samedi 10 novembre 2018

Telecharger Rédiger sans complexes pdf gratuit Par Michelle Fayet

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Je paierais cher pour savoir ce qu’elle a en tête. Il fait trop sombre pour que je puisse distinguer l’expression peinte sur son visage. Cherche-t-elle encore à se moquer de moi ? À me faire bander comme un fou sans m’offrir la jouissance ? Je peux voir briller ses yeux de biche, ainsi que ses lèvres humectées de salive. Ce sont des manifestations de désir ou je ne m’y connais pas ! Ça me donne une furieuse envie de l’embrasser. Je me penche vers elle. Son parfum – un parfum indéfinissable de séductrice – me titille les narines. Hier, lorsqu’elle m’apprenait à danser, je le respirais à pleins poumons. Il m’étourdissait. Aujourd’hui, c’est bien pire, puisque nous sommes seuls, enfoncés dans une épaisse forêt, à une heure où mes administrés se réveillent à peine. Dans cette pénombre propice à tous les excès, mon imagination surchauffée galope, cravachée par les frissons que me provoque son massage. Je m’incline encore. Ma bouche effleure la sienne. Mais les paroles d’Henri me reviennent en mémoire et me coupent dans mon élan.

Souhaitant clore cette discussion au plus vite, je la serre étroitement contre moi et m’empare de nouveau de ses lèvres. Avec passion. Cette fois-ci, je mets dans ce baiser toute ma force de persuasion. Laquelle consiste à mimer avec ma langue ce que je rêve de lui faire plus bas. N’allez pas croire que je suis un obsédé ! Contrairement à Henri, je n’ai jamais été très porté sur le sexe. Je me suis toujours contenté de peu. Mais depuis qu’Estelle a croisé ma route, une petite révolution s’est opérée en moi. Je suis mû par un formidable appétit de jouissance. Chaque nuit, je me réveille trempé de semence. Le jour, des fantasmes me harcèlent et m’empêchent de réfléchir normalement. Dans chacun de ces songes éveillés, je me vois enfermer Estelle dans une cellule et la menotter aux barreaux. Ce que je fais d’elle est un peu flou, mais ça se termine toujours en étreinte bestiale. C’est très perturbant. À ma grande surprise, elle s’accroche à mes épaules plutôt que de me repousser. Je m’enhardis jusqu’à glisser une main derrière sa nuque, une autre sur l’un de ses seins. Et je le malaxe en tous sens. Les gémissements d’Estelle me vident la tête de mes remords. Je ne pense plus qu’à m’enfoncer en elle. À la pilonner comme un forcené, dussé-je le faire debout !

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Et le prix de la plus grosse bécasse est décerné à… Estelle Duval ! N’applaudissez surtout pas ! Peut-on m’expliquer ce qui m’est passé par la tête ce matin ? Ce n’est tout de même pas la première fois que je côtoie des hommes sexy. Bon, d’accord, j’avoue que monsieur « Tue-l’amour » est bigrement sexy ! Mais les danseurs de ma troupe sont loin d’être moches. Certes, aucun d’eux ne m’a jamais fait d’avances. Toujours est-il que je n’ai jamais eu envie de leur sauter dessus. « Ne joue pas avec moi, Estelle », m’a implorée monsieur « Tue-l’amour ». Parce que lui n’a pas joué sur ma corde sensible en affectant fragilité et vulnérabilité ? Et je ne parle même pas de son numéro de poète. Quelle mascarade ! Bien évidemment, je me suis laissé émouvoir. Hier déjà, j’avais été tentée de le défendre face à son père. Comme si un grand gaillard comme lui avait besoin de moi pour le protéger ! Quoi qu’il en soit, j’aurais pu m’abstenir de le masturber. L’embrasser était bien suffisant. Mince, je n’y suis pas allée avec le dos de la cuillère ! Branlette et suçon, rien que ça ! Le pire, c’est que je ne peux pas invoquer la crise de démence. Je crevais réellement d’envie de lui faire toutes ces choses. Ce sale type et son physique d’athlète m’ont grandement stimulée. Désormais, la vision de son corps sculpté me hante.

Comme si je l’ignorais ! On ne masturbe pas un homme qu’on connaît à peine. Mais dans la mesure où il en a bien profité, il aurait pu s’abstenir de me traiter de la sorte. Je le déteste, ce sale con. Qu’il ne s’avise pas de se moquer de moi ! De toute manière, je ne veux plus le voir. Je me suis réfugiée en cuisine, tout de suite après son arrivée au bar. Hors de question de subir ses sarcasmes ! Bousculant ses habitudes, il est venu prendre une bière vers 16 heures 30. Son adjoint – un gars plutôt avenant – l’accompagnait. J’ai laissé Julie les servir. Pour une fois, elle n’a pas manifesté son mécontentement de se retrouver seule en salle. Il n’aurait plus manqué que ça ! Elle ne s’est pas beaucoup démenée ce midi, tandis que les clients affluaient en masse. En revanche, quand il s’agissait de frétiller du derrière et d’agiter ses seins devant un représentant de la gent masculine, personne n’était plus efficace qu’elle. — Dépêche-toi, Estelle. Curtis t’attend, me lance Nicole. La brusque irruption de mon amie dans la cuisine m’arrache à mes ruminations. — Mais ce n’est pas encore l’heure, protesté-je, après avoir jeté un coup d’œil sur l’horloge murale qui marque 16 heures 50. — Donne-moi ça ! Je m’en charge, renchérit Martha, qui m’ôte la cuillère pleine de confiture de myrtilles des mains. — Je n’ai pas fini de verser la garniture, me récrié-je. J’aime le travail bien fait, moi ! J’essaie de récupérer ma cuillère. Tout en secouant la tête, Martha la cache derrière son dos. Son ventre proéminent forme une barrière infranchissable. Aussi je n’insiste pas. Je me suis proposé de l’aider à confectionner des tartes pour échapper à monsieur « Tue-l’amour ». En effet, Sophie, son aide-cuisinière d’âge plus que canonique, n’est pas venue travailler aujourd’hui. À cause de ses rhumatismes ! Maintenant, je vais devoir affronter celui qui est devenu mon pire cauchemar.

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Il m’adresse un clin d’œil qui me glace les veines. Et ce, malgré la chaleur qui règne dans la cuisine. Zut ! Le suçon de ce matin ! Ne me dites pas que tout Mendake est déjà au courant pour monsieur « Tue-l’amour » et moi. Horriblement gênée, je marmonne un « au revoir » et, la tête basse, je sors précipitamment de la cuisine. Nicole m’emboîte le pas, de sorte que nous nous retrouvons toutes les deux seules dans le vestiaire. Chacune de notre côté, nous nous changeons. Mes mocassins trop petits enlevés, mes doigts de pied recouvrent enfin leur liberté. J’apprécie à sa juste valeur le silence de mon amie. Peut-être se doute-t-elle de quelque chose ! Peut-être pas ! Dans tous les cas, le fait qu’elle ait la décence de ne pas en parler m’évite des contrariétés. Alors que je m’apprête à quitter le vestiaire, elle se ravise. Moi, je crois au contraire qu’il t’aime bien ! Il a juste du mal à exprimer ses sentiments. Tu sais, la vie ne l’a pas épargné. Il y a d’abord eu sa mère, qui l’a abandonné. Tu as rencontré son père : il n’est pas très tendre avec son fils. Puis Curtis n’a pas cessé de tomber sur les mauvaises personnes. Mais avec toi, c’est différent ! Tu n’es pas comme ces femmes dont il s’entichait et qui l’ont fait souffrir.

J’aurais bien aimé lui expliquer qu’elle se trompait, mais le temps que je me ressaisisse, elle était déjà loin. Par la suite, j’ai été trop occupé à gérer les urgences pour aller lui parler. Des rapports à rédiger, la circulation aux abords du marché à réguler. En outre, le plan des barrages routiers contre l’alcool au volant m’a donné du fil à retordre. Comme Lucky, le chien des Sioui, avait encore fugué et qu’Henri tenait absolument à faire plaisir à Isabelle, sa nouvelle conquête, il m’a fallu affecter deux agents de police à la recherche du bichon. Lequel bichon s’est ensuite impatronisé dans le commissariat. Il a passé la matinée à aboyer, à mordre les pieds des chaises et à uriner sur les ficus en pot. Il a également planté ses crocs dans le pantalon de Marc Gros-René, le Chef familial en charge de la sécurité publique. C’était bien la première fois que ce sale cabot me procurait des frissons jouissifs. En sa qualité de vice-Grand Chef de Mendake, Marc Gros-René est le bras droit de mon père. Je ne peux pas le saquer ! En temps normal, il vient me voir tous les jours. Soi-disant par pure courtoisie. En réalité, il me surveille pour le compte de mon père. C’est encore pire depuis que notre totem rituel a été vandalisé. La fréquence de ses visites a été multipliée par deux. Ça veut savoir comment évolue l’enquête et si tout a bien été entrepris pour appréhender les coupables. Pourquoi ne m’accompagne-t-il pas aux toilettes, tant qu’il y est ? Avant l’arrivée d’Isabelle vers midi, j’ai eu toutes les peines du monde à me concentrer tant je bouillais de colère. J’ai bien failli étrangler la demoiselle lorsqu’elle m’a demandé de garder son Lucky jusqu’au soir. Dans le non catégorique que je lui ai opposé, j’ai mis toute ma rancœur contre ceux qui croient avoir un ascendant sur moi. Ces hommes à la solde de mon père. Ces femmes qui pensent pouvoir me duper à force de minauderies.

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Il ne lui a pas fallu longtemps pour repérer le suçon qu’Estelle m’avait fait ce matin dans le cou. Une longue série de questions en a découlé. Je m’en suis tenu à une version édulcorée des faits. À savoir que j’avais juste échangé un baiser à la sauvette avec Estelle. Immédiatement après, Henri en a tiré des plans sur la comète. À l’entendre, je terminerais marié avant la fin de l’été, et je deviendrais le père de trois charmants enfants. Finalement, c’est la boule de poils vautrée sur la banquette arrière qui m’a sauvé de la crise de nerfs. Lorsque nous sommes passés près de sa maison, Lucky a cessé de mordiller la ceinture de sécurité centrale et s’est mis à hurler à la mort. J’en ai profité pour écourter la conversation et rapporter le bichon à sa maîtresse. Bon débarras ! Nous avons ensuite repris notre patrouille, et Henri a recommencé à bavarder… bavarder. Sauf que cette fois-ci, son discours s’est concentré sur Isabelle. En l’écoutant parler des aspirations de sa petite-amie, j’en suis venu à penser à Estelle. S’il était vrai que je ne connaissais pas grand-chose d’elle, je pouvais tout de même affirmer qu’elle était bien différente des femmes qui avaient croisé ma route. Tout le contraire de ces arrivistes uniquement soucieuses de leur carrière. Pour nous – Amérindiens –, gagner de l’argent ne constitue pas le but ultime à atteindre. Grimper les échelons de la pyramide sociale ne rime à rien. Nous nous considérons comme les éléments d’un grand Tout. À la fois intimement liés au monde des esprits et enracinés dans nos terres, nous entretenons des relations étroites avec la nature. À ce titre, nous aspirons à une fraternité universelle. C’est au sein même de notre communauté que celle-ci s’exprime le mieux.

Je savais ce qu’il me restait à faire ! Tout est ensuite allé très vite. Je me suis rendu à la fabrique de mocassins de Mendake et j’ai prétexté une affaire urgente pour forcer Henri à demeurer dans le 4x4. Une fois à l’intérieur du magasin d’usine, j’ai téléphoné à Nicole qui m’a donné la pointure des chaussures d’Estelle. Sitôt les mocassins achetés, je me suis empressé de les ranger dans le coffre de ma voiture, à l’abri des regards curieux. Faute d’intimité, je n’ai pas réussi à les offrir à Estelle pendant ma pause « bière » ni sur le trajet qui mène à la Maison des jeunes. Maintenant qu’Estelle et moi sommes seuls dans le 4x4, je compte bien rattraper le temps perdu. — Reste ! lui murmuré-je tout en la retenant par le bras. Elle ne réagit pas, mais je l’entends soupirer d’exaspération. Depuis le trottoir, Henri, Nicole et les fils de Martha me dévisagent d’un air intrigué. Je dois me dépêcher de désamorcer un éventuel mouvement de protestations. — Allez-y ! On vous rejoint dans un instant. J’ai quelques mots à dire à Estelle, ajouté-je avant de m’adresser de nouveau à la petite Française. Ferme la porte, s’il te plaît, et boucle ta ceinture.

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