dimanche 28 octobre 2018

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La loi du coeur de Amy Harmon en epub

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Malgré elle. Malgré lui. Une seule loi : la passion.
Il a été retrouvé dans un panier de linge sale au Lavomatic, emmailloté dans une serviette. Au journal de vingt heures, ce nourrisson âgé de quelques heures à peine et déjà à l'article de la mort, abandonné par une mère accro au crack, a été baptisé Bébé Moïse. Les gens adorent les bébés, même les " bébés crack ". Mais les bébés grandissent, ils deviennent des enfants, puis des adolescents. Et personne ne veut d'un ado amoché par la vie. Moïse était amoché. Mais il était aussi étrange, et tellement beau. Il allait changer ma vie, plus que je n'aurais jamais pu l'imaginer. J'aurais peut-être dû écouter les conseils de ma mère et rester à l'écart. Moïse lui-même m'avait prévenue...

Après Nos faces cachées et L'Infini + un, le nouveau roman événement d'Amy Harmon, en deux volets.

Coup de coeur du blog Les Faces cachées d'une flèche : " Une histoire d'amour, mais pas que, une histoire d'acceptation, mais pas que, une histoire de personnages qui se cherchent, mais pas que... Une histoire superbe ! "



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Que dirait-on de moi si elle s’enfuyait ? Que je ne sais pas me faire respecter ? Trop de ragots circulent déjà sur mon compte. Tous font référence à la manière dont les femmes me traitent. Désormais, personne n’ignore que ma mère m’a abandonné à la naissance. Il est de notoriété publique qu’aucune de mes petites amies n’a voulu venir vivre avec moi. Car elles ont tout de suite compris qu’il leur faudrait renoncer à leur intimité. Ici, nul secret ne demeure caché bien longtemps. Tout le monde sait tout sur tout le monde ! Aux yeux de mes administrés, je ne suis donc qu’un pauvre naze, frappé de quelque malédiction. Ma beauté, ma force physique et mon charisme suscitent l’admiration, mais on plaint ma malchance et ma solitude. Or j’ai toujours détesté qu’on s’apitoie sur mon sort. Les sourires de compassion et les mines affligées aiguillonnent autant ma colère que la vue de graffitis sur les murs des maisons de la réserve. Encore aujourd’hui, je pourrais me battre jusqu’au sang si je surprenais un regard de pitié. Mais comme tout le monde connaît mon point faible, personne ne s’y risquerait. Mon adjoint m’a posé de nombreuses questions lorsqu’il m’a vu charger les deux valises de la petite Française dans notre véhicule de service. J’ai biaisé comme j’ai pu afin de ne pas lui révéler que j’en faisais une affaire personnelle. Les femmes – ma mère comprise – se sont trop jouées de moi. Il serait temps de renverser la vapeur. Cette jolie demoiselle ne gagnera pas.

En entrant dans le bar, j’ai la mauvaise surprise de ne pas l’y trouver. La panique me saisit aussitôt. Et si elle était allée tirer de l’argent ! Après tout, seulement dix kilomètres nous séparent du distributeur de billets le plus proche. À pied, il faut moins de deux heures pour y accéder. En auto-stop, c’est carrément plus rapide. En outre, j’ai complètement oublié de lui confisquer sa carte bancaire, ainsi que ses papiers d’identité. Pire encore, elle a très bien pu décider de ne jamais revenir. Elle ne perdrait pas grand-chose, puisque sa Toyota est une vieille épave et que ses bagages ne contiennent aucun objet de valeur. Eh oui ! Je les ai fouillés avant de les lui rapporter ! En réalité, c’est plutôt moi qui y perdrais au change. Ma réputation serait sérieusement écornée si elle me faussait compagnie. Non, impossible ! Nicole m’aurait prévenu.

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Tandis que mon adjoint s’assoit à notre table attitrée, non loin du comptoir, je reste un moment près de l’entrée, à scruter la salle. Elle est presque vide. Tout près des fenêtres donnant sur la place du Totem, deux employés de la voirie boivent leur bière en silence. D’un geste de main bienveillant, ils répondent à mon salut, avant de replonger le nez dans leur chope. Je les connais bien. Norbert et Georges sont de lointains cousins à moi. En plus de leur travail au ramassage des ordures ménagères, ces cinquantenaires au léger embonpoint et au front dégarni animent des activités sportives à la Maison des jeunes de Mendake. Dans le fond du bar qu’éclairent à peine quelques appliques murales, j’aperçois trois hommes que je n’apprécie guère. Enfants, ils passaient leur temps à persécuter les plus faibles. J’ai fréquenté les mêmes classes qu’eux à Yarha – l’école primaire de la réserve. Je les ai perdus de vue au lycée, avant de les retrouver à l’université Laval à Québec. Mais nous n’avons jamais sympathisé. Je me souviens de m’être battu avec le plus grand de la bande, afin de venger Nicole de leurs moqueries répétées. J’en suis ressorti avec un énorme coquart.

Comme moi, ils n’ont jamais quitté la réserve. À l’heure actuelle, tous trois occupent de hauts postes au RCA, un organisme financier basé à Mendake qui gère les retraites et offre des prêts aux membres des Premières Nations du Canada. Le plus antipathique de la bande, Denis Vacheron, est le fils de l’un des huit Chefs familiaux de la réserve – une femme – et d’un Québécois venu vivre ici. Ses airs de bellâtre maniéré m’ont toujours tapé sur les nerfs. Contrairement à lui, sa mère est une personne de valeur, qui s’investit beaucoup pour prévenir les suicides chez les jeunes autochtones des autres réserves. — Alors, tu viens t’asseoir ! me demande Henri, interrompant mes réflexions. Ah ! Voici Julie ! Tandis que je rejoins mon adjoint, la jeune serveuse fait Tandis que je rejoins mon adjoint, la jeune serveuse fait son entrée dans la salle. Les préjugés veulent que les Amérindiens soient tous bruns à la peau mate. Ce n’est pas le cas de Julie, une Huronne-Wendate pure souche, qui est blonde aux yeux bleus comme sa mère et sa grand-mère. La raison vient du fait que les premiers colons français – qui étaient pour la plupart des trappeurs – prenaient souvent pour femmes des autochtones.

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Or, chez les Hurons-Wendats, un enfant appartient au clan de sa mère et non à celui de son père. De plus, les orphelins des colons étaient fréquemment confiés aux Indiens, qui ne séparaient pas les fratries, à l’inverse des orphelinats religieux. Ils devenaient alors des membres à part entière de la réserve. — Bonjour, Curtis ! Bonjour, Henri ! nous salue Julie d’une voix traînante, une fois arrivée à notre hauteur. Les mains dans les poches de sa jupe, les yeux rivés sur moi, elle se balance de gauche à droite et d’avant en arrière, cherchant visiblement à attirer mon attention. Insensible à son petit manège, je scrute toujours la salle. Le fait de ne pas savoir où est passée la petite Française m’excède au plus haut point. Refrénant mon impatience, je me force à demeurer sur ma chaise au lieu de courir inspecter le bar. Bonjour, Julie. Où est… — Bonjour, Julie. Une bière, s’il te plaît ! demande Henri, me coupant la parole. Et apporte-moi également une part de gâteau à l’érable. J’ai la dalle ! — Je vais voir s’il en reste en cuisine. Elle récolte un sourire béat de mon adjoint, ce qui ne l’émeut aucunement. Bien au contraire, elle continue de l’ignorer, rivant sur moi un regard d’une langueur exaspérante. — Et pour toi, Curtis, ce sera ? ajoute-t-elle sur un ton plus affable. — Une bière pour moi aussi. Avec des cacahouètes. Où est la nouvelle ?

Oui, s’esclaffe Henri, qui tente en vain de capter son attention. Apparemment, Curtis a fait une fixette sur elle. Il ne veut plus la lâcher. C’est à se demander… Mais il va se taire, ce con ? Le coup d’œil acéré que je lui jette le dissuade de poursuivre. Julie en profite pour reprendre la parole. — Faudra qu’on m’explique ce que vous lui trouvez ! grogne-t-elle tout en soufflant bruyamment. Il n’y en a que pour elle depuis qu’elle est ici ! — Jalouse ? lui lance Henri, moqueur. — Pff ! N’importe quoi ! — Alors, où est-elle ? insisté-je. — En cuisine, bien sûr ! — Dis-lui que je veux lui parler. Comme elle demeure figée, les yeux toujours braqués sur moi, je m’énerve franchement. — Tout de suite, s’il te plaît ! Haussant les épaules, elle pivote sur ses talons et part sans se presser en direction de la cuisine. — Une fixette ! murmure Henri. Une méga, maxi, énormissime fixette ! Me sentant l’objet de ses sarcasmes, je me tourne vers lui. Il paraît évident qu’il se retient d’exploser de rire. Sinon, pourquoi se mordrait-il les lèvres ? De taille moyenne et excessivement musclé, il est plutôt beau gosse. Sa peau mate, ses yeux de velours ourlés de longs cils et ses cheveux soyeux noués en catogan remportent un vif succès auprès des femmes. Son uniforme le hisse en tête de liste des meilleurs partis de la réserve – juste derrière moi ! Seule Julie n’a pas succombé à son charme. Alors, peut-on m’expliquer pourquoi je lui trouve une certaine ressemblance avec un âne ?

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