samedi 3 novembre 2018

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Partir Tina Seskis pdf 

Partir de Tina Seskis pdf gratuit


Un mari apparemment charmant. Un fils adorable. Une maison ravissante. Emily Coleman est une femme comblée. Pourtant, un beau matin, elle prend le train pour Londres, bien décidée à tout laisser derrière elle. C’est désormais sous l’identité de Catherine Brown qu’elle partage un appartement miteux avec des colocataires et occupe un travail sans avenir. Elle n’aspire désormais qu’à une seconde chance. Mais qu’est-ce qui a pu la pousser à abandonner une vie qui semblait si parfaite ? Quel est ce secret qu’elle protège avec tant de force ?

Titre de livre: Partir
Auteur: Tina Seskis
Catégorie(s): Romans & Fictions.
Genre: Thriller
Collection: Hors collection
Pages: 143 Pages
Taille: 31 MB
Edition: Pocket



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Ses immenses yeux de faon dégagent tant de tristesse que je me verrais mal lui poser des questions sur sa maladie. Aussi, je change de sujet. — En tout cas, ces masques n’ont pas l’air de perturber tes invités ! dis-je, tout en pointant le menton en direction des quatre hommes. Très concentrés sur leur jeu, ils ne nous accordent aucune attention. J’aperçois monsieur « Zénitude » parmi eux. À l’exception de ses sourcils froncés, la physionomie du vieux pompiste aux cheveux blancs noués en catogan respire la confiance et le calme. — Ils sont habitués à leur présence. Tu connais déjà Alphonse, qui travaille à la station essence. C’est l’un de nos huit Sages, me répond Nicole. — Sage ? demandé-je bêtement. — Oui ! Il fait partie du Cercle des Sages, chargé de surveiller l’application du Code de notre nation. — Moins de bruit ! grogne un jeune homme brun au regard sombre et aux traits fins. — Lui, c’est Daniel, mon frère ! Ne t’inquiète pas, il n’est pas méchant. Il y a aussi Raymond et François, les petits amis de ma mère et de ma grand-mère. — Salut ! nous lancent de conserve ces derniers. — Bonsoir ! répliqué-je tout bas, intimidée par la carrure massive du premier et la longue chevelure blanche du second. — Bonsoir à tous ! poursuit Nicole. Je vous présente Estelle, ma nouvelle amie.

Sur ce, elle me conduit jusqu’à la cuisine, ultra-moderne, où je fais la connaissance de sa mère, Hélène, et de sa grand-mère, Annie. Oh là là ! Ça commence à faire beaucoup de prénoms ! Je ne réussirai jamais à tous les mémoriser. Quoi qu’il en soit, il y en a un que je souhaite oublier à tout prix. À partir de maintenant, j’efface « Curtis » de mon esprit. Bien qu’occupées à préparer le repas, les deux femmes me font bon accueil. Je m’en veux de ne pas me montrer plus accorte. Après tout, elles n’y sont pour rien si un enfoiré de policier me retient ici contre mon gré. Elles ressemblent tellement à mon amie que je n’ai aucun mal à deviner leur lien de parenté. Toutes trois sont petites, menues, avec un teint très clair et de grands yeux noirs. Seuls diffèrent leurs cheveux. Noirs pour la mère et la fille, là où ceux de la grand-mère sont blancs. En outre, Nicole est bien moins chevelue que ses aînées, de sorte que je comprends mieux sa fascination pour ma tignasse. — Tu devrais emmener Estelle à sa chambre, dit la mère de Nicole à sa fille. Elle dort debout, la pauvre petite.

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Vous avez largement le temps de faire une sieste avant le repas, Estelle, renchérit la grand-mère. Nous ne dînerons pas avant 20 heures. La paupière tombante, les bras ballants, j’opine du chef. La déprime est en train de me gagner. Ces gens sont si charmants, pourquoi chercherais-je à les fuir ? Parce que je n’ai pas choisi d’être ici, pardi ! Tout en emboîtant le pas à Nicole jusque dans ma chambre, je mijote des plans d’évasion. Tiens, et si je descendais la rivière Akiawenrahk en canoë ! Arrivée à destination, je m’effondre sur le lit, tête la première. Tigrou se couche sur le flanc contre ma hanche. Les quelques mots gentils que m’adresse Nicole effleurent mes oreilles sans atteindre mon cerveau. Les ronronnements du chat suivent le même chemin. Je m’endors à peine ma porte refermée.

Écrasée de fatigue, je sombre dans un sommeil agité de cauchemars. Tous me transportent à l’époque de la conquête de l’Ouest. Dans l’un d’eux, je me vois à bord d’une caravane de pionniers, pourchassée par une horde d’Indiens belliqueux. Et devinez qui chevauche en tête de la troupe ! Monsieur « Tue-l’amour » ! Torse nu et sexy comme un diable. Dans une autre scène rêvée, je suis sa prisonnière. Il m’a attachée à un totem et danse autour de moi tout en brandissant un bâton de parole. « La ferme ! La ferme ! » scande-t-il sans relâche. À l’évidence, l’attrape-rêves accroché à ma fenêtre ne fonctionne pas.

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Mon premier réflexe serait de le rembarrer, mais en pensant à Nicole et à sa famille, je me ravise sur-le-champ. La bouche pâteuse et les jambes lourdes, je me lève. Tigrou m’imite. Je m’étire mollement. Il en fait autant avant de bâiller à s’en décrocher la mâchoire. — Je vous préviens ! Si vous ne sortez pas d’ici tout de suite, j’entre ! continue de me harceler monsieur « Tue-l’amour ». Dans la foulée, il tape un grand coup sur le battant de bois. Lequel coup résonne comme un glas à mes oreilles. Tout en boitillant, je marche en direction de la porte. Je ne l’ai pas atteinte qu’elle s’ouvre à la volée. Monsieur « Tue-l’amour » surgit et s’arrête sur le seuil de ma chambre. La main sur la poignée, les yeux étrécis et les mâchoires crispées, il ressemble à un tigre prêt à bondir sur sa proie. Je suis persuadée que je pourrais l’entendre feuler si les ronronnements du chat n’emplissaient pas l’espace sonore. Il est plus sexy que jamais dans son uniforme de policier. Bien que je n’aie nulle envie de lui plaire, je prie pour que mon visage ne porte pas les marques de l’oreiller.

Ce disant, il lâche la poignée et s’avance de plusieurs pas vers moi. Je recule d’autant, avec des frissons dans tout le corps. Car je dois bien avouer que le souvenir de sa langue me fouillant profondément me donne tour à tour chaud et froid. Arrivée en butée contre le lit, je n’ai d’autre choix que de laisser monsieur « Tue-l’amour » m’approcher. Si près que je suis obligée de relever la tête pour affronter son regard. Quelle femme pourrait résister à ses beaux yeux d’émeraude, ombragés de longs cils ? Moi ! Ce type est devenu mon pire cauchemar. — N’importe quoi ! m’énervé-je, tout en renâclant un bon coup. Je ne vous ai jamais encouragé à faire quoi que ce soit. — Non seulement vous m’avez chauffé à blanc, mais en plus, vous ronronniez de plaisir.

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Mon amie disparaît à son tour de mon champ de vision. Je m’empresse de leur emboîter le pas, Tigrou sur mes talons. En passant devant un miroir mural, j’inspecte brièvement mon reflet. Hormis une tresse à moitié dénouée, mon apparence est acceptable. J’ai même meilleure mine que ce matin. Lorsque je pénètre dans la salle à manger, les conversations cessent, et tous les regards convergent vers moi. Beaucoup de regards, puisque je compte neuf convives ! La mère et la grand-mère de mon amie occupent, chacune, un bout de la table. Les quatre joueurs de cartes sont présents. Une femme blonde aux yeux noirs d’un certain âge s’est ajoutée à eux. Je bafouille un bonsoir à peine audible et je m’assois à la gauche de Nicole. En face de ce maudit policier qui, à mon grand désespoir, me scrute de ses yeux verts perçants. — Pour ceux qui ne la connaissent pas déjà, je vous présente Estelle, annonce fièrement mon amie comme si elle exhibait un trophée. De nombreux « bienvenue parmi nous », déclinés sur toutes les intonations, fusent. Monsieur « Tue-l’amour » garde les mâchoires serrées et se tait. — Parfait ! Nous allons pouvoir commencer notre repas, déclare la grand-mère de Nicole. S’ensuit un court silence pendant lequel tous prient à voix basse, la tête baissée sur leur poitrine, les mains jointes. Tous, sauf monsieur « Tue-l’amour » qui ne me quitte pas des yeux. Galvanisée par la présence du chat sur mes genoux, je lui tire la langue. C’est le comportement le plus « responsable » que je suis en mesure d’adopter ! Il l’accueille avec l’un de ses rictus méprisants. Qui pourrait imaginer que quelques heures plus tôt nous nous embrassions avec passion ? Et pourtant, je n’ai pas rêvé ce baiser brûlant dans les vestiaires. Baiser qui ne se reproduira plus ! Je m’en fais la promesse.

Vient ensuite un mijoté de poulet au maïs, puis une tarte au sirop d’érable. Pendant tout le dîner, les discussions vont bon train. Elles tournent autour de l’organisation du pow-wow qui se déroulera ici dans une quinzaine de jours. J’apprends ainsi que celui de Mendake est connu pour ses compétitions de chant, de tambour et de danse. Avant de m’installer au Québec, j’ignorais l’existence de ces célébrations amérindiennes. Désormais, je sais qu’elles sont une bonne vingtaine et qu’elles ont lieu durant les week-ends d’été. Je n’y ai jamais participé, mais je devine qu’elles sont hautes en couleur et en émotion. Ma captivité aura au moins cela d’utile qu’elle me permettra d’assister à l’une d’elles. Si je ne me suis pas enfuie entre-temps ! En plus de m’instruire, je profite de ce que personne ne fait attention à moi pour observer tout ce petit monde. Ils parlent fort, gesticulent beaucoup. Mais ils ne se disputent pas pour autant. Je dirai plutôt qu’ils défendent leurs idées avec ferveur. À la maison, mes parents n’élevaient jamais la voix. Nous formions une famille parfaite, sans histoire et – je dois bien en convenir – parfaitement ennuyeuse. Je pense que j’aurais aimé grandir dans un foyer tel que celui-ci. — Je vous propose maintenant d’aborder un sujet en rapport avec notre invitée, déclare monsieur « Tue-l’amour », comme le repas se termine et que la mère de Nicole apporte des tisanes à la canneberge. Il nous faut décider quel travail d’intérêt collectif nous lui assignerons.

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Curtis voulait lui dresser une contravention, mais Alphonse a jugé préférable qu’Estelle nous aide à organiser le pow-wow pour payer sa dette, intervient Nicole. Je trouve qu’il a entièrement raison. Tous les regards se tournent vers moi. Allez savoir pourquoi, j’acquiesce. Mais où est passé mon esprit combatif ? Qu’est-ce que j’attends pour frapper du poing sur la table, me lever et leur annoncer que je rentre chez moi ? À pied ? Autant ne pas y songer ! J’ai les jambes en compote. Et puis, je serais curieuse de voir la tête que tirera monsieur « Tue-l’amour » quand je leur parlerai de mon idée. De nouveaux hochements d’approbation accueillent sa réflexion. J’ai cru comprendre que la grand-mère de Nicole était guérisseuse, ce qui lui confère une sorte d’autorité. J’ouvre la bouche afin de lui confirmer que je suis très fatiguée et que j’ai grand besoin de vacances, mais monsieur « Tue-l’amour » ne m’en laisse pas le loisir.

J’ai en effet remarqué que le pow-wow de Mendake enchaînait plusieurs danses réservées aux adultes. Il y a bien la Grande Entrée, cette danse d’ouverture dans laquelle les enfants défilent après leurs aînés. Mais ils n’ont pas de danse attitrée. Un grand silence succède à mon annonce. Les convives ouvrent des yeux ronds, et monsieur « Tue-l’amour » fronce les sourcils. — Un ballet pour enfants ? me demande-t-il, sincèrement surpris. — Oui ! Je peux les former en moins de dix jours. Les jeunes apprennent vite. Ils sont surtout plus malléables que les adultes. Je ne devrais pas rencontrer beaucoup d’opposition.

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