samedi 20 octobre 2018

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PDF Piranhas telecharger epub en ligne 2019, Copacabana attendait dans une fourgonnette Fiorino remplie d’ustensiles de nettoyage garée sur le parking du club. Il en est sorti dès qu’on lui a signalé que les gars étaient là. Il les a salués en leur pinçant les joues comme à des nouveau-nés et ils se sont laissé faire. Malgré sa maigreur, sa pâleur, ses cheveux longs et sa barbe touffue, cet homme pouvait leur faire gagner une fortune. Le blanc de ses yeux était strié de vaisseaux rouges. La cavale n’avait pas dû être facile. « Les voilà, mes petits gars… Les enfants, écoutez-moi. Vous devez faire bonne impression. Le reste, je m’en occupe. » Copacabana a embrassé Oscar, qui dirigeait le Nuovo Maharaja. Le père de son père l’avait acheté cinquante ans plus tôt. C’était un gros lard qui aimait les chemises sur mesure avec ses initiales brodées, il prenait toujours la taille en dessous de sorte que les boutons tremblaient, soumis à une forte tension. Non sans réserve, Oscar lui a rendu son étreinte en le tenant presque à distance, car il n’aurait pas fallu que la mauvaise personne les voie.


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Ils s’étaient choisis par amour, rien d’autre, et maintenant qu’il l’avait, elle, il lui fallait tout le reste. Pour commencer, il entrerait dans le monde des gens qui comptent, par la porte de service, certes, et même si ce monde était à son crépuscule. Feliciano Striano était en prison. Son frère était en prison. Sa fille avait accepté d’épouser Diego Faella, dit Micione. Les Faella de San Giovanni a Teduccio étaient forts dans le secteur de l’extorsion, du béton, des achats de voix aux élections et de la distribution de denrées alimentaires. Leur marché était énorme. Dans les aéroports des pays de l’Est, les duty free leur appartenaient. Diego Faella était sans pitié, tout le monde devait payer, même les kiosques à journaux, les vendeurs des rues, tout le monde versait sa dîme aux caisses du clan en fonction de ses gains, et Diego s’estimait dès lors grand seigneur. Voire compréhensif. Viola, la fille de Feliciano Striano, avait pu vivre loin de Naples pendant plusieurs années, elle avait fréquenté l’université et fait des études de mode. Viola n’était pas son vrai prénom, elle se faisait appeler ainsi car le nom Addolorata, qui lui venait de sa grand-mère, lui était insupportable.


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Dolores, était déjà celui d’une armée de cousines. Elle l’avait choisi seule. Elle était tout juste sortie de l’enfance quand elle s’était présentée devant sa mère pour annoncer son nouveau prénom : Viola. Elle était revenue en ville après que sa mère eut décidé de se séparer de son père. Don Feliciano lui avait trouvé une remplaçante, mais la mère de Viola refusait de lui accorder le divorce – une mégère reste une mégère –, et Viola était venue l’aider au moment de la séparation. Puis elle n’avait plus quitté la maison familiale de Forcella et Don Feliciano s’était installé juste à côté. La famille est sacrée, plus encore pour Viola : c’était son identité, et on ne change pas le sang qu’on a dans les veines, n’est-ce pas ? On est né avec et on meurt avec. Puis Don Feliciano s’était repenti et c’est elle qui avait divorcé de son père. Le nom d’Addolorata Striano avait été inscrit dans le programme de protection des témoins, des carabiniers étaient venus la chercher chez elle dans une voiture blindée, en civil, pour la conduire le plus loin possible de Forcella. C’est alors qu’elle avait fait sa grande scène : hurlant du balcon, crachant et insultant les hommes chargés de la protéger. « Foutez le camp ! Salopards, vendus ! Mon père est mort, il n’a même jamais existé.


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n’a jamais été mon père ! Foutez le camp ! » Elle avait ensuite refusé de participer au programme de protection et ne s’était pas repentie, reniant son père et ses oncles. Elle était restée longtemps enfermée chez elle, dessinant des vêtements, des sacs, des colliers, et toutes sortes d’objets insultants atterrissaient sur son balcon : crottes de chien dans une poche en plastique, oiseaux morts, pigeons éventrés. Et les cocktails Molotov qui mettaient le feu aux rideaux, les graffitis sur les murs de l’immeuble, les sonnettes noires de fumée. Personne ne la croyait, pourtant elle avait tenu bon. Jusqu’au jour où Micione était apparu dans sa vie. En l’épousant, Diego Faella la lavait d’un coup des accusations qui l’obligeaient à vivre en cage. Surtout, en faisant sien le sang pur de la famille, il s’emparait de Forcella. On racontait que Micione l’avait longuement courtisée. Elle avait des formes généreuses, Viola, les yeux de son père, d’un bleu pénétrant, et un nez fort qu’elle avait toujours hésité à se faire refaire, finissant par se persuader qu’il lui donnait de la personnalité. Viola était l’une de ces femmes qui savent tout ce qui se passe autour d’elles, mais pour qui la règle d’or est de toujours feindre de ne pas être au courant.


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l’union de deux familles importantes. Il semblait arrangé, comme chez les aristocrates : au fond, ils étaient la fine fleur de la noblesse camorriste et se comportaient comme les gens qu’on voit dans les revues sur papier glacé. Peut-être Viola se sacrifiait-elle. Micione, lui, paraissait amoureux. Beaucoup avaient jugé que le geste décisif avait consisté à lui trouver une place de styliste dans une entreprise contrôlée par les Faella, dans le domaine de la maroquinerie de luxe. Mais qu’importent les rumeurs : pour Viola, ce mariage devait être le triomphe de l’Amour. Elle avait choisi son nom et pouvait donc également choisir son avenir. Comme le leur avait annoncé Copacabana, il les a appelés quelques jours plus tard. « Je vais être serveur dans un mariage. Pour de vrai », a expliqué Nicolas à sa mère.


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était ouverte et elle est entrée, avec ce regard elle a cherché des signes sur les murs, sur un vieux sac à dos abandonné au sol, sur les tee-shirts abandonnés au pied du lit. Elle essayait surtout de faire le lien entre cette information (« Je vais être serveur ») et les murs que son fils n’avait pas cessé de dresser entre eux depuis qu’on les avait convoqués au commissariat. Elle savait bien que s’il ne s’était pas retrouvé à Nisida, ce n’était certes pas parce qu’il était innocent. Elle était au courant de ses exploits, et ce qu’elle ignorait elle n’avait aucun mal à l’imaginer, contrairement à son mari, qui pensait que son fils avait un avenir, un bel avenir, et qui ne s’impatientait qu’à cause de ses mauvaises manières.


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La mère avait un regard qui traversait la chair. Elle a enfoui le soupçon sous son cœur et a serré le garçon dans ses bras : « Bravo, Nicolas ! » Il l’a laissée faire et elle a posé la tête sur son épaule. Elle s’est abandonnée comme elle ne l’avait jamais fait. Puis elle a fermé les yeux et humé ce fils qu’elle croyait perdu, mais qui lui revenait à présent avec une nouvelle au parfum de normalité. Et ça lui a suffi pour espérer un nouveau départ. Nicolas a très bien joué son rôle, mais sans la serrer, posant simplement les mains sur son dos. Pourvu qu’elle ne se mette pas à pleurer, s’est-il dit, prenant cette marque d’affection pour de la faiblesse.


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Filomena, Mena, la mère de Nicolas, avait ouvert une teinturerie-pressing Via Toledo, du côté de la Piazza Dante, entre la basilique du Saint-Esprit et la Via Forno Vecchio. Elle avait succédé à deux petites vieilles qui lui avaient confié la gestion de la boutique en échange d’un modeste loyer. Elle avait fait poser une nouvelle enseigne bleu ciel sur laquelle on pouvait lire le nom, Blue Sky, et juste dessous : « Aussi propre que le ciel ». Elle s’était lancée, engageant deux Roumaines puis un couple de Péruviens, lui menu, spécialiste du repassage, un petit homme qui ne disait jamais un mot, elle large et souriante, qui commentait ainsi le mutisme de son compagnon : « Escucha mucho. » Dans sa jeunesse, Mena avait appris à coudre à l’école napolitaine, elle savait le faire à la main et à la machine, si bien que parmi les attributions de Blue Sky, il y avait aussi ces petits travaux, des tâches « pour les Indiens », disait-on, mais on ne pouvait pas tout laisser aux Indiens, aux Sri Lankais et aux Chinois. La boutique était minuscule, remplie de machines et d’étagères où déposer les vêtements et le linge, avec une petite porte annexe qui donnait sur une cour intérieure sombre. La porte était toujours ouverte, l’été pour laisser entrer l’air, l’hiver pour respirer un peu. Parfois, Mena s’installait devant l’entrée, les mains sur ses hanches fortes, ses cheveux noir de jais coiffés à la hâte, et elle observait la circulation, les gens qui passaient. Peu à peu elle reconnaissait les clients (« Madame, la veste de votre mari est devenue un bijou1 ») et on la reconnaissait. Tous ces hommes seuls, se disait-elle, ici comme dans le Nord, qui apportent leurs chemises pour qu’on les leur lave, repasse ou recouse. Sans dire un mot, ils viennent, déposent ou retirent, puis s’en vont. Mena étudiait ce coin qui était nouveau pour elle et où elle était une étrangère.


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car un professeur de sport ne peut pas nourrir sa famille seul, et son mari était aveugle, pour ainsi dire, il ne voyait pas les difficultés, ne voyait pas ce dont leurs fils avaient besoin, il ne voyait rien. Elle devait penser à tout, elle, et continuer à protéger cet homme qu’elle aimait. Quand elle était dans la boutique, dans la vapeur du fer à repasser, elle se perdait à regarder les photos de ses fils accrochées entre un calendrier et un tableau en liège où les reçus étaient épinglés en cascade. Christian à trois ans, Nicolas à huit. Puis un cliché plus récent, avec sa crinière blonde. Qui aurait imaginé que c’était son fils ? Il fallait le voir à côté de son père, alors on comprenait. Elle devenait sérieuse, fière de toute cette jeune beauté, car elle devinait, elle entendait, elle aurait voulu savoir et faisait son possible pour savoir, certes pas à travers l’école ni par l’intermédiaire de Letizia, à la rigueur par ses voyous d’amis, que Nicolas tenait à l’écart de leur maison, mais ce n’était pas assez pour se faire une idée, qui ne pouvait pas être une belle idée. Avec eux, il était bien. Il prenait cet air qui, à elle, ne lui faisait pas peur, mais un jour quelqu’un pourrait lui dire, un jour quelqu’un dirait : « Ce garçon a un visage d’ange qui cache de mauvaises pensées.

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