lundi 15 octobre 2018

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Je suis sûr que quantité des prétendus réalistes qui font tourner le monde pensent, en nous voyant acheter une revue dont la couverture affiche un monstre en état de décomposition avancée, que nous sommes des cinglés et des pervers, prêts si ça se trouve à faire un massacre dans le lycée du coin… mais c’est leur problème. Vous, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, tout va bien. Faites l’amour, pas la guerre, je suis pour… tant que j’ai mon Jason et mon Freddy. Que les fans d’American Idol entassent leurs Bisounours ; moi, je préfère mes Trouillonours. Et puis, comment ne pas adorer un genre dans lequel un film (Le Projet Blair Witch) réalisé avec un budget inférieur à cent mille dollars peut foutre la frousse au monde entier et rapporter la somme fabuleuse de deux cent cinquante millions de dollars ? Soit c’est de la démocratie à l’état pur, soit c’est de l’anarchie à l’état pur. Faites votre choix ; les deux appellations me semblent également adaptées. Voilà un cas où le budget ridicule et les interprètes inconnus sont devenus partie intégrante du succès du film. Il n’y a pas d’esbroufe ni rien de bidon dans Blair Witch (contrairement à tous les films de la série Saw à l’exception des deux premiers – l’équivalent cinématographique d’un char pour le défilé de Thanksgiving). Une chose est sûre : Blair Witch a l’air pour de vrai. Et c’est l’impression qu’il vous donne. Grâce à cela, il évoque votre pire cauchemar, celui dont vous avez émergé hoquetant et pleurant de soulagement parce que vous vous croyiez enterré vivant et ce n’était que le chat qui avait sauté sur le lit pour venir dormir sur votre poitrine.

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L’horreur, comme la comédie, ça a l’air facile à faire. Tantôt on jette une tarte à la crème sur quelqu’un et on lance la caméra. Tantôt on lui jette du sang sur la figure et c’est parti. Ça ne peut que marcher, pas vrai ? Erreur. L’horreur n’est pas un genre délicat – rien de délicat ni de raffiné dans des films où des gens se transforment en tas de gelée quand une épidémie extraterrestre se met à les dévorer vivants –, mais c’est un genre mystérieux. Ce qui marche une fois (le coup de la main qui jaillit du tombeau à la fin de Carrie, par exemple) rate souvent par la suite… sauf quand ça remarche. Ce qui a marché dans une toile au budget ridicule comme Blair Witch risque de louper si on booste le budget (voir par exemple la suite, Blair Witch 2 : Le Livre des ombres – moi, j’ai bien aimé, mais j’étais presque le seul).

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Faire un film d’horreur réussi, c’est aussi difficile que de piéger un éclair dans une bouteille, et il arrive que même les cinéastes les plus talentueux n’y parviennent qu’une ou deux fois. Lorsque Sam Raimi a fini par revenir à ses racines en tournant Jusqu’en enfer, il a créé un film épatant… mais pas particulièrement terrifiant. Si vous voulez de la terreur, il faut vous en remettre à Evil Dead (ou à Rendez-vous avec la peur, le film britannique qui a inspiré Jusqu’en enfer), et peut-être perdrez-vous quand même votre temps. Un bon film d’horreur, ça ressemble beaucoup à une bonne blague. Si la chute sert de trop, elle finit par s’user. Quand on s’est passionné pour le film d’horreur pendant un certain temps, on finit par s’apercevoir que les mêmes thèmes et les même croquemitaines ne cessent de réapparaître (et les croquemitaines portent souvent le même casque de hockeyeur). C’est en partie parce que nous avons tendance à revenir vers ce qui nous fait peur (dans la vraie vie, on appelle ça un trouble obsessionnel compulsif) et en partie parce que – hé ! autant l’avouer – l’horreur est le terrain de chasse cinématographique préféré des escrocs et des spéculateurs.

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Les studios comme les indépendants ont tendance à donner le feu vert aux projets les plus répétitifs, actionnant la pompe à fric jusqu’à ce qu’elle ait rendu sa dernière goutte. En conséquence, on a droit à des cycles que les fans du genre ont déjà vus maintes et maintes fois : le génie accouche d’une œuvre géniale ; l’œuvre géniale accouche d’une flopée de piètres imitations (rappelez-vous tous ces navets visibles uniquement à la télé ou en vidéo avec une maison hantée ou un gamin possédé du démon qui vous ont fait crever d’ennui) ; les piètres imitations engendrent des comédies, après quoi l’idée de base cesse de gigoter pendant un temps avant de revenir à la vie (comme un vampire dans son cercueil). Voici trois exemples précis de ce phénomène, en commençant par Le Projet Blair Witch.

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La première fois que j’ai vu Blair Witch, c’était dans une chambre d’hôpital, à peine douze jours après qu’un conducteur distrait m’eut démoli et envoyé valdinguer dans le fossé d’une route de campagne. D’une certaine façon, c’étaient des conditions idéales : j’étais ravagé de douleur de la tête aux pieds, abruti par les antalgiques et je visionnais une cassette pirate pourrie sur une télé portable. (Comment avais-je obtenu cette cassette ? Ça ne vous regarde pas.) À peu près au moment où les trois cinéastes en herbe (Heather Donahue, Joshua.

Leonard et Michael Williams, interprétés – quelle coïncidence ! – par Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael Williams) commencent à découvrir d’étranges symboles lovecraftiens accrochés aux arbres, j’ai demandé à mon fils, qui regardait le film avec moi, d’éteindre cette saleté de télé. C’est peut-être la première fois de ma vie que j’ai laissé tomber un film d’horreur en plein milieu parce que j’avais trop peur de le regarder. Ça s’expliquait en partie par les images tremblantes (filmées caméra au poing par un caméscope V8, deux ou trois autres de format 16 millimètres étant fixés aux épaules des cinéastes), en partie par les médicaments, mais la vérité, c’est que j’étais mort de trouille. Cette forêt ne ressemblait pas à un lieu de tournage hollywoodien ; elle ressemblait à une vraie forêt, où de vraies gens risquent de se perdre.

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Je me suis dit alors que Blair Witch était un troublant film d’horreur commis par accident, et mes visionnages ultérieurs (là, je l’ai regardé jusqu’à la fin) ne m’ont pas fait changer d’avis. L’intrigue est on ne peut plus simple : les trois gamins qui ont décidé de réaliser un documentaire sur une histoire de sorcière clairement bidon se perdent en tournant leur film. Nous savons qu’ils ne s’en sortiront jamais ; dès l’ouverture du film, un carton nous apprend qu’on ne les a pas retrouvés à ce jour. Ne restent que les images tremblantes, déconnectées et terrifiantes qu’ils ont tournées.

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Voilà une idée complètement géniale, qu’un gros budget n’aurait fait que massacrer. Si ce film d’horreur-documentaire tourné avec des bouts de ficelle (de ficelle usée) a un tel impact, ce n’est pas en dépit du jeu malhabile de ses « acteurs » mais grâce à lui. Leur sort nous inspire de plus en plus d’inquiétude – y compris celui de l’agaçante Heather qui veut tout contrôler, qui ne la ferme jamais et qui persiste à affirmer que tout ira bien longtemps après que ses deux compagnons (et le public avec eux) ont compris que tout ira mal. Sa dernière scène – un gros plan éprouvant où elle accepte ses responsabilités alors qu’une larme s’attarde sur les cils de son œil droit – est d’une puissance hors de portée de l’immense majorité des films hollywoodiens, y compris ceux des plus grands réalisateurs. L’Intrépide Cinéaste qui affirmait avec assurance « Je sais exactement où nous allons » a été remplacée par une femme terrifiée et au bord de la folie. Et en la voyant dans une tente enténébrée, après six nuits passées dans la forêt, le caméscope V8 braqué sur son visage, nous comprenons qu’elle en a conscience.

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Blair Witch, me semble-t-il, est un film sur la folie – car qu’est-ce que la folie, sinon se perdre dans la forêt qui pousse même dans le plus sain des esprits ? Les images deviennent de plus en plus saccadées, le montage de plus en plus bizarre, les dialogues de plus en plus déconnectés de la réalité. Alors que le film arrive à son terme (avec quatre-vingts minutes et quelques, il a autant d’impact qu’un missile sol-sol bourré de dynamite), l’image vidéo va jusqu’à disparaître pendant de longs moments, tout comme la raison disparaît de l’esprit d’un homme ou d’une femme perdant son emprise sur le monde réel. Il ne nous reste qu’un écran quasiment noir, des halètements, des bribes de dialogue elliptiques (tantôt compréhensibles, tantôt énigmatiques), des bruits dans la forêt qui sont peut-être d’origine humaine ou peut-être pas, et des images floues entrevues en un éclair : un tronc d’arbre, une branche, une toile de tente vue en plan si rapproché que le tissu ressemble à de la peau verte.

« J’ai faim, j’ai froid, je suis traquée, murmure Heather. J’ai peur de fermer les yeux et j’ai peur de les ouvrir. » En la voyant plonger dans l’irrationnel, je partageais son sentiment. Le point culminant du récit survient lorsque Heather et Michael découvrent au fond de la forêt une maison en ruine. Tourné alors presque totalement en 16 mm noir et blanc, le film nous assène une série d’images simultanément prosaïques et presque trop insoutenables – l’intérieur déglingué de la bâtisse semble quasiment nous regarder. Toujours armée de sa caméra, Heather monte en courant à l’étage. À ce moment-là, ses deux amis semblent l’appeler de tous les coins et l’objectif baladeur effleure les empreintes de mains sanglantes des enfants qu’on a presque sûrement tués dans cette maison. Aucune musique dramatique ni aucun effet de ce genre ; Blair Witch n’a pas besoin de stéroïdes cinématographiques. On n’entend que des bruits de pas, des appels (qui viennent de partout !) et les gémissements de plus en plus terrifiés de Heather.

Finalement, elle descend dans la cave, où il s’avère que l’un des récits bidon qu’on leur avait racontés avant leur périple n’est pas bidon du tout. Michael (ou Josh ?) se tient dans un coin, attendant sans rien dire que la chose de la forêt fasse de lui ce qu’elle veut. On entend un choc sourd lorsque ladite chose fond sur Heather par-derrière. La caméra tombe, ne montrant qu’un néant flou. Fin du film. Et si vous êtes comme moi, vous regardez le générique et essayez d’échapper au gamin de dix ans terrorisé en la personne duquel vous avez régressé.

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