vendredi 30 novembre 2018

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1984. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille.

Bouleversé par ces évènements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier.

Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence.


Le gars de la crim’ était inoffensif en comparaison. En outre, Kate connaissait son épouse. Une femme de caractère qui tenait son mari en laisse à la maison. Raison pour laquelle Kate lui octroyait quelques élans de liberté au bureau. — Tu as déjà travaillé avec Mandy ? demanda-t-elle. — Ouais, c’est une casse-couilles. Joe revint avec les cafés et un gâteau pour elle. — J’ai pensé que ça pourrait vous faire envie. — Mange-le, toi, marmonna Kate avec irritation. Tu élimines les calories d’un muffin au chocolat plus vite que moi. Il s’esclaffa et retira l’emballage. Le rédacteur en chef se matérialisa comme par enchantement derrière eux – Simon Pearson avait la capacité déroutante d’apparaître sans prévenir ; Kate le soupçonnait d’avoir été prince de la cambriole dans une autre vie. Il gratifia Joe d’une tape sur l’épaule, faisant valser des miettes sur le bureau.

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Ne dorlotez pas notre nouveau protégé, Kate. Ce n’est pas en mangeant des muffins qu’il dénichera un sujet. Il faut lui ouvrir l’appétit et lui faire prendre l’air. La mine affligée, Joe regarda Simon poursuivre sa patrouille silencieuse. — Ne fais pas attention. C’est sa manière à lui de se montrer amical, le rassura-t-elle. En tout cas, tu as le privilège d’avoir été remarqué. Bon allez, activons-nous. Tu as des idées de sujets ? Nous avons une réunion dans une demi-heure et il faut qu’on en propose trois. Il avait beau afficher une expression évasive comme s’il réfléchissait à la question, son regard trahissait la panique. — Bon, lis les journaux et vois si certains articles pourraient être approfondis. De mon côté, je vais appeler un contact qui m’a envoyé un e-mail. Ces réunions, c’est n’importe quoi, de toute façon.

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Ma prof de yoga nous montre des exercices de relaxation, sa voix ronronne sur le tintement des cymbales antiques et nous plonge dans un état semi-comateux. D’habitude, c’est le moment du cours que je préfère, mais aujourd’hui, allongée sur mon tapis, je suis hantée par les fantômes de Howard Street. Je pense au bébé. Au professeur Will. Malgré les exhortations de Chloé, mon esprit refuse de s’éclaircir ; Will s’y matérialise et son image emplit ma tête. Il est entré dans nos vies dans les années quatre-vingt. Enfin, « entré » n’est pas le terme approprié. Il a déboulé, comme sorti de nulle part, et fait chavirer Jude. Un événement majeur pour nous. Jude ne fréquentait personne quand j’étais petite. Elle prétendait avoir fait vœu de célibat et menait une existence de nonne. Je me souviens avoir cherché « célibat » dans le dictionnaire quand j’avais douze ans et du choc éprouvé. Je croyais que Jude parlait de religion alors qu’en réalité, elle parlait de sexe. Bien sûr, ses amies trouvaient cela très drôle et s’étaient mises à l’appeler Sœur Jude. Moi, la blague ne me faisait pas rire. Je n’étais qu’une enfant. Je savais cependant qu’être célibataire ne plaisait pas à Jude.

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Elle passait beaucoup de temps à parler des hommes. Mais ce n’étaient que des paroles, pas des actes. D’après ma meilleure amie Harry, Jude avait besoin d’un mec, mais je n’avais pas répété le conseil à Jude ; elle aurait répondu qu’on ne lui avait pas demandé son avis. Cependant, lorsqu’un soir je l’ai entendue chantonner dans la salle de bains, j’ai compris que quelque chose avait changé. Elle chantait à tue-tête « You are the Sunshine of my Life » en faisant des effets de voix et en ajoutant des « yeah, yeah ». Cela lui ressemblait si peu que j’ai frappé à la porte et crié : « Tu as l’air d’être heureuse, dis donc ! « — Je le suis ! Entre ! » Voir Jude toute nue ne me faisait pas franchement envie – je trouvais même cela déplacé –, mais elle m’a traitée de sainte-nitouche ridicule, elle ne comprenait pas que son enfant soit gênée par le corps humain.

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Je me suis assise sur la cuvette des toilettes pour ne pas avoir à trop la regarder pendant qu’elle me racontait qu’un homme de son passé – un homme qu’elle aimait beaucoup quand elle était jeune – était réapparu dans sa vie. Je me suis sentie toute fébrile parce que j’ai cru qu’elle parlait de mon père. L’homme que nous n’avions pas le droit d’évoquer. J’ignorais qui il était, mon père, et je pensais qu’elle aussi. Quand j’étais petite, et qu’il y avait des pères dans les histoires qu’elle me lisait, je lui demandais en montrant l’image du doigt : « Est-ce que c’est mon papa ? » Elle riait et répondait : « Non. Juste celui du livre. « — Où est mon papa ? « — Tu n’en as pas, Emma. Il n’y a que nous. » Je crois qu’au bout d’un moment, elle s’est débarrassée de tous les livres qui racontaient des histoires avec des pères, parce qu’on n’en a plus jamais lues.

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Bien sûr, en grandissant, j’ai compris que tout le monde avait un père, mais j’ai su au silence de Jude sur le sujet que je ne devais pas poser la question. Alors je m’en suis inventé un. Il était grand et séduisant, drôle et intelligent ; certains jours il jouait de la guitare et d’autres il écrivait des livres ; et il m’emmenait en vacances dans des pays lointains. Il y avait de quoi rire quand on sait que je ne connaissais personne qui avait un tel père. Celui de Harry était vieux et portait des gilets. Il ressemblait au capitaine Mainwaring dans la série Dad’s Army. Au fil du temps, je me suis améliorée dans l’art d’espionner les conversations, j’ai commencé à rassembler des pièces du puzzle concernant mon vrai père. J’ai tendu l’oreille quand Jude a raconté à une voisine avec qui elle partageait une bouteille de vin ses difficultés à élever seule un enfant, à gagner sa vie et à étudier pour son diplôme de droit. « Pas de temps à consacrer aux hommes depuis un moment.

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Le père d’Emma est parti depuis longtemps – il ne s’est pas fait prier pour fiche le camp. Charlie était plus jeune, il n’était encore qu’un gamin. » J’ai mis cette information de côté : au moins, j’avais un nom et un visage enfantin pour nourrir mon imagination. Bref, dans son bain, Jude m’expliquait que l’homme qu’elle venait de retrouver allait venir chez nous. Elle l’avait vu aux infos à la télé – il intervenait au sujet d’une manifestation contre le nucléaire – et elle l’avait reconnu sur-le-champ. « Même après toutes ces années, je ne l’ai pas oublié », a-t-elle dit. D’une voix guillerette elle m’a raconté leur rencontre à la fac. Jude a étudié à Cambridge, elle est diplômée en histoire. Elle était, elle est toujours, extrêmement intelligente. Aujourd’hui, elle est à la retraite, mais avant elle travaillait comme avocate spécialisée dans les droits de l’homme.

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Jours le mot « avocate » – les avoués sont des quinquas bedonnants, qui exécutent des actes notariés, selon elle. Quoi qu’il en soit, le droit n’était pas son premier choix. Après l’université, elle a intégré une maison d’édition et sillonné le tout-Londres pour déjeuner avec « le beau monde ». Elle prononçait toujours l’expression comme si elle l’écrivait en italique. Mais j’étais arrivée. Et nous avons dû habiter avec Mamie et Papi pendant un temps. Quand nous sommes parties de chez eux, elle a affirmé qu’elle avait besoin de quelque chose de plus stable, de plus administratif. Elle a trouvé un poste dans un bureau qui lui permettait en même temps de reprendre ses études. Elle passait des heures le nez dans ses bouquins et ses documents juridiques. Sa chambre embaumait l’odeur âcre de papier et d’encre. Elle devait se concentrer, me grondait-elle si j’essayais de poser une question sur mes devoirs ou de lui raconter que M. Lawson avait été méchant à l’école.

Elle raterait le minuscule détail qui innocenterait son client. Du coup, je retournais dans ma chambre et me confiais au poster de David Bowie. Pour toutes ces raisons, j’aimais bien cette nouvelle Jude, qui chantonnait dans son bain. Elle voulait me raconter des choses et elle semblait jeune et débordante d’excitation. Je suis restée dans la salle de bains embuée, à l’écouter et à glousser avec elle jusqu’à ce que mes habits soient tout humides et que ma mère sorte de l’eau. Je n’ai pas prononcé le mot « père ». Je savais que ça romprait le charme ; j’ai décidé d’attendre et de voir ce qu’il se passerait. Lorsque l’objet de son affection est arrivé chez nous, je l’ai accueilli d’un sourire, ainsi que Jude me l’avait ordonné un peu plus tôt.

Nerveuse et stressée toute la matinée, elle s’était changée au moins trois fois. « Tu es très belle », avais-je affirmé à chacune de ses apparitions dans une nouvelle tenue. Elle n’en retournait pas moins à l’étage enfiler autre chose. J’étais ravie qu’elle porte les jolies boucles d’oreilles turquoise que je lui avais offertes pour son anniversaire avec mon argent de poche. Lorsque le « professeur Will », comme elle insistait pour l’appeler, a enfin frappé à notre porte, j’ai cru que Jude allait s’évanouir d’excitation. « Va ouvrir, poussin, a-t-elle dit en s’admirant une dernière fois dans le miroir. Et souris ! » J’adorais qu’elle m’appelle poussin, mon surnom quand j’étais petite. Elle avait cessé de le faire depuis des années, mais ce petit nom réchauffait encore mon cœur.

Bref, je venais à peine d’ouvrir la porte pour le faire entrer qu’elle me passait devant et prenait les commandes. « Bonjour, Will. Quel plaisir de te voir ! Will, je te présente Emma – mon bébé. Chérie, voici le professeur Will, mon vieil ami de la fac. » Will m’a décoché un sourire bienveillant et m’a tendu la main. « Ce n’est pas un bébé, Jude. C’est une jeune femme. » Curieux, les souvenirs qui nous reviennent. Sa main était sèche et chaude, et l’anneau en or qu’il portait au pouce a caressé mes doigts. J’ai risqué un coup d’œil pour l’examiner de plus près et voir s’il y avait la moindre ressemblance physique entre nous. Non. Il devait avoir la quarantaine. Il avait un visage anguleux. Un nez pointu, des pommettes saillantes. Rien à voir avec moi et mon visage joufflu.

quand nous n’étions que toutes les deux. Mais c’était faux. Être jolie, c’était avoir des cheveux brillants, de longs cils et des joues roses, comme Jude. J’ai des cheveux bruns et frisés impossibles à lisser et le visage rond. Je déteste mon visage. J’avais l’habitude de me tenir devant le miroir, de tirer sur ma peau comme si c’était de la pâte à modeler au point d’en avoir mal aux joues. D’après Jude, toutes les adolescentes passent par là. Will a dû remarquer que je le fixais, il a souri. Jude n’a rien vu, elle était trop occupée à refermer la porte d’entrée, si bien que son sourire n’était que pour nous, lui et moi, et j’en ai ressenti des picotements dans les doigts. Il pouvait être aussi mon ami. Ou mon père. « Du thé ? a demandé Jude en le conduisant dans le salon. « — Volontiers. Quelle superbe maison ! ».

La veille, sa fille avait à peine touché à son repas. C’était pourtant son plat préféré avant, quand Emma avait huit ou neuf ans et qu’elles avaient emménagé dans leur pavillon victorien en location sur Howard Street. La fin des années soixante-dix avait été difficile pour Jude, qui essayait de construire une nouvelle carrière tout en s’occupant seule d’un enfant. Mais les loyers étaient bon marché dans ce quartier et, apparemment, Emma se fichait de l’endroit où elle vivait. De toute façon, elle était tout le temps perdue dans son monde. En fermant les yeux, Jude pouvait presque humer l’odeur de la maison de Howard Street : un mélange imprégné de plâtre humide et de ses parfums préférés. Ce n’était pas un palace mais la maison avait du charme. Avec une entrée carrelée d’un damier noir et blanc – « ancien, pas vieux », avait assuré Jude à sa mère qui affichait une mine dégoûtée. Will avait adoré sur-le-champ.

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