jeudi 6 décembre 2018

Telecharger Mirror Mirror ebook gratuit de Cara Delevingne

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Red a une mère alcoolique et un père absent.
Le frère de Leo l’entraîne sur une pente sombre et violente.
Rose se réfugie dans les bras des garçons et dans l’alcool pour noyer ses mauvais souvenirs. 
Naomi fugue à la recherche d’une liberté qui lui échappe.
Ils sont seuls contre le monde… Jusqu’au jour où ils se réunissent pour former un groupe. Avec Mirror, Mirror, ils peuvent enfin être eux-mêmes.
C’est alors que Naomi disparaît. On la retrouve des semaines plus tard, au bord de la mort, dans la Tamise. La police pense à une tentative de suicide. Ses amis sont dévastés. Comment ont-ils pu ne pas remarquer qu’elle allait si mal ? Connaissaient-ils vraiment Naomi ? Se connaissent-ils vraiment ?




 « Encore ! Mais ce n’est pas possible… elles ont toujours un pet de travers, ces gonzesses ! Et quand ce ne sont pas elles, ce sont leur mari ou leurs enfants mais, du coup, il faut aussi qu’elles restent à la maison pour les soigner. Et après, elles ne comprennent pas pourquoi elles sont moins payées, ou ont des postes subalternes… Elles feraient mieux de se regarder en face avant de demander n’importe quoi ! » Comme d’habitude, je la laisse parler, me cachant derrière le prétexte qu’intervenir reviendrait à donner de l’importance à son discours. Elle poursuit sur sa lancée, avec des considérations plus personnelles : « Et vas-y que je suis malade, que je suis enceinte et que je me fous de savoir si mon entreprise a besoin de moi ou pas ! Moi qui suis une féministe invétérée, je n’aurais jamais accepté qu’un bonhomme se mette en travers de mon chemin. Faire passer son boulot avant, ça ne posera jamais de problème à un homme, alors qu’à une femme oui ! Et après elles s’étonnent qu’on préfère embaucher des mecs… »

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Je ne suis pas le seul à qui elle tient ce discours radical. Isabelle, qui a un avis très différent sur la question, en est également témoin. À plusieurs reprises, Isabelle, en charge du recrutement chez MSS, a tenté d’expliquer sa vision à Mme Sentenza. En vain. Elle en a subi les conséquences. La big boss me convoque : « Je vous fais venir parce que la nana qui s’occupe de sélectionner les candidatures pour la boîte ne comprend rien à rien. J’ai beau lui expliquer ce que j’attends d’elle, elle n’en fait qu’à sa tête ! Elle est nulle. Je pense qu’il va falloir que l’on se passe de ses services. À moins que vous n’arriviez à la changer. Peut-être qu’elle écoutera davantage un homme qu’une femme… » C’est bizarre mais j’ai du mal à imaginer qu’Isabelle, avec qui je n’ai eu, jusqu’à présent, que très peu d’atomes crochus, boive mes paroles. Mais je prends la demande de ma présidente comme un défi à relever.

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Elle conclut : « Si dans une semaine, elle me tient le même discours à la con, elle dégage ! Mais vous pouvez peut-être encore la sauver ! » Je vais voir Isabelle pour connaître sa version des faits et son état d’esprit. C’est une jeune femme ambitieuse, qui paraît sûre d’elle, et qui n’a pas sa langue dans sa poche. Pourtant, lorsque nous nous voyons, elle est complètement abattue. Elle sait qu’elle est sur un siège éjectable. Si son premier vœu était effectivement de tout faire pour rester dans l’entreprise, elle s’est rapidement rendue à l’évidence qu’elle n’avait aucun avenir chez MSS. Nous discutons beaucoup et je découvre une personne très différente de celle qui m’a accueilli froidement à mon arrivée ici, alors que nous partagions le même bureau, il y a près de quatre mois déjà. Elle m’explique son quotidien, ce qu’on l’oblige à faire – vis à vis des candidats et des salariés –, ses perpétuelles remises en question et, surtout, ses incompréhensions face à une hiérarchie qui dit blanc un jour et noir le lendemain.

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Elle est complètement désorientée. Eu égard à tout ce que j’ai vu dans cette boîte, je ne peux que souscrire à son désarroi. Faire en sorte qu’elle reste dans l’entreprise me semble secondaire. Après tout, on me demande de la « sauver » et je ne suis pas certain que cela passe par une carrière chez MSS. Je suis même persuadé du contraire ! Mais c’est un choix qui revient à Isabelle et à elle seule. C’est ce que je lui explique. Elle sera libérée quelques semaines plus tard. De toute façon, son sort était scellé avant même que je n’aille la voir, et je pense qu’elle le savait. Sa divergence de vue sur les femmes n’était qu’anecdotique ; ce n’est pas pour cette raison que Mme Sentenza l’avait prise en grippe. Isabelle ne voulait tout simplement pas changer, posait des questions, n’avait pas l’intention de rentrer dans le rang, c’en était trop. Avec ce nouveau départ, la patronne de MSS jubile une fois encore. Non seulement elle vient de se séparer d’une employée « désespérée » – ce qui confirme sa thèse selon laquelle personne ne veut bosser –, mais, n’ayant pas réussi à la remettre dans le « droit chemin », elle me rend responsable de cet échec.

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À bien y réfléchir, je crois en fait qu’un dernier facteur, et non des moindres, a eu également son importance dans le verdict final : la période d’essai d’Isabelle arrivait à son terme ! La période d’essai est, comme son nom l’indique, la durée pendant laquelle le salarié et l’entreprise s’observent. Elle permet à l’un d’apprécier si son travail correspond bien à ses attentes et à l’autre d’évaluer les compétences et l’adéquation du nouvel embauché à sa fonction. La période d’essai a une durée variable – en fonction du statut de la personne engagée – et peut être renouvelée une fois. Chez MSS, le renouvellement est quasi systématique. Je suis d’ailleurs l’exception qui confirme la règle puisque la mienne n’a pas été reconduite. Cette petite victoire personnelle est apparue aux yeux de tous comme très surprenante, presque suspecte. Et pour cause. Au regard du nombre de postulants que j’ai vus défiler, je suis dorénavant convaincu que cette période est, chez MSS, très différente d’un simple temps d’observation.

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Si tel était le cas, la plupart des départs ne se feraient pas à la toute fin de cette durée contractuelle. La gestion des périodes d’essai revêt même une telle importance que Mme Sentenza demande à Michelle ou à moi de lui fournir chaque semaine un listing détaillé des personnes encore à l’essai. Je conçois parfaitement qu’un salarié ne convienne pas, qu’une entreprise puisse s’en séparer sans justification s’il ne répond pas à son attente, mais qu’elle prenne conscience de cette incompatibilité systématiquement au terme de la période d’essai me laisse très dubitatif. Pour certaines fonctions, je suis même persuadé que MSS utilise cette opportunité pour rompre un contrat en toute impunité, sans avoir à rendre de comptes. Mme Sentenza peut toujours s’enorgueillir de n’embaucher qu’en CDI ; avec cette méthode, les CDI se transforment de facto en CDD, sans l’inconvénient de la prime de précarité. Malin. Mais que l’on se rassure, la fin de la période d’essai n’est pas non plus synonyme de tranquillité d’esprit pour le salarié. Quelques tracas administratifs n’arrêtent pas Mme Sentenza si elle a décidé de se séparer d’un collaborateur.

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Que l’on se le dise, chez MSS, on n’est jamais à l’abri de rien, et toujours exposé à tout. Voilà donc l’univers pesant dans lequel j’évolue : une entreprise où l’on travaille avec la peur au ventre, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. À côté de cette boîte, un stage dans un bataillon disciplinaire passerait pour un sympathique séjour au Club Med. Ici, on applique les consignes, on ne pose pas de questions et, surtout, on ne réfléchit pas. Ici on ne dit pas pourquoi, on dit comment. Ici, on est soit « génial », soit « complètement nul », et souvent les deux à la fois. Ici, on prévient quand on va aux toilettes et on se retient le plus possible ! Je ne compte plus le nombre de fois où je vois Michelle se tortiller sur sa chaise parce qu’elle n’ose pas aller faire pipi de peur que son téléphone ne sonne pendant son absence. On en rigole même ensemble tellement la situation est cocasse. Mme Sentenza et ses deux acolytes rabâchent à qui veut bien l’entendre que c’est « le prix de l’excellence ».

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L’idée serait donc celle du dicton populaire : « Il faut souffrir pour être belle ! » Ouais… D’abord, il me semble qu’ici, c’est bien cher payé au quotidien mais, surtout, j’ai de plus en plus de doutes sur la prétendue qualité MSS, « aucun défaut », dont on me rebat les oreilles. J’ai voulu comprendre exactement de quoi il retournait, saisir la spécificité de cette société qui se dit si différente des autres et, surtout, tellement supérieure. Pour mon travail de communication, il est, en effet, indispensable que je connaisse parfaitement mon sujet et saisisse toutes les particularités de la société. D’autant que pour convaincre les médias, mieux vaut être convaincu soi-même. Si je ne partage pas les méthodes de management de MSS, peut-être puis-je a minima trouver une quelconque valeur ajoutée à cette « société d’exception ». Dès que l’on aborde le sujet du métier de MSS avec Mme Sentenza, elle me tient toujours le même discours : « MSS ne joue pas dans la même cour que tout le monde. Notre approche est vraiment différente. Le problème est que ma méthode est tellement révolutionnaire que l’on ne nous comprend pas.

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J’ai beaucoup de mal avec cette dernière phrase – à vrai dire, aujourd’hui, je pense complètement l’inverse –, mais qu’à cela ne tienne, à moi de trouver comment exposer cette fameuse méthode si révolutionnaire. Sauf que, lorsque je demande à ma patronne de préciser son propos, sa réponse est toujours la même : « C’est trop difficile à expliquer. Ça ne peut se résumer simplement. C’est très complexe. Et vous ne comprendriez pas. » Bah, voyons ! La personne qui me prodigue des cours de linguistique n’est pas capable de m’exposer simplement la différence qu’il y a entre sa boîte si géniale et ses concurrents si mauvais. Afin de noyer le poisson, Mme Sentenza sort alors toute une batterie de mots savants qui désorienteraient n’importe quel interlocuteur non académicien. Elle a raison : c’est moi qui ne comprends pas. Je tente ma chance avec Guy-Pierre Tuco.

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Puisqu’il supervise le côté opérationnel de la société, il doit forcément avoir une vision pertinente de son métier et de l’avantage concurrentiel de MSS. Avant d’aller le voir, je prépare un petit topo sur l’entreprise et j’y incorpore ce que je crois avoir compris de notre différence vis-à-vis des autres. C’est plein d’assurance que je me rends dans son bureau : « Je voudrais vous faire valider un document qui présente succinctement MSS et qui met en avant ses particularités. Vous avez le temps d’y jeter un œil ? » Il saisit mon dossier, le parcourt rapidement puis me dit : « Non ce n’est pas ça. Vous n’avez pas compris. » Je tente alors de m’impliquer davantage afin de corriger le tir : « Qu’est-ce qui ne va pas ? Je n’ai pas saisi ce qui nous distingue des autres ? – Non, vous êtes trop caricatural. C’est beaucoup plus complexe. On ne peut pas résumer ça en quelques mots… » Soit. Je veux bien. Mais dans ce cas, je ne serais pas contre quelques explications. Je trouve qu’il est un peu trop facile de dire « vous n’avez pas compris » ou « c’est plus complexe que ça » sans autres éclaircissements. On voudrait masquer du vide que l’on ne s’y prendrait pas autrement !

Je n’insiste pas car je sais que lui aussi maîtrise la langue de Molière. Et je ne voudrais pas lui donner une nouvelle occasion de montrer son aisance verbale. Il en use et abuse suffisamment auprès de tous ceux qui passent dans son bureau pour se faire remonter les bretelles. Entretenir le mystère est une technique vieille comme le monde qui permet de vous maintenir en haleine, de vous encourager à emprunter des voies inconnues, et de vous rendre responsable d’une éventuelle incompréhension : « Ah, j’aimerais tellement comprendre, savoir de quoi il s’agit… il faut absolument que je m’améliore, que je persévère… moi, aussi, je veux percer le secret, accéder au graal ! » Mais je n’ai pas cette patience.

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Heureusement, car au fil du temps tout devient limpide : MSS exerce en réalité son métier sans aucune particularité par rapport aux autres entreprises du secteur mais elle excelle à renvoyer ses déconvenues éventuelles sur le fait que le commun des mortels ne peut saisir la portée de son excellence. Si les voies du seigneur sont impénétrables, celles de MSS le sont encore davantage ! CÉDRIC J’arrive ce matin au boulot plus stressé que d’habitude. C’est dire si je ne suis pas tranquille ! Aujourd’hui est un jour spécial : ma première période d’essai touchant à sa fin, je vais savoir si je suis renouvelé, embauché ou invité à… foutre le camp. Pour prendre sa décision, la direction se base sur un certain nombre d’évaluations faites par les responsables ayant travaillé avec moi. Certains ne m’ont côtoyé qu’un jour ou deux mais, puisqu’on leur demande leur avis, ils le donnent. Je ne m’attends pas à des miracles, encore moins à des éloges et, pour être honnête, je pense même qu’ils ne se sont pas privés de charger la mule ! Je m’imagine déjà prendre mes affaires pour aller voir ailleurs.

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La première chose que je fais en arrivant consiste, justement, à ranger mes affaires. Un stylo et une tasse à café, c’est plutôt vite fait ! Le téléphone sonne, c’est Tuco : « CPO ? Dans mon bureau ! » et il raccroche. Equipé de mon fidèle duo stylo/bloc, je monte à l’étage supérieur, paraît sur le seuil de son bureau, il me fait signe de rentrer. Il est debout, au téléphone, en train de gueuler et j’entends que, en face, Sentenza fait de même. L’ambiance est tendue ; j’ai bien choisi mon jour… La porte de la patronne s’ouvre. Une femme sort en pleurant. Tuco, comme pour montrer à sa présidente que lui aussi sait y faire, en rajoute une couche avec son interlocuteur : « Et magnez-vous le cul, bande de couilles ! » Il raccroche et se rassoit. Je lui lance un regard interrogateur quant à la scène de pleurs à laquelle je viens d’assister ; il se marre en balayant ma sollicitation d’un revers de main et enchaîne : « Bon, à nous maintenant !

J’ai lu votre truc, c’est complètement nul. J’ai vraiment l’impression que vous me prenez pour un con ! » Un léger sourire doit se dessiner sur mon visage. Il me sort : « Ça vous fait rire ? » Sans même réfléchir, je réponds du tac au tac : « Bah, en fait, je me demandais qui avait commencé à rire le premier. » J’en ai tellement gros sur la patate que c’est sorti tout seul. Et puis, ça ne lui fait pas de mal d’avoir des gens avec un peu de répondant. Je l’ai tellement entendu prononcer cette phrase en jubilant que, pour une fois, je me suis fait un « kiff ». Étonnamment, il me répond : « Bien joué ! » Personnellement, je ne vois pas vraiment où est le jeu là-dedans, mais je ne suis pas mécontent d’avoir réussi à lui tenir tête, pour la première fois depuis mon arrivée. Il reprend rapidement du poil de la bête, en me tendant le travail que j’ai fait la veille : « Recommencez-moi ça ! » Il semble quelque peu vexé. Il reprend son téléphone et m’ordonne de sortir. En descendant les escaliers, je croise un collègue : « Alors, tu pars quand ? T’as vu la vieille ?.

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– Non. Pas encore. Je ne sais pas, peut être cet après-midi. Mes affaires sont déjà prêtes. » L’info passe comme quoi je suis viré dès le soir. J’ai même des collègues qui viennent me dire au revoir. Je suis censé replancher sur le document que m’a donné Tuco mais, au regard de l’issue de la journée, j’ai du mal à m’y mettre. On me témoigne pleins de petits gestes de soutien ; un peu comme à un condamné. On me demande même si on peut déjeuner avec moi. « Ça dépend, c’est toi qui invite ? » Je prends conscience à quel point mes collègues vivent la même chose que moi ; chacun à son échelle, en fonction de son expérience et de son caractère, mais c’est réellement flagrant. Je suis à deux doigts d’être viré et je lis dans leurs yeux comme une envie, presque de la jalousie. Je comprends à cet instant combien la plupart des salariés de MSS veulent également échapper à cet enfer. Partir pour ne plus subir ! La pause-repas passe à la vitesse de l’éclair. Déjà l’heure de retourner dans nos cellules.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être plus léger : c’est plutôt rare après un repas. Alors que mon sort est en train de se jouer, je sens progressivement le poids disparaître de mes épaules. Sans être devenu une tête brûlée, à l’approche du moment fatidique, je reprends un peu confiance en moi. En réalité, je pense maintenant avoir deux avantages. D’abord je suis parfaitement informé de ce qui se dit sur moi dans le bureau de Sentenza ; je sais donc à quoi m’attendre. Ensuite, avoir mis mal à l’aise Tuco ce matin par mon aplomb m’a donné une stratégie : c’est décidé, je laisse venir et, quand ça part, retour direct à l’envoyeur. Tout est clair dans ma tête, mais j’appréhende. Pour être franc, j’ai la trouille. Visiblement, les méthodes maison ont eu plus d’effet que je ne le pensais. Il faut que je me reprenne. Et puis, s’ils veulent me virer, c’est à eux de prendre la décision. Hors de question, que je démissionne ! Pour la première fois, j’attends impatiemment que l’on m’appelle.

Ça s’éternise. J’en profite pour faire le point sur ma fameuse to do list. Je multiplie les calculs pour savoir combien il me reste. Pas grand-chose. Mon téléphone sonne enfin. Je bondis. C’est la grande prêtresse : « Dans mon bureau ! » Ça y est, c’est l’heure ! En passant dans le couloir en direction du troisième, j’ai droit à de petits encouragements et signes de compassion. Moi qui était remonté à bloc, je n’en mène pas large. J’arrive devant cette porte qui a toujours sa clé à l’extérieur. Mon cœur bat très fort. Je prends une grande respiration et je rentre, tout sourire. Autant laisser une bonne image. Derrière le bureau, à la façon du jury de la Nouvelle Star, les trois dirigeants m’observent, prêts à appuyer sur leur buzzer. Ils semblent adopter un côté solennel mais je garde mon sourire. Blondin me fait signe de m’asseoir. Quelques secondes s’écoulent, le silence est pesant. Sentenza prend alors la parole : « J’ai sous les yeux vos rapports d’évaluation, et je vais vous lire les observations. »

En énonçant le nom de mon premier « évaluateur », la présidente s’adresse d’abord au secrétaire général : « Il est encore là celui-là ? » Blondin jette un œil sur la feuille et répond : « Oui, oui. On l’a gardé. – Ah, bon. Alors maintenant, si on ne me dit plus rien ! conclut la boss avant de s’adresser de nouveau à moi. Alors, pour lui, vous êtes nul. Vous ne comprenez pas ce que l’on vous demande. » Elle me fait la lecture des commentaires. L’un après l’autre. Les « censeurs » changent mais les conclusions sont à chaque fois identiques : « Nul », « Incapable « , « Ferait mieux de faire autre chose », « Ne comprend pas ce qu’on lui demande »… En écoutant cette énumération catastrophique, je repense à mes trois mois passés ici et à la prétendue formation révolutionnaire dont la direction m’avait parlé. Ce que j’ai appris en réalité, c’est qu’ici on ne forme pas les gens, on les formate ! Une nuance de taille qui, parce que je ne suis pas rentré dans le moule, me vaut ces appréciations négatives. Si je regarde derrière moi.

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