samedi 27 octobre 2018

Telecharger Alter ego A1 pdf gratuit Manuel & Cahier d’activites avec corrigé

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Structure : → 1 dossier de démarrage étoffé et 9 dossiers comprenant :
1 page d'ouverture
3 leçons d'apprentissage par dossier, de 2 doubles pages chacune
1 double page " Carnet de voyage"
1 double page "S'exercer"
1 page DELF → Des annexes:
Des activités de phonie-graphie
Un lexique thématique par dossier
Un précis grammatical étoffé
Un tableau de conjugaisons
Les transcriptions audio

→ Le Parcours digital®, avec des activités autocorrectives pour reprendre les notions du cours et réviser.

Descriptif :
60% des documents renouvelés et actualisés
une approche actionnelle renforcée, avec de nombreuses tâches au fil des leçons
plus d'exercices dans chaque dossier
une progression fluide revue sur l'ensemble
une étude de la langue en contexte avec plus d'outils pour faciliter l'apprentissage.

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Gemma rentra chez elle en milieu d’après-midi, après les cours, et attendit son frère pour lui désigner la voiture. – Il est plus tôt que d’hab, s’étonna-t-il. – C’est pour faire une surprise aux Spencer. Chaque jour de la semaine, Gemma débarquait à la Ferme avant dix-huit heures pour s’occuper de baby Zoey pendant qu’Olivia filait à la radio et que Tom errait quelque part entre son bureau et les bords de l’océan où il marchait parfois longuement, en quête d’une bonne idée pour sa prochaine pièce. Elle venait accompagnée de Corey pour qu’il fasse ses devoirs avec Chad et Owen s’ils en avaient. C’était un bon moyen de garder un œil sur ces trois-là et de leur rappeler que les vacances étaient finies. Gemma avait la responsabilité de faire dîner tout ce petit monde, ce qui n’était généralement pas difficile puisque Olivia prenait à cœur de tout préparer avant de partir. Tom la libérait en général vers vingt heures et parfois ils restaient encore un peu à discuter. Les Spencer payaient bien, très bien même, et Gemma les suspectait de beaucoup l’aimer pour se montrer aussi généreux. C’était une place en or, même si cela exigeait certains sacrifices et une bonne organisation. Ce serait surtout contraignant lorsqu’elle aurait des tonnes de compositions à rendre pour ses cours, ses soirées y passeraient toutes.

Gemma et Corey firent un détour par Oldchester où la jeune fille disparut dans l’arrière-cour d’une maison en brique rouge, sous le regard dubitatif de son frère. Elle revint au bout de dix minutes, un magnifique chiot blanc serré contre elle. – Il est temps qu’un nouveau membre de la famille s’incruste ! annonça-t-elle. Gemma avait longuement hésité lorsqu’elle avait entendu parler de cette portée à venir, n’était-ce pas précipité ? Elle craignait qu’Owen et Chad n’aient pas encore eu le temps de digérer la mort de Smaug. En même temps, c’était le meilleur moyen de les aider, supposait-elle. S’ils attendaient, ils pourraient ne jamais se décider et l’occasion était trop belle.

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Olivia courait partout dans la maison à l’arrivée des Duff, elle courait après son sac à main égaré, après les Tupperware qu’elle venait de remplir pour le repas, après sa fille qu’elle voulait embrasser avant de partir… Mais quand elle aperçut le chiot, elle s’immobilisa net et poussa un petit cri sec de surprise avant que sa main ne recouvre sa bouche et que ses yeux s’humidifient. Gemma le lui donna et la boule de poils se lova contre elle, agitant sa queue d’excitation. – Les garçons vont l’adorer, murmura-t-elle en le caressant. Lorsqu’ils le virent, Owen bondit au plafond, tandis que Chad semblait plus mesuré, avant que le charme de l’animal opère et qu’il ne le lâche plus. – C’est une fille ou un gars ? demanda-t-il. – Un petit mec. – On pourrait l’appeler Phoenix, proposa Owen. Olivia tiqua. – Euh… mon chéri, c’est un peu déplacé, tu ne crois pas ? Owen ne voyait pas où était le mal. – Mithrandir ? tenta Chad.

Si Derek Cox était venu jusqu’ici, ce n’était pas par simple curiosité. Gemma avait du mal à respirer. Devait-elle prévenir Olivia ? Non, elle est à la radio en direct, elle ne pourra rien y faire et ça va la perturber. Gemma termina ce qu’elle était en train de faire et dès que tout le monde fut rentré dans la maison, elle fit le tour de toutes les portes pour s’assurer qu’elles étaient bien fermées. Elle aurait dû s’en douter. Elle avait été bien naïve de croire que le silence prolongé de Derek Cox était rassurant. Il ne restait jamais sans rien faire. Cox n’était pas rancunier, non, il était bien au-delà de ça ; même vindicatif était un euphémisme. Un enragé. Vengeur. Destructeur. Dans un bon jour, il avait été capable d’enfourner sa main dans sa culotte pour la violer, alors Gemma préférait ne pas imaginer ce dont il était capable lorsqu’il était en colère. Surtout s’il s’agissait d’une colère froide. Longuement réfléchie. Dehors, le bruit d’un moteur qui se rapprochait la fit trembler.

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I’ll stand by you » des Pretenders diffusait ses arpèges mélancoliques dans les enceintes du studio de radio feutré. Dès le refrain, Olivia fut brutalement happée près de vingt-cinq ans en arrière par ses souvenirs de jeunesse, lorsque ce tube envahissait toutes les radios du pays, et probablement du monde. Son adolescence pleine de rêves, d’ambitions, de soif de reconnaissance… Se pouvait-il qu’une fille se batte comme elle l’avait fait pour parvenir à se faire une place si chère dans un métier avec aussi peu d’élus sans qu’il y ait, à l’origine de cette rage, une blessure narcissique profonde ? « Tous les gens qui cherchent à s’exposer sont des mal-aimés », lui avait dit Dick Montgomery, son mentor, à ses débuts. « Alors me raconte pas de salades, règle tes comptes avec tes parents, si tu as la chance qu’ils soient encore vivants, et ensuite, si tu as toujours autant d’appétit, reviens me trouver et là on verra ce qu’on peut faire ! » Du Dick tout craché… Olivia n’avait pas écouté ses conseils, elle lui avait menti, elle et ses parents n’avaient jamais été capables de se parler correctement, en étalant leurs émotions, ce n’était pas maintenant que ça allait changer, mais elle avait eu le job et sa carrière avait décollé à grande vitesse. Oui, assurément, son besoin d’être aimée du plus grand nombre venait de son enfance. Mais ce qu’elle avait bâti, elle, par la suite, sa famille, avait largement comblé ce déficit.

c’était maintenant au tour des témoignages. Olivia disposait d’une longue plage avant la prochaine pause. Très bien. De quoi s’installer un peu. Restait à tomber sur une personne intéressante. Avec le peu de moyens dont disposait la radio, il n’y avait qu’une personne pour trier les appels, et si la première semaine le standard avait été saturé, beaucoup d’auditeurs voulant parler avec Olivia Spencer-Burdock, c’était à présent bien plus calme, mais Michelle n’avait pour autant pas le temps de filtrer et de sélectionner les candidats les plus radiophoniques. Par conséquent, c’était chaque soir un peu la loterie et Olivia devait au mieux meubler, sinon contenir des confidences qui partaient dans tous les sens ou débordaient du cadre qu’ils s’étaient fixé. Pat Demmel, qui servait de réalisateur pour l’émission, entra discrètement dans le studio pour déposer devant elle une feuille avec quelques mots griffonnés à la va-vite : « Anita Rose(n ?)berg – insomniaque, dépressive ? – veut te parler ce soir. » Olivia eut à peine le temps d’en prendre connaissance que c’était à elle. Elle ajusta son casque sur ses oreilles puis alluma son micro d’une pression sur le bouton rouge devant elle et, bien calée dans son siège, plaça sa voix au mieux pour imposer sa présence, un ton chaleureux, juste ce qu’il fallait de grave pour apaiser, avec un brin de dynamisme pour accrocher ses auditeurs. – Vous êtes sur WMFB, je suis Olivia Spencer-Burdock et nous poursuivons notre soirée ensemble avec la deuxième partie de notre émission. Et pour commencer nous allons recevoir Anita. Anita ? Vous êtes avec nous ? – Bonsoir, je suis là, merci, fit une voix à peine féminine au ton et à la diction que Walter Cronkite n’aurait pas reniés. – Vous êtes de Mahingan Falls, Anita ? – Oui. Sur Beacon Hill. J’ai grandi au pied de l’église presbytérienne de la Grâce, et soixante-dix-neuf ans plus tard, j’y suis encore.

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– La mémoire de tout un quartier, alors ? C’est formidable. Merci de nous appeler. De quoi vouliez-vous parler ce soir ? Un silence. Olivia leva les yeux vers la baie vitrée, en direction de Pat et Mark, assis dans la pénombre face à la grande console technique. Les silences étaient le pire ennemi de l’antenne. Bien placés, ils pouvaient transmettre des émotions fortes dans l’esprit des auditeurs, mais il s’agissait de moments rares. La plupart du temps, les silences étaient une perte de rythme, presque un début de malaise. Juste avant qu’Olivia enchaîne en reprenant la parole, la vieille femme répondit : – Je ne suis pas seule. – Très bien. Dites-nous qui est avec vous ? Je ne vous ai même pas posé la question : êtes-vous mariée ? Des enfants, Anita ? Nouvelle hésitation. Olivia grimaça. Elle pressentait un entretien difficile, qu’il faudrait prendre en main. Ce serait à elle de faire le ping-pong verbal pour donner un semblant de vie à cet échange. – Mon mari est décédé en 1999. Il avait du diabète et du cholestérol, et il développait un parkinson lorsqu’il nous a quittés. Nicole et Patrick vivent sur la côte Ouest, ce sont mes enfants. Tous les deux se sont mariés avec des Californiens, c’est amusant, n’est-ce pas ? Je ne les vois plus beaucoup. Ils ont fait leur vie, ils n’ont plus besoin de moi, vous comprenez… Elle débitait tout cela sans réelle émotion, comme détachée de ses propres mots, spectatrice de sa tirade. – Je suis désolée pour votre mari. Vous êtes restés mariés longtemps ?

La crème onctueuse coulait entre les couches de pâte brisée tandis que le nappage de chocolat fondait avec la chaleur, imbibant tout le gâteau en dessous. Le sucre brillait de mille feux, spongieux et collant. Owen revoyait cette image en boucle, il ne savait pas ce qui lui avait pris d’en manger au petit déjeuner. Une fringale matinale inhabituelle pour lui. Il se souvenait d’un rendez-vous chez le psy, après le décès de ses parents, où il avait entendu dans la salle d’attente une dame dire à son fils obèse que parfois on mangeait pour se remplir « d’autre chose que de nourriture » et cela l’avait souvent travaillé depuis. De quoi donc pouvait-on se remplir lorsqu’on avalait deux hot-dogs, une glace et des cookies sinon de tout un tas de produits chimiques plus ou moins nocifs (ça il était bien au courant, Olivia n’arrêtait pas de ronchonner à ce sujet) ? Puis, il avait fait la rencontre de Ben Mulligan à un cours de karaté où les Spencer l’avaient inscrit au printemps dernier, à Manhattan, arguant du fait qu’il avait besoin de se dépenser et d’« évacuer ». Ben Mulligan était gros. Pas au point d’avoir des nénés comme ce garçon chez le psy, mais tout de même assez pour qu’on se demande comment il allait s’en sortir pendant une heure à faire des mouvements souples et rapides. Mais Ben Mulligan était surprenant de vivacité et d’envie. À la fin, il était venu voir Owen pour se présenter, ils étaient les deux nouveaux à débarquer en fin de saison, et il lui avait rapidement confié que lui venait ici pour perdre du poids. « Je bouffe pour compenser, vois-tu ? »

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Mais alors qu’Owen avait-il eu besoin de compenser en engloutissant tout ce sucre ? De l’amour, comme Ben Mulligan ? Tom et surtout Olivia n’étaient pas avares de câlins, d’attention et il les sentait sincères, ce n’était donc pas ça. Sauf que ses parents, ses vrais parents, lui manquaient profondément. Il savait que ce deuil ne serait jamais totalement terminé, et c’était normal, estimait-il. Pourtant il n’avait pas l’impression que c’était la vraie raison de sa boulimie. Owen était mince, presque trop, ça ne pouvait pas lui faire de mal si cela ne se reproduisait pas trop souvent, toutefois, il était bien conscient qu’il y avait là un symptôme étrange à étudier. Tandis qu’il songeait à tout cela, Mrs Horllow débitait son cours de mathématiques d’un ton monocorde dans la classe trop chaude. Owen n’avait pas le cœur léger comme cela se produit normalement l’été lorsque tout va bien ou presque, même une fois la rentrée effectuée. Cette dernière, bien que désagréable, était atténuée par la curiosité de découvrir leur nouvel établissement, rassurés qu’ils étaient avec Chad d’être accompagnés par Corey et Connor. Owen n’était ni euphorique, ni enthousiaste, comme on peut l’être à son âge, et il ne tarda pas à identifier la source de son mal-être.

Faut arrêter de se baratiner… Cet été n’était pas normal. Pour aucun d’entre nous. Son regard dériva vers la fenêtre sur le chemin de peupliers qui encadrait la route longeant le stade. Au-delà des hauts gradins, derrière le terrain de foot, il pouvait distinguer des bosquets d’arbres plus trapus ainsi que des amas de buissons denses et enfin, tout au bout, les terrains de baseball. Dwayne Taylor ne jouera plus jamais ni au foot ni au baseball. Un flash saisit Owen. La violence de la mort de Dwayne, de ses tripes luisantes de sang se déversant sur ses genoux, de sa mâchoire inférieure arrachée d’un seul coup de griffes d’acier et enfin l’odeur épouvantable de l’épouvantail. Ce remugle à vomir de pourriture et d’urine de chat. Voilà ce qui pesait si lourd dans son esprit, au point qu’il avait eu besoin de compenser. Il avait mangé pour se faire du bien, pour ne plus penser, pour se sentir vivre au contraire de Dwayne Taylor. Owen eut un haut-le-cœur et s’agrippa à sa table le temps qu’il se dissipe. Le sol et le plafond tanguèrent. Il leva la main pour demander à sortir aux toilettes et, constatant qu’il était vert, Mrs Horllow ne fit aucune difficulté. Chad, inquiet, lui proposa de l’accompagner mais Owen déclina, il n’avait pas envie qu’on l’entende dégobiller dans la cuvette ! Par chance, il se souvenait où étaient les sanitaires les plus proches et il remonta le couloir désert à grandes enjambées. Les murmures étouffés des autres salles de classe lui parvenaient tandis qu’il parcourait le lino usé sous l’éclairage des néons en se demandant dans laquelle pouvait être Gemma. Il l’aimait bien. Pas comme Connor qui passait son temps à évoquer ses « gros lolos », plutôt avec une affection… sincère, dégagée de toute attirance physique. Une grande sœur, réalisa-t-il. Même si en ce moment elle était un peu bizarre.

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Il poussa la porte des garçons et se précipita pour vomir, mais rien ne vint. Marcher l’avait un peu soulagé. Il fallait songer à autre chose qu’à ce gâteau trop riche et surtout qu’au massacre de Dwayne Taylor. Il attendit, pour être sûr, et finit par se redresser pour aller se laver les mains. L’eau coulait du robinet lorsqu’il crut entendre une voix sifflante, assez éloignée, qui l’appelait. Il coupa l’eau et tendit l’oreille. Le bourdonnement lointain d’une ventilation résonnait et ce fut à peu près tout ce qu’il perçut. Il s’approcha du sèche-main. « Owen. » Il sursauta et guetta tout autour de lui pour constater qu’il était bien seul. Dans un des box ! Les portes de chaque toilette étaient fermées, leur poids ou leur équilibre, Owen l’ignorait, les maintenait ainsi. Tous les cadrans au vert, donc personne n’avait verrouillé. Qui est l’abruti qui s’amuse à ça ? Owen ne connaissait pas mille personnes dans l’établissement, et il misa sur Connor. C’était bien son genre. – Connor, t’es con, dit-il en repoussant le premier battant de porte. Personne. Il en fit autant avec le deuxième, sans plus de réussite. Il en restait quatre. « Owen ! » Le garçon se tourna à droite puis à gauche. La voix était chuintante, distante, on aurait dit qu’elle traversait un long passage étroit pour lui parvenir.

Owen nota la présence d’un plan d’évacuation rivé au mur et y jeta un coup d’œil rapide pour constater que la porte donnait sur un escalier. Il n’était pas sûr de comprendre, mais supposa qu’il menait au sous-sol de l’école. Rien à voir. Il se retrouva face à la rangée de lavabos. L’appel avait résonné légèrement, comme amplifié par un écho métallique. Et si… Lentement, il s’approcha. Impossible que… Il se pencha sur le siphon. Un tuyau gris et noir qui s’enfonçait dans l’obscurité. « Owen… » Le garçon lâcha un cri de surprise. Il n’y avait aucun doute. La voix provenait de là, du fond de la canalisation, un appel ténu, presque un murmure chantant, mais il en était convaincu, celui qui connaissait son nom était quelque part en dessous, au niveau de l’évacuation. Puis il perçut un bruit, à la fois raclement et grincement, qui émanait de derrière la porte de service. Tchak. Tchak. Tchak. Un rythme régulier, lourd. Quelqu’un qui monte les marches ! Il y avait bien un escalier là-derrière, Owen venait de le lire sur le plan, et cela ressemblait beaucoup à de grosses semelles renforcées qui claquaient et cognaient à chaque marche. Tchak. Tchak. Il approchait. La voix qui l’avait appelé n’avait rien de menaçant, et pourtant Owen sentait qu’il ne fallait pas qu’il reste là. Son instinct lui dictait de déguerpir. Celui qui le cherchait n’était pas normal.

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Les pas dans l’escalier étaient tout près de la porte. Un souffle, sorte de longue exhalaison, remonta par le tuyau du lavabo. Tchak. Tchak. Owen était tétanisé par la peur. Il savait au plus profond de lui qu’il ne devait plus attendre, que c’était urgent, que c’était une question de vie ou de mort, et malgré tout, son corps refusait de lui obéir. Puis la poignée de la porte de service commença à vibrer et à s’incliner, lentement. Ce fut le déclic. Voir se matérialiser le danger déclencha une décharge d’adrénaline qui permit à Owen de pousser de toutes ses forces sur ses jambes et de fuser en direction de la sortie. Tchak. Le dernier pas. La chose était parvenue au sommet de l’escalier. La poignée était en train de descendre. Si la porte s’ouvrait avant qu’Owen ne soit dehors, il le savait, ce serait trop tard. Il se jeta contre le battant devant lui et s’étala dans le large couloir qui desservait les classes. Le souffle de la canalisation s’amplifia dans les toilettes, puis la porte de service s’ouvrit et les néons crépitèrent avant d’exploser les uns après les autres. Mais Owen était déjà debout, à courir aussi vite qu’il le pouvait. Toutes les portes des box claquèrent, violemment prises d’une frénésie rageuse, et cette fois Owen devina que son poursuivant venait de pénétrer dans le couloir derrière lui. Les néons du plafond clignotèrent.

la chose n’oserait pas se montrer au grand jour devant autant de monde, non, elle n’était pas prête. Du moins s’accrochait-il à cet espoir. Tout le couloir dans son dos était à présent plongé dans l’obscurité tandis que cette ombre remontait à toute vitesse sur ses talons. Owen puisa dans ses ultimes ressources et il tendit la main en direction de sa classe. Il y était presque. Un bourdonnement magistral le talonnait, faisant vibrer tous les casiers sur son passage. Owen sentit qu’il pouvait le faire. Ses muscles le portaient. Ses doigts se tendirent en direction de la porte. La présence fut sur lui au même moment. Owen eut à peine le temps d’écraser ses paumes contre la poignée qu’il basculait dans la salle et s’effondrait de tout son long entre les tables où il glissa, quasiment aux pieds de Mrs Horllow qui s’interrompit, stupéfaite. Il y eut un bref moment de flottement avant que tous les élèves s’esclaffent. Tous sauf Chad qui lut l’expression de terreur peinte sur les traits de son cousin.

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Une détonation sèche, phénoménale, au point de saturer la ligne. Olivia repensait au coup de feu qu’elle avait entendu la veille, fébrile. Un instant de flottement, le doute de l’horreur absolue, puis Pat Demmel qui envoie un disque pendant qu’Olivia insiste longuement : « Anita ? Anita ? Vous êtes là ? Vous m’entendez ? Anita ! » Et un souffle. À peine audible. Toutefois, Olivia en était convaincue, il y avait eu une respiration de l’autre côté de l’écouteur, lourde et légèrement sifflante. Presque… artificielle, s’était-elle fait la remarque. Pas comme quelqu’un qui respire naturellement, plutôt une imitation. Quelqu’un qui fait semblant de respirer. Cela l’avait terrifiée. Toute l’équipe s’était affairée, Pat appelant la police, Mark enchaînant les disques pour meubler l’antenne, tandis qu’Olivia tentait vainement de reprendre le contact avec leur auditrice. L’attente avait été horrible, pour ne cesser qu’après plus de trente minutes. Ce fut Pat qui entra dans le studio, aussi pâle qu’un suaire, pour annoncer que la police confirmait : Anita Rosenberg s’était donné la mort d’une balle de revolver, chez elle, en direct à la radio. Le cauchemar intégral. Tom avait débarqué peu après, probablement alerté par des voisins, et s’était chargé de raccompagner sa femme, deux heures plus tard. Le vieux Roy McDermott les attendait dans leur salon, pour veiller sur les enfants, juste au cas où. Olivia n’avait presque pas dormi avant de céder à la tentation d’un Ativan, pour se dissoudre dans les limbes médicamenteuses.

Elle s’était réveillée en milieu de matinée avec cette nausée chimique caractéristique, et un besoin immédiat de prendre une interminable douche et un café aussi fort que possible. Tom n’avait encore rien dit aux enfants qui étaient partis en cours ; il s’occupait de Zoey qui jouait avec Milo dans le jardin. Dès le retour des garçons, Olivia les convoquerait pour leur expliquer. Elle ne voulait pas qu’ils l’apprennent à l’école, par un camarade malavisé, si ça n’était pas déjà le cas. Toutefois, les rapatrier en urgence ne semblait pas une meilleure solution. Elle ne pouvait en vouloir à Tom de n’avoir rien dit ce matin, tandis qu’elle dormait. Il avait jugé que c’était une discussion importante à avoir tous ensemble. Olivia embrassa sa fille avec un peu trop d’entrain, et se réfugia dans les bras de son mari, longuement, avec le désir secret de ne plus jamais en ressortir, jamais. Enfin, elle s’assit dans l’herbe, aux côtés de la petite, pour la regarder, pensive. – Les flics ne sont pas passés ce matin ? demanda-t-elle. – Non. J’ai eu Pat au téléphone, ils ont saisi une copie de l’émission, a priori il n’y a aucune raison qu’ils te convoquent, mais si jamais ils le faisaient, Pat m’a conseillé un avocat qui… – Un avocat ? – Je lui ai dit que nous avions ce qu’il faut en la matière. Entre nous, je doute que ce soit nécessaire. Tu n’as rien à te reprocher. Absolument rien. Surtout, ne te blâme pas, tu ne pouv… – Je le sais, Tom, je ne culpabilise pas, c’est juste que c’est… Je n’ai rien vu venir. – Je te connais, je sais que tu vas tôt ou tard t’en vouloir pour je ne sais quoi.

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Elle ne nous a pas contactés pour appeler à l’aide, pas plus qu’elle ne nous a donné une chance de saisir ce qui allait se passer, de tenter de l’en dissuader, non, elle voulait juste… se dédouaner. Avant de commettre l’irréparable. C’est ça : elle a pris notre antenne en otage ! Tom l’écouta vider son sac, avant qu’Olivia ne baisse le ton pour que leur fille n’entende pas tout ce qui pesait sur son cœur. Elle ne déjeuna pas, aucun appétit, et passa plus d’une heure au téléphone ensuite avec Pat Demmel. Ils décidèrent de suspendre l’émission jusqu’à nouvel ordre. Besoin de digérer, de réfléchir, de peser les conséquences. Olivia était atterrée. Elle savait que cela ferait les gros titres des médias nationaux avant la fin de la semaine. L’ancienne star de la télé qui a tout plaqué pour fuir la pression assiste à un suicide en direct dans sa petite émission locale. Il faudrait faire barrage aux centaines de demandes d’interview qui ne manqueraient pas de tomber. Cynthia Oxlade, son attachée de presse à New York, ferait le boulot et Tom se chargerait des plus téméraires et déterminés qui parviendraient jusqu’ici s’il devait y en avoir. Olivia doutait que ça aille plus loin. Il n’y aurait pas des hordes de vans avec parabole sur le toit devant chez eux, pas plus qu’une foule de micros brandis à chacune de leurs sorties sur le perron. Elle ne méritait plus autant d’attention, Mahingan Falls était loin de tout, Cynthia et les avocats feraient savoir qu’il n’y aurait absolument aucun commentaire et donc que le déplacement ne serait qu’en pure perte. De surcroît, l’actualité people et judiciaire était bien assez chargée comme ça en ce moment, ils n’avaient pas besoin de meubler. Elle s’en tirerait bien. Mais sur le plan personnel, Olivia n’en était pas si sûre. Il lui faudrait un peu de temps pour encaisser. Allait-elle recommencer sur WMFB ? Qu’allait-elle éprouver la prochaine fois qu’une personne fébrile témoignerait en direct ? Il était trop tôt pour ça. Beaucoup trop tôt.

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