samedi 13 octobre 2018

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Autrefois, les amoureux échangeaient des lettres. Aujourd'hui, ils s'envoient des textos. La poésie n'a pas disparue entre temps. Depuis qu'elle a créé le compte Instagram Amours Solitaires, Morgane Ortin a recueilli des milliers de conversations intimes d'amoureux anonymes. Des mots doux, des mots crus, exaltés, érotiques, simples, drôles, sensuels, habiles, piquants. Elle en a sélectionné 278 pour composer l'histoire d'amour que vous vous apprêtez à lire. Une histoire que l'on pourrait introduire comme suit : des amours, il en a connu avant. Elle en a vu passer aussi. Ce livre raconte le leur. Celui qui tombe comme un couperet, ici et maintenant.




Télécharger PDF Amours solitaires gratuit 2019, invités à se joindre à eux, et ils avaient accepté avec joie. Toute fatigue avait été balayée par cette première ligne de coke, ils se sentaient euphoriques, prêts à tout. White avait passé un bras autour des épaules d’Alvaro. « Elle te plaît, la caisse ? – Oh oui ! » a répondu Alvaro, qui s’est assis à l’avant tandis que les plus jeunes se serraient derrière. Le quatre-quatre roulait tranquillement. La conduite de White était sûre, même si la voiture était lourde ou peut-être grâce à ça. La route vers Poggioreale serpentait entre des lumières qui rappelaient à Nicolas les étoiles filantes de son livre de sciences. C’est alors que c’est arrivé. Un coup de frein brusque et la voiture qui tourne pour prendre un chemin de terre. Puis un nouveau coup de frein et le véhicule qui s’immobilise. Les trois passagers à l’arrière doivent se protéger avec les bras pour ne pas percuter les sièges avant. Lorsqu’ils retombent contre la banquette, ils aperçoivent en un éclair le bras de White qui se détend, la main qui tient un pistolet surgi de nulle part et l’index qui se plie deux fois. Boum, boum. La tête d’Alvaro est un ballon qui éclate.


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crâne sur la vitre, un autre sur le pare-brise, et le corps qui s’affaisse comme si l’âme venait de l’abandonner. « Pourquoi t’as fait ça ? » demande Nicolas. Dans sa voix, plus qu’un éventuel trouble, on sent le besoin de comprendre. Dentino et Briato avaient encore les mains sur les oreilles, et leurs yeux écarquillés fixaient la même trace dégoulinante collée sur le volant. Mais lui savait réagir. Il avait encore un cerveau, qui tournait à toute vitesse. Il voulait comprendre pourquoi on avait exécuté Alvaro, quelle faute méritait la mort et ce que signifiait le fait que White les ait fait assister à cette scène. Si c’était un test, un honneur ou un avertissement. « Je l’ai fait parce que Copacabana m’a dit de le faire. » À présent, les lumières avaient changé de couleur et pris une teinte violette semblable à celle du mariage. Pour s’occuper du passager, White aurait dû emmener les Capelloni, mais c’est eux qu’il avait choisis. Parce que c’étaient des gosses, mineurs et sans casier judiciaire, des zéros ? « Il te l’a dit quand ? — Il a dit : salue Pierino pour moi, c’est lui qui a le mieux chanté ce soir. Et quand il s’est fait arrêter, il me l’a dit.



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À quel moment ? » a insisté Nicolas. Il n’avait entendu que le son de la réponse, pas le détail. « Je te l’ai dit, quand on l’a arrêté. Allez, aide-moi à virer ces saletés. » Le sang qui souillait le plafond de la voiture gouttait sur le siège vide. Dentino et Briato n’ont pas baissé les mains, même quand le quatre-quatre est reparti en toussant et qu’il a fait demi-tour vers la petite salle. White a conduit avec assurance, comme il l’avait fait à l’aller, et ils n’ont pas écouté ses divagations. Alvaro aurait des funérailles dignes de ce nom, on ne balancerait pas son cadavre n’importe où. Et puis il fallait se réorganiser maintenant que Copacabana s’était fait coffrer. On devait tout repenser, tout reconstruire. Il parlait, White, il parlait sans cesse, même quand il s’arrêtait à un stop et que, dans le coffre, le corps d’Alvaro se cognait aux parois en faisant un bruit sourd qui couvrait sa voix. Devant la petite salle, ils se sont séparés sans un au revoir, chacun a repris son scooter et est rentré chez soi. Nicolas a roulé sur son Beverly à une vitesse de croisière qui lui permettait d’être plus distrait qu’à l’ordinaire. Il restait au milieu de la route, une main sur le guidon et, dans l’autre.


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White avant de disparaître dans la nuit. Qu’allait-il se passer ? Continuerait-il à dealer ? Pour qui ? L’odeur de la mer flottait dans les rues et, l’espace d’un instant, Nicolas a songé à tout abandonner pour aller se baigner quelque part. Puis les feux orange qui clignotaient l’ont ramené à son Beverly et il a accéléré pour franchir un croisement désert. Alvaro ne comptait pas, il avait mal fini mais au fond c’était écrit d’avance. Quant à Copacabana, on l’avait arrêté comme un vulgaire gamin des rues et il n’avait rien tenté, il s’était caché derrière une batterie. Beaucoup d’histoires, beaucoup de mots. L’Albanie, le Brésil, des montagnes d’argent, des mariages de rêve, tout ça pour finir comme le dernier des minables, un misérable pantin. Nicolas ne finirait pas comme ça. Il valait mieux mourir en risquant tout. N’était-ce pas Oiseau mou qui s’était fait tatouer cette phrase de 50 Cent sur l’avant-bras, Get Rich or Die Tryin’ ? Nicolas a encore accéléré, et cette fois les gaz d’échappement ont masqué l’odeur de la mer. Puis il a pris une grande respiration et décidé que pour commencer, il avait besoin d’un pistolet.



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Aux funérailles d’Alvaro, il n’y avait qu’eux deux, Nicolas et Tucano, ainsi qu’une vieille dame qui, ont-ils découvert, était sa mère, et une fille en minijupe, un corps de vingt ans et un visage montrant les signes laissés par de nombreux clients. Aucun doute, c’était l’une des putes roumaines que Copacabana offrait à Alvaro, certainement parmi celles qui avaient le plus d’affection pour lui, à présent debout près du cercueil, un mouchoir à la main. « Giovan Battista, Giovan Battista », répétait la mère appuyée contre l’autre femme, qui était certes une putain, mais avait au moins éprouvé quelque chose pour ce fils perdu. « Giovan Battista ? s’est étonné Tucano. Sérieux ? Le nom pourri. Et quelle fin de merde. — C’est White la merde », a observé Nicolas. Et, l’espace d’un instant, il a tenté de relier l’image de la cervelle éparpillée d’Alvaro et celle de cette femme aux jambes solides venue rendre un dernier hommage.



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barreaux à le laisser grandir. À présent, c’était à lui de décider comment utiliser son temps, pas celui de revendiquer un pouvoir qu’il n’avait pas encore construit. Sans dire un mot, Nicolas s’est dirigé vers son Beverly, Tucano à sa suite, prêt à s’asseoir derrière et conscient d’en avoir trop dit. Ils sont passés chez lui pour prendre l’argent, puis ils ont foncé à Chinatown, dans Gianturco. Un quartier fantôme : voilà à quoi ressemblait Gianturco. Des entrepôts désaffectés, quelques usines encore en activité et des hangars où on stockait les produits chinois, colorant de rouge un paysage gris et rageur de murs effondrés et de grilles rouillées. Gianturco aux sonorités orientales n’était que le nom d’un ministre, Emanuele Gianturco, dans l’Italie fraîchement unie, qui se préoccupait de droit civil et de justice sociale. Un juriste dont on a oublié le prénom et qui donne à présent son nom de famille à des rues pleines de hangars à l’abandon, dans la puanteur chimique des raffineries. Un quartier industriel, quand l’industrie existait encore. Mais Nicolas l’avait toujours vu ainsi. Il y venait parfois quand il était enfant et jouait au foot dans l’équipe de la Madonna del Salvatore. Il avait commencé à six ans, en même temps que Briato.



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attaquant, l’autre dans les buts. Puis, durant une partie du championnat benjamin entre les différentes paroisses, l’arbitre avait favorisé l’équipe du Sacré-Cœur, dans laquelle jouaient les fils de quatre conseillers municipaux. Il avait sifflé un penalty que Briato avait arrêté, puis l’avait fait retirer parce que Nicolas était entré dans la surface de réparation avant son coup de sifflet. C’était vrai, mais pourquoi être aussi tatillon dans un match de paroisse ? Il aurait pu fermer un œil, ce n’étaient que des enfants, un simple match de football. Le second penalty aussi, Briato l’avait arrêté, mais Nicolas était de nouveau entré dans la surface et l’arbitre l’avait encore fait retirer. À la troisième tentative, tous les regards s’étaient posés sur Nicolas qui, cette fois, n’a pas bougé. Le ballon a fini dans les buts. Le père de Briato, le géomètre Giacomo Capasso, est entré sur le terrain, le visage impassible et le pas lent. Avec le plus grand calme, il a glissé une main dans sa poche, en a sorti un couteau à cran d’arrêt et a crevé le ballon. Avec des gestes secs, sans aucune nervosité apparente, il a refermé la lame du couteau, l’a rangé dans sa poche, et soudain il a vu l’arbitre devant lui, qui jurait, le visage cramoisi.



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T’es qu’une sous-merde, rien d’autre », a-t-il lancé à l’arbitre d’un ton sans réplique. Le ballon crevé qu’il avait jeté par terre a provoqué l’invasion du terrain par les parents et les enfants qui hurlaient, avec aussi quelques larmes. Le géomètre a pris Nicolas et Fabio par la main, puis il les a entraînés derrière lui. Nicolas s’est senti en sécurité, sa main dans celle qui avait tenu un couteau. Il s’est senti important. Le père de Nicolas, lui, était tendu, écœuré par cette scène qui avait eu lieu devant les enfants, sur le terrain de foot de la paroisse. Mais il n’a rien pu dire au père de Fabio dit Briato. Il est allé chercher son fils au bord du terrain, c’est tout. De retour chez eux, il a seulement annoncé à sa femme : « Fini pour lui, le foot. » Ce soir-là, Nicolas s’est couché sans manger : non parce qu’il regrettait de devoir quitter l’équipe, comme ses parents l’avaient cru, mais parce qu’il avait honte d’avoir un père qui ne savait pas se faire respecter et comptait donc pour moins que rien. Pour Nicolas, la carrière de footballeur s’était arrêtée là et, comme c’est le cas des frères d’élection, Briato avait laissé.



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porer toute envie de s’entraîner. Ils avaient continué à jouer au ballon, mais sans règles et dans la rue. Nicolas et Tucano ont garé le Beverly devant un grand entrepôt chinois débordant de marchandises. Les murs semblaient sur le point de s’effondrer sous le poids des objets qu’ils supportaient. Des étagères couvertes de lampes, d’articles de bricolage, de papeterie, de vêtements dépareillés, de jouets pour les enfants, de pétards, de boîtes de thé et de biscuits décolorés par le soleil, et de cafetières, de couches-culottes, de cadres, d’aspirateurs et même de scooters qu’on pouvait acheter en pièces détachées. Impossible de trouver un ordre rationnel dans cette juxtaposition d’objets, sinon l’utilisation maximisée de l’espace. « Ils sont trop forts, ces Chinois. Ils ont pris tout Naples, il manque plus qu’ils prennent les gens ! » et pendant qu’il chantait la chanson de Pino D’Amato, Tucano a sonné pour signaler leur présence. « T’as raison, a observé Nicolas. Un jour, on devra leur payer un loyer pour vivre ici.



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Y a plus de Chinois que de fourmis… » Et en guise de vengeance, il a flanqué une gifle à un chat porte-chance posé sur une fausse commode ancienne près de l’entrée. Le chat s’est envolé et il est retombé sur le lecteur optique d’une des caisses, mais la femme enragée a continué à beugler en boucle. Ils sont montés sur le Beverly, tandis que Tucano commentait : « Ça me semblait vraiment trop con », et ils sont repartis vers Galileo Ferraris. Loin de Chinatown. Les mains vides. Quelques mètres plus loin, une moto s’est mise à leur coller au train. Ils ont accéléré, mais la moto en a fait autant. Ils roulaient vite, voulant rejoindre la portion de route qui donne sur la Piazza Garibaldi. Slalom, acrobaties entre les bus et les voitures, les Vespa et les passants. Tucano se tournait sans cesse pour surveiller les mouvements de celui qui les poursuivait et comprendre ses intentions. C’était un Chinois d’un âge indéterminé, un visage inconnu qui ne trahissait aucune colère. À un certain point, il s’est mis à klaxonner et à agiter les bras pour leur faire signe de se ranger. Ils avaient pris le Corso Arnaldo Lucci et s’étaient arrêtés un instant avant d’atteindre la gare, à la frontière entre Chinatown et la casbah napolitaine.



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Assis en bout de table et portant une chemise en flanelle, le père observait la démarche de son fils comme si ce n’était pas le sien. La salle à manger n’était pas grande, mais en bon ordre, digne, presque de bon goût : des meubles simples, les verres réservés aux grandes occasions bien exposés dans le vaisselier, une céramique de Deruta, souvenir d’un voyage en Ombrie, qui servait en général de porte-fruits, des nappes à motifs de poissons, des kilims délavés au sol. Ils avaient exagéré avec les lampes et l’éclairage, mais c’était une question d’évolution, le passage des ampoules traditionnelles aux lampes halogènes. Mena voulait beaucoup de lumière chez elle, alors que son mari se serait satisfait de moins. Il y avait des livres dans le couloir et des étagères dans le salon. « Appelle ton frère et viens à table. » Nicolas a crié, sans quitter l’endroit où il était. Le père a eu un geste d’agacement, dont Nicolas n’a pas tenu compte. Il a de nouveau appelé son frère, en criant un peu moins fort. Ce dernier est apparu, en short et chemisette blanche, un grand sourire reconnaissant sur le visage, et il est allé s’asseoir en traînant sa chaise sur le sol. « Christian, tu sais bien que ta mère n’aime pas ça. Lève la chaise. » Il l’a levée alors qu’il était déjà assis, les yeux fixés sur son frère aîné, qui était immobile comme une statue.


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