dimanche 28 octobre 2018

Roman: Télécharger L’ombre de la montagne PDF gratuit

L’ombre de la montagne PDF

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Deux années ont passé et Lin, fugitif australien devenu faussaire de passeports pour la mafia de Bombay, a perdu Karla, l'amour de sa vie, désormais mariée à un magnat de la presse. Bombay aux mille visages devient alors le miroir de l'âme tourmentée de Lin, plus que jamais impliqué dans le monde noir et survolté de la pègre qui vacille alors qu'une nouvelle guerre de gangs fait rage. Lin nous entraîne dans une virée endiablée aux côtés de tous les petits et grands malfrats qui peuplent l'univers de Gregory David Roberts depuis Shantaram.


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C’est quoi son problème, à ce mec ? Il n’a pas eu son câlin du matin, c’est ça ? Moi non plus ! Mais je ne me montre pas désagréable pour autant. Nicole m’a affirmé que monsieur « Tue-l’amour » était un chic type. Elle le connaît depuis l’école maternelle, aussi se dit-elle sûre de son fait. D’après elle, c’est son enfance difficile qui explique son intransigeance et son humeur irritable. Sa mère les a abandonnés, son père et lui, alors qu’il était tout bébé. Ils ne l’ont jamais revue. Des mauvaises langues disent qu’elle se serait jetée dans la rivière Akiawenrahk, quicoule derrière l’église. Tout ça parce qu’elle n’aurait pas supporté les pleurs stridents de son enfant. Je tendrais à penser que ces ragots sont fondés. N’ai-je pas eu envie de lui tordre le cou, quand il m’a crié après ? Toujours selon Nicole, être le fils du Grand Chef de la réserve n’a pas apporté que du bonheur à monsieur « Tue-l’amour ».

Pour se rendre digne des espoirs de son père, il a été obligé de travailler dur. Et ça n’était jamais assez. En outre, son trop grand sérieux lui attirait les quolibets de ses camarades. Aussi se battait-il souvent. Cependant, il ne s’est jamais attaqué aux plus faibles que lui. Il a toujours défendu ceux qui, comme Nicole, subissaient les moqueries des autres. Admettons ! Je ne demande qu’à la croire. En attendant, j’aimerais bien savoir pourquoi ce connard de première s’en est pris à moi. Ne me trouvais-je pas dans une position délicate ? N’importe quelle personne charitable aurait tenté de me sortir de l’ornière. Pas lui ! Il ne m’a laissé aucune échappatoire possible. Mon problème aurait été résolu depuis longtemps s’il avait accepté de me conduire au distributeur de billets le plus proche. Mais non ! Il s’est montré intraitable. Peut-être que ma tête ne lui revient pas ! Pourtant, la coiffure que Nicole m’a faite semble très tendance ici. J’ai vu beaucoup de femmes arborer des cascades de tresses. J’ai également récolté de nombreux témoignages d’appréciation de la part des clients de sexe masculin du bar.

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Ouais ! Je viens de France ! riposté-je, remontée à bloc. Vous savez, le pays où on guillotinait les casse-pieds ! Des éclats de rire accueillent ma remarque, ce qui me rend encore plus furieuse. Tapant rageusement du pied et soufflant, je lève les yeux au ciel. — Elle n’est pas commode, la demoiselle ! s’esclaffe le premier. — Elle a son petit caractère ! renchérit le troisième, assis à ma gauche. Tout en essuyant ses yeux humides d’hilarité, il fait mine de me donner une chiquenaude sur le postérieur. J’intercepte son geste à l’aide de mon plateau, dont j’ai appris à me servir comme d’un bouclier. — Et elle mord quand on la touche, grogné-je entre mes dents, avant de tourner les talons. D’un pas vif, je me dirige vers la cuisine, me bouchant mentalement les oreilles tandis que les rires fusent. Là-bas au moins, on me fichera la paix. Depuis que ce satané policier m’a déposée dans ce bar plus que rustique, je n’ai pas eu une seconde de répit. Ces murs en rondins de bois se sont refermés sur moi comme un piège.

Ainsi, je n’ai eu d’autre choix que d’endosser le rôle qui m’a été assigné. Obéissant sans rechigner au code vestimentaire de l’établissement, j’ai chaussé des mocassins de peau trop serrés, et enfilé une tunique à franges et une jupe longue en daim. En temps normal, ma nature rebelle aurait refusé de se plier au joug d’un tyran, tout beau gosse qu’il soit. Mais au royaume de l’absurde, les vieilles habitudes ne sont plus de mise ! Aidée de Julie, une blonde apathique d’une vingtaine d’années, j’ai assuré le service de midi pendant que Nicole tenait le bar. Mes réflexes de chorégraphe ont vite repris le dessus, et je me suis retrouvée à orchestrer un savant ballet, donnant de la voix chaque fois que nécessaire et jonglant entre les commandes et les plateaux pleins. Du coup, ma douleur à la cheville s’est fait oublier.

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Il m’a aussi fallu répondre aux questions des clients, venus en nombre en ce jour de marché. Car l’habit traditionnel de la réserve dont on m’a affublée ne m’a pas prémunie contre la curiosité des autochtones. Ils voulaient tout savoir. Tout en m’efforçant de rester aimable, je ne me suis pas gênée pour fustiger le manque d’humanité du policier. Malheureusement, personne n’a abondé dans mon sens. Il semblerait que monsieur « Tue-l’amour » fasse l’objet d’une véritable adoration ici. Surtout de la part des femmes, soit dit en passant ! La salle n’a pas désempli avant 15 heures 30. À présent qu’elle s’est bien vidée, et que les clients ne commandent plus que des boissons, je peux réfléchir sur ma condition. Comment la situation a-t-elle pu se dégrader à ce point ? Tout ça parce que j’ai rempli mon réservoir d’essence avec le mauvais carburant ! Mais enfin, je ne suis ni la première ni la dernière à qui ce genre de mésaventure arrive. Et généralement, tout se termine pour le mieux, dès lors qu’on s’adresse à un garage digne de ce nom, qu’on ne se retrouve pas coincée dans une réserve indienne et qu’un certain représentant de la loi au regard revolver ne vous cherche pas des poux dans la tête !

Pourquoi, oui pourquoi n’ai-je pas appelé une dépanneuse tant qu’il en était encore temps ? J’aimerais bien le savoir ! À l’heure qu’il est, ma Toyota serait déjà réparée, et je ferais route vers le Grand Nord. Désormais, c’est foutu ! Monsieur « Tue-l’amour » m’ayant confisqué mon téléphone portable, je peux mettre une croix sur mes vacances. Quoique ! Et si je demandais à Julie le sien ! Embrassant la salle d’un rapide regard circulaire, je l’aperçois devant les fenêtres. Elle est encore en train de rêvasser. Une blonde aux yeux bleus dans une réserve indienne, c’est plutôt suspect, non ? Mieux vaut abandonner l’idée de la solliciter. Je suis prête à parier qu’elle se trouve dans la même situation que moi. Qui sait si monsieur « Tue-l’amour » ne la retient pas prisonnière ? Peut-être a-t-elle atterri dans ce bar pour payer son voyage de retour à la civilisation ! En passant près du comptoir, j’entrevois une issue en la personne de Nicole. Elle s’est toujours montrée gentille avec moi. Je ne pense pas qu’elle refuserait de me rendre un petit service. J’attends patiemment qu’elle ait fini d’encaisser un client avant de l’aborder avec un grand sourire.

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On va pouvoir souffler un peu, maintenant qu’il y a moins de monde. — Oui, répond-elle, me souriant en retour. Comment s’est déroulée ta première journée ? — J’y ai survécu ! Pitié, dis-moi que ce n’est pas tous les jours comme ça ! — Oh non ! Seulement les mardis, jeudis et samedis, qui sont les jours de marché. — Ah ! Alors je suis rassurée ! Elle émet un rire de gorge en me voyant laisser brusquement tomber mon menton, comme si je venais de m’endormir, puis le relever tout aussi vite. — Mais ne t’inquiète pas, ça ira de mieux en mieux, ajoute-t-elle. Les clients t’adorent ! — Ils sont très… affectueux. Surtout les hommes. Et très démonstratifs ! Elle s’esclaffe encore. — Certains ont la main un peu leste, mais ils ne sont pas méchants, m’explique-t-elle d’une voix réconfortante. Et puis, tu t’en sors très bien. — Pourrais-tu me prêter ton téléphone, Nicole ? lui demandé-je à brûle-pourpoint. Je dois appeler mes parents pour leur donner de mes nouvelles. Ce qui est bien entendu un énorme mensonge, vu que personne – et surtout pas mes parents – ne se soucie de moi. Le visage souriant de mon interlocutrice se rembrunit sur-le-champ, et une expression d’inquiétude, teintée de méfiance, contracte ses traits. Un peu comme si je venais de lui annoncer que j’étais atteinte d’une maladie contagieuse.

Tu veux parler de la fois où j’ai renversé de la soupe sur les genoux du vendeur de poissons ou celle où j’ai failli assommer le gars au fond de la salle ! Elle pouffe d’un rire si communicatif que je me surprends à esquisser un sourire de connivence. Je le réprime aussitôt. Non, je ne dois pas fraterniser avec l’ennemie, même si l’ennemie en question est plutôt sympathique. Avec ses immenses yeux de faon, emplis d’innocence, Nicole est capable d’attendrir n’importe qui. Mais je ne m’y laisserai pas prendre. La mauvaise humeur dont je me suis parée depuis le début de ma captivité doit demeurer intacte. Sinon, comment conserverai-je ma combativité ? — Les deux ! me répond-elle, une fois son rire calmé. Les hommes aiment les femmes de caractère, ici ! Tout le contraire de moi ! Je suis trop falote à leur goût. C’est impossible, Estelle. J’ai promis à Curtis que je ne lui désobéirai pas. Il m’a fait jurer de ne pas te le prêter. Tu comprends, j’espère ! — Pas de problème ! Je comprends tout à fait ! répliqué-je, tandis qu’un nouveau plan d’évasion germe dans ma tête. Mais si tu abandonnais ton téléphone sur le comptoir et que tu ailles faire un tour en cuisine, ce ne serait pas comme si tu lui désobéissais, hein ?

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