dimanche 14 octobre 2018

Télécharger en PDF La bataille de France gratuitement

La bataille de France pdf
Télécharger La bataille de France PDF gratuit, Les jours se suivirent dans une monotonie effroyable. Je n’avais aucune nouvelle de Léo. Son silence insoutenable me rongeait un peu plus chaque jour. D’après les nouvelles que j’avais eues par Raphaël, le procès avait été décalé d’une semaine, car Emma avait « omis » de rendre un papier concernant Sam… Un soir, au paroxysme du désespoir et persuadée qu’il y avait autre chose, j’avais mis mon orgueil de côté et tenté de le joindre. Mais qu’elle ne fut pas ma douleur quand après deux sonneries à peine, mon appel fut basculé sur la messagerie. Je ne pouvais m’empêcher de croire que Betty jouait un rôle primordial dans cette situation… Léo était-il sous l’emprise de son chantage ? Menaçait-elle de tout dire à Emma ? Je devenais folle. Je passais des heures, des jours et des nuits à réfléchir, à peser le pour, le contre, à tenter de percer le mystère. Je savais, grâce à Rose avec qui j’avais aussi gardé un contact salutaire, que le procès avec Emma aurait finalement lieu la semaine suivante… Je repensais à la promesse qu’il lui avait faite et le petit minois de Sam remontait à la surface… J’essayais désespérément d’obtenir des informations de la part de Betty durant nos quelques échanges téléphoniques pour l’organisation de l’exposition, mais elle ne lâchait rien… À chaque tentative, elle se raidissait même un peu plus, jusqu’à se refermer totalement sur elle-même. Et puis un jour, elle devint carrément injoignable… Cette femme me rendait folle ! Et j’espérais seulement qu’elle ne maltraitait pas mon pauvre Raphaël… La double personnalité de mon ex-amie me faisait froid dans le dos. La seule solution que j’avais trouvée pour ne pas sombrer avait été de me focaliser sur mon projet professionnel. Et grand bien m’en fît, car grâce aux heures passées à travailler sans relâche, l’exposition était prête et allait ouvrir ses portes dans quelques jours.

Télécharger le fichier La bataille de France


Cela annonçait aussi l’arrivée de David et de Raphaël ! Ce dernier avait décidé, à mon plus grand étonnement – et celui de Betty, je n’en doutais pas un seul instant et m’en réjouissais même ! –, d’accompagner « son nouveau protégé ». Partager ces moments avec eux deux m’emplissait de joie. Et cela était plus que précieux par les temps qui couraient. J’étais sur le point de fermer boutique quand un e-mail annonça son arrivée. C’était Markus ! Mon mécène nordique m’envoyait des photos de l’exposition qui avait lieu exceptionnellement sur la base arctique de Barnéo. Je reconnus ses enfants et en découvris deux nouveaux ! Sur l’un des clichés, je découvris Martin et June au loin. Ils se faisaient face, se tenaient la main et se regardaient avec cette intensité qui ne les avait donc pas quittés. Les larmes montèrent, mais contrairement aux derniers mois, elles témoignaient d’une certaine affection et d’une pointe de jalousie. Non pas pour Martin, contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais par rapport à cet amour qui les unissait. Un amour inconditionnel, évident et incommensurable. Cet amour que j’aurais voulu partager avec Léo. Mais la vie en avait décidé autrement et plus les jours passaient, plus je m’éloignais de ce rêve que j’avais pourtant caressé du bout des doigts. Heureusement, la bouille de Markus qui souriait de toutes ses dents, un pouce probablement levé sous ses moufles de yéti, me redonna le sourire. Je fermai mon ordinateur, éteignis ma lampe de bureau et pris rapidement le chemin de la sortie, bien décidée à trouver refuge sur mon canapé, m’enfouir sous la couverture en laine que Rose m’avait envoyée quelques jours plus tôt, et regarder une comédie romantique inavouable, un bon verre de vin à la main. À peine avais-je mis la clé dans la serrure qu’une voix connue me fit sursauter.

Télécharger EPUB La bataille de France gratuitement


Nous avions trouvé refuge dans ma petite cantine idéalement située entre chez moi et la galerie. Depuis la visite de Brouillon d’un Rêve, David ne tenait plus en place. Les choses devenaient concrètes pour le jeune artiste qui allait exposer son œuvre pour la toute première fois à Paris. Je le comprenais aisément et étais ravie d’en être l’initiatrice. Nous accrocherions ses œuvres demain, mais, une fois dans la galerie, David n’avait pu s’empêcher de me montrer ses derniers Polaroid et malheureusement, j’en avais eu les jambes coupées… Nous avions décidé d’un commun accord de ne pas exposer uniquement sa série sur moi. Cela était difficile, surtout au sein de ma propre galerie. Je lui avais donc demandé de travailler sur quelque chose de plus personnel et il avait décidé de s’attaquer à sa maison d’enfance. Son travail était exceptionnel et renversant de splendeur. Jamais je n’aurais dû voir ce cliché « loupé ». Jamais David n’aurait dû l’avoir dans sa sélection. Jamais je n’aurais dû insister pour y jeter un œil. Je me retournai pour faire face à Raphaël. Son regard m’envoya toute l’affection dont j’avais exactement besoin à ce moment précis. Cet homme était précieux. Je n’avais pas le droit de lui faire subir, à lui comme à David, mon désarroi. Ces deux rencontres étaient une réelle chance. Les avoir à mes côtés était un cadeau de la vie. Je devais en prendre soin. Le dîner se passa finalement dans la joie et la bonne humeur, bien que l’image de Léo enlaçant Emma restât gravée dans ma mémoire. Je refusais de laisser place à cette plaie que je sentais prête à se transformer en blessure profonde. Alors, je choisis de m’accrocher au bonheur de David, qui rayonnait de bien-être ce soir, et à l’amitié sincère et profonde que m’offrait Raphaël. Je n’osais aborder le sujet Betty, mais une fois n’est pas coutume, il me devança avec un naturel déconcertant.

PDF La bataille de France en ligne


Depuis deux jours, Raphaël, David et moi travaillions sans relâche. Dans quelques heures aurait lieu le vernissage de ma toute première exposition sans Martin, et je comptais bien être à la hauteur. Tout le gratin parisien m’avait promis de passer. Il était absolument hors de question que je laisse mon chagrin empiéter sur ma vie professionnelle. Ni Raphaël ni moi n’avions reparlé du départ de Betty. J’avais imaginé tous les scénarios, toutes les intrigues possibles, tenté de décortiquer les moindres indices que j’avais pu pressentir avant mon départ de Galway, tous les petits détails qui auraient pu laisser croire à un coup monté. Mais jamais, au grand jamais, je n’aurais pu imaginer la tournure qu’allaient prendre les choses durant cette soirée. Jamais… Je faisais un dernier tour dans la galerie afin de vérifier que toutes les œuvres étaient exactement à leur place, que le parcours de l’exposition fonctionnait, quand je me retrouvai seule face au dernier Polaroid du voyage que nous offrait David. Ce fameux cliché qui m’avait bouleversée la toute première fois où je l’avais découvert dans la cave du An Púcán. Je me souvenais encore de mon sentiment face à ce coup de grâce. Ce moment où j’avais réalisé que Léo avait pris une place toute particulière dans ma vie. Cet instant mémorable où la vérité m’avait sauté au visage. David avait compris avant moi, avant nous… Inévitablement, le silence de Léo remonta à la surface. Je n’arrivais pas à admettre qu’il soit avec Emma, ou pire, avec Betty. Je n’arrivais pas à le comprendre ni même à l’accepter. Et encore moins face à ce cliché. David avait assurément saisi l’insaisissable. Je me souvenais de ce moment enchanté. Je me souvenais de ce geste de Léo. De ce regard qu’il avait posé sur moi. Des papillons qui s’étaient mis à virevolter au creux de mon âme. En revanche, je me demandais bien d’où David avait pu prendre cette photo. Mais à vrai dire, ce soir, face à la beauté de cette parenthèse féerique, je m’en fichais complètement, moi qui ne l’aurais jamais accepté quelques mois plus tôt… J’étais tellement fière du chemin que j’avais parcouru depuis mon arrivée en Irlande et de ce que j’arrivais à faire aujourd’hui avec cette exposition grandiose, loin de celles que j’avais toujours faites pour Martin, et rien ni personne ne pourraient me gâcher mon plaisir. Ce soir, j’étais bien décidée à reprendre mes droits et à briller en société ! Parole de « Maggy la dragonne » ! Le carillon de la galerie me fit revenir à la réalité. Je me retournais le cœur battant, toujours sous le feu de l’émotion quand je vis Akio et Megan, main dans la main, tout sourire, s’avancer d’un même pas. Une nouvelle vague de bonheur me submergea.

Télécharger le livre La bataille de France pdf


Je me mis rapidement en route, sans oublier de mettre une petite claque derrière la tête de ce goujat qui arrivait à me faire rire même dans les pires moments. Deux heures pétantes plus tard, j’étais de retour. Le trac s’empara de moi quand je découvris que des impatients avaient déjà envahi la galerie. Heureusement, tout était en place et Raphaël veillait comme un chef à ce que chacun puisse siroter une petite coupe de champagne et saluer nos jeunes artistes. Je pris le temps de l’observer discrètement à travers la vitrine et mon cœur se serra. La vie est quand même mal faite, pensai-je. Cet homme est gentil, doux, drôle, attentionné et célibataire ! Mais je n’éprouve aucune attirance pour lui… Raphaël était là, à mes côtés, sur un plateau doré et moi, je n’avais qu’une seule et unique obsession : Léo. Soudain, Raphaël m’aperçut et me rappela à l’ordre d’un petit signe discret. Il était temps pour moi de me lancer dans l’arène. Mon sang ne fit qu’un tour quand je reconnus le timbre de cette voix derrière moi. Aux visages des gens face à moi, je sus instantanément. Martin était là. Il était venu. Mes jambes vacillèrent. Comment avais-je pu oublier en quelques semaines seulement la beauté de son visage ? La douceur de sa voix et les magnifiques rides ensoleillées au coin de ses yeux ? Rapidement, je me mis à chercher June du regard, mais je ne la trouvai pas. Raphaël me prit par le bras et me fit pivoter. Je découvris alors Rose et George, là, face à moi, dans leurs plus belles tenues ! Je n’en revenais pas ! Quelle surprise ! Sans un mot, je les pris à tour de rôle dans mes bras, pour les serrer contre mon cœur. Rose avait les larmes aux yeux et George un large sourire.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire