dimanche 4 novembre 2018

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Mais la femme n’ajouta rien ni ne fit le moindre signe avant que ses prunelles viennent reprendre leur place. Olivia hésita à alerter le personnel médical mais quelque chose tapi au creux de l’intensité dont avait fait montre la vieille femme l’en empêcha. C’était leur secret à elles. Entre mères. Miranda Blaine était incapable de parler. Jamais plus elle ne remonterait à la surface, elle s’était enfouie bien trop loin dans ses propres abysses pour un jour y parvenir. La mort de sa carcasse serait son unique porte de sortie. Mais quelque chose du domaine du réflexe avait réagi. C’était cette part instinctive du cerveau qui lui avait répondu, comprit Olivia. Et pour qu’elle s’active ainsi, il avait fallu que ce soit important. Une information brutale. Nécessaire. Ce qu’il restait de Miranda Blaine sur cette terre avait été on ne peut plus clair avec Olivia. Elle l’avertissait.

La présence cristalline de la rivière tintait dans l’obscurité, se heurtant aux parois qui la contraignaient dans les entrailles de la ville. Le bestiaire quasi complet des arthropodes nichait dans son domaine, au milieu de champignons pruineux et de rideaux de toile grise, en lambeaux, qui pendaient depuis les hauteurs. Le pinceau de la lampe torche traçait une lame vive devant Ethan Cobb, et tout le reste de son environnement n’était que néant, comme s’il marchait sur un étroit trottoir de dalles flottant dans le vide absolu. Chaque mètre parcouru s’effaçait aussitôt, et il ne voyait pas à plus de quelques pas de distance.

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Le tunnel avait fait un coude pour commencer, afin d’éviter la marina, et il filait à présent plein sud. De temps en temps, des canalisations débouchaient de la paroi, certaines de la taille d’une balle de baseball, et d’autres assez hautes pour qu’un homme s’y glisse accroupi. Toutes étaient sèches et Ethan devina qu’elles drainaient les eaux de pluie le long des caniveaux ou des gouttières et des jardins. S’il s’y aventurait, il trouverait un labyrinthe autrement plus complexe où il serait aisé de se perdre, avec ses pièges : des grilles et des fosses donnant sur un autre lacis, un cran plus bas, celui des égouts à proprement parler. Les évacuations qu’il croisait ne servaient qu’en cas de fortes crues pour rejeter ce que le réseau principal ne pouvait absorber, afin d’éviter que tout ne déborde dans les rues et les maisons. Heureusement que ces gamins ne se sont pas lancés là-dedans. Qui sait ce qui aurait pu leur arriver…

Même si Ethan devait reconnaître qu’ils s’étaient préparés, et pas qu’un peu. Et le grand l’a dit : tant qu’on reste dans le tunnel de la rivière, c’est on ne peut plus simple… Il se rassurait comme il le pouvait. Ethan n’était pas un trouillard, certainement pas du genre à ne pas descendre dans une cave mal éclairée, encore moins lorsque son métier le lui commandait. Toutefois, s’enfermer sous terre sans équipement adéquat, sans avoir prévenu quiconque et sans réelle idée de là où il allait ne le mettait pas à l’aise. Il songeait aux couches successives de roche, de conduites de gaz ou d’eau potable, de bitume et aux montagnes de bâtiments au-dessus de lui, sans échappatoire possible s’il avait brusquement besoin de respirer au grand air, et un léger sentiment de claustrophobie l’envahit. Détends-toi. Même ici, il y a des plaques d’égout de temps à autre.

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jusqu’à atteindre la surface. Là non plus, mieux valait ne pas être trop stressé par le manque d’espace si on espérait parvenir jusqu’au sommet, Ethan se demandait si lui-même passait sans rentrer les épaules. Elles sont rares… en cas d’inondation brutale, il faut avoir le temps de courir pour en rejoindre une et monter avant d’être emporté par le courant… Ethan grommela à voix haute. Il se faisait des films. La rivière coulait un mètre plus bas, paisible. Il n’y avait pas de pluie dehors et à sa connaissance aucun barrage en amont capable de déverser des trombes subitement. Et puis il y avait le lac du parc municipal, il avait été créé spécialement pour ça, faire tampon en cas de fortes crues, afin d’éviter de saturer le système souterrain. Certes, il déambulait au milieu d’un entrelacs complexe de galeries, de tuyaux et de puits, mais il ne devait pas pour autant perdre son sang-froid, c’était digne d’un enfant de dix ans.

Le tunnel n’était presque jamais droit, lorsque Ethan levait le faisceau de sa lampe, celui-ci se heurtait à une courbe plus ou moins prononcée, là où le jeune flic s’était attendu à une perspective fuyante parfois sur plusieurs centaines de mètres. Le carcan que l’homme avait imposé aux flots n’était en réalité qu’un habillage pour l’enfouir, mais ils avaient suivi son tracé naturel, aussi erratique fût-il. Ethan se représenta les multitudes de tranchées, de passages enterrés et de trous sur lesquels se bâtissaient les villes, leur alimentation invisible en eau, gaz, électricité, et tout le réseau d’évacuation. Ces couloirs interminables auxquels personne ne pensait jamais, véritable système parallèle et absolument vital pour la société, étaient comme une présence fantomatique flottant sur la civilisation. Ethan frissonna sans savoir si c’était à cause de ses pensées ou bien parce que la température avait baissé.

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n étrange écho distant le sortit de ses divagations, sorte de raclement lointain, et il tendit l’oreille sans rien entendre de plus. Il devait marcher depuis un bon quart d’heure, et il estima qu’il n’était plus très loin de ce que les adolescents considéraient être l’épicentre de leurs préoccupations. Quelque part sur sa droite devait se dresser la place de l’Indépendance, cœur de Mahingan Falls, et plus loin devant lui le complexe scolaire sous lequel se mélangeaient les deux rivières souterraines. Encore cinq bonnes minutes. Cette fois, ce qu’il entendit ressemblait à quelque chose qui tombe sur le dallage, et le choc résonna dans toute la galerie sans qu’Ethan puisse identifier avec certitude ce que c’était ni d’où cela provenait. Il s’immobilisa une dizaine de secondes, curieux, remarquant un filet de terre poudreuse qui s’effrita juste au-dessus de lui, et toujours ce linceul quasi permanent de toile nimbée d’humidité et de poussière.

Poursuivre. Il y avait apparemment une vie là-dessous, mais fallait-il s’en étonner ? Des rongeurs de toutes sortes devaient s’y réfugier pour la tranquillité. Sans compter ce que la rivière charriait de nourriture potentielle et de débris utiles pour nidifier. Ethan pestait contre le champ de vision rétréci à la seule bande que déroulait sa Maglite. Le chemin n’était pas très difficile à suivre, mais ne jamais être capable ne serait-ce que de deviner ce qu’il y avait à la périphérie le frustrait. Régulièrement, il essuyait la parure argentée qui s’accrochait à sa casquette, époussetait ses épaules et dérapait dans des matières douteuses qu’il supposait être des déjections animales. Au moins il s’épargnait les seringues usagées de junkies. Il y en avait peu à Mahingan Falls, cela le changeait de Philadelphie, en particulier de Kensington, son ancien quartier de patrouille, dont c’était l’une des nombreuses spécialités. Il en avait trop de souvenirs sordides, en particulier les squats en ruine et tagués à l’extrême qui empestaient l’urine.

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a sueur, le sexe glauque et la drogue frelatée. Ici, personne ne se risquait à descendre si loin alors que toutes les maisons abandonnées d’Oceanside Residences s’offraient en pâture aux rares toxicos locaux et fugueurs en mal de tanière. Le murmure de l’eau s’accentuait plus loin, se réverbérant contre les parois. Ethan y était presque. Sauf que cette fois il identifia clairement ce qui était un marmonnement humain. Il s’arrêta net. Ça vient de derrière. Il demeura ainsi à écouter puis se mit à chercher une cachette sans rien trouver, alors il revint sur ses pas de quelques mètres jusqu’à une canalisation d’eaux usées qui sourdait du mur, et il s’y faufila en se penchant. Il y tenait difficilement, genoux fléchis. Il coupa sa lampe et la perte totale de repères qui suivit le mit un peu mal à l’aise. Un grand gaillard comme toi ? Apeuré par le noir, sérieux ? Une minute de silence, sinon le léger sifflement d’un courant d’air et le ruissellement en bruit de fond.

Le filet de vent provenait de son dos et il supposa que le passage devait se poursuivre au loin. L’idée de ne pas pouvoir se retourner – il n’en avait pas la place – pour s’assurer qu’il était bien seul dans ce tuyau ovale commença à le déranger. Ne sois pas bête, bien sûr qu’il n’y a personne derrière toi ! Qui aurait pu se glisser là ? Pourtant, son imagination s’emballait et il se souvint du film Alien et d’une scène en particulier où l’un des héros, Dallas ?, explorait des conduites d’aération avant que ne surgisse le monstre juste derrière lui. C’était une idée bien idiote, se reprocha-t-il immédiatement. Ça suffit, maintenant. D’un : je tiens à peine dans ce réduit, je ne peux pas me retourner, donc ça règle le problème, et de deux : il n’y a pas de psychopathes et encore moins de créatures sanguinaires dans ces souterrains ! Il en était là de ses divagations lorsqu’il capta un chuintement, tout proche, celui d’une semelle, suivi de souffles.

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Ethan serra le poing. Il était furieux lorsque ses soupçons se confirmèrent. Il les laissa passer devant lui et jaillit tel un diable hors de sa boîte. – Là vous dépassez les bornes ! s’énerva-t-il. Les cinq adolescents poussèrent le même cri et ils braquèrent leurs énormes fusils à eau dans sa direction. Ethan vit alors un des briquets allumés sous le canon. – Qu’est-ce que… Ne me dites pas que vous avez fabriqué des lance-flammes ? C’est bon, vous avez gagné : tout le monde dehors, cette fois c’est le poste de police. – Vous alliez vous faire tuer, monsieur, intervint Owen. – C’est vrai, il nous était impossible de vous abandonner alors que c’est nous qui vous y avons expédié, insista Connor. – J’ai essayé de les arrêter, prévint Gemma, honteuse, mais ils n’écoutent rien ! – Ça pour parler, se plaignit Connor, t’arrêtes pas ! Ethan explosa. – Vous vous rendez compte des risques que j’ai pris à attendre jusqu’à aujourd’hui alors que j’aurais pu venir vous interroger devant vos parents dès le coup de fil de Gemma ? Je vous ai à nouveau laissé votre chance, là-dehors, et comment est-ce que vous me remerciez ? Ethan arracha le fusil des mains de Connor et souffla sur la flamme du briquet. Il renifla le lourd réservoir avant de secouer la tête, accablé.

Chad, qui inspectait son briquet éteint, insista à son tour : – Cinq minutes de plus ! C’est tout ce qu’on vous demande ! – J’ai été stupide et trop gentil. J’ai eu tort. C’est fini. Un son étrange parvint de plus loin dans le tunnel, sorte de longue expiration sifflante, et tous pivotèrent pour y faire face. – Ils sont là, déclara Owen d’une voix fébrile. – De qui est-ce que tu parles, gamin ? – Les Indiens morts, répondit Chad. Ethan rendit son fusil à Connor et brandit sa lampe dans la direction suspecte. Le silence était revenu. Jusqu’au déclic métallique du briquet que Connor rallumait sous son canon. – Tu m’éteins ça immédiatement, commanda le flic. – S’ils déboulent, vous comptez les arrêter comment ? – Personne ne va débarquer, arrêtez avec ça. Un murmure lointain se réverbéra contre les murs, plusieurs voix indistinctes entremêlées, et cette fois même Ethan Cobb tressaillit. – Vous entendez ! chuchota Chad. Ils sont là-bas. On vous l’avait dit ! Ethan leva le doigt vers la sortie. – Vous repartez immédiatement, moi je vais aller voir. Sans vous.

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Officier, je ne suis pas trop rassurée à l’idée de rentrer seule avec ces quatre couillons. Nous pourrions rester derrière vous ? Ethan fulminait. Ces gamins étaient en train de le rendre dingue. Que pouvait-il faire pour les contraindre à rebrousser chemin à part les accompagner de force ? Et donc abandonner la piste du tunnel et ces voix qu’il venait de surprendre… Il pesa le pour et le contre. Il pourrait toujours revenir plus tard mais seraient-elles encore là ? Il ne devait pas y avoir plus de cinquante mètres avant la jonction des deux rivières. Ethan lâcha une longue expiration résignée. – Je vous préviens, le premier qui dérape et qui n’écoute pas mes ordres, je le coffre pour insubordination, c’est clair ? Tous hochèrent la tête de conserve.

– Et vous restez cinq mètres derrière moi, ajouta-t-il avant de s’élancer. Ethan avançait, triangle de lumière devant lui, les sens aux aguets. Ses pensées demeuraient trop confuses, si bien que son imagination bouillonnait et tentait de prendre le dessus pour expliquer ce qu’il ne parvenait pas à comprendre. Il s’efforçait de la canaliser. Rien ne faisait sens. Ni la présence d’individus là-dessous, ni la raison pour laquelle ils auraient tué Dwayne Taylor, ni même pourquoi il se retrouvait, lui, à errer dans ces galeries en compagnie de cinq adolescents alors qu’il aurait dû être en train de les raccompagner chez eux pour avoir une bonne conversation. Trop gentil. Trop naïf. Trop curieux. Trop paumé, oui. Il ne pouvait le nier. Ce qui se passait en ce moment à Mahingan Falls le dépassait. Et son intuition lui dictait que ce qu’il traquait à l’instant même était lié, d’une manière ou d’une autre, à toutes ces histoires.

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Tous s’écartèrent pour éviter de se retrouver couverts de gouttes. – Merde ! lâcha-t-il. J’aurais juré qu’un gugusse me soufflait dessus ! Ethan partageait ce sentiment mais il n’aperçut qu’un boyau étroit qui remontait vers une plaque d’égout. Ce n’était pas une divagation, ils l’avaient tous entendu avec suffisamment de précision pour en être effrayés. C’est peut-être une dépression de l’air lorsqu’un véhicule passe sur la plaque là-haut… – Range-moi cet instrument à conneries ! exigea le flic. Tu vas finir par nous recouvrir d’essence, tu imagines à la première étincelle ? Mais Chad n’eut pas à obéir, les murmures reprirent, tout bas, quelque part plus loin, toujours inintelligibles. Au moins cinq ou six personnes, estima le lieutenant en avançant prudemment.

N’était-il pas temps d’appeler des renforts ? Sous quel prétexte ? Et comment je m’explique ensuite devant Warden ? Ethan fit apparaître son téléphone portable et constata qu’il venait de perdre l’unique barre de réseau dont il disposait. Cela réglait le problème. S’il voulait appeler Cedillo et Foster il n’avait d’autre option que de rebrousser chemin maintenant, pour revenir dans au moins une heure s’ils se dépêchaient. Non, j’y suis presque. Il devait jeter un coup d’œil, chasser d’éventuels plaisantins. Et s’il ne le sentait pas en approchant, il pourrait toujours revenir en arrière. Sa lampe prenait une multitude de toiles d’araignées tremblantes dans son faisceau et chacune lui paraissait être une silhouette tapie dans l’ombre.

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Puis le passage s’élargit et la rumeur de la rivière s’intensifia, devenant un clapotis plus dynamique en aval. La jonction. Ils étaient parvenus sous le complexe scolaire. Ethan arrêta sa troupe d’un geste de la main. – Vous attendez là. Tous ensemble. Personne ne vient. Je suis très sérieux ! Gemma, ils sont sous ta responsabilité. La jeune femme voulut réagir, mais la fermeté du lieutenant de police la fit taire. Ethan se glissa en silence dans ce qui était un vaste hall souterrain, surpris de ne distinguer aucune source de lumière.

Les avait-on entendus approcher ? Ce n’était pas impossible… Le trottoir s’élargissait pour former une aire d’une dizaine de mètres de large et il capta dans son rayon blanc ce qui ressemblait à des colonnes de béton grimpant jusqu’à se perdre dans le noir. Un escalier en acier corrodé enjambait la rivière pour desservir une plateforme en triangle, bordée de part et d’autre par des eaux frémissantes. Des manivelles et des volants fixés dans un pupitre se dessinaient en ombres chinoises, probablement de quoi manipuler les herses et les plaques de barrage montées sur rails afin de contrôler le débit. L’autre rivière, la Weskeag, se devinait dans le prolongement. Elles se rejoignaient dans un vaste bassin légèrement bruyant avant de repartir en un seul et unique canal disparaissant dans son tunnel. L’ensemble de la salle ressemblait à un quai de gare.

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Des claquements sonores retentirent soudain, et tout un groupe de silhouettes fila à travers le hall droit sur Ethan qui eut la sagesse de ne pas se préparer au pire. Les cinq adolescents se ruèrent autour de lui en désignant le passage d’où ils venaient et ils piaillèrent tous en même temps : – Il y a quelqu’un ! – Des sons flippants ! – Oui, oui, oui, c’est vrai ! – Je vous jure qu’ils ne mentent pas, moi aussi j’ai entendu ! Ethan n’eut pas le temps de chercher à les calmer que des dizaines de voix se mirent à chuchoter sur les côtés, surgies de nulle part, s’exprimant dans une langue qui n’était pas de l’anglais. Elles tournaient de tous les côtés, débitant leurs phrases étranges d’un ton sec, presque agressif. – Qu’est-ce… Qui est là ? demanda Ethan avec plus d’assurance. Il n’y avait pourtant personne. Partout où il vérifiait, il n’y avait que dalles vides et recoins poussiéreux.

Puis le chant s’intensifia et accéléra sa ronde. Certaines voix se mirent à insister sur un mot, plus fort, criant et faisant sursauter Owen, Gemma ou Chad à côté desquels elles avaient résonné. Un courant d’air glacial traversa le groupe au même moment et de la buée sortit de leurs bouches entrouvertes. – Ils sont là…, lâcha Owen du bout des lèvres en frissonnant.

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Ethan cilla. Il n’était pas sûr de ce qu’il venait de voir, ni même certain qu’il voulait s’en assurer. Pourtant, là où sa lampe n’éclairait pas, il pouvait sentir des présences, comme des bras ou des mains qui s’étiraient vers eux, dans l’ombre. Il ne comprenait pas ce que ses sens lui montraient, son esprit était incapable de fournir une explication logique, et la spirale de voix s’accéléra encore, étourdissante. Qui ou quoi qu’ils fussent, Ethan percevait une certaine colère dans leur frénésie. Pire, par moments il avait l’impression d’une rage mordante, littéralement, une mâchoire claquant juste à proximité de son oreille après avoir lâché un cri dans cette langue inconnue. Un des garçons poussa un hurlement tandis qu’il vacillait et Gemma en fit autant lorsqu’elle fut happée en arrière. Ethan la saisit in extremis et la ramena dans leur petit cercle.

La force qui l’avait tenue s’était brisée instantanément mais une autre l’attrapa et cette fois Ethan dut mettre son poids en opposition pour récupérer Gemma qui le regardait, terrorisée. Il la serra contre lui. – Qu’est-ce qui se passe ? s’affola-t-elle. Qu’est-ce que c’est ? Ethan pointait sa lampe dans une direction puis dans l’autre, sans jamais rien capter dans son filet et pourtant les ténèbres grouillaient, il le savait, il les devinait juste là, il lui suffisait de tendre le bras pour qu’ils jaillissent et l’emportent.

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de mettre un sens sur cette aberration, et donc de savoir comment y réagir. Il était hypnotisé par l’impossible et un sursaut de protection mentale shunta son cerveau, coupa le contact de sa conscience pour qu’il ne sombre pas dans la démence. Ethan entra dans une forme de catatonie, inapte à réagir. Il entendait, il voyait ou pensait voir, mais plus rien n’avait d’importance. Son corps était ici, sous terre, mais son esprit, lui, s’envolait, loin, le plus loin possible. Des griffes se tendaient dans le noir, plusieurs vêtements furent agrippés au passage, tranchés net, Chad et Corey furent même blessés, entaillés à la jambe et à l’épaule, tandis qu’Owen était brutalement saisi à la taille et tiré en arrière. Il tendit les mains et son cousin le retint avant qu’il ne disparaisse dans le cyclone vrombissant constitué de cris et d’ombres. Les dents de bouches invisibles, mais affamées, claquaient dans les airs tout autour. – Me lâche pas ! s’écria Owen. Mais cette fois la pression était trop forte. Chad vit son cousin décoller dans les airs et leurs mains commencèrent à glisser. – NON ! NON ! supplia Owen. Son faciès distordu par une terreur absolue, il pouvait percevoir les dizaines de doigts avides et froids qui se resserraient sur ses jambes pour l’attirer, et il savait que s’il se faisait aspirer, les gueules garnies de crocs qui piaillaient derrière le dévoreraient en un instant. Chad n’avait plus assez de force pour maintenir sa prise. Le contact se dénouait. Il se mit à gémir, à se tordre en arrière pour tout essayer, et des larmes d’effort, de peur et de désespoir l’aveuglèrent.

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