samedi 3 novembre 2018

[Romans & Fictions] Telecharger Ne reviens jamais en PDF gratuit

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Lorsque Leslie Hampton meurt de manière inattendue, sa fille Elizabeth est brisée par le chagrin. Quand l’autopsie conclut à un décès par strangulation, la police soupçonne qu'elle a succombé à l'une des crises de colère de Ronnie, le frère d'Elizabeth, handicapé mental, qui vivait avec elle. Elizabeth le croit incapable de meurtre, mais qui d'autre aurait pu vouloir s'en prendre à une vieille dame sans histoire ? Tandis qu’elle se plonge dans le passé familial, Elizabeth va découvrir l'envers dangereux de vies dont elle ignorait tout.

Format : Format Kindle
Taille du fichier : 947 KB
Nombre de pages de l'édition imprimée : 359 pages
Editeur : Éditions Actes Sud (3 mai 2017)
Langue : Français


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Je nous conduis quelques rues plus loin, à l’adresse indiquée sur la médaille du bichon. La maison dans laquelle réside la famille Sioui est en tout point identique à celles qui bordent la rue. Pourtant, je devine que les revenus de dentistes sont plus élevés que ceux des habitants de la réserve. C’est ainsi que nous fonctionnons à Mendake. Selon un principe égalitaire. L’aisance matérielle ne nous rend pas supérieurs à notre prochain. Seule compte la valeur de nos actes. C’est sur cette croyance que je fonde mes actions. Chaque jour, je m’applique à devenir un homme meilleur. Soucieux du bien-être de mes administrés et digne de leur respect ! Une fois sorti de mon véhicule de service, je frappe à la porte des Sioui. Henri, qui continue de serrer son protégé contre lui, m’emboîte le pas. Une jolie brunette aux yeux bleus et au teint clair nous ouvre. Je la reconnais sur-le-champ. Nous fréquentions le même lycée à Québec. À l’époque, elle était déjà très mignonne.

Une horde d’admirateurs lui tournait autour. Je n’étais qu’un garçon bagarreur à la mine renfrognée. J’en voulais à la terre entière pour avoir été abandonné à la naissance par ma mère. Nos univers étaient donc aux antipodes l’un de l’autre. Elle évoluait en pleine lumière tandis que, tapi dans l’ombre, je combattais mes démons. Je devais lui paraître insignifiant. Elle ne doit pas se souvenir de moi. Dans une société matrilinéaire comme la nôtre, où les enfants font partie du clan de leur mère, je n’ai jamais vraiment su où était ma place. Certes, mon père est le Grand Chef de la réserve, et mon rattachement à son clan – le clan du loup – n’a jamais été remis en cause. Il n’empêche que j’éprouve un sentiment profond de déracinement. Je suis un Huron-Wendat, ça ne fait aucun doute. Mais j’ai toujours l’impression qu’il me faut fournir davantage d’efforts pour le prouver.

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Je marque une pause lorsque je réalise que son prénom m’échappe. En revanche, je suis plutôt surpris de constater qu’elle a gardé le mien en mémoire. — Salut, Isabelle, intervient Henri. On te rapporte le chien de tes parents. Plusieurs aboiements joyeux ponctuent sa phrase. Le bichon se met à s’agiter avec frénésie, motivé par la volonté évidente de sauter sur sa maîtresse. Il me semble du reste que mon adjoint aimerait en faire autant. La jupe courte et le tee-shirt moulant au décolleté échancré d’Isabelle produisent leur effet. Sur moi, ils agissent comme une madeleine de Proust, ravivant les sensations que le sein d’Estelle dans ma main avait excité. — Lucky ! s’écrie Isabelle. Mais où étais-tu fourré ? Je t’ai cherché partout. Elle s’empresse de le récupérer. Ils ont l’air heureux de se revoir, ces deux-là ! Pendant que son bichon lui lèche le visage, couinant comme un jouet, elle l’abreuve de petits mots gentils qui rendent Henri complètement gaga. J’observe la scène d’un œil dubitatif. Je ne comprends pas quel plaisir peut bien leur procurer la langue d’un chien. Je préfère largement celle de la petite Française. Eh merde ! Il faut que j’arrête de penser à elle et à tout ce qui m’est passé sous le nez !

J’attends plusieurs minutes avant de quitter le vestiaire. Principalement parce que ma colère contre monsieur « Tue-l’amour » est si vive que je préfère ne plus avoir à le croiser. Je serais bien capable de l’assommer avec le premier objet qui me tomberait sous la main. Fatalement, j’atterrirais en prison, ce que je souhaiterais éviter à tout prix ! Lorsque je regagne le bar, j’ai la chance de ne pas l’y trouver. Son collègue et lui ont vidé les lieux. Bon débarras ! Je m’apprête à repartir en cuisine, mais Nicole m’annonce que notre journée de travail est finie.

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Ainsi, à peine sortie du vestiaire, j’y retourne pour enfiler mes vêtements de ce matin. Je soupire de contentement quand mes pieds réintègrent des chaussures à leur taille. Clopin-clopant, je suis ma nouvelle amie jusque chez elle. Nous gardons le silence tout du long de notre trajet. Toujours un peu déboussolée par ce qui m’arrive, je me résigne à mon sort. Après un bain et une bonne nuit de sommeil, j’y verrai probablement plus clair et j’aviserai au meilleur moyen de m’extirper de ce mauvais pas. Nous marchons pendant une quinzaine de minutes sous un soleil de plomb avant de parvenir aux abords d’une église au toit pointu et surmonté d’un clocheton. — C’est l’église Notre-Dame-de-Lorette ! me dit Nicole avec une fierté touchante. Elle a été bâtie en 1730. Un incendie l’a partiellement détruite en 1862, mais nous l’avons fait reconstruire à l’identique juste après. Elle est belle, n’est-ce pas ?

Euh, oui ! Très belle ! marmonné-je, amorphe. Je ne savais pas que… — Notre petite communauté a embrassé la foi catholique à notre arrivée ici, au début du XVIIIe siècle, me coupe-t-elle, m’épargnant ainsi l’embarras de m’empêtrer dans les clichés que je collectionne sur son peuple. Une fois l’église dépassée, nous nous engageons dans une rue ombragée, aux trottoirs tapissés de verdure et qui se termine en cul-de-sac à la lisière d’une forêt. Les maisons basses qui la bordent sont impeccablement alignées et se ressemblent toutes. Celle que Nicole partage avec sa mère et sa grand-mère est située au bout de l’impasse. — J’habite juste à côté du parc de la Falaise, me dit mon amie, qui me désigne du doigt le bois jouxtant sa maison. Je ne sais pas si on aura le temps de s’y promener ce soir, mais, sûr et certain, je t’emmènerai demain voir la cascade Kabir Kouba. C’est tout près d’ici. — Oui, demain, c’est parfait ! répliqué-je, sentant mes yeux se fermer tant je suis exténuée.

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Marchant comme un zombie, je la suis à l’intérieur. Depuis l’extérieur, on pourrait croire sa maison toute petite tant sa façade est étroite. En réalité, elle est très spacieuse. Une bonne dizaine de chambres s’agencent autour d’un très long couloir. Nicole m’explique que la plupart des habitations de la réserve sont bâties sur ce modèle. À savoir qu’elles reproduisent la structure des maisons longues de ses ancêtres. Ces habitations en écorce de bois mesuraient moins de dix mètres de large et pouvaient atteindre cinquante mètres de long. Composées d’une seule pièce, elles abritaient tous les membres d’un même clan. On pouvait savoir combien de familles y vivaient au nombre de feux qui y brûlaient en continuité. Je suis fille unique. Ma famille se résume à mon père et ma mère. Enfant, je disposais d’une chambre et d’une salle de bains rien qu’à moi. Je ne voyais guère mes parents, car je préférais prendre mes repas dans ma chambre, devant une série visionnée sur mon écran d’ordinateur. J’ai donc un peu de mal à imaginer ce qu’était la vie de ces gens. Ils ne devaient pas jouir de beaucoup d’intimité. En revanche, ils ne se sentaient jamais seuls. Je ne compte pas les fois où la solitude m’a pesé.

Merci, me répond-elle, visiblement fière d’elle. Après une courte pause contemplative, nous repartons dans le couloir. Mon amie me conduit sur le seuil d’une vaste salle à manger. Décorée selon le style trappeur, elle est lambrissée de bois brut du sol au plafond. Des masques rouge et noir à la laideur grotesque ornent les murs. Ils sont tous plus effrayants les uns que les autres. J’en ai la chair de poule. Comme mon regard se fixe sur l’un d’eux, Nicole se penche vers moi pour m’abreuver d’explications. — C’est le masque de Skadawati, le protecteur de notre peuple. Il a été sculpté dans l’écorce d’un arbre vivant. Et puisque ce dernier a survécu à la scarification, le masque possède de grands pouvoirs. — Brrr ! Il fait peur ! murmuré-je, afin de ne pas déranger les quatre hommes assis à la longue table et occupés à jouer aux cartes.

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