mardi 16 octobre 2018

Lire le Wild Lovers PDF Epub gratuit 1 - Ena Fitzbel (2018)

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Samedi 28 juillet 2018 L’avantage majeur lorsqu’on est célibataire, c’est qu’on peut aller où on veut quand on veut. Nul besoin d’en référer à quiconque ! C’est mon cas, vu que je viens de me faire larguer comme une vieille chaussette. Hier, à la même heure, j’avais encore un fiancé. Un gars rien qu’à moi qui m’avait promis le mariage pour le printemps prochain. Je le croyais sincère. Pourquoi aurais-je douté d’un homme qui m’appelait sa « boulette adorée » ? Quoique ! À bien y réfléchir, j’aurais dû me méfier. Boulette, boule, ballon, montgolfière, c’est un peu pareil, non ? Je ne suis pas grosse, j’ai juste des formes. En haut et en bas. À l’évidence, mon cornichon d’ex-fiancé préfère les planches à repasser, puisqu’il m’a remplacée par une asperge sans relief. Nous avions projeté de passer nos vacances d’été en amoureux dans le Parc national du Saguenay. Je me faisais une joie d’aller voir les baleines dans le fjord éponyme. Tout avait été planifié depuis plusieurs mois. Les villes étapes, les campings, les restaurants… Tout, sauf le fait que le Cornichon me tromperait avec la première danseuse de notre troupe. Un beau brin de fille, qui a tout ce que je n’aurai jamais.

Allons-y ! Énumérons les atouts que l’Asperge cumule et que le Cornichon semble apprécier tout particulièrement. Elle est blonde aux longs cheveux soyeux. Je me traîne une tignasse brune et frisée, constamment emmêlée. Les yeux de l’Asperge sont d’un bleu océan. Les miens sont juste marron. L’Asperge est gracieuse et toujours souriante. Elle danse divinement bien. Je me contente de créer des ballets et je m’énerve à longueur de temps. Normal ! Je suis la chorégraphe de Contre Temps Danse, une compagnie de danse contemporaine basée dans la ville de Québec. Mes danseurs ont beau avoir été triés sur le volet – le Cornichon et l’Asperge en sont –, ils sont plutôt durs de la feuille. Je ne compte plus le nombre de fois où je leur ai crié après pour me faire comprendre ! Pour en revenir à l’événement qui m’a rendue célibataire, il est survenu de façon très brutale ! C’était hier. Au lendemain de mon vingt-huitième anniversaire. Bonjour, le cadeau ! J’avais passé mon après-midi à faire des courses en prévision du voyage. En rentrant à l’appartement que je partage avec le Cornichon depuis presque un an, je ne l’y ai pas trouvé. Il avait vidé ses tiroirs. Envolées, ses affaires ! Volatilisée, sa photo le représentant en compagnie de sa sœur et de sa mère ! Il avait laissé sur le lit une lettre rédigée à la va-vite. Dessus, j’ai pu lire quelques mots m’annonçant qu’il partait vivre avec l’Asperge.

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J’ai beaucoup pleuré. Deux étuis de mouchoirs ont été utilisés dans l’heure qui a suivi cette découverte. J’ai également fait beaucoup de ménage, afin d’effacer toute trace de mon ex-fiancé dans ce qui restera mon appartement. Un appartement de célibataire. Et vu que mes valises étaient prêtes, et que le Cornichon avait eu la décence de ne pas embarquer ma voiture, je suis tout de même partie en vacances. De toute manière, ma troupe de ballet ne travaille pas pendant le mois d’août. Je ne vais certainement pas demeurer à Québec à me morfondre. Quant à rentrer en France pour épancher mon chagrin sur l’épaule de papa ou maman, il ne faut pas y penser. Ce serait la honte interplanétaire ! Ce serait surtout apporter de l’eau à leur moulin ! Mes parents n’avaient-ils pas prédit que mon expérience québécoise serait vouée à l’échec ? Ne m’avaient-ils pas prévenue que les hommes de ce pays étaient trop volages ? Plutôt crever que de leur donner raison ! Quoi qu’il en soit, il faudra bien que je me rende à l’évidence : le grand Amour n’est pas fait pour moi. Comme aucune fée ne s’est penchée sur mon berceau, je n’ai pas hérité d’un physique facile ni d’un caractère docile. Les hommes me font toujours sentir que je ne suis pas la femme de leurs rêves. Les rares fois où je me trouve un petit ami, ma relation se termine toujours de la même façon. Je suis cocufiée ignominieusement, avant d’être jetée au rebut.

Confortablement installée au volant de ma Toyota Corolla, je tente d’envisager l’avenir avec optimisme. Je vais aller me ressourcer dans la nature, respirer du bon air, faire du sport, manger sainement, et au bout d’un mois de ce régime-là, je reviendrai avec quelques kilos en moins et gonflée à bloc. Avec la patate ! Le Cornichon et l’Asperge pourront toujours se dandiner sous mes yeux, je m’en tiendrai à exercer mon métier de chorégraphe avec professionnalisme et passion. L’amour de la danse passe avant tout ! À cette seule pensée, j’éclate de nouveau en sanglots. Pour la troisième fois depuis que j’ai quitté Québec, un mouchoir imbibé de mes larmes finit dans le vide-poche. Trois mouchoirs en moins d’une demi-heure, ça commence à faire beaucoup ! Il va falloir que je freine un peu sur ma consommation. Les yeux embués, je rate une sortie, au niveau d’un point de bifurcation, ce qui oblige mon GPS à recalculer l’itinéraire pour Saguenay. C’est certainement pour cette raison que je me retrouve sur une voie peu fréquentée, bordée de petites maisons toutes identiques, au lieu de rouler sur la route 175 en direction du nord. Contrainte de ralentir, vu le mauvais état de la chaussée, j’avise une station essence et décide de m’y arrêter. En effet, rien ne dit que j’aurai l’occasion de faire le plein avant longtemps.

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Mais en ouvrant la trappe à carburant de mon véhicule, j’ai soudain l’impression de vivre un grand moment de solitude. Outre le fait que l’endroit est réellement désert, la nature de ce que je dois mettre dans mon réservoir me laisse perplexe. Essence sans plomb ou diesel ? Je n’en ai aucune idée, puisque c’était le Cornichon qui, jusqu’à présent, s’occupait de ma voiture. Depuis que je suis venue habiter au Canada, pour suivre ce sale type rencontré à Paris, je n’ai jamais approché de près ou de loin une station essence. Vaillamment, je me penche sur le bouchon du réservoir. Il est jaune. Le mot « gazoline » est inscrit dessus en lettres noires. Gazoline, gasoil, diesel, c’est du pareil au même, n’est-ce pas ? En outre, d’après mes souvenirs, les pistolets des pompes à diesel sont noirs ou jaunes – le vert étant réservé à l’essence sans plomb. Du moins, c’est ainsi que ça fonctionne en France ! C’est décidé, je ferai le plein de ma Toyota avec du diesel.

Une fois mon réservoir rempli à bloc et ma note acquittée auprès du pompiste, je me remets en route. Le sourire aux lèvres, je me félicite d’avoir pu me passer des services du Cornichon. Mais je n’ai pas parcouru cinq cents mètres dans une nouvelle rue bordée de petites maisons que ma voiture commence à brouter. Inquiète, je rebrousse chemin. Car l’idée que j’aie pu me tromper de carburant trouve immédiatement un écho dans les cliquetis métalliques et les vibrations du moteur. Je regagne donc la station. Bien m’en a pris ! À peine ai-je arrêté mon véhicule près des pompes à essence que des volutes de fumée blanche s’exhalent de mon capot avant et de mon pot d’échappement. La tuile ! Mes vacances débutent mal. Vraiment mal ! Cependant, je suis loin de me douter à quel point la suite des événements me donnera raison.

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