samedi 13 octobre 2018

Partie 2 : Lire 1984 epub gratuit




Partie 2 : Lire 1984 epub gratuit


Ses épaules s’affaissèrent sous le poids de mes mots. Il resta un long moment immobile. Je me demandais s’il allait répondre, s’accrocher, me prouver qu’il voulait vraiment que je reste ou lâchement abandonner au tout premier obstacle. Mon cœur n’était plus qu’à quelques battements d’exploser et de continuer sa course folle à l’extérieur de mon corps. Finalement, Léo recula à son tour, ferma la fenêtre et alluma la lumière de sa chambre. J’attendis. Ces quelques minutes me semblèrent une éternité. Je transpirais et mes jambes vacillaient dangereusement. Je devais rester concentrée sur ma décision. Surtout ne pas renoncer aux premiers mots de Léo. Je réalisai aussi qu’il m’avait de nouveau tutoyée. Sa colère avait donc dû finir par s’estomper. Léo revint finalement et dans notre petit manège bien rodé maintenant, il m’offrit sa nouvelle réponse qui me bouleversa une nouvelle fois. Je t’en supplie. Laisse-moi une chance de t’expliquer. Ses mots étaient ceux d’un homme désespéré et venant de Léo, ils avaient encore plus de poids. Jamais je ne l’aurais cru capable de ça. J’étais touchée. En plein cœur. Une petite voix au fond de moi me suppliait de lui laisser sa chance. Après tout, je n’avais aucune obligation à Paris, rien ni personne ne m’y attendaient réellement… Mais une autre me commandait violemment de ne pas changer tous mes plans pour ce genre d’hommes manipulateurs et perfides. J’aurais voulu hurler ! Pour que cela cesse ! Pour ne plus jouer au yoyo avec mon cœur fragile ! Pour retrouver ma raison et la liberté !

Il me fallut bien plus que dix minutes pour me préparer. Je fus prise d’une excitation telle que l’angoisse mena une lutte acharnée contre la joie. Je me disais que c’était notre dernière chance et que je devais mettre tous les atouts de mon côté. Je commençai alors par enfiler ma robe fétiche, décolletée dans le dos et mes stilettos, quand je réalisai que c’était probablement un tantinet too much. J’optai alors pour un tailleur-pantalon que je n’avais pas encore eu l’occasion de porter ici et qui, je le savais, m’allait comme un gant. Encore une fois, mon miroir me renvoya l’image de celle qui était prête pour une remise de prix. Alors, je pris le parti d’enfiler tout à fait autre chose et ce choix eut le petit effet attendu sur Léo. À peine avais-je atteint la première marche de l’escalier que je sentis son regard sur moi depuis le hall d’entrée. Je pus lire dans ses yeux un trait d’humour et de complicité. J’avais opté pour la tenue adéquate et je m’en félicitais. Ce survêtement était notre histoire… Lui-même avait revêtu le cadeau – absolument hideux – de George. Rien à dire, on était tous les deux parfaitement raccord et au top de notre séduction. Mais j’avais apporté ma petite touche personnelle en arborant le pull de Léo tricoté main par Rose et que j’avais gardé en secret.

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Pour la toute première fois, Léo ouvrit la porte et m’invita à passer la première. La nuit humide et glaciale nous prit sous son aile. Léo me conduisit dans une partie de la ville que je ne connaissais pas et dont le paysage était à couper le souffle. La côte se mêlait aux habitations, le vert à l’eau, l’asphalte à la nature, dans une magie surprenante et tout simplement incroyable. Quel dommage de ne découvrir cet endroit que ce soir et à la nuit tombée. Léo me proposa de gravir une petite colline qui nous faisait face. Au fur et à mesure de la montée, la vue était encore plus époustouflante et l’émotion se fit de plus en plus vive. Durant tout le chemin, nous n’avions échangé que des banalités. J’avais peur que Léo recule… J’avais envie d’entendre tout ce qu’il avait à me dire. J’en avais besoin. Pour comprendre et pour partir sereine. Il m’avait demandé une chance et je la lui avais offerte. Mais ce serait la seule, l’unique et la dernière. Léo, qui marchait devant moi, se dégagea pour m’inviter à m’asseoir. Je découvris alors un panorama époustouflant et si romantique… Les étoiles se mêlaient aux lumières de la ville dans une chorégraphie scintillante et absolument féerique. – Cette vue est magnifique ! dis-je, le souffle court. – C’est notre endroit, à Sam et moi, répondit Léo, le regard perdu dans l’immensité de la nuit.

Ce silence était insoutenable. Je sentais la colère monter en moi. Je n’aurais jamais dû lui offrir cette chance, jamais. Je regrettais amèrement ma décision puérile et impulsive. Cet instant était si difficile à supporter… Je sentis mon cœur ralentir et la blessure béante se rouvrir lentement. Je devais partir. Demain. Fuir. Et vite. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que… – Je lui ai fait une promesse… prononça soudain Léo. La scène du taxi revint subitement sur le devant de la scène de mes souvenirs. Je revis le moment maudit où le véhicule passa à ma hauteur, le regard qu’Emma m’avait lancé, la vitre ouverte et ses derniers mots entendus au loin. C’était donc ça… Je n’avais pas rêvé… Il lui avait bel et bien fait une promesse, mais… – Laquelle ? parvins-je à articuler péniblement. À ce moment précis, plus rien n’existait. Toute ma vie était suspendue aux lèvres de Léo. Les mots qui allaient en sortir décideraient de mon futur. Je le savais, je le sentais. Et c’était tout simplement intenable. Comment moi, Maggy, je me retrouvais dans cette situation ? Moi qui avais toujours décidé de tout, tout contrôlé et qui n’avais jamais, au grand jamais, baissé les armes ? Comment avais-je pu en arriver là ? Léo avança vers moi, attrapa doucement mes mains. Le contact de sa peau me fit frissonner. Ses yeux se plantèrent dans les miens. Je perdis pied et manquai de défaillir…

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Chère Maggy, Je me décide enfin à t’écrire pour te remercier du fond du cœur. Si tu savais le nombre de brouillons que ce mail a compté. Je n’arrivais pas à trouver les bons mots, les mots justes, des mots assez puissants pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi, mais aussi et surtout pour Martin. J’ai reçu aujourd’hui un appel des financiers de la tournée internationale. Je n’avais pas compris que j’étais celle qui allait en être en charge. Une nouvelle surprise et aventure que tu m’offres… J’avais tellement peur que cette tournée nous sépare, Martin et moi. Mais encore une fois, tu as agi en bonne fée… Ce soir, nous en avons parlé longuement avec Martin et nous avons conclu, lui et moi, que vu l’ampleur de la tâche et les dates de tournée dans le monde entier, je n’aurai pas le temps de continuer à gérer Brouillon d’un Rêve comme il se doit. Les choses se précipitent sérieusement et nous allons devoir partir dans deux petites semaines à peine. Tu te rends compte ? Deux semaines… Qu’en penses-tu ? Quand reviens-tu ? Comment imagines-tu la suite ? Sache que tu peux compter sur moi, quoi que tu décides… Maggy, tu as changé ma vie… Si tu savais… Je ne te remercierai jamais assez…

Je restai bloquée sans réaction sur la signature, « June & Martin », qui me transperça le cœur. « June & Martin » allaient partir à leur tour. En leur offrant cette tournée, je savais que les choses se passeraient ainsi, bien évidemment. Mais j’avais clairement sous-estimé le choc que cela me causerait. Les imaginer ensemble, main dans la main, voyageant, partageant et profitant de tous les moments de cette tournée qui aurait dû être mienne… Ils partaient dans deux semaines… Exactement au même moment que la fin des cours ici… Et si je restais ? Et si… ? La lumière de la chambre de Léo s’alluma et vint se refléter sur l’écran de mon ordinateur. Je n’osai me retourner. J’étais perdue. L’homme qui avait le plus compté pour moi jusqu’à présent partait avec une autre et celui qui prenait de plus en plus de place dans mon cœur depuis ces dernières semaines ne pouvait m’aimer au grand jour… Dépitée, fatiguée et lasse, je descendis vers la cuisine pour me préparer une tasse de thé et pour réfléchir, au calme, dans le silence, loin de tout. En arrivant dans la pièce, je découvris David endormi, la tête sur la table. Il semblait si frêle, si fragile, qu’il me retourna le cœur. Je ne l’avais pas revu depuis la sortie du poste de police. Ne voulant pas le déranger, je m’apprêtai à faire demi-tour quand il se réveilla.

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