interlocuteur me pose quelques questions, puis monopolise la parole. Il commence à me sortir sa science, agrémentée d’un tas de théories apparemment très savantes. Je ne comprends rien. Déjà une demi-heure que je l’écoute : au début, c’était bien, avec son air décontracté et son look de savant Géo Trouvetou, c’était même plutôt marrant, mais plus ça va, plus il devient pénible.

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De surcroît, il s’écoute parler, c’est insupportable. J’essaie quand même de rester dans la conversation et de ne pas trop décrocher. Ce que lui fait en revanche très souvent : son téléphone n’arrête pas de sonner ! Ça ne dure jamais longtemps, mais il retentit toutes les deux minutes. Près d’une heure de paroles plus tard, il en vient finalement à la fameuse théorie développée par sa « génialissime patronne », Mme Sentenza ; théorie exposée dans un article que l’on m’a confié juste après la signature de mon contrat de travail. Il me demande : « Vous avez eu le temps de lire les extraits des documents que notre boss a publiés ? – Oui, monsieur. – Très bien. Votre premier objectif sera donc de me rendre une synthèse de votre lecture. Pour ce soir, 18 heures, sur mon bureau. » O.K. Voilà donc ma première mission : un résumé de texte. Avant cela, il me propose de faire le « tour du navire » et de me présenter à l’ensemble des collaborateurs. L’ambiance étant devenue un peu pesante, je me réjouis de cette proposition. Début de la visite. On descend les escaliers qui desservent les trois étages de la boîte.

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on regarde mais on ne touche pas ! Ailleurs, je reconnais certaines des têtes que j’ai vues passer, le matin. À chacune de nos rencontres, M. Tuco la joue décontracté et drôle. Il me présente systématiquement comme un mec « génial ». Bizarrement, l’humour ne semble pas avoir d’effet sur son auditoire. Il règne comme une sorte de mal-être chez les collaborateurs que nous rencontrons. Certes, les blagues de M. Tuco ne sont pas très fines mais de là à ne pas décrocher le moindre sourire, c’est bluffant. Intérieurement, je pense : « Eh les gars, je n’ai pas de conseils à vous donner mais faites un minimum semblant, c’est quand même quasi le boss. » La visite se poursuit et, à chaque fois, on laisse derrière nous un sentiment de malaise. Notre parcours est ponctué par une sonnerie de téléphone relayée à tous les étages par un haut-parleur : c’est proprement insupportable ! Ça me fait penser aux sirènes de la DCA.

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Franchement, il y a de quoi vous rendre dingue. On descend encore d’un niveau. « Là, c’est l’étage des rookies, des mickeys », m’annonce-t-il. Isolées de tout, je vois là quatre personnes sagement assises derrière de vieux écrans d’ordinateur : « Tiens, des CRT[15], ça existe encore ? » En les apercevant, j’ai vraiment l’impression qu’ils sont en quarantaine. Question angoisse, on franchit également un palier. Si les deux jeunes femmes semblent gérer leur peur, les deux jeunes hommes ont le regard complètement flippé, comme des lièvres pris dans les phares d’une voiture. C’est impressionnant ! « Bon, on a fait le tour. Je vais maintenant vous montrer votre bureau », me lance le directeur. Il m’accompagne dans une grande pièce où sont disposés une table et une chaise, rien d’autre. « Voici ! » me dit-il fièrement. Il me tend une ramette de papier, un stylo, et conclut : « Maintenant à vous de jouer ! » Il me plante là, avec mon équipement minable, une table, une chaise, une ramette de papier et un stylo. Ouah, ça, c’est de l’intégration !

Je dépose mes affaires, en repensant aux scènes surréalistes dont je viens d’être témoin. Ce qui m’étonne le plus, c’est que le directeur y a lui aussi assisté mais est reparti comme si de rien n’était. Pire, il a semblé heureux du spectacle. Pourtant, il les a bien vus ces collaborateurs complètement paniqués devant lui ! Cette visite n’a pas été pour me rassurer et, étrangement, je me dis que mon travail s’annonce beaucoup plus difficile que je ne le pensais. Tiens, justement, mon travail, parlons-en ! Jusqu’à présent, je ne sais toujours pas en quoi il consiste réellement. C’est hallucinant mais on ne m’a pas encore dit ce que je suis supposé faire ! Et moi qui n’ose pas questionner de peur de passer pour un abruti. D’un autre côté, je ne me vois pas demander à la direction : « Au fait, le job pour lequel j’ai été embauché, c’est quoi finalement ? » Bon, on verra ça plus tard. Un résumé de texte m’attend. Il est 13 heures passées.

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J’entends des gens chuchoter. Je suppose que c’est la pause. Je sors de mon bureau et me retrouve avec mes nouveaux collègues en train de descendre les marches de l’escalier dans un calme olympien. On se regarde du coin de l’œil, mais personne ne vient briser la glace. Tel un mouton, je suis le troupeau. Je demande simplement où l’on peut déjeuner et surtout combien de temps on a. Un collègue me répond avec une voix hésitante : « On a juste une heure, de 13 à 14 heures, mais surtout ne soyez pas en retard ! Sinon pour manger, c’est un peu partout mais surtout pas à l’intérieur. » Effectivement, lors de ma visite, j’ai vu beaucoup de bureaux vides, mais aucun endroit qui aurait pu s’apparenter à une salle de pause. C’est donc parti pour un repas en plein air. Direction une grande surface pour m’acheter un sandwich et une boisson. Repu, j’attends maintenant sagement en bas de l’immeuble, avec le personnel. Nous nous retrouvons presque comme à l’école, en rang, deux par deux, contre le mur. À 13 h 59, arrive le gardien des clés : une petite femme menue qui a l’air aussi sympathique que dépressive. Elle ouvre et tout le monde rentre bien sagement. C’est tout juste si nous ne nous donnons pas la main.

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