dimanche 14 octobre 2018

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Startup République en ligne, Il tambourinait de toutes ses forces contre la vitre du hall des départs, à l’étage supérieur. Quand il croisa mon regard, il s’arrêta et ses bras tombèrent le long de son corps. Ses épaules étaient basses. Sa mine n’était pas celle des meilleurs jours. Il s’était passé quelque chose avec Betty, j’en étais sûre et certaine. Il mima un téléphone. Je niai… Mais pourquoi cet acte manqué ? Pourquoi enfouir mon portable au fin fond de ma valise ? J’étais bien avancée, maintenant… Je me sentais perdue, ne sachant trop quoi faire : pleurer, aller le rejoindre, m’écrouler, partir ? Aussi déboussolé que moi, Léo posa ses deux mains sur la vitre de part et d’autre de son visage. Il était ému et ses yeux embués me laissèrent sans voix. Le temps suspendit sa course folle et douloureuse. Nous restâmes là, à nous regarder, à la recherche l’un et l’autre d’une réponse muette. J’aurais voulu entendre sa voix, savoir ce qu’il avait à me dire, ce qui l’avait empêché d’être à mes côtés pour notre dernière soirée. Une boule me monta dans la gorge. Un sentiment confus de peine et de colère m’envahit. Je savais pertinemment que je pouvais lui faire confiance. L’évidence de notre relation ne pouvait me jouer des tours. Mais alors, comment pouvions-nous nous retrouver ici, ce soir, dans cette situation si absurde et tellement cruelle ? La voix d’une hôtesse indiquant mon embarquement prochain me fit revenir à la réalité. D’autant plus quand je découvris avec stupeur que c’était bel et bien l’hôtesse de l’enregistrement et qu’elle venait de découvrir que j’étais seule et que mon soi-disant mari se trouvait coincé à l’étage du dessus… Quand son regard se posa sur moi, je sentis une pointe de mesquinerie me clouer sur place. Jamais je n’avais eu le droit à la solidarité féminine, mais de là à me mettre à terre… Je me retournai vers Léo, mais il avait disparu. Prise de panique, je me mis à chercher de tous les côtés, de bas en haut, à droite, à gauche. Le souffle me manquait. J’avais la nausée. J’aurais voulu être partout sauf ici. Soudain, on me tapa sur l’épaule. Une dame aux rides radieuses et aux cheveux poivre et sel m’interpella.

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Soudain, ses mots résonnèrent en moi et je me retournai vers la vitre du premier étage. Léo était là, caché derrière une feuille blanche où il avait griffonné quelque chose que je ne parvenais pas à déchiffrer. Submergée par des émotions contradictoires, je m’avançai doucement pour me rapprocher… J’avais peur. Peur de lire le message. Peur d’y croire une fois encore. Léo me fixait avec intensité. Quand je pus décoder ce qu’il m’avait écrit, tout craqua en moi. La vie réunit ceux qui s’aiment. Comme je restais tétanisée, Léo baissa rapidement sa feuille, s’accroupit et écrivit un autre message que j’attendis avec crainte… Mon cœur avait repris sa course folle, les larmes roulaient sur mes joues brûlantes d’émotion, je tremblais des pieds à la tête. Au bout de secondes qui me semblèrent une éternité, Léo se leva, me dévisagea, m’offrit un sourire triste et colla de nouveau sa feuille à la vitre. Léo laissa tomber la feuille à ses pieds et se colla à la vitre comme s’il souhaitait la faire voler en éclats pour que plus rien ne nous sépare. Nous étions là, perdus dans le regard de l’autre, tristes, démunis, face à cette séparation inévitable. Je n’avais rien à lui répondre. J’étais désemparée. Bien sûr que je l’aimais. Bien sûr que j’attendrais. Mais combien de temps ? Le spectre d’Emma volait au-dessus de nos deux cœurs déchirés par ce départ fatal. L’hôtesse annonça l’embarquement immédiat et invita les derniers passagers à monter à bord. Le hall s’était vidé sans que je m’en sois rendu compte. D’un pas mal assuré, je retournai rassembler mes affaires. Avant de prendre le chemin du couloir menant à l’avion, je me retournai vers la vitre. Léo n’avait pas bougé d’un centimètre, mais son visage baissé m’empêchait de lui faire signe une dernière fois. Je m’apprêtais à partir quand il leva enfin les yeux sur moi. Nos regards noyés sous des rideaux de larmes s’entrechoquèrent. Ses lèvres se mirent à articuler des tonnes de « Je t’aime » qui me transpercèrent l’âme. Un rire inattendu et incontrôlable s’empara de tout mon être. Tout sembla s’arrêter. Il n’y avait plus que lui et moi, face au reste du monde.

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Quand je passai la porte de mon appartement quelques heures plus tard, tout semblait avoir changé. J’étais partie effondrée et détruite. Je revenais forte et heureuse. Bien évidemment, ce départ déboussolant de Galway m’avait chavirée et j’avais passé les quelques petites heures du vol à dormir. Mais je ressentais plus fort que jamais la présence de Léo à mes côtés et portais secrètement en moi la certitude profonde que l’avenir nous réunirait. Je retrouvai rapidement mes petites habitudes dans ce cocon qui était le mien. Et, sans même avoir pris le temps de défaire mes bagages, je me plongeai avec délectation dans un sommeil doux et réparateur. Je n’avais pas la force de faire face à tous les souvenirs que transportaient mes sacs. Je voulais prolonger cette parenthèse enchantée et totalement inattendue encore quelques heures. Au petit matin, revigorée par une nuit calme et tranquille, je pris le chemin de ma salle de bains bien décidée à ne pas perdre de temps dans le montage de l’exposition. Seul ce lien me reliait encore à Galway, à David, à Akio et Megan mais aussi et surtout à Léo. Marcher dans les rues de Paris au lever du soleil avait toujours eu un petit côté magique pour moi. Cette ville, ma ville, m’avait manqué et sa beauté lumineuse me mit au cœur un baume inattendu. Je repensai alors à la promenade matinale de Léo et souris malgré moi. Depuis l’aéroport, je n’avais eu aucune nouvelle de lui. Mon téléphone était resté si muet que mon cœur se serra à cette simple pensée. Je tentais, autant que je le pouvais, de ne pas m’inquiéter outre mesure. Je savais que l’approche du procès l’obligeait à faire très attention et à ne pas prendre le moindre risque. Heureusement, l’organisation de l’exposition allait nous réunir, cela ne faisait aucun doute.

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Soudain, le trac m’envahit quand je réalisai que j’allais reprendre le chemin de Brouillon d’un Rêve où June et Martin avaient dû laisser quelques traces de leur passage ensemble… En arrivant au bout de la petite rue pavée de la galerie, je fus gagnée par un tremblement sournois. Je mis du temps à sortir le petit porte-clés qui n’avait jamais quitté mon sac à main et, d’un geste incertain et peu rassuré, j’ouvris le rideau de fer… Le son de la porte, les odeurs de bois et d’encre, le grincement du parquet m’offrirent un retour express en arrière… Les souvenirs me sautèrent instantanément au visage : toutes ces journées de travail avec Martin, la rencontre avec June, son entretien d’embauche… Mes pas résonnaient dans l’immensité du silence brut. Rien n’avait changé. Tout était encore là, exactement à la même place. Seule une petite plante verte m’attendait sur le bureau avec une carte manuscrite de June. Bon retour Un mélange de joie et de peine fit son apparition, mais j’étais bien décidée à ne pas lui laisser de place. J’avais une mission à mener à bien et je m’y raccrochais avec avidité et une peur panique du vide. Je mis rapidement en marche l’ordinateur, la machine à café et la musique avec ces gestes tant de fois répétés et qui m’apportèrent un semblant d’apaisement. Je pris une profonde inspiration, sortis mes dossiers de l’école et la to do list que nous avions concoctée, Léo et moi, bien au chaud dans la cuisine de Rose… Me trouver face à son écriture me rassura. Je ne pus m’empêcher de caresser ces quelques lignes du bout du doigt. Quand le téléphone sonna au cœur de ce silence assourdissant, je réalisai qu’une heure venait de s’écouler. Ma première idée fut de laisser le répondeur de la galerie se mettre en route. Après tout, personne ne savait que j’étais de retour… Mais… Et si c’était Léo ? Je me jetai rapidement sur le combiné et décrochai le souffle court.

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Après cette conversation d’un autre monde, je raccrochai plus perplexe que jamais. À quoi jouait Léo précisément ? Quel message souhaitait-il me faire passer ? Il était gonflé de me mettre en relation avec Betty pour cette exposition, moi qui pensais naïvement garder ainsi un lien avec lui… De plus, il était au courant de la nouvelle relation que j’avais avec mon ex-amie… Alors, pourquoi ? Et surtout à quoi rimait ce silence insoutenable qu’il avait mis entre nous ? Était-ce un moyen de nous protéger d’Emma ? Le fait de faire entrer Betty dans la ronde était-il une façon de faire diversion ? De prouver à Emma qu’il respectait sa promesse ? Oui… Peut-être… Mais subitement, le monde me sembla trop lourd. Je n’avais plus envie de rien… Mon instinct professionnel prit le dessus et j’attrapai mon carnet pour noter les dernières informations échangées avec Betty, comme on s’accroche à une bouée de sauvetage, quand un Polaroid s’en échappa et finit sa course sous le bureau. Je le ramassai avec difficulté et les mains tremblantes, me retrouvai face à ce cliché de David qui fit remonter en un instant une multitude de sentiments contradictoires. Le cœur battant à tout rompre, j’étais sur le point d’appeler Léo quand le carillon de la porte se mit à jouer sa douce mélodie. Une femme inconnue entra dans la galerie, fit quelques pas, lança un regard circulaire et appela June. À l’annonce de ce prénom, mon cœur se retourna. Après de longues secondes de réflexion, pour savoir s’il était envisageable ou non de m’enfuir, je décidai finalement d’aller à sa rencontre.

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