lundi 26 novembre 2018

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Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle.

Après ce beau succès parisien, la direction du ballet canadien me demanda de signer un nouveau contrat afin que je reste dans la compagnie. J’avais été très heureuse, certes, d’avoir participé à cette grande tournée, mais je désirais faire une carrière indépendante et je déclinai gentiment la proposition. De retour à Paris, en compagnie d’une troupe étrangère, ma situation se métamorphosa. Tout à coup, je me sentis reconnue, captant toute l’attention du public et de la presse. Une étape nouvelle était franchie, j’étais devenue une étoile internationale française très appréciée qui affrontait un répertoire totalement nouveau. Le maître, Serge Lifar Après toutes ces années d’intense activité, Pierre aspirait à une vie plus calme et signa un contrat de professeur d’adage au Conservatoire national supérieur de Paris.

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À la même époque, je participai à des émissions télévisées qui devaient conforter mon statut professionnel. Je dansai notamment dans La Voix, une pièce très originale, en forme d’hommage à Édith Piaf, réalisée par Pierre sur une bande-son existante avec la voix d’Édith qui avait par ailleurs une grande amitié pour mon époux. Je rêvais de Venise et elle vint à moi, en 1970, par le biais d’un beau contrat qui allait me faire travailler pour la première fois sous la direction de Serge Lifar. Je retrouvai pour l’occasion le théâtre de la Fenice. Au programme de cette saison d’hiver figurait Daphnis et Chloé dans la version que Serge Lifar aurait dû monter à l’Opéra de Paris dans des décors et costumes de Chagall et qui, finalement, fut confiée à George Skibine. Comme il avait dansé lui-même autrefois à l’Opéra la version originale de Michel Fokine, Lifar voulait garder intacte la fameuse variation avec le bâton du berger. Pour bien se faire comprendre sur ses attentes.

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fit un signe à la pianiste et, en l’espace de quelques secondes, je vis les oliviers, le chemin caillouteux, les troupeaux de chèvres, je sentis la chaleur du soleil, la langueur et la joie de vivre de ce jeune berger amoureux… et ça n’était pas une hallucination ! Tout vivait, là, sous mes yeux. Je découvris à ce moment-là à quel point un grand chorégraphe comme Lifar avait en lui, en son mouvement économisé, toute la force de la suggestion et la puissance de l’imagination avec lesquelles on peut si facilement communiquer quand on sait regarder et voir ! Si tant est que le regard puisse se porter sur un de ces démiurges irremplaçables ! Pourtant, Lifar se tenait là, au milieu de ce studio vide, en tenue de ville, les cheveux noirs, la peau mate et les yeux gris, des proportions parfaites et une gestuelle d’une élégance incomparable… Et tout semblait très simple… Un moment rare ! Aussi, quand je fus choisie pour interpréter le rôle de Chloé, je me retrouvai devant l’homme dont je ne connaissais que la légende habitée de grands succès, de scandales et de publicité intense.

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J’avais vu des photos superbes où je devinais, par-delà les ombres et les lumières de clichés en noir et blanc, une plastique incroyable, je dirais même sculpturale tant les proportions de son corps étaient stupéfiantes. Sans parler de ce beau masque théâtral qui captivait toutes celles et ceux qui l’approchaient. J’étais émue, flattée, décontenancée, mais la technique reprit le dessus et je saisis très vite ce qu’il attendait de moi. C’était vital car Lifar aimait aller à l’essentiel et exigeait d’être compris dans la seconde. Il fallait donc le suivre dans son narcissisme propice à une inspiration démesurée. Grisé de lui-même, se mettant dans un état où il s’admirait, il œuvrait pour vous faire entrer dans son jeu, pour que la symbiose se réalise immédiatement. Je percevais sa satisfaction de me sentir en phase, de partager les images, les sentiments, l’intimité qu’il échangeait, les mouvements qu’il esquissait… toute cette ambiance que je m’appropriais. J’ai toujours su regarder et assimiler les intentions, les attentes.

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ce qui peut se retrouver dans cette harmonie des poses choisies par les peintres de la Renaissance italienne, notamment le déhanchement si cher à Botticelli ou à Donatello, la douceur, l’effleurement d’une main pour souligner l’expressivité d’un geste. Disciplinée, je suivais chacun de ses gestes, j’anticipais ses attentes et il me souriait avec une sorte de complicité et poursuivait la mise en place de sa chorégraphie. Un lien ténu se tissa entre nous, dans la réserve et le respect qu’imposait le chorégraphe. Le soir, souvent, il m’invitait à dîner, radieux, heureux d’être à Venise. C’était autant d’occasions d’évoquer et de partager ses nombreux souvenirs liés à cette ville magique. Il pouvait parler de lui pendant des heures sans jamais lasser son auditoire. Je me souviens de ce réveillon, dans la salle à manger d’un hôtel très élégant. Faute de réservation et malgré l’absence de places, toutes les tables étant réservées, la direction en fit tout de même dresser une pour Lifar, au pied de l’escalier en face du grand hall d’entrée.

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Lifar était installé cérémonieusement entre son épouse et son ancienne professeure Bronislava Nijinska. Un violoniste avait été réquisitionné afin d’interpréter à sa seule intention des mélodies russes. Une fois encore il était le centre de la soirée et, tout au long du repas, Lifar, qui ne pouvait passer inaperçu, reçut des vœux, des manifestations de respect ou de sympathie de la part de ses danseurs et de celles et ceux qui descendaient le grand escalier. Faussement agacé d’être dérangé, il répondait avec un détachement digne d’une star… J’étais venue avec Pierre dans cet hôtel pour le saluer et lui présenter nos vœux. Sa compagne, le voyant désabusé, lui dit : « Qu’as-tu, Serge ? Tu es gâté, tu peux rencontrer tout le monde, on te salue, le dîner est parfait et je suis là, à tes côtés ainsi que ta première professeure Nijinska. Même le violoniste revient sans cesse vers toi pour interpréter tes airs préférés… Pourtant tu ne sembles pas apprécier ! Qu’est-ce qui ne va pas ? » Et Lifar de répondre étrangement : « Mais rien, rien ! Tout va bien. C’est même très bien… mais je ne jouis pas ! ».

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J’eus le privilège et le bonheur de danser le rôle de la fiancée dans la version originale du ballet de Nijinska Les Noces créé par les Ballets russes de Serge Diaghilev ; c’était la découverte d’un monument chorégraphique inoubliable. Elle était la sœur du célèbre Nijinski et manifestait une grande efficacité dans son enseignement comme dans ses chorégraphies, allant toujours à l’essentiel, ne perdant pas de temps ou d’énergie en phrases inutiles. Je dirais d’elle qu’elle ressemblait à un bloc de marbre, mal taillé, mais d’une puissance inégalable… Elle m’expliqua le rôle de la fiancée, me façonna à son idée, et je me laissai guider avec docilité. La rencontrer, travailler sous sa direction, fut une étape importante dans ma formation et mon évolution. J’étais fascinée par son comportement, la sobriété de ses conseils et l’économie de ses gestes. Son œil impitoyable cernait tout, rien ne lui échappait. La construction de son chef-d’œuvre sur cette sublime partition de Stravinsky, avec lequel elle avait étudié, était d’une précision forçant l’admiration. Tout au long de mon travail sous sa férule, j’eus la conviction d’approcher un personnage illustre des Ballets russes, une illustration vivante d’une époque cruciale dans le monde de la danse.

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À ce stade de mes évocations passées, je mesure l’importance de certaines rencontres décisives, de tournées formatrices et de cette planète chance sous laquelle il me semble avoir été placée dès le début de ma carrière. Après l’aventure des Ballets canadiens et la rencontre marquante avec Lifar, nous poursuivîmes, Pierre et moi, notre épopée marquée par bon nombre d’autres spectacles dans le cadre de festivals et divers théâtres où nous étions invités. Le redémarrage fut un peu ardu car nous nous remettions tous les deux d’une méchante hépatite A après laquelle je n’ai jamais retrouvé totalement mon énergie première. George Skibine nous invita à participer à une grande tournée en Allemagne, dans laquelle se produisait son épouse Marjorie Tallchief, Claire Sombert et Daphné Dale. Nous nous produisîmes dans toutes les grandes villes de ce pays, où nous donnions des extraits de Suite en blanc de Lifar et Simple Symphony que mon mari avait réglés pour le ballet des Jeunesses musicales de France. Au programme figuraient également deux ballets de Skibine : Idylle, que Pierre Lacotte dansait avec George Skibine et sa femme, et Annabel Lee, que je dansais à tour de rôle avec Claire Sombert et Pierre. Malgré les séquelles de la maladie, je retrouvai rapidement presque toute mon énergie : j’avais de plus en plus d’expérience et une certaine confiance.

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Ma notoriété allait croissant et je recevais de fréquentes demandes. Ce fut le cas de Roland Petit, qui avait gardé un excellent souvenir de ma participation canadienne durant laquelle j’avais créé son ballet Formes au point qu’il paraissait vouloir s’occuper de ma carrière. Nous avions sympathisé et un véritable contact s’établit entre nous. Zizi à son tour se rapprocha de moi et j’observai avec un grand intérêt ces deux personnalités atypiques qui me fascinaient et me surprenaient aussi bien artistiquement qu’humainement. Ils habitaient Versailles et j’étais souvent conviée à des soirées qu’ils donnaient et au cours desquelles l’humour ainsi que la gaieté étaient de rigueur. Roland adorait faire la cuisine et nous faisait partager ses bons petits plats qu’il mitonnait avec amour. Roland et Zizi ont toujours représenté pour moi la quintessence des vrais Parisiens. Toujours prêts à s’intéresser à ce qui se passe autour d’eux, captivés par le renouveau, la fantaisie, et maniant le verbe avec cynisme et humour… Une vraie joie de vivre.

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Juste après notre mariage, Pierre, ayant été opéré d’une hernie discale, traversa une période de doute, d’autant que son rétablissement fut extrêmement long. Il m’avait rejointe à Montréal pour un mois et, le voyant inactif et désemparé, je pris le parti de lui chercher une occupation, un centre d’intérêt pouvant l’aider à trouver le temps moins long. Connaissant son amour pour le ballet romantique et l’admiration qu’il portait à Marie Taglioni, sur laquelle il avait fait beaucoup de recherches, je lui suggérai d’écrire un livre sur les grands ballets du répertoire et les transformations que ces ouvrages avaient subies depuis leur création. Cette idée l’intéressa vivement et je le poussai à se mettre au travail. Il commença à faire des recherches au musée de l’Opéra sur la version originale de La Sylphide, présentée pour la première fois à l’Opéra de Paris en 1832 par Philippe Taglioni, qui régla ce ballet pour sa fille Marie.

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Les investigations de Pierre le réjouissaient et il m’en parlait souvent. Il était transporté et j’étais heureuse de le voir s’enthousiasmer de nouveau. Je me plaisais à l’accompagner au musée et à participer à ses recherches. Un après-midi, une enveloppe faisant partie du dossier de presse de Taglioni attira son attention. Elle portait la mention « Donation d’Annie Joly-Segalen », mais les articles qui auraient dû être à l’intérieur étaient disséminés dans le dossier général. Il les regroupa pour les ranger dans l’enveloppe ad hoc et c’est alors que je remarquai un article relatant le grand voyage de Victor Segalen en Chine accompagné de son ami Augusto Gilbert de Voisins, dont il y avait un portrait dessiné à la plume. Ce nom de Segalen me rappela bien des conversations avec ma grand-mère sur la période où elle résidait à Tientsin avec son époux. Je me mis à feuilleter des albums de famille dans lesquels figuraient ma mère et ma tante, accompagnées de leur frère et d’Yvon Segalen. Sur une autre photo l’un des fils de Victor faisait des figures acrobatiques sur la plage de Pei-ta Ho.

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Grâce à Nicole, charmante bibliothécaire au musée de l’Opéra, nous arrivâmes à obtenir l’adresse et le téléphone d’Annie Joly-Segalen. Elle accepta de nous recevoir à Bourg-la-Reine, dans une charmante maison typiquement française de la fin du siècle dernier. Son accueil fut extrêmement chaleureux et nos échanges s’avérèrent aussi spontanés qu’enrichissants : Annie se souvenait de mes grands-parents maternels en Chine et nous dit à quel point elle les aimait. Pierre lui fit part de son projet et gagna sa confiance au point qu’elle lui donna libre accès à un bureau où se trouvaient encore… toutes les affaires et les documents de Marie Taglioni, préservés par son petit-fils Augusto Gilbert de Voisins, qui adorait sa grand-mère. Il avait d’ailleurs écrit un livre intitulé Les Miens, dans lequel il évoquait avec tendresse une multitude de souvenirs. Augusto, le meilleur ami de Victor Segalen et mécène de tous leurs grands voyages, était le parrain d’Annie Segalen et lui avait légué tous les souvenirs de la Taglioni, n’ayant pas eu d’enfants lui-même.

Quand Pierre découvrit toutes ces archives (qui n’avaient pas encore été léguées à l’Opéra), il en trembla d’émotion. Il n’aurait jamais espéré pouvoir approcher pareil trésor et cette découverte inespérée suscita en lui un autre projet : remonter La Sylphide dans sa version originale. Pour ce faire, il s’avérait nécessaire de poursuivre les recherches, ce que nous entreprîmes au musée de l’Arsenal où il était possible d’accéder à toute la presse de l’époque. Pour ma part, je me suis régalée des articles commis par les critiques. Je me souviens notamment de l’un d’entre eux qui décrivait avec tant de minutie et de détails un spectacle donné à Dublin que j’avais l’impression d’y assister en direct. Pierre resta en contact avec Annie Joly-Segalen et, grâce à sa mémoire exceptionnelle.

Marie Taglioni avait légués au musée des Arts décoratifs. Bien que ces dossiers ne soient pas classés ni répertoriés, mon mari parvint, avec l’acharnement et l’obstination le caractérisant, à faire de nouvelles découvertes. Il poursuivit ses recherches dans d’autres musées, dans des collections privées en Europe où ce ballet avait été présenté avec un succès mythique. Ayant bien cerné La Sylphide et son interprète, Pierre Lacotte se mit au travail pour reconstituer le ballet dans sa version première qui fut une véritable révolution artistique. Il s’obstina à retrouver l’esprit et la lettre de cet ouvrage tel que l’avait créé Marie Taglioni sur la chorégraphie de Philippe Taglioni, son père, le livret étant signé par Adolphe Nourrit, la musique confiée à Schneitzhoeffer, le grand Ciceri en ayant dessiné les décors et Eugène Lami, le lithographe personnel de Louis-Philippe, ayant réalisé les costumes. Toute la mise en scène et le déroulement de l’action de la version originale étaient précisément écrits sur la partition du premier violon avec laquelle Philippe Taglioni avait monté cet ouvrage.

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Pierre s’en servit pour architecturer la base fondamentale de la reconstitution du ballet auquel il voulait rester fidèle. Avec son enthousiasme communicatif, il finit par obtenir un contrat à la télévision française pour le remonter et choisit Michaël Denard pour être mon partenaire dans cette version télévisuelle. C’était pour moi une joie intense de participer à la recréation de ce très beau ballet légendaire et lorsque j’abordai le rôle de la Sylphide, je n’eus pas de difficultés à l’intégrer car je l’avais parfaitement assimilé au fil des recherches de mon mari. Avoir les références historiques et comprendre l’état d’esprit de l’époque à laquelle se situe l’action m’ont beaucoup aidée : ce ballet m’était plus proche, j’oserais dire qu’il me devenait familier. Il était réglé avec cette pensée spirituelle qui touche immanquablement le cœur et l’âme des spectateurs. C’est pourquoi je voulus entrer à mon tour dans ce domaine harmonieux et traduire en dansant tout ce que je ressentais pour cette œuvre attachante.

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