mardi 16 octobre 2018

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Les spasmes terminés, elle se rendit compte de l’ab- surdité de sa situation ; elle forniquait avec un inconnu devant une foule de libertins alors qu’elle était censée faire progresser l’enquête. Elle déchanta ; la luxure quasi palpable du Lupanar l’avait envoûtée, elle avait perdu la raison dès qu’elle avait mis les pieds dans la salle. Elle ignorait combien de temps s’était écoulé depuis son départ du spa. Son envie de plaisir assouvie, elle devait se ressaisir, retrouver sa concentration et profiter de sa totale immersion au sein du club pour dénicher un élé- ment capable d’incriminer Duhaime. Elle regarda autour. Aucun signe de Jacob et de sa nymphe. Pouvait-il être encore dans l’eau ? 110 Simon Rousseau  Ça va ? C’était le hoplite, le simili soldat grec, inquiet du sou- dain immobilisme de Claudia.  Désolée, je dois y aller. Elle se retira sans aucune considération pour l’appétit sexuel inapaisé de son partenaire, récupéra sa robe qu’elle avait traînée jusqu’au bord du lit et la revêtit tandis que le soldat tentait, en vain, de la convaincre de rester. Il ne se montra toutefois pas insistant, conscient des règles du club : à tout moment, on pouvait inter- rompre les ébats si on ne se sentait plus à l’aise. La sergente-détective repéra au fond de la pièce, der- rière les matelas occupés, deux portes gardées par un homme accoutré exactement comme celui à l’entrée : chemise blanche et pantalon noir. Assurément un employé ; ils étaient les seuls à ne pas être forcés de porter un costume. Il devait s’assurer que les débauchés.


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se conduisent convenablement et que la soirée se déroule dans un ordre relatif. La détective espéra qu’il soit posté devant les toilettes ; elle ressentait un besoin urgent de se rafraîchir, de se laver de la sueur du hoplite. Elle s’avança jusqu’au gardien, qui l’ignora avec brio même quand elle passa juste sous son nez pour ouvrir l’une des portes, celle pourvue d’un insigne de silhouette féminine. Duhaime devait ordonner à ses cerbères de n’interagir avec ses clients qu’en cas d’absolue nécessité. Deux femmes nues coiffées d’extravagantes per- ruques roucoulaient devant le gigantesque miroir de la salle de bain, tandis qu’une autre se savonnait sous la 111 LA BÊTE ORIGINELLE douche à aire ouverte. Pas moyen d’avoir une once d’inti- mité dans cet endroit. Même les portes des cabines ne pouvaient se verrouiller. Claudia prit quand même place sur l’une des toilettes pour uriner, espérant que la fille sous la douche eut bientôt terminé pour s’y rendre à son tour. Ce fut dans cette position qu’elle découvrit enfin un élément illicite au Lupanar : les filles au lavabo se taillaient une ligne de cocaïne à-même le comptoir. Réputée pour ses supposés effets aphrodisiaques, la poudre blanche s’agençait parfaitement avec le concept du club, tant qu’elle était consommée en simili cachette. Après s’être vidé la vessie, la policière s’approcha des deux femmes. L’une d’entre elle l’interpella :  T’en veux un peu ? Vu l’état de ses narines et de ses pupilles, elle n’en était pas à sa première dose. Il était hors de question que Claudia en consomme, mais elle devait au moins essayer de les faire parler.


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C’est de la bonne ?  Oh, t’es nouvelle toi ! ricana l’autre juste avant de s’enfourner une ligne dans la paroi nasale.  Qu’est-ce que tu veux dire ?  Bah ! C’est toujours de la bonne, ici, poursuivit la première en invitant Claudia à s’avancer. Sinon on serait pas là.  J’suis pas sûre de suivre. La fille allait répondre quand soudain, la musique, perceptible depuis les toilettes, s’interrompit. La chorale de geignements s’était aussi éteinte, laissant place à des 112 Simon Rousseau cris de panique. Alarmée, Claudia se précipita sur la porte afin de découvrir ce qui se passait. Pratiquement tous les couples avaient cessé leurs parties de jambes en l’air et cherchaient à la hâte leurs vêtements, étendus au sol ici et là. Le gardien de sécurité avait quitté son poste près des toilettes et incitait les clients à quitter les lieux. C’est alors que, malgré le tumulte et le chaos, l’inspec- trice entendit les sirènes de police. La femme sous la douche se dépêcha de se rhabiller ; les deux autres jetèrent ce qui leur restait de poudre dans le lavabo, puis bousculèrent la sergente-détective pour fuir. Claudia demeura sur place un moment, ten- tant de comprendre ce qui venait de se produire. Elle se déplaça lentement vers la sortie, passant devant le spa désormais vide, tout comme l’espace lounge. Tous sem- blaient s’être rués vers l’extérieur ; ne restaient que les dénudés voulant partir en camouflant du mieux qu’ils le pouvaient leurs parties intimes. « T’es où, Jacob ? ».


Partie 2 : Simon Rousseau en ligne


Toujours vêtue de sa robe d’Isis, Claudia sortit sans prendre la peine de récupérer sa veste de cuir. Elle constata que deux auto-patrouilles étaient garées devant le club, gyrophares allumés. Deux agents tentaient d’em- pêcher les clients de s’enfuir, un autre discutait avec le portier et un dernier guettait les escaliers menant au logement personnel de Duhaime, à l’étage. En levant les yeux, la détective constata que la porte de ce dernier était grande ouverte. Un mauvais pressentiment la gagna ; elle se rua sur le policier afin de s’identifier et obtenir 113 LA BÊTE ORIGINELLE l’autorisation de monter. L’agent hocha simplement la tête et libéra le passage, comme si on l’avait prévenu que Claudia se manifesterait. Elle pénétra en coup de vent dans le domicile de Duhaime et ce qu’elle y découvrit lui fit comprendre à quel point son opération s’était trans- formée en fiasco. Jacob, affublé de sa toge mais aussi de sa veste, était accroupi près de la monstruosité gisant au milieu du salon. Une poupée en silicone plus vraie que nature était étendue sur le dos, en position d’étoile. Sur ses parties intimes reposait la tête inerte d’un homme dont le corps était entièrement dévêtu. Une queue en tire-bouchon avait été collée juste au- dessus de son fessier. Ses mains avaient été tranchées, remplacées par des pattes de porc. Une mare de sang se répandait sur le sol, près de sa gorge. En s’approchant davantage, Claudia constata ce qu’elle redoutait le plus.  C’est lui, hein ? demanda Jacob.


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Oui, c’est lui, confirma-t-elle en se massant ner- veusement les tempes. C’est François Duhaime. 114 CHAPITRE 13  .Ça fait même pas deux heures qu’il est mort. On l’a charcuté sur place. Le légiste Michel Brochu ne s’était pas fait attendre ; il était arrivé sur les lieux 20 minutes après qu’on l’eut appelé. Accroupi devant le cadavre de Duhaime, il ins- pectait avec précaution les mutilations post-mortem infligées par le tueur. La cause de la mort était évidente : une profonde entaille à la gorge, comme pour Émilie Boutin. Sauf que cette fois-ci, l’assassin n’avait pas subs- titué la tête de sa victime à celle d’un canidé. Il avait plutôt découpé les parties d’un porc pour les fusionner au corps du propriétaire du Lupanar. La position dans laquelle il l’avait laissé était grotesque, confirmant la théorie que le cadavre d’Émilie Boutin n’avait pas été placé de façon fortuite. Le visage contre l’entrejambe de la poupée en silicone grandeur nature, Duhaime avait eu la langue tranchée et remplacée par celle d’un cochon, plus longue, plus pâle, plus épaisse. Cette dernière avait été soudée à la colle forte aux fausses parties génitales de la poupée, comme si Duhaime lui faisait un cunnilingus. LA BÊTE ORIGINELLE Ses mains avaient été remplacées par des pattes de cochon, puis une queue en tire-bouchon avait été ajoutée au bas du dos. Aucune trace des mains et de la langue originelles. Le meurtrier devait les avoir emportées. Vézina se tenait debout, tout près du médecin en combinaison, observant en silence son collègue et les techniciens travailler. Ce deuxième meurtre le dégoûtait.

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mais sa colère avait pris le dessus sur son aversion. Non seulement l’opération ne s’était pas déroulée comme prévu, mais Claudia lui avait volontairement caché l’identité de son partenaire. Jacob. Jacob Dumas. De tous les hommes qu’elle aurait pu sélectionner pour l’accom- pagner, elle avait choisi celui que Vézina avait fait sus- pendre. Elle savait qu’il aurait été contre l’idée ; elle avait donc tu son nom pendant la réunion. Furieux, Vézina avait ordonné à ses hommes de ne laisser ni Claudia ni Jacob pénétrer à nouveau sur la scène du crime. Elle connaîtrait les détails plus tard, et l’autre serait consi- déré aussi suspect que tous les clients du Lupanar qui n’avaient pas réussi à fuir.  Si c’est le même gars, et je pense que c’est le cas, il s’est amélioré, lança le légiste en se redressant à la hau- teur de Marc.  Qu’est-ce que tu veux dire ?  L’autre fois, la tête de chien avait été scotchée avec du simple duct tape sur le cou de la victime. Pas très sophistiqué comme méthode. Là, le tueur a carrément cousu les pattes. Il a utilisé de la colle forte juste pour la 116 Simon Rousseau queue et la langue. Les entailles sont aussi plus nettes. C’est pas l’œuvre d’un chirurgien, mais celui qui a fait ça sait bricoler.  Je vois, commenta Vézina en se grattant le menton. Et t’es sûr qu’il a fait tout ça post-mortem ?  Certain. Il y aurait plus de sang par terre, sinon. D’après les projections sur les murs, on l’a tué tout près de l’entrée. Il devait faire face à son meurtrier. Pis le gars aurait hurlé, si on l’avait charcuté vivant ; quelqu’un l’au-.

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rait sûrement entendu en bas. « Pas si sûr que ça », pensa le lieutenant. La musique du club aurait pu enterrer les plaintes de son propriétaire.  Autre chose ?  Pour le moment, pas vraiment. Je ferai quelques examens une fois au labo, mais je garantis pas que ça va donner grand-chose. Pour les traces ADN, on va vérifier s’il y en a une similaire à celles trouvées chez Émilie Boutin.  Merci, Michel. Toi, t’as déniché quelque chose ? demanda-t-il en se dirigeant vers Joey, qui fouillait déjà le bureau de Duhaime, dans la pièce voisine.  Je pense que j’ai trouvé la liste de ses clients. Vézina se rapprocha du jeune sergent-détective et regarda l’écran d’ordinateur par-dessus son épaule. N’ayant jamais été très fort en informatique, il comptait sur Lachance ou ses éléments plus jeunes, comme Joey, pour combler son manque d’aptitudes dans ce domaine. 117 LA BÊTE ORIGINELLE Apprendre à utiliser son smartphone avait déjà été assez exigeant comme ça, il n’avait pas envie de répéter le pro- cessus avec des plus grosses machines.  Ça dit pas officiellement que c’est une liste de membres. Duhaime était sûrement pas assez con pour faire ça. Mais regarde : des noms, suivis de courriels et de chiffres ressemblant à des soldes à payer.  C’est des gros montants, non ?  Un autre indice qui prouverait que Duhaime s’adonnait peut-être à d’autres activités qu’à la gestion d’un club échangiste.

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Parfait. On analysera la liste au commissariat. Pis des vidéos de surveillance ? En as-tu trouvées ?  Oui et non.  Qu’est-ce que tu veux dire ?  J’ai pas tout regardé, mais de ce que j’ai vu, Duhaime ne conservait pas les vidéos de sa caméra extérieure.  Fuck ! s’exclama Vézina en tapant du pied, per- suadé qu’il aurait pu identifier l’assassin grâce à cette précaution du propriétaire.  Attends, y a quand même quelque chose d’inté- ressant, reprit Joey en cliquant sur une icône, lançant un lecteur vidéo sur l’écran. Ce qu’aperçut Vézina le rendit vite mal à l’aise. Un nombre impressionnant de couples copulaient sur des lits alignés. Certains encore costumés, d’autres complè- tement à poil. Plusieurs batifolaient dans un semblant de spa alimenté par une chute artificielle. Le pervers avait 118 Simon Rousseau donc installé des caméras au plafond de son club, à l’insu de tous.  C’est bizarre de dire ça, mais je pense que Luc avait raison, continua le jeune homme. Ce gars-là filmait les soirées qu’il organisait. Je sais pas si c’était vraiment pour se crosser ou pour faire du chantage, mais peu importe ; on a la preuve que Duhaime trahissait la confiance de ses clients.  J’en reviens pas. Lachance va capoter quand il va apprendre ça. As-tu un enregistrement d’aujourd’hui ? Vézina appréhendait la réponse. D’un côté, il espérait qu’il y en aurait un afin de l’étudier et de potentiellement.

identifier le tueur. De l’autre, il n’avait pas trop envie d’être témoin de ce qu’avait pu faire Claudia pendant la soirée. Ce n’était pas nécessaire.  C’est là le problème. J’ai rien trouvé. Soit Duhaime n’a pas enregistré, ce qui serait bizarre parce que d’après ce que je vois, il enregistrait pas mal tout le temps ce qui se passait à l’intérieur du club, soit quelqu’un a supprimé le fichier en question.  Ce quelqu’un étant le tueur.  Possible. Ce serait logique.  Fait chier. Mais beau travail, Joey. Continue à fouiller. Je reviens, je dois aller voir Claudia.  Essayez de ne pas être trop dur avec elle, lieutenant… Pour toute réponse, Vézina se contenta de grommeler quelque chose d’incompréhensible. Il sortit du loge- ment, retira ses gants et dévala l’escalier extérieur en.

LA BÊTE ORIGINELLE contemplant le travail de ses agents. Dehors, plusieurs clients du Lupanar, toujours vêtus de façon plus ou moins loufoque, n’avaient pas pu fuir à temps et étaient interrogés par des patrouilleurs, sous la supervision de Virgile. Un large périmètre de sécurité avait été dressé autour de l’immense résidence. Déjà, des curieux s’entas- saient près des rubans fluorescents. Devant l’entrée du Lupanar se tenaient Claudia et Jacob dans leurs stupides costumes à demi camouflés par leur veste. La sergente- détective, nerveuse, siphonnait une cigarette pour tenter de se détendre. Vézina avait tenu à ce qu’ils ne se changent pas afin que personne ne se doute de leur véri- table identité. Lorsque le lieutenant-détective arriva près d’eux, Claudia s’empressa de se justifier.  Marc, j’suis désolée, c’est juste que… D’un simple geste de la main, le regard dur, Vézina lui signifia de se taire. Il porta son attention sur Jacob.  C’est toi qui as découvert le cadavre ?  Oui. Mais j’étais pas seul.  Quelqu’un était avec toi ? Jacob opina du chef, puis pointa l’un des deux employés de sécurité du Lupanar, maintenus en garde à vue par Virgile et un autre agent. C’était celui chargé d’accueillir les membres et de faire payer les nouveaux.  Claudia et moi, on s’est bien infiltrés. On n’a attiré aucun soupçon. On s’est mêlé aux autres. Mais c’était pas assez ; à part voir du monde baiser, y avait rien d’intéres- sant. On a décidé de se séparer, question d’avoir deux fois plus de chances de trouver quelque chose de louche.

dans le club. Claudia est allée dans la section plus… intime de la place. Moi, je suis resté un bon moment dans le spa pour observer, mais ça ne donnait rien alors j’ai décidé de bouger. Vézina demeura muet, curieux d’apprendre la suite. Il faisait semblant d’ignorer Claudia, juste à côté, qui le regardait, piteuse.  J’suis allé voir le portier, et j’lui ai dit que je vou- lais parler au propriétaire, sachant que c’était Duhaime. Je voulais le confronter, lui faire vraiment croire que j’étais un client insatisfait. Le gars a ri de moi, m’a expliqué que si je voulais porter plainte, je devais rem- plir un formulaire et que si ça ne me plaisait pas, j’avais juste à foutre le camp. J’ai vite répliqué que s’il m’amenait pas voir son boss, j’hésiterais pas à dévoiler sur les réseaux sociaux les noms de quelques personnes connues que je venais de croiser dans le club, que les poursuites ne me faisaient pas peur, que je ferais tout ça sous une fausse identité. Bref, sa face a changé, il a arrêté de me prendre pour un épais. Il m’a dit de le suivre, m’a prévenu que Duhaime serait sûrement pas très content qu’on vienne le déranger… Sauf que quand on est monté, on s’est rendu compte que la porte de son logement n’était pas barrée. Sans demander la permission, j’ai ouvert… pis c’est là qu’on a trouvé le corps. Vézina avait écouté son histoire sans l’interrompre, même si des dizaines de questions lui avaient traversé l’esprit. N’ayant pas été sur place, il ne pouvait malheu- reusement pas juger les décisions de Jacob, surtout qu’il n’avait pas été officiellement sous ses ordres.

Pis après ? demanda le lieutenant, dépité.  Le gars a couru prévenir son collègue pour faire sortir les clients. Moi, je vous ai appelé. Quand les pre- miers agents sont arrivés, je les ai prévenus que Claudia serait parmi les autres, déguisée, pour pas qu’ils la traitent comme une suspecte. Voilà. Sans tarder, Vézina abandonna le couple déchu pour se diriger vers Virgile et les gardes du Lupanar. Il devait contenir sa frustration, la transmuter en énergie produc- tive, focaliser sur sa tâche. Il pourrait se lâcher plus tard. Claudia voulut le retenir pour expliquer son point de vue, ses théories, ses raisons, mais Jacob la convainquit de laisser le lieutenant partir. Il valait mieux qu’il digère tranquillement l’affront de sa sergente-détective pré- férée. Lui-même avait jusque-là ignoré que cette dernière n’avait pas mis son supérieur au courant de sa participa- tion à l’opération. Virgile gribouillait des notes sur un calepin, rete- nant les informations importantes que les diffé- rents patrouilleurs parvenaient à soutirer aux membres du club.  Tu les as interrogés ? demanda Vézina, en faisant référence aux gardiens de l’établissement.  Pas encore. Je vous attendais pour ça.  T’as bien fait. Vous avez appris de quoi d’intéres- sant de la part des autres ? Des noms qui pourraient être liés à Émilie Boutin ?  Rien, lieutenant. Juste quelques richards déver- gondés qui s’en font plus pour leur anonymat que pour.

l’homme qui est mort là-haut. J’ai du monde qui continue à fouiller l’intérieur du club, peut-être qu’ils finiront par trouver quelque chose. Vézina se tourna vers les deux portiers, qui n’avaient rien manqué de la conversation. Il s’adressa à celui qui avait supposément découvert le cadavre avec Jacob.  Toi ! Viens ici. Le gorille avança de quelques pas ; son visage de brute ne sachant plus quelle expression afficher. Devait-il se montrer attristé par sa récente découverte, ou fallait- il qu’il s’insurge qu’on le garde contre son gré alors qu’il n’avait fait que son travail ? Il opta pour le deuxième choix.  Vous avez pas le droit de nous retenir ici, on n’a rien fait. Regardez les caméras, vous allez voir !  Justement, soit les fichiers vidéo de ce soir ont été effacés, soit ils n’ont jamais existé, rétorqua le policier en croisant les bras, nullement impressionné par le corps d’athlète de son interlocuteur. Le gars avec qui t’as trouvé le corps m’a déjà raconté ce qui s’est passé.  J’pense pas que j’vais pouvoir vous dire grand-chose de plus, grimaça l’employé, peu enclin à la coopération.  Pourtant, mon légiste m’a appris que ton boss est mort il y a à peu près deux heures. Lentement, il regarda sa montre, espérant que l’inter- rogé comprenne d’avance où il voulait en venir.  Ça veut dire vers 22 h 15. Ça veut dire pendant que la soirée au Lupanar était déjà commencée. Ça veut. dire pendant que t’étais à ton poste, tout près de.

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l’entrée.  Eille wô ! J’ai rien à voir là-dedans ! riposta l’autre en levant les mains en guise de défense.  Sauf que si quelqu’un est monté à l’étage, t’aurais dû t’en rendre compte, non ?  Non ! J’suis peut-être à l’entrée, mais je reste à l’in- térieur la plupart du temps, sauf quand j’sors fumer une clope ! Y a bien la fenêtre, c’est vrai, mais y fait noir et ça me permet pas de surveiller la bâtisse au complet ! Vézina soutint le regard paniqué du portier. Consta- tant que le suspect n’allait pas flancher, il poursuivit :  C’est bon, j’te crois là-dessus. Mais y a quand même quelque chose qui me chicote. Un point d’interrogation se dessina sur le visage du gorille en chemise.  Quand vous avez trouvé le corps de Duhaime, toi et l’autre gars, y paraîtrait que ton premier réflexe, ça a été de descendre prévenir ton collègue pis de faire sortir les clients. Cette fois, Vézina put lire de l’affolement dans les yeux du gardien. Il venait de mettre le doigt sur une fai- blesse à exploiter.  Pourquoi ? insista le lieutenant. Pourquoi t’as pas appelé la police, à la place ? Ou une ambulance ? Me semble que ça aurait été plus logique, non ?  Y dit n’importe quoi, l’autre. J’suis descendu, c’est vrai, je savais pas comment réagir. J’ai appelé les urgences 124 Simon Rousseau en bas. Après j’ai fait sortir le monde pour leur sécurité, peut-être que celui qui avait fait ça était encore là…  C’est drôle, je te crois pas. Tu le crois, toi, Virgile ?.


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Pas vraiment.  Vous nous cacheriez pas quelque chose, toi pis ton ami ? enchérit Vézina, pour ne laisser aucun répit à sa proie. Parce que faut l’avouer, c’est quand même louche votre affaire. T’as beau être vraiment dévoué à ta job, je pense pas qu’après avoir vu ton boss charcuté comme ça, ton premier réflexe ça a été de « t’assurer que tout le monde soit en sécurité ». T’sé, ça fait longtemps que je tra- vaille sur les scènes de crime. Quand un témoin s’enfuit pour autre chose que pour trouver un téléphone pis appeler le 9-1-1, c’est rarement bon signe. Il s’approcha du portier d’une enjambée afin de lui arriver nez à nez. Simple acte de provocation. L’autre employé, observant ce qui se passait, voulut intervenir, mais Virgile lui ordonna de ne pas bouger. Vézina enchaîna :  On se doute bien que le Lupanar camoufle de quoi de pas net. C’est pas pour rien si on a emmené Duhaime en cour, l’an passé. C’est juste une théorie mon affaire, mais… et si vous étiez au courant des magouilles de votre boss ? Et si, plus que ça, vous y participiez ? J’imagine qu’en voyant Duhaime mort, t’as d’abord voulu protéger tes intérêts. Cacher ce que la police pourrait trouver de compromettant au Lupanar en enquêtant sur le meurtre. Je comprends ça. Vous vouliez pas subir de 125 LA BÊTE ORIGINELLE dommages collatéraux. L’affaire, c’est que vous avez pas dû avoir beaucoup de temps pour cacher ou détruire ce que vous vouliez pas qu’on découvre. Pis on va enfin avoir un mandat de perquisition pour fouiller le club… Ça veut dire que si tu veux pas empirer ton cas, t’es.


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mieux de parler tout de suite. Le portier recula d’un pas, jeta un œil à son collègue. Ce dernier, la tête basse, haussa les épaules ; il ne savait pas quelle attitude adopter non plus. Il se résignerait à la décision de son partenaire. Le premier soupira, décou- ragé par la fatalité de sa situation.  Je peux fumer ?  Pas de trouble. Puis, une cigarette au bec, le gorille déballa son sac. 126 CHAPITRE 14 À une heure du matin, Vézina, Claudia et Jacob n’étaient toujours pas couchés. Après l’enquête préliminaire et la fin des premiers interrogatoires, ils avaient été tous les trois convoqués au bureau de la capitaine Béliveau, au commissariat. Les deux plus jeunes avaient tout de même pris la peine de se changer, tandis que Vézina était allé se chercher un thé pour se calmer les nerfs. Une fois sur place, il s’était dit qu’il aurait dû en acheter un aussi pour sa supérieure. La capitaine ne l’affichait pas ouvertement, mais Marc parvenait à déceler dans son expression — lèvres pincées, sourcils arqués, narines dilatées — qu’elle vou- lait se fâcher contre les trois agents devant elle, même si elle se doutait que la mauvaise tournure des événements n’était pas de leur faute. Les cheveux tout ébouriffés, le teint blafard, elle semblait à peine sortie du lit. En plus, Béliveau surveillait son horloge biologique comme un bijoutier suisse entretient ses montres. Pas question de la dérégler. Et pourtant, la voilà, passé minuit, obligée d’écouter les plates explications de ses subalternes.

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