mardi 6 novembre 2018

[Science Fiction] Telecharger Retour sur Titan pdf gratuit

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ne bonne dizaine de caméras hors d’usage : c’est le bilan de la nuit dernière ! Toutes ont été enduites de peinture rouge indélébile. Autant dire qu’elles sont foutues. Et comme elles ne seront pas remplacées avant la fin de la semaine, je me retrouve avec plusieurs failles de sécurité. Désormais, deux sites importants de Mendake ne seront plus couverts par mon dispositif de vidéosurveillance. La place du Totem, ainsi que le terrain vague qui jouxte l’église et où se tiendra la grande majorité des manifestations du pow-wow. Plus grave encore : le totem de la réserve a été vandalisé. On l’a barbouillé de peintures rouges, jaunes et bleues. Vu qu’aucune caméra n’a filmé l’infraction, mon équipe et moi n’avons pas pu coincer le coupable. De nombreux volontaires se sont mobilisés pour tenter de nettoyer le totem, mais les taches sont tenaces. Quand mon père a appris la nouvelle ce matin, j’ai été la première personne sur qui il a déchargé sa colère. Il était furieux d’avoir dû annuler sa rencontre avec les dirigeants de Loto-à-Québec. À l’en croire, j’ai miné sa crédibilité et mis en danger son projet d’implantation d’un casino dans la réserve. Il semblerait qu’il ne se souvienne de mon existence que pour me reprocher mes manquements. Je n’entends jamais parler de lui les fois où je conjure des menaces ou que je secours un administré. Il ne connaît mon numéro de portable que pour me fustiger. Je mesure alors combien il me déteste.

Rechignant à lui répondre, je file droit vers les fenêtres qui donnent sur la place. Il a bien évidemment raison ! Quel habitant de Mendake serait assez fou pour profaner un artefact aussi sacré que le totem des Wendats ? Arrivé près des vitres, je m’arrête à la table de Norbert et Georges. Comme à leur habitude, ces cinquantenaires au léger embonpoint et au front dégarni prennent une bière, une fois leur travail au ramassage des ordures ménagères achevé. Mon adjoint et moi en ferons autant dès que j’aurai fini de les interroger. Car après une journée entière passée à enquêter sur l’affaire du totem sans recueillir d’indices probants, j’estime avoir bien mérité ma pause « bière ».  On n’a rien trouvé ! me lance Georges, le plus basané des deux, avant même que j’aie besoin de le questionner.  On a fouillé toutes les poubelles de la réserve, ajoute Norbert qui, les lèvres enduites de mousse blanche, sirote sa bière. Comme tu nous l’as demandé ! — Ce n’est pas logique, intervient Henri dans mon dos. Le tagueur aurait dû se débarrasser des bombes de peinture non loin de son délit. — Le ou les tagueurs ! Avez-vous inspecté les caniveaux et les impasses ? continué-je, passablement contrarié.  Avec les collègues, on a arpenté toutes les rues de Mendake, me répond Georges. Et ça n’a rien donné. — Ils ne l’ont pas loupé ! s’exclame Norbert, qui se tourne vers les vitres. Je l’imite et regarde par les fenêtres. Bien que ce ne soit pas un jour de marché, la place grouille de monde. De nombreux badauds se sont massés autour du totem bariolé, qui capte toute leur attention. Parmi eux, je reconnais quelques membres du Cercle des Sages, dont Alphonse. Le pinceau à la main, grimpé sur l’une des trois échelles dressées autour du totem, ce dernier repeint l’aigle à son sommet. Je ne distingue pas bien ceux qui s’affairent plus bas.

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Il n’empêche qu’il a peut-être raison ! Beaucoup de nos voisins jalousent la prospérité de Mendake. Ils pensent que nous la devons à la loi sur les Indiens. Certes, celle-ci nous dispense d’acquitter des taxes foncières et des impôts, dès lors que nous habitons et travaillons dans une réserve indienne. En outre, nos biens sont insaisissables. Mais toute médaille a son revers : aucune banque ne veut nous octroyer des prêts, car nous ne sommes pas en mesure de leur offrir des garanties hypothécaires. Nous ne pouvons contracter des crédits qu’auprès de nos propres organismes financiers, comme le RCA basé à Mendake. Ainsi, nous ne devons nos succès qu’à nous même. Notre proximité avec la ville de Québec nous avantage bien un peu, mais ce n’est pas la seule raison de notre réussite. Notre peuple a le sens des affaires. Il a de l’or au bout des doigts. Serait-il possible que de mauvaises personnes cherchent à nous nuire ? S’ils sabotaient notre pow-wow, les répercussions seraient terribles. Pour la réserve, pour mes administrés. Mais aussi pour mon père et moi ! J’en suis encore à phosphorer sur la question quand Henri me rejoint à la table. Dans la foulée, la voix cristalline de la petite Française me tire de mes réflexions.

Elle dépose nos chopes devant chacun de nous sans même les cogner contre le bois. Serait-elle devenue docile ? C’est la première fois qu’elle nous sert. Hier, elle s’est évertuée à fuir notre table. J’ai dû la débusquer en cuisine lorsqu’il m’a fallu l’amener à la Maison des jeunes. C’est encore là-bas que je la conduirai tout à l’heure. Je tiens à superviser personnellement le bon déroulement de sa mission. Et puis, on n’a pas tous les jours l’occasion de rigoler. Surtout en ce moment où ma crédibilité s’effrite ! Or je dois bien avouer que la voir se débattre avec une bande d’adolescents récalcitrants me met en joie. — Julie est de relâche, sinon je lui aurais laissé le soin de vous servir, ajoute-t-elle, comme si elle devinait mes pensées. Elle y prend tellement de plaisir ! Rassurez-vous, ce n’est pas mon cas. Sur ces mots, elle me jette une œillade meurtrière. Stoïque, je la dévisage froidement et bois une première gorgée. C’est ça, cause toujours, tu m’intéresses ! — Un peu de changement ne peut pas nous faire de mal, lui répond Henri. Surtout s’il est apporté par une charmante jeune femme ! Le large sourire qu’il lui adresse me fait tousser, ce qui me vaut un regard narquois de la part de la demoiselle. — Et ne buvez pas trop vite, vous risqueriez de vous étouffer, poursuit-elle d’un ton acide. Ce serait dommage ! — Tu viendrais nous secourir, j’espère ! Je suis sûr que tu es une experte en bouche-à-bouche ! Piqué au vif par la remarque de mon adjoint, je grimace et lui décoche un coup de coude dans les côtes. Histoire de le calmer ! Il feint de m’ignorer et continue de sourire béatement. Quel âne ! — Je me contenterais de te flanquer de bonnes grosses claques dans le dos, rétorque la petite Française, toujours aussi caustique. Ça devrait suffire ! — Tu es dure avec moi ! lui dit Henri avec malice. Depuis quand se tutoient-ils, ces deux-là ? Aurais-je raté un épisode ? J’ouvre la bouche pour rappeler à la demoiselle que son atelier de danse est dans moins d’une demi-heure, mais elle me coupe la parole.

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Aussitôt, Henri part d’un grand éclat de rire. Les mains sur les hanches, la petite Française prend un air vainqueur et rive ses yeux noisette aux miens. Cédant à la provocation, j’avale ma chope d’une traite. Le regard toujours planté dans le sien, je lèche avec gourmandise la mousse collée sur les bords. J’ai alors la satisfaction de la voir déglutir avec quelques difficultés. Elle devient rouge jusqu’aux oreilles, de sorte que de délicieux frissons parcourent tous mes membres. Ah, ah ! On fait moins la maligne, maintenant ! — Non, sans blague ! Et comment feras-tu sans deux vaillants policiers pour te protéger ? continue Henri, qui ne s’est pas aperçu de mon petit manège. — Je rentrerai chez moi. Tout simplement ! persifle-t-elle. — C’est donc pour se débarrasser de nous que vous avez repeint notre totem, lui lancé-je, revigoré par la rougeur qui persiste sur ses joues. — Je suis chorégraphe ! Pas peintre en bâtiment ! rétorque-t-elle avec une pointe de mépris dans la voix. — J’ai hâte de voir comment vous allez vous débrouiller pour votre deuxième leçon. La première n’a pas été très probante. — La première leçon était une prise de contact avec mes élèves. Je ne me fais aucun souci pour la suivante ! — Ma nièce m’a dit qu’elle s’était bien amusée hier, intervient Henri, toujours prompt à se mêler de ce qui ne le regarde pas. — Qui est-ce ? lui demande la petite Française. — Zoé, une brunette de seize ans aux yeux bleus. — Ah, oui ! Je vois très bien de qui il s’agit, réplique-t-elle, les lèvres pincées. Ses copines et elle étaient très dissipées.

De quoi as-tu peur ? Qu’il te mange tout cru ! ricané-je, après m’être dégagé de sa poigne. Explique-lui qu’on a mis en place des rondes de surveillance autour des sites sensibles de la réserve. Ça devrait le calmer ! Et vous, mademoiselle Duval, que faites-vous encore ici ? Vous devriez déjà être en train de vous changer ! — Je n’ai pas terminé mon service, me répond crânement la petite Française, plus horripilante que jamais. — Il est 17 heures 15. Votre cours commence dans exactement trente minutes. En conséquence de quoi, je vous prierai de vous activer. Voyant que la demoiselle ne fait toujours pas mine de bouger et que mon adjoint est sur le point de protester, je m’apprête à hausser le ton. L’arrivée inopinée de Nicole me sauve de la crise de nerfs. — Ne t’inquiète pas, Estelle, je vais prévenir Martha que tu pars un peu plus tôt. Je crois aussi qu’elle aimerait bien que ses jumeaux participent à la danse des jeunes. — Ses jumeaux ? fait la petite Française avec une moue dépitée. Cette nouvelle n’a pas l’air de la réjouir. Et pour cause ! Les fils de Martha sont des geeks accros aux jeux vidéo. De vrais cataplasmes ambulants ! Je sens qu’on va bien rigoler. — Dis-leur de se tenir prêts, annoncé-je à Nicole. Je lève le camp dans dix minutes. — Je m’y rends de ce pas, Curtis, me lance mon amie, qui déjà se précipite vers la cuisine. — Et vous, mademoiselle Duval, magnez-vous le train ! — Si je veux ! Sur ces mots marmonnés tout bas, la petite Française tourne les talons et part en direction du vestiaire. Je la regarde s’éloigner avec un sentiment de contentement. Mieux encore, je jubile. Oui, je ris de ce rire intérieur qui sonne comme un hymne à la joie. Quel poète, je fais ! Finalement, ma journée n’est pas si pourrie que ça. J’ai même l’impression qu’elle s’achèvera en beauté.

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Pourquoi a-t-il fallu que je fasse ma maligne, l’autre soir ? Apprendre une chorégraphie à une bande d’adolescents boutonneux, c’est pire que si j’essayais d’enseigner la philosophie aux danseurs de ma troupe ? Lorsque je me suis proposé de monter un spectacle pour enfants, je pensais tomber sur d’adorables bambins. Mais le comité organisateur du pow-wow s’est opposé à ce que de trop jeunes sujets se produisent dans l’aréna, où se déroulent les démonstrations de danse. Selon Alphonse, qui est venu m’expliquer en personne ce que le comité attendait de moi, l’aréna est un lieu sacré réservé aux danseurs adultes. À titre expérimental, ses membres, dont il fait partie, acceptent qu’elle soit ouverte à de jeunes gens proches de la majorité. Ceux qui se sont portés volontaires pour tenter l’aventure ont toutes leurs dents et savent s’en servir. Hier, j’ai pu tâter de leur résistance à l’autorité. Ils m’en ont fait baver, les corniauds ! Pas une seule de mes propositions ne leur a convenu.

Comme si cela ne suffisait pas, j’étais sous haute surveillance. J’ai reçu une bonne dizaine de visites des membres du comité organisateur. Certains ne faisaient que passer. D’autres se plantaient dans un coin de la salle et m’observaient. Pour couronner le tout, monsieur « Tue-l’amour » s’est amusé à mes dépens. Un sourire narquois ne l’a pas quitté tout du long de la séance. J’étais à deux doigts de commettre un meurtre. Seulement voilà ! Aujourd’hui, ça ne se passera pas comme ça. J’ai un plan en béton. C’est donc l’esprit serein que je m’installe à l’avant du 4x4 de monsieur « Tue-l’amour ». Pourtant, la présence de ce dernier devrait me rendre nerveuse. En outre, le mutisme des jumeaux assis à l’arrière du véhicule me donne un petit aperçu du défi que je m’apprête à relever. Or j’aime les défis. Je me sens vivante quand les circonstances me poussent à me surpasser. Sur le chemin qui mène à la Maison des jeunes, je garde le silence. Monsieur « Tue-l’amour » s’emploie à le meubler. Il pose mille questions aux fils de Martha, qui lui répondent par des onomatopées. Il insiste particulièrement sur ce qu’implique leur participation aux danses rituelles. Devoir et honneur ! Il n’a que ces mots-là à la bouche. Ainsi, il leur énonce toutes sortes de règles qu’ils devront observer pendant le pow-wow. Interdiction de porter une casquette, de toucher à l’alcool, au portable ou à une plume tombée d’un vêtement d’apparat. Il nous fait tout un laïus sur le caractère sacré des plumes d’aigle. Seul un vétéran a le droit de les ramasser.

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Je ne vous parle pas de vos effets personnels, mais de votre conduite, réplique-t-il d’un ton pénétré. Un pow-wow n’est pas un simple spectacle de danse. Pour nous, c’est une cérémonie sacrée qui doit se dérouler dans le respect de nos traditions. — Alphonse et Nicole m’ont déjà briefée. Merci bien, je suis au courant ! — Ce qui signifie que je ne veux pas entendre de musique de dancefloor. — Depuis avant-hier soir, j’ai eu l’occasion de visionner de nombreuses vidéos. Je sais donc quel genre de musique est approprié. — Je ne veux pas davantage voir de déhanchements suggestifs. Vous me comprenez ? Ce disant, il raffermit sa poigne sur mon bras. Ah ! Je me disais aussi qu’il était trop convenable ! Cette main brutale est plus conforme au personnage auquel il m’a habituée. Elle va également finir par me donner des bleus. — Vous me faites mal. — Tant mieux ! me répond-il avec aplomb. Ainsi vous n’oublierez pas notre petite conversation. Tout en continuant de me dévisager étrangement, il me relâche. En plus d’avoir un regard magnétique, ce type a un sérieux problème de communication. — Je n’oublie jamais rien ni personne, me rebiffé-je. — Ah bon ! Comment un danseur de pow-wow entre-t-il dans l’aréna ? me demande-t-il à brûle-pourpoint. — Toujours à partir de l’est, en se dirigeant vers le soleil. — Quelles chaussures doit-il obligatoirement porter ? — Des mocassins. À ce sujet, ceux que j’ai au bar sont trop étroits. J’aimerais bien m’en acheter une paire, mais Martha ne peut pas me verser d’avance sur mon salaire sans votre accord.

Elles glorifient la culture et la spiritualité de votre peuple. — De quelle manière ? — De plein de manières différentes. Le danseur pourra aussi bien imiter les mouvements des animaux que ceux des chasseurs et des guerriers. C’est pour cette raison qu’il progresse lentement, frappant le sol de ses pieds et balançant le corps. Je compte me servir de figures de street dance pour moderniser un peu tout ça. — Il n’en est pas question, mademoiselle Duval, tranche-t-il, le sourcil froncé. — Cessez un peu de faire votre rabat-joie, monsieur le policier. Ce n’est pas la première fois que les danses de pow-wow subissent quelques modifications. Alphonse m’a raconté qu’il y a un peu plus de cent ans, une chorégraphie simulant l’évitement des balles de fusil a été introduite dans les pow-wow. Il faut vivre avec son temps ! Apparemment, j’ai réussi à lui clouer le bec, car il ne renchérit pas. Ses yeux d’un vert émeraude me scrutent avec une telle intensité que j’ai du mal à soutenir son regard. — Vous voyez, les pow-wow n’ont plus de secrets pour moi ! lui dis-je, souhaitant masquer ma gêne. — Admettons ! Et peut-on savoir sur quelle musique vous ferez danser nos jeunes ? — J’en ai sélectionné plusieurs. J’ai l’intention de les leur soumettre. Ils retiendront celle qui leur plaira. — Ils ne retiendront rien du tout ! C’est moi qui choisirai, décrète-t-il froidement. Donc que proposez-vous ? Deux options s’offrent à moi. Soit je lui vole dans les plumes, soit j’obtempère. Je me décide pour la seconde solution, principalement parce que je n’ai pas envie de voir cette discussion s’éterniser.

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Je m’interromps brusquement, lasse d’argumenter dans le vide. Je ne souhaite pas dépenser mon énergie inutilement. Je la réserve à six adolescents apathiques – non, en fait huit en comptant les fils de Martha ! — Pourquoi n’allez-vous pas régler la circulation à un carrefour ou sauver un chat coincé dans un arbre, plutôt que de vous ingérer dans mes affaires ? — Parce qu’au premier faux pas de votre part, c’est sur nous deux que la faute retombera. J’ai l’habitude que mon père s’acharne sur moi. Ça ne me fait plus rien. Mais vous risquez de ne pas apprécier ses représailles. — Votre père… le Grand Chef ? — Lui-même ! Il déteste la médiocrité. — Écoutez-moi bien, monsieur le policier ! Vous commencez à me courir sur le système. Je n’ai pas choisi d’être ici. Et votre différend avec votre père ne m’intéresse pas. Mais je peux vous assurer que je n’ai jamais failli à ma tâche. La danse, c’est toute ma vie ! J’ai l’intention de monter ce ballet, et je ferai un sans-faute. J’ai conscience de m’être montrée dure avec lui. Je vois de la tristesse dans son beau regard, ainsi que quelque chose de plus sombre qui m’atteint au plus profond de mon être. Contre toute attente, le rictus amer qui retrousse ses lèvres est loin de me réjouir. Je l’ai blessé et je n’en retire aucun plaisir. Sans doute est-ce à cause de ce que Nicole m’a raconté sur son enfance. Une enfance passée à essayer de satisfaire un père trop exigeant ! Une enfance privée d’amour. C’est certainement pourquoi ce type est si acariâtre. Mais cela n’explique pas pourquoi j’ai autant envie de le prendre dans mes bras pour le consoler.

Quelle imbécile je fais ! Monsieur « Tue-l’amour » est tout le contraire d’un gentil garçon en manque de réconfort. C’est un gros connard de première, ce que je ne dois pas oublier. De même que je ne dois pas oublier qu’il me retient ici contre mon gré. Il faut absolument que j’évite de développer le syndrome de Stockholm. Refusant de polémiquer, je sors du véhicule et gagne la salle de danse à l’intérieur de la Maison des jeunes. Laquelle salle offre un environnement propice à l’expression de mon art. Parquet en bois, barres de travail, bancs, miroir sur tout un pan de mur et sono. Il y a également huit adolescents dispersés aux quatre coins de la pièce. Je sens qu’ils vont me donner du fil à retordre. Du nerf, tout va bien se passer ! — Bonjour, les jeunes ! Prêts pour notre deuxième leçon ? m’écrié-je d’un ton enjoué, tout en affichant un large sourire. Allez, on se motive ! Tout le monde en chaussettes ou pieds nus.

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