mardi 6 novembre 2018

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Le feu reconnecta Ethan avec son corps, sa raison et ses réflexes. Tout ce qui avait fait de lui un flic, depuis son enfance, entraîné par ses valeurs familiales, sa passion, tout se raviva d’un claquement de doigts, et l’instinct professionnel reprit le dessus, y compris sur l’homme. Il sauta vers Owen qu’il releva d’un geste presque brutal, puis il poussa les adolescents devant lui. – SORTEZ ! ordonna-t-il de toutes ses forces. COUREZ ! Aussi prompts à virer qu’une nuée d’étourneaux, les cinq adolescents se précipitèrent sur le dallage, à travers le hall, en direction du tunnel par lequel ils étaient arrivés. Ethan sentit sur sa peau l’air froid qui s’éloignait en même temps que la mélopée plaintive.

Il balayait la salle de tous côtés en quête de ces agresseurs dont il ne pouvait concevoir la nature, sans rien distinguer. – Venez ! s’écria Connor. Ne restez pas là, ils vont revenir ! Comme pour le confirmer, Ethan devina l’atmosphère glacée qui retombait sur lui tel un sarcophage et les murmures lointains s’accentuèrent brusquement. La tonalité belliqueuse de leurs phrases étranges reprenait, l’emportant sur la surprise et la douleur.

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À peine parvenu à l’entrée du tunnel, tout le groupe fut surpris par le silence immédiat qui envahit la grande pièce souterraine. Ethan s’arrêta même pour faire volte-face. Plus un son, plus une présence. Il arrosait chaque parcelle de son rayon de lumière et ne voyait rien. Pas la moindre trace de main ou de pied dépassant de derrière une colonne ou enfoncé dans une cavité.

Pire, le calme qui régnait témoignait du vide, celui qui ne ment pas, sans la moindre respiration, pas une étoffe qui en frotte une autre, pas de ricanement ou de soupir. Seulement l’écoulement imperturbable des rivières. – On file, commanda Ethan. Il ne voulait prendre aucun risque.

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Connor ouvrait la marche d’un pas rapide, avec son fusil lance-flamme improvisé, et Ethan dut bien avouer que c’était l’unique chose qui avait repoussé leurs assaillants. Chaque embrasement avait provoqué leur ire et leur fuite immédiate, même momentanée. Il s’empara de celui que Chad tenait entre les mains sans avoir allumé le briquet et le garçon ne protesta pas. Ethan fit jaillir la petite flamme sous le canon. Je n’en reviens pas de ce que je suis en train de faire. Tout ça est surréaliste. Il y a forcément une explication rationnelle. Après tout, il n’était pas certain de ce qu’il avait vu… Ils étaient des dizaines ! Ils nous encerclaient ! Et j’ai senti leurs doigts et leurs mâchoires claquer ! Ils tournaient si vite… Ethan s’était cru emprisonné dans le cœur d’une tornade démoniaque. Non, non, non, pas ce genre de mot. Ce n’était pas ça. C’était…

La troupe avançait d’un bon pas lorsqu’ils entendirent un beuglement féroce provenir de derrière eux. – Plus vite ! supplia Gemma. Mais ils n’avaient pas fait dix mètres de plus qu’un souffle froid tomba du plafond, accompagné par le murmure de cette foule impalpable qui psalmodiait une incantation étrange. Et Ethan crut remarquer plusieurs bras anormalement longs s’étendre depuis la pénombre en hauteur pour tenter de s’emparer des cheveux des adolescents. Les doigts eux-mêmes s’étiraient horriblement, prolongés par des ongles courbes et pointus. – Courez ! Courez ! aboya-t-il. Ethan devina qu’un de ces abominables tentacules d’ombre allait saisir Gemma, alors il pointa sa lampe dessus mais ne vit rien.

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Il se jeta en avant et donna un coup dans le vide pour repousser ce qu’il avait cru distinguer. Aussitôt, il sut qu’ils étaient sur lui et des mains plus froides que la mort l’attrapèrent, enfonçant leurs doigts dans sa chair, plus forts que des étaux d’acier. La douleur lui arracha un gémissement avant qu’il ne devine la chose en hauteur. Juste au-dessus de lui se trouvait un des boyaux étroits remontant vers la surface, jusqu’à une plaque d’égout. Là-dedans, une masse informe se déployait, un amas obscur indiscernable malgré le faisceau de la lampe qui s’agitait dans tous les sens sous les assauts des griffes sur Ethan. Ce dernier sut alors que la chose allait fondre sur lui et le recouvrir, elle le broierait aussi simplement qu’un coup de masse sur un œuf.

mais lorsqu’il constata qu’il était totalement libéré, un regain d’énergie le poussa en avant pour rattraper les adolescents qui fusaient le long de la rivière, dérapant de temps à autre, s’entraidant pour ne pas chuter dans l’eau ou pour ne pas se fracasser le crâne contre les pierres en tombant. Ils haletaient, ils pleuraient, ils s’encourageaient et Connor tirait tout ce petit monde en avant qui n’avait même pas remarqué, dans la panique, l’absence d’Ethan. Celui-ci poussa doucement Owen dans le dos pour l’inciter à aller encore plus vite. Ils avaient parcouru environ un tiers du chemin qui les ramenait vers l’air libre lorsque de nouveau, les murmures résonnèrent, juste devant cette fois. – Connor, arrose-moi ces saloperies ! hurla Ethan.

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Vise le plafond, ils viennent par le haut ! Le flic n’en était plus à la réflexion, pas même à un semblant d’analyse. Il n’en était plus capable sans risquer de sombrer dans une folie dangereusement proche. Il ne pouvait plus se permettre d’être lui-même, il ne devait être qu’action, automatismes, survie. Connor obéit et le lance-flamme provoqua la même réponse agonisante qui leur arracha à tous des larmes de douleur tant le tumulte des lamentations leur martyrisait les oreilles. Ils purent toutefois avancer sous la niche et Ethan s’aperçut que c’était à nouveau un passage vers la surface. Ces choses, quelles qu’elles soient, tentaient-elles de leur bloquer l’accès à l’extérieur ? Fallait-il s’attendre à un véritable assaut au moment d’atteindre la sortie ? Très probable. Mais quel autre espoir avons-nous ? En tout cas, elles ne voulaient pas qu’ils sortent par les plaques. Faire demi-tour pour gagner la porte qu’il avait repérée au sommet de l’escalier en colimaçon n’était pas une solution crédible. L’idée même de retourner dans la grande salle lui était intolérable. Et puis elle était fermée par un cadenas…

Ethan accéléra, se risqua à bondir sur le rebord du trottoir, l’eau obscure juste en dessous, afin de dépasser le groupe et en prit la tête cette fois. Le briquet sous son canon n’arrêtait pas de s’éteindre et il le rallumait aussitôt, pris de panique dès qu’il mettait plus de deux ou trois secondes pour y parvenir. Il anticipa la prochaine poche monstrueuse dès que les barreaux de l’échelle se reflétèrent dans le faisceau de sa lampe et cracha son fiel incandescent à son tour. Là encore, les voix dans les ténèbres rugirent et à travers le rideau éphémère de feu il crut, le temps d’un battement de paupières, qu’une foule de membres allongés se recroquevillaient aussi douloureusement que du plastique sous un fer à souder. Aucun des cinq adolescents ne savait plus qui il était, ni ce qu’il était en train de faire, sinon fuir pour vivre. Leurs poumons les brûlaient, leur gorge n’était plus qu’un conduit douloureux, ils avaient peur, chaud et froid en même temps, et les larmes embrouillaient leur vision. Mais ils couraient. Lorsque la bouche de soleil s’annonça dans la continuité d’un angle sec, promesse d’un retour aux certitudes rationnelles du jour et de la civilisation, tous les cinq furent traversés par une pulsion de vie et ils poussèrent derrière Ethan. – Non, non, attendez !

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Tant d’échos inacceptables ricochaient contre sa raison en cet instant qu’il ne savait plus si c’était son corps ou sa santé mentale qui tentait difficilement de respirer. À la grande surprise d’Ethan, aucun piège ne s’était refermé sur eux lorsqu’ils avaient débouché au grand air. Personne ni rien ne les y attendait, prêt à jaillir comme un serpent qui patiente longuement au-dessus de la tanière d’un rongeur pour le mordre et l’empoisonner de son venin avant de le digérer lentement. Ethan avait eu une mauvaise interprétation de la situation, mais comment aurait-il pu en être autrement dans pareilles circonstances ? Les premiers mots qui lui vinrent le rendirent malade, au point de vomir une bile acide dans les dernières marches qui les hissaient depuis la fosse jusqu’au parc. Tout ça n’est pas réel. Bien sûr que c’était réel ! Owen tremblait jusqu’au bout des pieds, Gemma pleurait en silence, et les autres étaient couverts d’écorchures, preuve de l’existence des serres affûtées qui avaient tenté de les éventrer ! Cet ultime réflexe de la pensée pour sauver ce qu’il lui restait de lucidité était pathétique. Grotesque. Tout ça est bien réel, putain de merde ! Les hurlements incantatoires ou de souffrance, l’aura glaciale, le tourbillon d’êtres invisibles à la lumière, les membres osseux et griffus faits d’ombres, les geysers de flammes pour les repousser, Ethan en avait fixé chaque seconde, même lorsqu’il avait brièvement été déconnecté, au bord de l’abîme, prêt à sauter dans la folie pure.

Les parents vont appeler le chef Warden en urgence dès lors que je leur aurai raconté ce que j’ai vu… Aucun ne le croirait. Et comment les en blâmer ? Lui-même n’en aurait pas pris le commencement du début au sérieux s’il avait entendu un récit aussi risible. Ethan s’aperçut alors seulement qu’il était blessé à la hanche. Une entaille de quinze centimètres qui avait imbibé tout son flanc de sang poisseux. Ces choses avaient tenté de le saisir. Cette simple évocation lui donna à nouveau envie de vomir, mais il se retint. Faire le vide en lui. À défaut de comprendre, il devait raisonner sur ce qu’il pouvait faire. Il y avait beaucoup à réfléchir. Il devait organiser ses pensées, reprendre un peu d’aplomb. Je n’ai aucune putain d’idée de par quoi commencer… Il allait trouver. Il devait se faire confiance. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, il lui manquait l’essentiel. Il se rapprocha des cinq adolescents et s’accroupit tout près d’eux. Il était bien conscient que son expression n’était plus du tout celle, autoritaire et sûr de lui, qu’il arborait trois quarts d’heure auparavant, mais avait davantage quelque chose de désemparé, qu’il s’efforçait de teinter d’un soupçon de complicité. Il tendit les bras pour les rassembler tous. Hagards, ils lui obéirent. Ethan se pencha. – Je vais vous aider, je vous le promets. Je ne vous laisse pas tomber. Vous m’entendez ? Seul Connor approuva, les autres étaient encore trop sonnés pour réagir.

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C’est toi qui m’as embarquée dans cette histoire, et maintenant tu ne veux pas y croire ? – Je n’ai jamais su ce que je pensais réellement. Franchement, soyons réalistes un instant, tu craignais que les gens se moquent de nous, nous prennent pour des caricatures de New-Yorkais qui débarquent à la campagne et qui s’effraient au moindre claquement de porte. Mais est-ce que ce n’est pas exactement ce que nous sommes en train de faire ? – La morsure de Chad, c’était un coup de vent ? Les terreurs nocturnes de Zoey ? Et toutes les notes de Gary Tully ? Et le… – Ne me refais pas la liste, je la connais par cœur. Ce que j’essaye de te faire entendre, c’est que nous ne devons pas surréagir. Garder notre esprit ouvert, je veux bien, mais…

 – Tom ! Et si nos enfants étaient en danger ? s’énerva Olivia. Je sais ce que j’ai ressenti avec Miranda Blaine et je te dis qu’elle voulait nous prévenir. – Le psy a évoqué une famille compliquée, le père violait sa fille. À partir de là, supposer qu’elle s’est foutue en l’air à cause de ça et que le père, rongé par la culpabilité, en a fait autant, ça n’a rien de surnaturel. Si Miranda Blaine était au courant mais n’a jamais rien fait, son état aussi est… compréhensible. Olivia secouait la tête, en colère. – Roy ? fit-elle. Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Le vieil homme, à l’arrière, souffla longuement par le nez, avant de faire la moue.

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Tu vois. Le bon sens nous commande de faire quelque chose, Tom. – Très bien, alors quoi ? Je te repose la question : tu veux dormir à l’hôtel dès ce soir ? – Le Peacock Arms est fermé pour travaux, releva Roy, celui sur Atlantic Drive doit encore être complet à cette période. Je connais au moins deux personnes qui ont des chambres à louer si vous voulez de la tranquillité, mais il va sans dire que vous êtes les bienvenus chez moi. – J’imagine qu’avec ce qui se passe en ville, si nous devons quitter la Ferme, insista Tom, tu voudras quitter Mahingan Falls, non ? Et qu’est-ce qu’on dit aux enfants ? Et puis il faudra faire les allers-retours à l’école dès lundi, vendre la maison…

– Arrête, lâcha Olivia vexée. Tu ne me soutiens pas. – J’essaye de me montrer raisonnable. Un silence plombant retomba dans l’habitacle pendant plusieurs boucles le long des falaises boisées de la région qui séparait Arkham de Mahingan Falls. Le temps que les esprits s’apaisent, Tom reprit, sur un ton plus conciliant : – Nous n’allons pas rester sans rien faire, je suis d’accord. Pour commencer, voyons les aspects rassurants : ni toi ni les enfants n’avez été mis en danger. – Zoey a peur dans sa chambre et Chad a été mordu, répliqua Olivia froidement. – Oui, mais là encore peut-être que ça n’est pas lié… En tout cas il ne s’est rien produit d’étrange depuis plusieurs semaines. Il n’y a pas lieu de se précipiter, c’est ce que je veux dire. – Qu’est-ce que tu proposes ? – Que nous fassions venir des spécialistes pour sonder la maison.

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Ils n’ont rien fait de mal, juste une grosse peur. Je les ai trouvés en forêt, ils se sont fait surprendre par un gros sanglier qui les a chargés. Quelques écorchures, des bleus, vêtements fichus, mais ils n’ont rien de grave, j’ai vérifié. Par contre, ils sont un peu secoués, je pense qu’il serait bien de les entourer ce soir, juste pour qu’ils se sentent… disons, en sécurité. Cobb se fendit d’un sourire un peu trop forcé et Olivia eut le sentiment qu’il ne lui disait pas tout, mais elle se retint de rebondir, sa journée à l’hôpital psychiatrique la rendait paranoïaque. Elle fila dans le jardin où elle trouva Chad et Owen encadrant Milo qu’ils couvraient de papouilles.

 Elle vit aussitôt dans leur regard que le lieutenant Cobb avait raison, ils s’étaient fait une belle frayeur. Chad se jeta dans ses bras et elle enveloppa Owen dans la foulée. – Un sanglier, hein ? J’imagine que c’est la version locale des bus de Manhattan. Six mois plus tôt, les deux garçons, trop absorbés par leur conversation, avaient failli se faire renverser par un bus scolaire qui filait sur Lexington Avenue. Ils avaient passé la soirée sur le canapé à ressasser la belle frousse qu’ils s’étaient faite, réalisant pour une des premières fois de leur existence qu’ils auraient pu mourir. Olivia, qui était présente ce jour-là, avait mis plus d’une semaine à s’en remettre.

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La nuit était tombée d’un coup, à l’image d’un rideau de théâtre qui se rompt et s’effondre sur la scène sans prévenir, masquant le décor tout entier. Tom se tenait devant la baie vitrée et dehors le jardin disparaissait sous son propre reflet malgré la pluie qui glissait sur la vitre depuis une heure. Ses traits étaient tirés, trahissant sa préoccupation. Il avait tenté de joindre Bill Taningham, le propriétaire précédent, pendant toute la fin de journée et la soirée, sans succès. L’avocat le filtrait, ça ne faisait aucun doute. Maintenant que la transaction immobilière était effective, il ne voulait plus entendre parler des Spencer. Était-ce pour s’épargner des questions embarrassantes sur ce qui se produisait dans la Ferme ou simplement parce qu’il avait d’autres chats à fouetter ? Tom se doutait qu’il aurait toutes les peines du monde à le joindre et quand bien même, il éluderait le sujet ; quel genre d’avocat reconnaîtrait avoir vendu une maison avec un vice caché ? Un vice occulte…

Ils perdaient leur temps. Dans son dos, la cuisine rassemblait Roy McDermott sur une chaise, sa bière chaude à la main, et Olivia qui ne cessait de tourner autour de la bouteille de vin sans parvenir à se décider. Elle avait « besoin » d’alcool pour décrisper un tant soit peu son âme malmenée et en même temps son instinct de mère lui interdisait d’altérer ses facultés physiques et mentales. On ne savait jamais ce qui pouvait se passer. Ils n’étaient plus à une surprise près et elle voulait pouvoir réagir à tout moment. Ses doigts couraient sur le verre à pied posé devant elle, vide.

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Vous avez bien fait de m’appeler, dit-elle à l’intention d’Olivia. – Une femme vient de se suicider à cause de nous, répéta celle-ci, je pense qu’il est grand temps d’agir. – Qu’attendez-vous de moi ? Olivia écarta les bras, désemparée. – Je ne sais pas, j’ignore ce qu’on peut faire dans ce genre de situation. Est-ce que vous pouvez sonder nos murs ? Et s’il y a quelque chose, est-ce que ça se chasse ? Olivia sentait affleurer la crise de nerfs, elle n’était pas loin de s’effondrer, c’était beaucoup trop d’émotions et d’ouverture d’esprit en même temps ; la première réponse qui lui venait était de tout rejeter en bloc, de se réfugier dans le déni, pourtant elle tenait bon, guidée par une pulsion quasi animale. Je suis une louve qui protège sa portée.

Paradoxalement, d’ordinaire c’était elle la plus pragmatique et cartésienne du couple, tandis que Tom continuait de jongler entre incrédulité et suspicion. Elle, elle refusait de prendre le moindre risque. Chad, Owen et Zoey dormaient à l’étage. Aucune mère ne mettrait la sécurité de ses enfants dans la balance, elle préférerait envisager le pire, quitte à devoir être convaincue qu’une sorcière était prisonnière de leur demeure, même si c’était aussi excessif qu’absurde. Miranda Blaine ne pouvait s’être tuée pour rien. Leur visite seule n’avait pas été le déclencheur après plus de trente années d’immobilisme. C’était ce qu’elle avait entendu, ce qu’Olivia lui avait confié, qui avait atteint la pauvre malheureuse. L’idée que ce qui hantait sa maison et avait probablement poussé sa fille et son mari au suicide se soit réveillé et recommence éventuellement avec une autre famille.

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J’ignorais même que ça puisse être un sujet de conversation sérieux, à vrai dire. Martha s’approcha pour remplir le verre vide d’une bonne rasade de vin rouge. – Imaginez-vous que notre corps est une poche d’énergies, expliqua la médium en faisant tournoyer le vin dans le verre, celles-ci sont complexes et se façonnent au gré de notre existence selon nos expériences, notre morale, nos sentiments, nos joies, peines et souvenirs, jusqu’à leur donner une tonalité absolument singulière et unique. Il n’y a pas deux mélanges d’énergies qui soient identiques, chaque individu a le sien propre. – Une sorte d’ADN psychique ? proposa Tom, curieux. Martha se rapprocha de lui tout en humant le bouquet de son breuvage.

 – C’est exactement cela, approuva-t-elle tandis qu’elle ouvrait la baie vitrée en tirant sur le battant coulissant. Et ce mélange forme notre personnalité, au-delà de nos tissus, muscles et neurones, c’est l’essence même de ce que chacun de nous est. Notre chair maintient cet élixir en nous, et garantit notre individualité. La fraîcheur de la soirée pénétra dans la cuisine, en même temps que l’humidité. La pluie arrosait abondamment le jardin et la forêt au-delà, et Martha avisa le paysage presque invisible dans la pénombre jusqu’à ce que ses yeux reviennent à ses pieds et tombent sur l’eau que crachait la gouttière sur le côté. Le filet glougloutait et se perdait à travers une grille dans le réseau d’évacuation. – À notre mort, reprit-elle, notre enveloppe charnelle se rompt et libère nos énergies qui se dissipent dans celles, pures, de l’univers.

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